Vent de printemps (8) : crépuscule

« J’entends des mots d’amour changer le cours du temps. »

Eluard

Photo m.christine Grimard

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Se taire

Pour écouter

Le chant du vent

Dans les graminées

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Imaginer

Derrière le silence

La valse des anges

Au milieu des étoiles

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S’endormir

À force de chercher

Le parfum des souvenirs

Dans l’obscurité grandissante

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Vent de printemps (7) : faute de merles, voici des grives

« On savait que le printemps était proche quand apparaissait le premier merle d’Amérique avec sa poitrine rousse et son dos marron : il surgissait brusquement et inexplicablement un matin dans le jardin derrière la maison et il sautillait dans l’herbe. »

Paul Auster

« Faute de merles on mange des grives » dit le proverbe.

En observant le sautillement gracieux de ces jolies grives dans la prairie, je me suis souvenu de cette phrase lapidaire.

Avec horreur, finalement…

Et si l’on se faisait une petite salade de pissenlits nouveaux, croquants avec des petits croûtons et une bonne vinaigrette à l’huile d’olives.

J’ai la chance de voir encore quelques merles et plus rarement des grives, se promener dans le jardin à la recherche d’insectes pour leur repas. Mais ils se font de plus en plus rares. Les papillons et les abeilles aussi. À force de vouloir se débarrasser des « nuisibles », on a fini par faire disparaître la moitié de la terre. Les derniers nuisibles que la destruction des autres espèces entraînera dans le néant, ce sera l’espèce humaine !

Vent de printemps (5) : simplicité

« Ainsi, chaque fois qu’il m’a semblé éprouver le sens profond du monde, c’est sa simplicité qui m’a toujours bouleversé. »

L’envers et l’endroit

Albert Camus

Photo m.christine Grimard

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Quelques pétales savamment froissés

Un zeste de lumière

Trois gouttes d’eau de rose

Un voile de poudre de soleil

Un soupçon de timidité

Beaucoup de simplicité

Et la Corète est prête pour le Bal de la Rose

Vent de printemps (2) : froissements de lumière

« Le jaune apporte toujours une lumière et l’on peut dire que, de même, le bleu amène toujours une ombre. »

Le Traité des couleurs (1810)

de Johann Wolfgang von Goethe

Photo m Christine Grimard

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Narcisse déplie ses pétales

Dans un froissement d’aile

Mise en plis au soleil pâle

Cinquante nuances de miel

Foisonnement végétal

Si beau que presque irréel

Devant sa couleur triomphale

L’on se sent pousser des ailes

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Vent de printemps (1) : Ciel d’artifice

Photo M. Christine Grimard

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Ciel d’artifice

Instant de magie pure

Effaçant les ennuis de la journée

Oubliées injustices et mauvaises surprises

Emportées par la lumière

Aussi légère que le vent

Espérer que demain

Se réveille apaisé

Doux et fou

Mauvais souvenirs et inquiétudes envolés

Que pourrait-il arriver de mal

Dans un monde aussi

Lumineux

?

Un petit air d’hiver (10) : Attente

« Le sentiment d’attente ne s’ajuste qu’au seul printemps.

Avant lui, après lui nous escomptons la moisson, nous supputons la vendange, nous espérons le dégel. On n’attend pas l’été, il s’impose; on redoute l’hiver. »

L’Etoile Vesper (1946)

Colette

Photo m Christine Grimard

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Attente

À jour frisant

À fleur de ciel

À court de patience

Apparaît un pâle soleil de printemps

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En catimini

Entre chien et loup

Enrubanné d’espoir vermeil

Élégamment écharpé de brume

Entre en scène un dernier matin d’hiver

..

Ils se regardent

Intrigués d’autant d’audace

Inconscients de leur propre beauté

Insouciants du temps qui les séparera

Impatients de goûter la douceur du jour qui viendra

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Offrande réciproque

Odeurs des premières violettes

Ondulant sous les branches encore nues

Ombrageux peupliers aux bourgeons impatients

Oubliant que le gel pourrait les noircir d’un retour de flamme

Attente

Espérance

Impatience

Obsession

Dis maman, il arrive quand, le printemps ?

..

Un petit air d’hiver (9) : liste d’attente

Stephen Hawking :

« Be curious. And, however difficult life may seem, there is always something you can do and succeed at. It matters that you don’t just give up. »

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Photo m Christine Grimard

Ne pas se laisser engloutir par le manque de lumière.

Apprécier les ciels d’orage comme on le ferait d’un spectacle de jazz où le batteur se croit seul au monde.

Tendre ses branches vers le ciel pour capter la moindre parcelle de lumière comme on prendrait sa douche sous une cascade tropicale.

Se réchauffer du pâle soleil de mars aussi gris au zénith qu’au petit matin, en occultant les quelques flocons qui tourbillonnent autour de son tronc.

Prendre solidement appui sur ses racines pour résister aux violentes rafales de mars, leur tourner résolument le dos, le regard tourné vers l’été qui viendra.

Ne jamais se décourager et ne garder que le meilleur de la vie qui va, laissant derrière soi l’inutile et le mauvais.

Rêver au monde tel qu’il devrait être et s’en souvenir au matin, pour en bâtir un petit morceau chaque jour.