Minute papillon (1) : Poser ses Mots sur le Monde

Principe de cette nouvelle rubrique « Minute papillon » :

  • prendre une minute pour se retourner sur une idée puis décider de la suivre
  • une minute.
  • Pas plus !
  • Top Chrono

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« Il y a dans la nature les fragments d’un alphabet ancien,

des morceaux de lettres capitales, des ruisselets d’italiques,

des grands espacements bleus de silence.

Et parfois, par on ne sait quelle grâce, plusieurs lettres s’assemblent,

des mots apparaissent avec ce qu’il faut entre eux de silence respirant,

une phrase est tracée. »

Christian Bobin

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Photo M. Christine Grimard

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Les mots coulent dans nos veines depuis la nuit des temps, la vie les a inscrits dans nos gênes à l’encre bleue nuit.

Un filament tissé de résidus d’étoiles s’enroule au cœur de nos cellules en une spirale éternelle, si l’on est attentif, on le voit briller au fond de notre regard.

Le temps n’a pas de prise sur nous puisque nos molécules nous survivront.

La poussière de nos os nourrira les fleurs de la forêt et nous reviendrons pour les admirer lorsque le cycle des saisons aura disparu.

Sur la surface de l’océan, scintille la multitude des âmes envolées, dansant légères dans la brise marine sans contrainte ni but, enfin libres.

Dans cet univers, la vie a pris tant de formes inscrites en double hélice en lettres de carbone, qu’une éternité ne suffirait pas à en explorer la diversité.

L’étendue de mon ignorance remplirait un gouffre sans fond, mais la partie infime que j’ai aperçue de cette vie, est une merveille absolue .

La vie court dans mes veines, mais où est le support de ma pensée ?

J’ai nourri mon âme d’amour, d’émerveillements et de poésie, ainsi elle sera plus légère pour s’envoler.

Parfois, durant une minute, il est bon de se taire, d’oublier les mots et de s’asseoir en silence pour admirer « ces grands espacements bleus de silence ».

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Variations et vibrations : Désirs d’ailleurs et d’autrement

Parfois me viennent des désirs de temps choisi

de temps libre

pour voir, écouter, lire

Loin du tumulte du monde et de ses soubresauts

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Photo M.Christine Grimard

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Faire comme si l’été était encore là

Comme si j’étais encore là-bas

Sur la terrasse, à lire, à écouter, à voir, à raconter

à aimer

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Hier j’ai entendu  sur France culture Win Wenders parler de son film « Les beaux jours d’Aranjuez », il disait que c’était le premier film pour lesquels ses désirs étaient devenus réalités, qu’il l’avait tourné en une dizaine de jours seulement d’après l’œuvre de Peter Handke Les Beaux Jours d’Aranjuez, un dialogue d’été. Il a tourné en français pour la première fois, et en stéréoscopie.

« De nouveau l’été, de nouveau un beau jour d’été, une femme et un homme sous les arbres… »

Wim Wanders dans sa période bleue comme il le dit au début de cet entretien.

Et mon envie de déguster ce film…

 

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En fin d’entretien il a choisi le titre suivant :

Gus Black « The world is on fire « 

Titre presque prémonitoire.

Et se laisser bercer par la musique, malgré tout..

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Autre désir, celui de lire qui est au moins aussi fort chez moi que celui d’écrire.

Mon dernier choix se porte sur le dernier livre de Serge Joncour, « Repose-toi sur moi » qu’un ami m’avait récemment gentiment recommandé. Un livre optimiste, contrastant avec l’air du temps, un roman d’amour comme je les aime. J’avais déjà apprécié « L’amour sans le faire ». Une parenthèse heureuse où le ciel est bleu, comme celles auxquelles je m’accroche au quotidien pour survivre aux nuages noirs qui recouvrent parfois ce monde.

L’écrivain a été récompensé pour « Repose-toi sur moi », par l’obtention du prix Interallié. Qu’il en soit félicité comme il se doit, même si les récompenses ne sont pas ce qui me porte en général vers tel ou tel livre…

 

livre

Photo MCGrimard

Je vous en donne la première phrase :
« Avant de sonner au portail, Ludovic prend toujours une grande inspiration, histoire d’accélérer son rythme cardiaque, se préparer au coup de sang ou à l’accueil glacial. »
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Et puis toujours la musique, lire en musique, travailler en musique, écrire en musique…
Un petit café et un peu de Saxo..

(Amy Dickson, saxophoniste jouant Philip Glass : Concerto n° 1 pour violon)

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Un jour pour soi

Un jour pour rien

Un jour pour tout

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Vidéo : La vie ne tient qu’à un fil

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Quand un fil

Marche sur un fil

Que se racontent-ils ?

Des histoires de fils…

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Photo et film David Weiller

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Ne dit-on pas : Qui se ressemble, s’assemble ?

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La vie, parfois mince comme un fil

Parfois solide comme un fil

Immortelle

Comme un fil

S’enroulant en double hélice

Autour d’elle

La vie pelotonnée

Autour d’une idée folle qui germa un jour dans l’imagination de l’univers

N’est-elle pas la plus belle ?

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