Nostalgie d’automne (1)

‪« J’ai cueilli ce brin de bruyère‬

L’automne est morte souviens-t’en‬

Nous ne nous verrons plus sur terre‬

‪Odeur du temps brin de bruyère‬

‪Et souviens-toi que je t’attends »‬

Apollinaire‬

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Photo m Christine Grimard

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Teintes d’automne

Du mauve des bruyères

Au roux des futaies

Couleurs de terre humide

Fragrances d’humus

Relents de labour

Mélanges de bruns et d’oranges

Saveurs de potimarrons

Nourrissant la nostalgie de l’été fini

Goût de crème de marrons

Persistant sur la langue

En attendant la saison

Des marrons glacés

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Photo du jour : poème à l’encre bleue 

« Partons de ce bleu, si vous voulez bien. Partons de ce bleu dans le matin fraîchi d’avril. Il avait la douceur du velours et l’éclat d’une larme. J’aimerais vous écrire une lettre où il n’y aurait que ce bleu. »

Christian Bobin 

Photo m ch Grimard


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Marcher le nez en l’air 

Les yeux dans les cieux

Dessiner sa vie à l’encre bleue 

Volutes outremer 

Déliés et cursives lapis-lazuli 

Traits de velours azurés

Mots gravés à la mine de Cobalt 

Envoyés dans les nuages 

Griffonnés à l’encre bleue

Sur les ailes d’une colombe origami  

Quelques mots d’amour 

Qui feront le tour la terre 

Marcher le cœur en l’air 

Les yeux dans le bleu 

Photo du jour : Fou rire ou rire encore dans ce monde fou 

« Le dieu est un enfant qui se cache et il y a un moment où il se trahit : quand on passe près de lui, on entend son fou rire. Tu peux l’entendre dans la musique, dans le silence. Dans le bourgeon qui éclate, derrière le nuage qui passe, dans une bouche édentée. Partout.

C’est incroyable le bruit que peut faire un bouquet de fleurs dans une toute petite chambre. Elles me saoulaient. Aucune philosophie au monde n’arrive à la hauteur d’une seule marguerite, d’une seule ronce, d’un seul caillou discutant comme un moine rasé en tête à tête avec le soleil et riant, riant, riant. »

Christian Bobin 

Photo m.christine Grimard


Écouter le cœur du monde battre de joie dans la clarté d’un petit matin d’automne 

Regarder les feuilles du liquidambar se doucher dans la lumière

Et se dire que plus rien ne compte que cet instant de pleinitude où le temps prend son temps, où la vie coule de source 

Entendre le rire du monde éclater dans les remous de la cascade 

Oublier l’angoisse qui resserre ses griffes entre mes seins, oublier les horreurs promises ou redoutées 

Ne plus entendre la clameur des violences secouant le monde, en se focalisant sur le murmure des libellules en vol stationnaire au dessus de l’étang 

Avoir enfin la paix

Savourer l’instant 

Et tout oublier dans un éclat de rire 

Photo du jour : Silence du soir, espoir.

« Écrire, c’est donner une profondeur au silence. »

Joe Bousquet 

Photo m ch grimard

….

Derniers instants 

Avant 

Que le jour

Ne se fonde 

Dans sa nuit 

……..

Heure où la lumière 

Exulte 

Flambant ses 

Dernières secondes

Avant 

De libérer  

Les ténèbres 

……..

Jeux de cache-cache 

Combat de gris

De roses et de bleus 

Ou chacun sait 

Que le noir 

Gagnera 

……..

Strates claires-obscures 

Rayures roses et or

Étincelles éphémères 

Déclinent 

A l’horizon 

……….

Heure où 

Le silence 

Est d’or

Habité

De l’espoir 

Secret 

Que le ciel 

Derrière son masque 

Obscur 

Ouvrira ses bras 

De velours noir

Aux étoiles 

Photo du jour : Pluie de rentrée 

« La cachette fut terminée aux premières heures de l’aube. C’était une aube mauvaise de septembre, mouillée de pluie : les pains flottaient dans le brouillard, le regard n’arrivait pas jusqu’au ciel. »Education europeenne – Romain Gary

Photo m.christine Grimard

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Il est Temps de rentrer 

Entre soirée et matinée 

L’air a chuté de vingt degrés 

Chacun dans sa case est rentré 

Des escargots aux araignées 

L’été brûlant est achevé  

Autant reprendre et s’adapter 

Au spleen, au frais et aux corvées 

Au sombre, au gris et au mouillé

En septembre on est entré 

Contre l’été on a troqué 

Un vrai Temps de rentrée 

Un été en bandoulière (35)

« Préparer l’avenir ce n’est que fonder le présent.

Il n’est jamais que du présent à mettre en ordre.

À quoi bon discuter cet héritage.

L’avenir tu n’as point à le prévoir mais à le permettre. »

Citadelle

Antoine de Saint-Exupéry

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Photo m Christine Grimard

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Bientôt l’été s’achèvera.

Je rangerai ces trente-cinq cartes non postales à côté du gros coquillage où l’on entend la mer.

Il ne leur manquera que le parfum iodé des algues.

Les goélands retrouveront le calme de l’estran déserté.

J’espère que ces quelques pages vous auront plu et vous auront fait rêver un peu d’océan.

Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps à photographier tout ce qui passe au-dessus de ma tête sur cette plage.

Il faut savoir refermer la porte en sortant.

Les vacances et l’été s’achèveront dans une gerbe d’écume.

L’avenir s’écrira dans le sable qu’une seule vague effacera.

Je remercie tous ceux qui suivent ce blog amicalement et qui ont apprécié mes tentatives maladroites pour occulter les ombres du chemin, entre canicule et aquilon.

Ainsi s’achève cette série de cartes non postales d’un été porté en bandoulière entre ciel et mer.

Que le vent marin vous porte vers le meilleur.

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