Un été en bandoulière (32)

« Je réclame le droit de rêver au tournant

De la route aux grands charmes de la promenade

Le droit de m’émouvoir du monde maintenant 

Que s’approche la canonnade. »
Les Yeux et la Mémoire, 

Louis Aragon, éd. Gallimard, 1954, IV 

(« Je plaide pour les rues et les bois d’aujourd’hui »), p. 36 

Photo m. Christine Grimard


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Je réclame le droit d’oublier 

Le mauvais, la terreur 

La violence et la mort

Le vain et le mauvais sort 

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Je réclame le droit de rouler 

Sans but et sans enjeu 

Au fond des vallées bleues

Le long des chemins creux 

~^~

Je réclame le droit d’exister 

Seulement pour le Plaisir

De suivre mes désirs 

Sans jamais m’assagir 

~^~

Je réclame le droit de flâner 

De vouloir et d’aimer 

De rire et de chanter 

De vivre et de rêver 

Un été en bandoulière (29)

 » J’ai rendez vous chaque matin avec la beauté du monde. »

Christian Bobin

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Photo m ch grimard

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Avancer tout droit vers l’ouest

Traverser la pinède

Suivre le sentier tapissé d’aiguilles de pin

Lever les yeux vers le ciel

Admirer la valse de leurs cimes dans le vent marin

Grimper la dernière dune couverte de genêts

Déboucher d’un seul coup sur la lumière

Être éblouie par cette beauté offerte

En perdre ses mots

S’asseoir sur un rocher

Se dire que l’on pourrait rester là

Jusqu’à la fin des Temps

Dans le silence de la mer

Variations et vibrations : Promenade d’hiver

« Ce que j’appelle réfléchir :

je dévisse ma tête,

je la mets sur une étagère et je sors faire une promenade.

A mon retour, la tête est allumée.

La promenade dure une heure ou un an. »

Christian Bobin

(La grande vie)

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Photo M Ch Grimard

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Comme Christian Bobin, je suis une adepte des promenades, dans les prés, dans les bois, sur les plages en hiver, sur la lande, dans les livres aussi.
Souvent en marchant, me viennent des phrases, des histoires, il suffit de regarder autour de soi pour que l’inspiration vous saute à la gorge. En rentrant, il faut laisser décanter et puis saisir les mots avant qu’ils ne s’envolent. Ne pas laisser retomber l’écume…
Lorsque je lis Christian Bobin, j’entends ses mots germer dans mon esprit comme si je les avais pensés.
Évidemment, je n’ai pas l’outrecuidance de croire que je pourrais écrire comme lui. Mais je ressens ce qu’il écrit comme né de ma propre sensibilité. Prendre un de ses livres et l’ouvrir à n’importe quelle page, est souvent un des moyens que j’utilise pour m’apaiser.
Chaque phrase est surprenante et pourtant elle prend pied au plus profond de la réalité. Ce paradoxe me surprend à chaque fois que j’ouvre une de ses pages. Je saisis sa phrase et la fais tourner comme je le ferais d’un bonbon au miel autour de ma langue.
La poésie se nourrit de cela, nul besoin de phrases redondantes et incompréhensibles si chères à certains auteurs. Je ne vois pas l’intérêt d’écrire ce que personne ne comprend. Il suffit de laisser couler les mots au fond de son âme, comme on sirote un bon vin.
La poésie, ce sont des mots qui caressent, aussi sensuellement qu’une main glissant au creux des reins.
Je suis une primaire, bêtement sensible à la musique des mots de tous les jours comme à la chaleur qui court dans mes veines.
J’ai besoin, en refermant le livre, de sentir encore le frisson des phrases couler sous ma peau.
Ce rapport charnel aux écrits, je le revendique et le cultive.
J’espère qu’au dernier matin, j’aurai gardé un cerveau capable de l’aimer encore.
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Clichés 89: Balades vendéennes (4)

Terre en partie gagnée sur la mer, la Vendée en a gardé de multiples canaux et tout un réseau hydraulique d’étiers et de zones humides saumâtres.

Moins célèbre que le Marais poitevin, ou que son célèbre cousin rétais, le marais vendéen est parsemé de chemins piétonniers ou cyclistes que j’aime parcourir à la découverte de  rencontres de hasard.

Suivez-moi dans le marais, où…

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AOUT 2016 3000

Photo M.Christine Grimard

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… où les chevaux sont libres et paisibles

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AOUT 2016 2989

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…où les routes sont submersibles et parfois submergées

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AOUT 2016 2957

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…où les sentinelles sont bleues

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AOUT 2016 2969

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où l’on se perd dans un labyrinthe salé

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…où les plumeaux se font ballerines

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AOUT 2016 3383

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…où l’on croise des canoës dans les canaux

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…où les roses sont monumentales

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AOUT 2016 2994

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…où la lumière et le vent se comprennent

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AOUT 2016 3407

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…où les sternes se reposent au soleil

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AOUT 2016 3831

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…où les chardons bleus se parent d’argent

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…où les mouettes traversent sagement sur les ponts

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AOUT 2016 3411

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…où les roses trémières sont libres et sauvages

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AOUT 2016 3836

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… là où j’ai suivi la lumière dans son refuge !

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