Phrases : Mots étoilés

 » Choisissez une étoile

ne la quittez pas des yeux

elle vous fera avancer loin sans fatigue et sans peine »

A.David-Neel

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Photo M. Christine Grimard

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  • Quand tous les mots m’auront abandonnée, je suivrai l’étoile du matin sans désir de retour jusqu’à me fondre dans la légèreté de l’instant.
  • J’abandonnerai les discussions sans fins, les questions sans intérêt, les vérités assénées, les mensonges éhontés, les déceptions programmées, les  peurs invétérées, pour suivre la première étoile du matin jusqu’au bout du possible.
  • Même si mes mots ne sont que poussières, même si d’autres les font danser avec plus de talent, même si tout a  déjà été écrit depuis la première seconde, je les poserai sur le papier sans prétention ni autre but que le plaisir de les regarder s’envoler dans la lumière de la première étoile.

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(Rappel de la consigne de cette rubrique : Citer la phrase d’un auteur qui vous touche, l’illustrer d’une de vos photos personnelles, écrire trois phrases en laissant venir les mots en liberté avec un mot commun emprunté à l’auteur cité -par exemple ici : étoile)

 

Variations et vibrations : Promenade d’hiver

« Ce que j’appelle réfléchir :

je dévisse ma tête,

je la mets sur une étagère et je sors faire une promenade.

A mon retour, la tête est allumée.

La promenade dure une heure ou un an. »

Christian Bobin

(La grande vie)

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Photo M Ch Grimard

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Comme Christian Bobin, je suis une adepte des promenades, dans les prés, dans les bois, sur les plages en hiver, sur la lande, dans les livres aussi.
Souvent en marchant, me viennent des phrases, des histoires, il suffit de regarder autour de soi pour que l’inspiration vous saute à la gorge. En rentrant, il faut laisser décanter et puis saisir les mots avant qu’ils ne s’envolent. Ne pas laisser retomber l’écume…
Lorsque je lis Christian Bobin, j’entends ses mots germer dans mon esprit comme si je les avais pensés.
Évidemment, je n’ai pas l’outrecuidance de croire que je pourrais écrire comme lui. Mais je ressens ce qu’il écrit comme né de ma propre sensibilité. Prendre un de ses livres et l’ouvrir à n’importe quelle page, est souvent un des moyens que j’utilise pour m’apaiser.
Chaque phrase est surprenante et pourtant elle prend pied au plus profond de la réalité. Ce paradoxe me surprend à chaque fois que j’ouvre une de ses pages. Je saisis sa phrase et la fais tourner comme je le ferais d’un bonbon au miel autour de ma langue.
La poésie se nourrit de cela, nul besoin de phrases redondantes et incompréhensibles si chères à certains auteurs. Je ne vois pas l’intérêt d’écrire ce que personne ne comprend. Il suffit de laisser couler les mots au fond de son âme, comme on sirote un bon vin.
La poésie, ce sont des mots qui caressent, aussi sensuellement qu’une main glissant au creux des reins.
Je suis une primaire, bêtement sensible à la musique des mots de tous les jours comme à la chaleur qui court dans mes veines.
J’ai besoin, en refermant le livre, de sentir encore le frisson des phrases couler sous ma peau.
Ce rapport charnel aux écrits, je le revendique et le cultive.
J’espère qu’au dernier matin, j’aurai gardé un cerveau capable de l’aimer encore.
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Phrases : Mots d’amour

« Les hommes regardent les femmes et ils en perdent la vue.

Les femmes regardent les mots d’amour et elles y trouvent leur âme. »

Christian Bobin

(La grande vie)

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Photo M.christine Grimard

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  • Regarder l’amour au fond des yeux et le trouver à son goût, celui du miel et des rires de l’enfance, celui du sel et des souvenirs heureux.
  • Quelle étincelle me porte, si ce n’est l’amour que je reçois et celui que je donne ?
  • Les mots sont inutiles quand les regards se lient, et quand les mains se serrent, ils ne feraient que répéter ce qui brille dans les yeux.
  • L’amour existe-t-il sans générosité, sans patience, sans admiration, sans sourire, sans don, sans partage, sans petites attentions ?
  • L’amour ne se nourrit-il que de douceur et de poésie, ou prend-t-il pied dans la passion, le sang et les larmes ?

 

Phrases 48 : Mots envolés

“La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas et que je donne aux choses en échange du plaisir qu’elles me donnent.”
Fernando Pessoa

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Photo M. Christine Grimard

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  • Peu importe qui je suis, peu importe où j’irai, ce que sera demain et le temps qui me reste;  aujourd’hui le ciel est grand, le vent est doux, l’océan est chaud; aujourd’hui sous les nuages ou dans le vent, la vie est un cadeau et je l’aime !
  • Si tu as faim de vivre mon enfant, la beauté te nourrira, remplira tes yeux de lumière, te fera oublier les jours sombres, t’apprendra le chemin des rêves, dessinera ton avenir, t’emportera loin de la souffrance et guidera ton cœur vers l’espérance.
  • Laisse s’envoler la crainte de souffrir, profite de l’été pendant qu’il habille les collines; il sera bien assez long le temps des jours gris où le souvenir du bon temps  sera le seul moyen de te réchauffer le cœur.

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Note : rappel de la consigne 

Laisser les mots venir se poser sur l’écran en liberté.

Lever les yeux sur la vie, laisser les images prendre forme et simplement les décrire, comme on en ferait le portrait en quelques lignes de fusain.

Trois phrases toutes simples.

Trois images suggérées que l’on voit danser sous ses paupières lorsqu’on a fini de lire la phrase.

Trois raisons d’en rêver lorsque la page est tournée.

Minute papillon (1) : Poser ses Mots sur le Monde

Principe de cette nouvelle rubrique « Minute papillon » :

  • prendre une minute pour se retourner sur une idée puis décider de la suivre
  • une minute.
  • Pas plus !
  • Top Chrono

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« Il y a dans la nature les fragments d’un alphabet ancien,

des morceaux de lettres capitales, des ruisselets d’italiques,

des grands espacements bleus de silence.

Et parfois, par on ne sait quelle grâce, plusieurs lettres s’assemblent,

des mots apparaissent avec ce qu’il faut entre eux de silence respirant,

une phrase est tracée. »

Christian Bobin

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Photo M. Christine Grimard

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Les mots coulent dans nos veines depuis la nuit des temps, la vie les a inscrits dans nos gênes à l’encre bleue nuit.

Un filament tissé de résidus d’étoiles s’enroule au cœur de nos cellules en une spirale éternelle, si l’on est attentif, on le voit briller au fond de notre regard.

Le temps n’a pas de prise sur nous puisque nos molécules nous survivront.

La poussière de nos os nourrira les fleurs de la forêt et nous reviendrons pour les admirer lorsque le cycle des saisons aura disparu.

Sur la surface de l’océan, scintille la multitude des âmes envolées, dansant légères dans la brise marine sans contrainte ni but, enfin libres.

Dans cet univers, la vie a pris tant de formes inscrites en double hélice en lettres de carbone, qu’une éternité ne suffirait pas à en explorer la diversité.

L’étendue de mon ignorance remplirait un gouffre sans fond, mais la partie infime que j’ai aperçue de cette vie, est une merveille absolue .

La vie court dans mes veines, mais où est le support de ma pensée ?

J’ai nourri mon âme d’amour, d’émerveillements et de poésie, ainsi elle sera plus légère pour s’envoler.

Parfois, durant une minute, il est bon de se taire, d’oublier les mots et de s’asseoir en silence pour admirer « ces grands espacements bleus de silence ».

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Phrases 45 : Mots fleuris

« Pendant une bouffée de silence, épaisse comme une brume,

je viens d’entendre choir sur la table voisine les pétales d’une rose qui n’attendait,

elle aussi, que d’être seule pour défleurir. »

Colette

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Photo M.Christine Grimard

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  • L’espace d’un instant, elle crût que le temps ne lui était plus compté, l’éternité s’avançait à sa rencontre sur le chemin; dans un souffle, elle s’éveilla lorsqu’un rayon de lune lui caressa la joue, compta ses pétales puis rassurée se rendormit.
  • Dans une bouffée de brume, la rose émergea de son rêve d’alizés; elle défroissa ses pétales, se rafraîchit d’une larme de rosée, frissonnant sous la caresse du vent de l’aube; c’était septembre, l’été ne reviendrait pas.
  • En s’éveillant, elle sût que ce jour d’automne serait son dernier; elle rassembla sa joie de vivre pour déplisser ses pétales et étendit ses étamines au soleil de septembre pour que tout le jardin se souvienne de sa couleur inimitable.

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Phrases 44 : Mots étoilés

« Nous sommes tous dans le caniveau,

mais certains d’entre nous regardent les étoiles. »

Oscar Wilde
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photo M.Christine Grimard

 

  • Marcher au niveau de la mer sans autre but que de saisir l’instant où les étoiles descendent se baigner entre les rochers.
  • Savoir que rien n’est plus important que l’instant présent et savourer le parfum des étoiles en s’abreuvant de la rosée qu’elles auront déposée sur les pétales des roses au petit matin.
  • Se souvenir de la première étoile, remercier en silence le creuset qui a forgé la vie qui s’écoule dans mes veines, aussi précieuse et volatile que le sable qui coule entre mes doigts.