Un été bleu horizon (15)

« Si je ne la vois pas, je l’imagine et je suis fort comme les arbres hauts. Mais si je la vois je tremble, et je ne sais de quoi se compose ce que j’éprouve en son absence.

Je suis tout entier une force qui m’abandonne.

Toute la réalité me regarde ainsi qu’un tournesol dont le cœur serait son visage. »

Fernando Pessoa

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Photo Marie-Christine Grimard

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Dans la plaine écrasée de soleil

Les tournesols baissent la tête

La sécheresse a eu raison de leurs belles couleurs

Ils ont « mûri » trop vite

Ont dirait qu’ils sont morts

Au champ d’honneur de l’été

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Photo Marie-Christine Grimard

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Un seul d’entre eux survit

Fier, et droit devant la solitude

Il résiste au vent et au soleil implacables

Offrant son plus beau sourire au jour qui vient

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Seul…

Vraiment seul ?

Peut-être pas

Derrière lui, un ami sourit

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Parfois il suffit de se retourner pour que le ciel s’éclaircisse…

Photo Marie-Christine Grimard

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Un été bleu horizon (13)

« Tout cela c’est la vie, le temps qui coule, c’est le miracle espéré à chaque tournant du chemin, et sur la foi duquel je m’évade. »

Colette

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Photo Marie-Christine Grimard

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Être en vacances c’est prendre son temps

Pour ne rien faire

Regarder le jardin pousser

Ecouter les fruits tomber

Voir le temps courir avec les nuages

Entendre la vie passer

En silence

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Photo Marie-Christine Grimard

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Parfois je me dis que ces pages n’ont pas une grande utilité…

Quel intérêt de lire un blog qui fait le tour d’un jardinet, côtier ou non ?

Blog agricole où la culture se dissimule derrière les pétales des roses,

Blog poétique ou pathétique, selon l’humeur du lecteur,

Blog en villégiature atlantique où il est de première nécessité d’admirer la vie jouer entre ombres et lumières.

On regarde ensemble ?

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Merci pour votre attention et votre patience avec mes élucubrations 🙏🏻

Un été bleu horizon ((10))

« L’art, est à l’image de la création. C’est un symbole, tout comme le monde terrestre est un symbole du cosmos. »

Paul Klee

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Photo M Christine Grimard

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Depuis 2011 : l’artiste MICHEL JOBARD

exerce son art sur les plages de Vendée

On parle de :

BEACH ART, SAND ART, LAND ART

Peu importe le titre qu’on lui donne, ce matin il dessinait une de ses immenses fresques sur le sable de la plage du Veillon.

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Photo M Christine Grimard

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Un art de patience et de minutie

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Photo M Christine Grimard

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Un art d’endurance aussi

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Photo Marie-Christine Grimard

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L’art de dessiner ce que l’on ne voit pas mais que l’on imagine

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Photo Marie-Christine Grimard

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Il fut aidé par deux personnes ce matin. Il s’agit de finir l’immense mandala avant que la marée montante n’emporte les traits fragiles façonnés au râteau pendant de longue minutes.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Une fois le travail achevé, l’artiste et ses deux petites mains s’éloignent du rivage pour déployer un drone qui viendra filmer le mandala depuis le ciel et regardera les vagues le dévorer peu à peu.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Photo Marie-Christine Grimard

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Le drone filmera pendant plusieurs minutes, l’artiste montrera le résultat sur son site plus tard, il explique que son acte est intimement lié à sa philosophie, l’instant de création étant intense et éphémère

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Photo Marie-Christine Grimard

,« Sitôt achevée, l’oeuvre ne m’appartient plus. Je laisse le soin à la Nature d’apporter la touche finale ». Michel Jobard

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Photo Marie-Christine Grimard

Regardez les vidéos sur son site, elles sont merveilleuses.

Un été bleu horizon (7)

« Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l’éternel que nous ne savons plus. »

L’homme-joie (2012) de Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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Côte Atlantique :

Terre de roses trémières.

Elles s’y trouvent bien, faut-il croire.

Elles aiment la difficulté.

Il leur faut seulement quelques pincées de terre mêlée de sable, avec suffisamment de lumière, de sel et de vent pour avoir envie de grandir, et suffisamment d’aridité pour être libre et pousser sans concurrence.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Elles aiment être libres.

Libres de coloniser les bordures des étiers

Libres de s’abriter au cœur des marais

Là où rien d’autre ne pousse

Que les salicornes que le sel ne rebute pas

Là où le soleil est omniprésent

Jouant avec ses reflets sur les œillets salins

Là où les grues sont les seules à pouvoir les admirer, le matin, au lever du soleil, quand elles déploient leurs couleurs irisées sous les ailes du vent.

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Photo Marie-Christine Grimard

Un été bleu horizon (6)

« Nous sommes humains parce que nous avons accès à ce qui n’existe pas. Cette richesse n’est pas donnée à tous, mais ceux qui cheminent jusqu’à ce continent invisible en effet reviennent chargés de trésors qu’ils font partager à tous les autres. »

Le grand coeur – Jean-Christophe Rufin

Photo. Christine Grimard

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Temps variable dit la météo.

En quelques heures, deux orages, plusieurs passages de pluie, un grand soleil et une tempête de vent.

Profiter d’une accalmie pour prendre le chemin forestier et se laisser surprendre par les parfums du sous-bois, mélange d’aiguilles de pins et de fougères mouillées.

Goûter au silence, le calme avant la prochaine tempête peut-être.

Avancer vers l’Ouest en suivant la trace du soleil

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Photo Marie-Christine Grimard

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Au détour du chemin, être éblouie par les rayons du soleil sautillant à la cime des grands pins.

Admirer leur balancement harmonieux sous le vent du soir.

Se surprendre à les suivre en dansant sur la mousse. Une petite valse ou un tango selon la fantaisie des rafales.

La musique monte, un grondement sourd suivi de roulement de cymbales, quelques notes de xylophone, et un grand souffle de feuilles.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Soudain le chemin s’élargit comme si la lumière écartait les arbres.

Les grands pins ont laissé la place aux yeuses, petits chênes vendéens résistants aux embruns et se contentant de la terre sableuse des dunes.

Leur chevelure blonde et légère, ondule dans la clarté retrouvée.

Les arbres se font plus rares, quelques arbustes apparaissent. Leur feuillage est serré comme s’ils devaient se protéger de la fureur des éléments.

Un ronronnement d’abord lointain se fait de plus en plus insistant. L’impatience ou peut-être la curiosité me fait accélérer le pas.

Et soudain c’est l’explosion.

Vent et lumière m’offrent un ballet époustouflant.

Regardez, je vous l’offre :

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L’été en bleu horizon (2)

Photo m Christine Grimard

Chemin des douaniers.

Le sentier étroit serpente au bord de la falaise, coincé entre forêt et océan. Il y a dix ans quatre personnes pouvaient marcher de front, aujourd’hui on marche en file indienne. La mer a rongé peu à peu la falaise, et les dernières tempêtes de l’hiver ont eu raison des derniers rochers en contrebas.

Combien de temps avant que le sentier ne soit interdit aux promeneurs ?

Combien de temps avant que la frange de pins maritimes accrochés sur le sable de la falaise , ne s’abîme dans les vagues cinq mètres plus bas ?

Ils sont de plus en plus décharnés, ces pauvres pins, leurs branches noircies d’embruns semblent torturées d’arthrose, l’humidité salée s’insinuant sous leurs écorces. Les quelques épines qui résistent encore sur leurs cimes, se hérissent sous l’assaut du vent. Ils savent que leur temps est compté mais peu importe, ils ne regrettent pas leurs efforts pour pousser dans cet environnement hostile, tant la vie est belle ici. Ça n’est pas donné à tout le monde de se réveiller chaque matin baigné de ce bleu changeant et inondé de soleil !

Les jours de pluie, l’eau ruisselle entre les racines et creuse des sillons invisibles sous le sable, faisant glisser doucement la terre vers la mer. Inutile de se faire des illusions, cette côte disparaîtra au fond de l’océan dans quelques années.

Comment était-elle aux temps préhistoriques, ou encore au moyen-âge, lorsque Richard Coeur de Lion faisait remonter ses navires jusqu’à Talmont-Saint-Hilaire par l’estuaire du Payré ? Aujourd’hui, il est ensablé, accueille des parcs à huîtres et quelques canoës à marée haute. À marée basse, on peut le traverser à pieds secs…

Ici, plus qu’ailleurs, on voit le temps dessiner les paysages, et l’on réalise combien notre vie est courte et fragile. Il suffit de quelques vagues pour que disparaisse la falaise et les hommes qui y vivent. Profitons du temps qui nous reste, pour goûter tout le sel de cette vie et nous aimer.

Combien de grain de sable encore dans notre sablier ?

Photo du jour : graminées germinées

« Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé.. »

Antoine de Saint-Exupéry

Le Petit Prince

Photo Marie-Christine Grimard

Germination

Au milieu de nulle part

Apparition

À l’abri des remparts

Au silence de midi

Les blés sauvages bercent leurs épis

Dans le vent chaud de l’été

Nul ne sait comment ils sont arrivés

Au bord de la voie ferrée

On entend craquer leurs épillets

Écrasés par la canicule

Ondulant sur leurs pédoncules

Comme des danseuses enluminées

À jour frisant soudain illuminés