Confessions intimes 20 : Max

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Photo M. Christine Grimard

Le jour se termine.

Encore un jour à attendre au bord de cette plage, encore un jour sans lui.

Pourtant, il avait dit : « Tu m’attends ici, Max, je reviens tout de suite. »

Je savais bien que tout de suite pour un humain, ne signifie pas grand-chose. Moi, quand je pense tout de suite, cela veut dire l’instant d’après, juste le temps d’aller faire un tour au fond du jardin de débusquer les trois tourterelles qui nichent dans le hêtre pourpre pour le plaisir de les voir s’envoler offusquées, juste le temps de suivre la trace d’un lapin de garenne jusqu’à l’entrée de son terrier, et de revenir.

L’instant d’après, cela signifie, juste le temps de reprendre son souffle. Juste le temps de s’apercevoir que son odeur me manque…

Tout de suite, pour lui, cela signifie : quand j’aurais fini de courir le monde !

Je suis un peu énervé ce soir. Cela fait si longtemps qu’il est parti : des jours et des jours, des jours et des nuits.

Les jours encore, j’arrive à m’occuper sans trop penser à lui. Il y a tant à faire.

Vous ne me croyez pas ? Alors je vais vous expliquer ce qu’est une vie de chien de garde comme moi. Une vie de forçat, ni plus ni moins ! Le matin je l’accompagne pour aller nourrir les chevaux, il faut que je fasse bien le tour des clôtures, on ne sait jamais, si un renard était passé par là durant la nuit. Les poulains pourraient être effrayés et se blesser.

Elle a tant de travail surtout depuis qu’il a pris cette barque. Elle est seule pour tout faire jusqu’à ce qu’il se décide à revenir. Elle est partout, tout le temps, mais ce sont les chevaux dont elle s’occupe le plus. Je crois que cela l’empêche de penser à lui quand elle est avec eux. Ils le lui rendent bien cet amour, surtout les poulains. Elle aime ses chevaux, elle aime ce pays de vent, mais je crois que c’est moi qu’elle préfère.

Les jours, je m’occupe d’elle. Je garde tout ce petit monde des renards et des importuns. Je suis effrayant vous savez, quand je veux. Vous n’avez jamais vu mes crocs ? Quand je retrousse mes babines, les faisant briller dans le soleil, tout le monde recule d’un pas. Cela me fait bien rire. Et si j’ajoute un grognement, celui que mon père m’a appris, celui qui remonte du fond de mes entrailles, celui-là même que mon père tenait de son cousin croisé de loup. Écoutez un peu ça !

Grrrrrrrrr….

Vous voyez ! vous avez reculé, personne ne me résiste !

Les jours, je m’occupe mais les nuits…

C’est si long la nuit quand on ne dort pas. Quand on pense à l’odeur de ses mains quand il caressait mon museau, à l’odeur de ses cheveux quand il les secouait dans le vent. Il était mon maître, il était mon Dieu, il était mon ami…

Quand ce « Tout de suite » finira-t-il ?

Je l’entends qui arrive derrière moi, je reconnaitrais son pas léger sur le sable entre mille. Elle est venue me chercher comme chaque soir. J’ai dû oublier l’heure.

Ah oui, les oies passent devant le soleil. Il va bientôt faire nuit. La marée remonte.

Il est temps d’aller coucher les poulains. Elle me regarde de ses yeux de soie, je lui lèche la main et cette lueur si triste s’estompe un instant.

Un instant !

Et lui là-bas, s’il le voyait ce regard, il reviendrait c’est sûr !

Elle s’éloigne vers la dune. Il faut que je la suive. La nuit va bientôt tomber.

Je jette un dernier regard vers l’horizon où rien ne bouge comme chaque soir.

Rien ne bouge …

Rien…

Mais si ! quelque chose a bougé, là-bas sur l’horizon !

Une voile bleue, une voile blanche. Comme les siennes. Je m’approche des vagues bien qu’un coup de vent me repousse. Le vent du large apporte des odeurs de varech, de mousse, de goélands. Je n’aime pas l’odeur des goélands, elle est très proche de celle des poissons avariés. Beurk.

Mais derrière l’odeur du varech, il y a une odeur de musc, une odeur de peau, une odeur de cheveux, une odeur de tabac… Mais oui, cette odeur, je la reconnaitrais entre mille !

J’aboie, j’aboie, je ne m’arrête plus. Je hurle, je crie, je tempête, je frétille. Je cours le long de l’estran. Elle s’arrête au pied de la dune et se retourne :

« Max, arrête ton cinéma, tu as assez joué pour aujourd’hui ! »

« Joué ! Woua Woua Woua. Joué ! mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Je ne joue pas ! Va-t-elle comprendre enfin ? »

Je ne bouge plus. Je tiens ma piste, je tremble juste un peu. Je la regarde puis me retourne vers la voile qui grossit à l’horizon et je m’entends gémir. Je ne fais pas exprès, je ne peux plus m’empêcher de gémir. Et je tremble, de plus en plus fort. SI les renards me voyaient, ils n’auraient plus jamais peur de moi. Il faut que j’arrête de trembler, mais je ne peux pas !

Elle revient vers moi, elle pose sa main sur mon museau et regarde la voile au loin. Elle m’appelle doucement. Sa voix tremble, si faible que le vent l’emporte :

« Max, Max, qu’as-tu vu ? Max, dis-moi ! »

J’aboie, je danse devant elle, je saute autour d’elle. Alors elle me croit. Elle pleure. Elle s’agenouille devant moi et entoure mes épaules de ses bras. Elle a compris. Elle crie avec moi, elle se relève et fait des grands gestes vers l’horizon avec les bras.

Peu à peu la voile se rapproche. Elle ne dit plus rien, elle attend avec moi. Je m’assois près d’elle et fais comme si je n’avais pas vu ses deux grosses larmes tombées sur mon front. Ma queue n’arrête pas de battre le sable, malgré moi, mais je ne tremble plus. Il n’y a plus à avoir peur, puisqu’il revient.

Finalement « Tout de suite » ça n’était pas si long…

Tout de suite pour les humains, ça doit être le temps nécessaire pour aller faire un tour au fond du monde, de débusquer quelques tourterelles, de faire un petit tour d’océan. Les humains ne savent pas que la vie est courte, ils pensent toujours qu’ils ont le temps de perdre leur temps. Il faudra que je lui explique que le temps de l’amour, ça ne se dépense pas sans compter. Il faudra que je lui explique que le temps de l’attente, pour un chien, c’est aussi grand que l’océan. Il faudra que je lui dise que toute la vie d’un chien, ça n’est pas plus long qu’une caresse…

Texte et photo M. Christine Grimard

To Do List 9 : Galop d’essai

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Photo M. Christine Grimard

 

  • Essayer de ne pas trop être à cheval sur les principes mais ne rien lâcher sur son cheval de bataille.
  • Ne pas monter sur ses grands chevaux pour des détails insignifiants mais freiner des quatre fers lorsqu’on vous demande l’impossible.
  • Faire lire « Le cheval d’Orgueil » à son enfant, histoire de le motiver à mettre le pied à l’étrier.
  • Murmurer à l’oreille des chevaux à quel point ils sont élégants lorsqu’ils galopent crinière au vent, au bord de l’estran.

 

Photo du jour : Sourire 

Cette sorte de sourire que sont parfois aussi les fleurs, au milieu des herbes graves.”

Philippe Jaccottet

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MAI 2015 202

Photo M. christine Grimard

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Sourire
Et laisser la vie
Vous sourire.

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Rêver
Et laisser la vie
Vous aimer.

*
Marcher libre
Et laisser la vie
Vous suivre.

*
Colorier le monde

Et laisser la vie

Vous éblouir.

*
Danser autour du monde

Et laisser la vie

Vous balader

*
Écrire l’espoir

Et laisser la vie

Vous lire.

*
Aimer les nuits et les jours
Et laisser la vie
Rêver d’Amour.

*

Clichés 79 : Ponts de Lyon (1)

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Photo M.Christine Grimard

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Pont Bonaparte: Le premier pont était un pont en bois construit de 1634 à 1642. Il fut détruit par les crues puis reconstruit plusieurs fois jusqu’en 1786 où ce fut en pierre de Villebois. Terminé en 1807, il fut appelé pont Tilsitt. Dynamité le 1er septembre 1944 par les forces allemandes, sa reconstruction dura de 1946 à 1950. Il est composé de trois arches en béton armé recouvertes de pierres de taille provenant des carrières de Hauteville (carrières ayant fournies les pierres de l’Empire State Bulding à New York). Il est pourvu d’une chaussée de 12 m et deux trottoirs de 4,50 m. Il prend le nom de pont Bonaparte en 1964. Il relie la cathédrale St Jean à la place Bellecour, la plus grande place de la ville.

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pont 1

Photo M. Christine Grimard

La passerelle Saint Georges enjambe la Saone relie le quai de Tilsit au quai Fulchiron.
Le 5 mars 1852, la mairie accorde une concession à Wedrokovsky pour une durée de 60 ans, la passerelle sera achevée le 21 octobre 1853 d’une longueur est de 87,50 mètres pour une largeur de 3,50 mètres. Les piliers de la passerelle sont en fonte. Ils représentent des navettes, par allusion au quartier d’origine des Canuts.

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pont 2

Photo M.Christine Grimard

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Sur les quais, il fait bon flâner et la Saône est si belle !

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Photo M. Christine Grimard

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La passerelle du palais de justice

Le premier ouvrage réalisé à cet endroit en 1778 fut un pont constitué d’une chaîne de 12 bateaux, dont 2 mobiles. Appelé pont Volant, il est remplacé par un pont de bois en 1797 qui garde le nom et est également nommé le pont Neuf.

La passerelle actuelle date de 1982 (inaugurée en 1986) d’après un projet de l’architecte urbaniste Charles Delfante. Elle mesure 126 m de long et 4 m de large. Sa travée est suspendue par des haubans plantés dans un mât unique ancré sur la rive gauche de la rivière.

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Photo M. Christine Grimard

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La même passerelle vue de l’esplanade de Fourvière

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“Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts.”
Isaac Newton

 

Phrases 38 : Mots perlés

« Demain, je surprendrai l’aube rouge sur les tamaris mouillés de rosée saline,

sur les faux bambous qui retiennent, à la pointe de chaque lance bleue, une perle. « 

Colette

La naissance du jour

Photo M.Christine Grimard

 

  • Demain, je relirai Colette laissant ses mots  distiller leur magie goutte à goutte dans mon esprit puis nourrie de leur sève harmonieuse, j’habillerai mes rêves de ses perles ciselées.
  • La nuit a semé des notes boisées dans le jardin, laissant derrière elle un collier de perles nacrées où les premières secondes de soleil peindront un arc-en ciel qui irisera mon petit matin de joie.
  • Perle après perle, le jardin enfile ses jours et je décore ma vie de leurs reflets nacrés pour oublier la couleur des temps difficiles.
  • Je suivrai la route de la lumière de perles en perles, de joies en espoirs, de soupirs en sourires, écoutant le chant de la pluie sur les pierres jusqu’à ce que mon esprit s’envole avec elle.