Comptine d’automne

Photo. M Christine Grimard

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Un petit nuage

Un jeune arbrisseau

S’aimaient d’amours tendres

Mais comment s’y prendre

Quand on est si loin ?

.

Impression de déjà vu

Sentiment déjà connu

Histoire déjà entendue

Un souffle de vent

Aimant la tendresse

Entend leur détresse

Attendri, il décide de les aider

….

Désolé de leur maladresse

En deux temps, trois rafales

Il enroule le petit nuage

En spirale autour des branchages !

……..,

Fin de la comptine

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Photo du jour : en chemin

Photo M Christine Grimard

Au détour du chemin

La lumière sort du bois

En écharpe de soie brune

Au détour du jour

Les arbres frissonnent

Nus sous leurs branches

Au détour des discours

Les illusions foisonnent

Et les colères résonnent

Au détours des matins brumeux

La lumière hésite et tâtonne

To do list 65 : douceur

« Attenter à la douceur est un crime sans nom

que notre époque commet souvent au nom de ses divinités :

l’efficacité, la rapidité, la rentabilité. »

Anne Dufourmantelle

Éloge de la douceur

Photo M.Christine Grimard

  • Garder les deux pieds bien campés sur le sol pour admirer le ciel, et se blottir dans la douceur de son bleu.
  • Savoir que la vie n’a de beau que dans la douceur que l’on partage avec ceux que l’on aime.
    S’accrocher aux nuages pour continuer de rêver en volant au-dessus des nids de corneilles.
    Se rassurer en sachant que les mauvais jours seront effacés par les sourires croisés sur son chemin.
    Admettre son imperfection tout en étant fier de ses défauts lorsqu’ils sont empreints d’humanité.
    Comprendre que le bien et la douceur triomphent toujours du mal et de la violence.
    Effacer les coups reçus d’une caresse de la main, mais ne jamais oublier de quoi sont capables ceux qui les ont portés.

La ronde de Novembre : « Figure » (2)

Pour ceux qui auraient l’envie de relire mon texte, le voici :

Figures à géométrie variable

Les figures réalisées par ces patineurs sont autant d’exploits. Ils enchaînent arabesques et pirouettes, semblant défier les lois de la pesanteur à chaque instant. Ils gravent dans la glace et dans l’esprit des aficionados le souvenir de leur sillage impeccable, peu importe si les juges ne leur accordent pas la suprême récompense. Parfois les nuits d’hiver,  la glace qui glisse sous le vent, rêve aux figures qu’elle a gardées en mémoire et dessine sur les fenêtres les guirlandes de volutes dont elle se souvient.

***

Ma chérie, je n’ai plus figure humaine, regarde ce que ce coiffeur a fait de moi. Je lui ai demandé d’égaliser les pointes et il est parti sur ses grands cheveux, à grand renfort de ciseaux aiguisés qu’il agitait au-dessus de ma tête. Je le voyais dessiner des grands cercles concentriques de plus en plus serrés, me demandant quelle figure géométrique, triangle, losange ou pentagramme, trônerait au sommet de mon crâne à la fin de son délire.

***

Le visage de cet homme me rappelle une figure géométrique : un carré ou plutôt un beau cube lisse aux arêtes saillantes, sans un poil sur le caillou, les oreilles collées à son crâne dans le sens du vent, les yeux enfoncés et le nez aplati comme si rien ne devait dépasser de sa personne. Un vraie figure de statue de sel, imperturbable et tellement sûr de lui, qu’on a envie de voir un oiseau le prendre pour perchoir pour lui rabattre son caquet !

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Je vous demande d’écrire un texte d’invention, vous avez tout loisir de choisir librement votre sujet, en utilisant cependant toutes les figures de style apprises depuis le début de l’année.  Votre texte devra se développer comme un arbre dont on suivrait la croissance des branches harmonieusement construites, dans un registre réaliste. Les figures de style apparaîtront comme autant de perles agrémentant le texte pour mettre en valeur vos idées. Vous avez quatre heures.

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Figurez-vous qu’un jour, j’aurai le temps de l’écrire ce roman surréaliste où les plantes s’empareront du monde pour se venger de ce que les hommes leur ont fait subir depuis leur apparition sur terre. Elles s’affranchiront de leur immobilité, franchiront les limites de l’inimaginable et feront disparaître les vestiges de la civilisation humaine sous un tourbillon de vrilles et de feuilles.

***

Finalement, je ne sais quelle figure choisir, tous ces textes feraient bien le début d’une belle histoire à figure humaine ou pourquoi pas des aventures d’une figure de proue ! En ces temps de récompenses littéraires, il suffirait de laisser les mots s’étirer sur la page en prenant le temps de les écrire en suivant les lignes comme on suit le vol des oies sauvages…

texte et photos M. Christine Grimard

La ronde de Novembre : « Figure »

Ronde du 15  novembre 2018 autour du mot « figure »

Entrons dans cette nouvelle ronde dont je vous rappelle le principe retranscrit ici depuis le blog de Dominique Autrou:

«La ronde est un échange périodique bimestriel de blog à blog sous forme de boucle, sur une idée d’Hélène Verdierle promeneurquotiriens et Dominique Autrou à l’automne 2012. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième, et ainsi de suite. Pour chaque échange, un thème, un simple mot. Prétexte à un travail d’écriture pouvant prendre la forme d’un récit, une fiction, un poème, une page de carnet…»

Selon l’ordre de cette ronde, je publie mon texte chez Dominique et j’ai le plaisir de recevoir celui de Helène .

Merci à eux deux, merci à tous ceux qui font la ronde autour des «Figures».

La ronde tourne cette fois-ci dans le sens suivant, par ordre du tirage au sort (un clic sur le lien de son blog libère le nom de l’auteur) :

Voici le texte d’Helène:
*
Eux, elle et autres figures
.

Eux,

 

paisibles dans la nacelle de l’été

— sous le  filtre des platanes au soleil descendant — lumineuse élégance, lui vêtu de blanc, elle à la robe bleu ciel, ils marchaient d’un pas lent et menu, ils marchaient se tenant pas la main et parfois, s’arrêtant, prononçaient quelques mots ;  dans ces conversations demeurait l’invisible, le temps, la répétition qui n’est jamais redite ou quelque événement qu’eux seuls pouvaient connaître,  ou peut-être encore la courbe gracieuse du fleuve au plus bas des saisons, les figures glissées des canards et des cygnes sur le miroir de l’eau et, par le menu recommencés, le fleuve, la ville,

.

La ville,

 

texture toujours menacée d’ombre, usée jusqu’à la trame,

figure vivante de pierres accumulées,

couronnée d’un château qui scrute la ville et l’eau  sous le souffle vibratile des grands pins séculaires ;

dans le lacis obscur où pénètrent une fois l’an les arbres

ou plutôt leurs ombres gnomoniques portées

comme des estafettes au cœur de la cité,

la ville où règne l’entraide des maisons jetant par dessus les passants

des arcades de pierre au travers de la rue,

et cette porte de ville impénétrable sommée d’un campanile de fer dont cloche et sirènes sonnent les alarmes — du moins on le suppose —

quand la fureur saisit le fleuve,

 

.

Le fleuve,

pénétrant imprévisible par tous les interstices dans la ville construite sous le niveau des crues,

la ville toujours là comme le pont romain,

ou le gué de béton quelques mètres en amont qui brise les folies du fleuve et des modernités ;

le fleuve cévenol, le fleuve protestant qui va battre les flancs des remparts d’Aigues-Mortes pour prendre le sillage du roi saint en route vers Carthage

— ce fleuve qui sépare ici la ville vieille de sa ville des morts—

 tandis qu’aux alentours, comme partout ailleurs,

se développent les zones qui, dans l’ignorance du fleuve, dévorent la plaine de leurs agitations,

 

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