Photo du jour : Où les bourgeons bourgeonnent…

Photo M.Christine Grimard

 

Réveil

Sous le soleil

Qui atteindra le ciel ?

Qui le premier déploiera ses ailes ?

*

Renaissance

De bourgeons en inflorescences

De branchages en arborescences

De régénérescence en magnificence

*

Printemps

Bourgeonnant, éclatant

Passent les jours, passe le temps

De ciels en ciels, de bourrasques en autan

D’aubes en crépuscules, de saisons en moments

*

Survis

Et souris

Sur ton chemin de vie

Trouve la force et garde l’envie

D’atteindre le ciel, voletant de féérie en folie.

*

Bourgeons

Embryon de marrons

Petits plumeaux fanfarons

Ne cachant plus leur ambition

Leurs ailes plucheuses déploieront

Plus loin que l’horizon

Action !

*

Photo du jour : Hello Mars 

Photo M.Christine Grimard

Pour célébrer la naissance de mars, le groseillier à fleurs s’est brusquement réveillé ce matin. 

Seule tache de couleur dans le paysage encore sombre, il déploie ses corolles déclinées dans toutes les nuances du rose. L’éclosion soudaine de ces grappes de petites trompettes me remplit de joie, bêtement. Il me semble les entendre tintinnabuler dans la douceur de ce premier matin de mars, pour convaincre le printemps de sortir de son hibernation.

Espérons qu’elles seront entendues. Cet hiver a été si long, si froid, si gris…

Je n’ai pas vu le temps passer depuis le premier janvier. Tout va si vite, l’hiver s’en va,  l’air sent déjà le printemps. Et cette douceur fait tant de bien. 

Février est mort, vive Mars !

Photo du jour : jour de tri 

Jour de rangements où l’on fait disparaître les ombres et les lumières du passé, par strates successives, en vidant tiroirs et placards.

Jour d’émotions, portées le cœur en bandoulière, devant chaque note griffonnée de l’écriture soignée de ma mère ou des lettres ogivales de mon père.

Faire table rase.

Sourire bêtement devant une petite caisse enregistreuse en métal rouge étiquetée en centimes de francs, puis pleurer devant un album de photos jaunies d’une période oubliée où l’on voit sa mère sourire comme une gamine à la vie qu’elle imagine.

Se sentir aussi fragile qu’une feuille morte dans un souffle de tempête.

Se sentir moins que rien. 

Rentrer épuisée et se coucher un moment pour ne plus sentir ce poids qui écrase le cœur.

Ouvrir les yeux  quand une éclaircie soudaine traverse mes paupières. 

Rester bouche bée devant le magnifique spectacle offert par la lumière du couchant. Se laisser éblouir. Ne plus penser. Se laisser porter par la vie qui va.

Et se réjouir de continuer la route…

Photo M.Christine Grimard

Photo du jour : Fleurs de givre 

« Les vases ont des fleurs de givre,

– Sous la charmille aux blancs réseaux ;

– Et sur la neige on voit se suivre

– Les pas étoilés des oiseaux. »

Théophile Gautier
*

Photo M.Christine Grimard

**

Départ au petit matin, frissons et tremblements.

La lumière point à peine derrière les charmilles.

La voiture recule et sur le pare-brise, les fleurs de givre écloses durant la nuit, comptent leurs secondes de survie.

Le chauffage ronronne, la soufflerie vrombit.

Dans la lueur des phares, sur fond d’aube bleutée, se découpent les dentelles que la glace a brodées durant la nuit.

J’admire en silence, regrettant presque que cette œuvre éphémère doive bientôt disparaître sous les assauts du chauffage.

Je resterais bien là, sans bouger pour les conserver tant elles sont magnifiquement ouvragées, osant à peine respirer pour ne pas les effrayer…

Tant pis si je suis en retard.

Mais elles commencent à fondre !

Vite : une photo pour en garder le souvenir, et le déguster aux temps chauds.

Le portable, finalement, ça a du bon, quand on s’en sert autrement que pour téléphoner !

***

 

Photo du jour : Fleurs d’hiver 

« Il était bien rare que Sido n’eût pas trouvé dans le jardin, vivaces, épanouies sous la neige, les fleurs d’ellébore que nous appelions rose de Noël.

En bouquet au centre de la table, leurs boutons clos, ovales, violentés par la chaleur du beau feu, s’ouvraient en une cascade mécanique qui étonnait les chats et que je guettais comme eux. »

Colette

*

iphone-chris-3213

Photo M.Christine Grimard

**

Pas de roses de Noël ici, mais des bruyères sous la neige.

Un peu de rose sur fond de blanc, ou alors un peu de poudre blanche saupoudrée sur le fuchsia.

Tout dépend de quel angle on regarde.

Tout dépend si le verre est à moitié plein ou à moitié vide…

Un peu de couleurs pour préfigurer celles du printemps, ou alors pour ne pas oublier celles de l’été dernier.

Peu importe de quel côté on regarde à travers la lorgnette.

Regarder la nature avec les beaux yeux oblongs de Colette.

J’ai tendance à focaliser le regard sur les petites taches de couleur que la vie prend au fil des jours.

Tant pis, si je passe à côté des noirceurs, ou alors tant mieux !

***

Photo du jour : apaisement 

« Puisque j’ai rejeté l’épée,

il n’est plus rien d’autre que la coupe de l’amour

que je puisse offrir à ceux qui se dressent contre moi. »

Gandhi

*

Photo M.Christine Grimard

*

Viens faire la paix

Avec moi

Avec toi

Viens boire à cette coupe

D’amour et de joie

Je t’offre le miel et le vin

Partageons le nectar de la vie

Effaçons les mots de haine

Oublions les dogmes réducteurs

La vie est si courte

Pourquoi se complaire dans la peine

Festoyons dans la chaleur

Répandons la paix sur la terre

Et quand tu reprendras ta route

Qu’elle te conduise vers ta propre lumière

Que la paix soit

Avec toi

Avec moi

Que la paix soit !

*

Variations et vibrations : Promenade d’hiver

« Ce que j’appelle réfléchir :

je dévisse ma tête,

je la mets sur une étagère et je sors faire une promenade.

A mon retour, la tête est allumée.

La promenade dure une heure ou un an. »

Christian Bobin

(La grande vie)

*

Photo M Ch Grimard

**
Comme Christian Bobin, je suis une adepte des promenades, dans les prés, dans les bois, sur les plages en hiver, sur la lande, dans les livres aussi.
Souvent en marchant, me viennent des phrases, des histoires, il suffit de regarder autour de soi pour que l’inspiration vous saute à la gorge. En rentrant, il faut laisser décanter et puis saisir les mots avant qu’ils ne s’envolent. Ne pas laisser retomber l’écume…
Lorsque je lis Christian Bobin, j’entends ses mots germer dans mon esprit comme si je les avais pensés.
Évidemment, je n’ai pas l’outrecuidance de croire que je pourrais écrire comme lui. Mais je ressens ce qu’il écrit comme né de ma propre sensibilité. Prendre un de ses livres et l’ouvrir à n’importe quelle page, est souvent un des moyens que j’utilise pour m’apaiser.
Chaque phrase est surprenante et pourtant elle prend pied au plus profond de la réalité. Ce paradoxe me surprend à chaque fois que j’ouvre une de ses pages. Je saisis sa phrase et la fais tourner comme je le ferais d’un bonbon au miel autour de ma langue.
La poésie se nourrit de cela, nul besoin de phrases redondantes et incompréhensibles si chères à certains auteurs. Je ne vois pas l’intérêt d’écrire ce que personne ne comprend. Il suffit de laisser couler les mots au fond de son âme, comme on sirote un bon vin.
La poésie, ce sont des mots qui caressent, aussi sensuellement qu’une main glissant au creux des reins.
Je suis une primaire, bêtement sensible à la musique des mots de tous les jours comme à la chaleur qui court dans mes veines.
J’ai besoin, en refermant le livre, de sentir encore le frisson des phrases couler sous ma peau.
Ce rapport charnel aux écrits, je le revendique et le cultive.
J’espère qu’au dernier matin, j’aurai gardé un cerveau capable de l’aimer encore.
****