Photo du jour : Écoute la vie

« Il y a trop à voir pour ne pas se perdre. »

Christian Bobin

Photo M. Christine Grimard

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Il y a tant à voir, regarde et écoute

Écoute l’été dégouliner sur les dahlias.

Il n’en finit plus de colorier les buddléias.

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Il y a tant à voir, regarde et écoute

Écoute l’été habiller les matins de braises

Il n’en finit plus de gorger de nectar, les fraises.

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Il y a tant à voir, regarde et écoute

Écoute l’été mûrir les grappes sur la treille.

Il n’en finit plus de saouler les abeilles.

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Il y a tant à voir, regarde et écoute

Écoute l’été égrainer ses jours resplendissants

Il n’en finit plus de teinter les pétales de sang.

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Il y a tant à voir, regarde et écoute

La vie qui va, la vie si courte.

Phrases 13 : Mots effeuillés

« L’arbre est un livre ouvert. Le vent en tourne distraitement les pages comme s’il pensait à autre chose. »

Christian Bobin

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Photo d’auteur inconnu

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  • Ma vie est un livre ouvert dont le vent de la plaine tourne les pages, d’où les mots s’envolent en chantant, tantôt séchés au soleil des étés brûlants, tantôt pétrifiés par les hivers glacials, et dont il ne restera qu’un amas de poussière légère quand la nuit en aura refermé la couverture de ses doigts étoilés.
  • Au fil de ses feuillets, le livre se raconte des histoires de fées dansant sous les branches; et la page qui se rappelle de sa forêt natale, frémit sous le vent de la lande en s’envolant pour le bal des korrigans.
  • Près de la rive, les peupliers laissent leurs branches onduler sous la brise mais lorsque l’orage se lève au pied de la colline, les tourbillons du vent leur donnent le vertige et l’on entend leur rire planer jusqu’au matin.

Une image… une histoire : Lumières (partie 3)

Khalil Gibran écrivait que l’amour était

« un mot de lumière, écrit par une main de lumière, sur une page de lumière ».

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Photo d’auteur inconnu

 

Ils traversèrent le village, sans prêter attention aux regards curieux qui les accompagnaient. Les chiens ouvraient la marche, fiers, la tête dressée.

Un silence s’installa entre eux, comme si les mots se retenaient pour ne pas gâcher cet instant précieux. Julia levait les yeux vers les frontons des maisons, les volets entre-ouverts, les rideaux tirés, essayant d’imaginer ce qu’ils cachaient. Mais le village semblait assoupi, aucun regard ne filtrait derrière les fenêtres, comme si la vie était ailleurs. Intriguée elle demanda à Erik :

  • Les maisons semblent désertes à cette heure-ci, les villageois sont occupés ailleurs ?
  • Oui, la plupart partent travailler très tôt. La ville la plus proche étant à une trentaine de kilomètres, ils quittent le village à l’aube. Il ne reste que les retraités et quelques femmes, dont celles que vous avez vues se regrouper à la boulangerie à votre arrivée. Elles forment l’avant-poste de surveillance agréé du village. Tous les commérages et toutes les nouvelles passent par leur intermédiaire, et s’en trouvent déformées comme il se doit ! ajouta-t-il avec un sourire ironique. Si vous avez l’intention de séjourner un peu par ici, il faudra en passer par leurs fourches caudines, pour avoir une chance d’être acceptée…
  • J’avais l’intention de trouver un hébergement par ici pendant quelques jours, mais je n’ai vu aucun lieu de séjour dans le village. Pourriez-vous me renseigner ?
  • Il n’y a plus aucune auberge dans la région depuis plus de vingt ans. Nous ne sommes pas une région touristique, et il faut aimer la solitude pour vivre par ici…
  • Je trouve cette région très belle au contraire, l’interrompit Julia, sauvage et aride à souhait, ou les coquelicots sont les seuls survivants au bord des chemins. Enfin pour qui aime le silence et la solitude … ajouta-t-elle avec un sourire devant le regard de biais qu’il lui lançait.
  • Vous pensez vraiment ce que vous dites ? demanda Erik
  • Bien sûr, répliqua-t-elle, Je pense toujours ce que je dis. Toujours… La vie est trop courte pour se mentir, à quoi cela servirait-il de dissimuler ses sentiments. Parfois, je me tais, cependant, pour ne pas blesser quelqu’un. Quand quelque chose ne me plaît pas, je passe mon chemin, sans pour cela le dénigrer. Je regarde ailleurs, c’est tout !
  • Voilà un trait de caractère qui me plaît ! déclara Erik avec conviction. Je n’aime pas le mensonge et les menteurs, même si certaines vérités sont moins difficiles à avaler, un peu enrobées…

Julia s’esclaffa sur ces dernières paroles et ils échangèrent un regard de connivence souriante qui les combla tous les deux.

Levant les yeux vers le ciel, elle ajouta :

  • En fait, je crois que c’est la lumière de ce pays qui me plaît. Regardez comme elle caresse les murs de pierres, ils semblent lui rendre cette caresse en irradiant une sorte de reflet doré que je n’ai jamais vu ailleurs. C’est drôle, c’est ainsi que j’imaginais la maison des fées quand j’étais enfant, avec des murs en pierres dorées dont les paillettes brillaient au soleil…
  • Vous n’avez encore rien vu, répliqua Erik, attendez de voir le soleil couchant sur les rochers du Diable, c’est un feu d’artifices à ciel ouvert !
  • J’aimerais beaucoup voir ça, en effet ! répondit Julia. Vous me montrerez ?
  • Il faudrait pour cela que vous soyez encore là au coucher du soleil …
  • Je compte rester un peu, dit-elle en riant. Si vous m’y aidez.

Elle égraina de nouveau son rire de cristal, qui résonnait sur les pierres des façades, et Erik se dit que les fées devaient apprécier que l’une d’elles soit venue leur rendre une petite visite impromptue. Mais voilà qu’il recommençait à délirer …

Il se contenta de sourire en fixant ses chaussures et en priant pour qu’elle ne change pas d’avis.

–> A suivre <—

Musique : Summertime

Temps d’été

Temps de tous les excès

Temps de l’amour

Temps du soleil et de liberté

Temps de la musique en liberté

Temps des festivals

Temps du plaisir de la musique égrainée dans la nuit chaude

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Plaisir sensuel

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Plaisir du jazz

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Plaisir classique indémodable

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Chacun choisira son plaisir, celui de la musique !