Photo du jour : l’heure rose

Photo m Christine Grimard

.

La lumière lâche prise

Place aux ombres

L’heure est au rose et au noir

Instant d’apaisement

Moment de bilan

Qu’ai-je fait de ce jour ?

.

Un sourire partagé

Un peu d’amour échangé

Quelques erreurs ou maladresses

Un soupçon de tendresse

Beaucoup de mots et quelques gestes

Pour aider celui qui attend

Un peu de soutien ou d’attention

Quelques échanges d’amitié

Quelques instants de vérité

.

La lumière laisse la place

Le ciel hésite entre rose et bronze

Demain sera un autre jour

Qu’en ferons-nous ?

Un catalogue de sentiments

Un soupçon d’humanité

Une liste de mots utiles ou futiles

… et un raton-laveur ?

Publicités

Variations et vibrations : Promenade d’hiver

« Ce que j’appelle réfléchir :

je dévisse ma tête,

je la mets sur une étagère et je sors faire une promenade.

A mon retour, la tête est allumée.

La promenade dure une heure ou un an. »

Christian Bobin

(La grande vie)

*

Photo M Ch Grimard

**
Comme Christian Bobin, je suis une adepte des promenades, dans les prés, dans les bois, sur les plages en hiver, sur la lande, dans les livres aussi.
Souvent en marchant, me viennent des phrases, des histoires, il suffit de regarder autour de soi pour que l’inspiration vous saute à la gorge. En rentrant, il faut laisser décanter et puis saisir les mots avant qu’ils ne s’envolent. Ne pas laisser retomber l’écume…
Lorsque je lis Christian Bobin, j’entends ses mots germer dans mon esprit comme si je les avais pensés.
Évidemment, je n’ai pas l’outrecuidance de croire que je pourrais écrire comme lui. Mais je ressens ce qu’il écrit comme né de ma propre sensibilité. Prendre un de ses livres et l’ouvrir à n’importe quelle page, est souvent un des moyens que j’utilise pour m’apaiser.
Chaque phrase est surprenante et pourtant elle prend pied au plus profond de la réalité. Ce paradoxe me surprend à chaque fois que j’ouvre une de ses pages. Je saisis sa phrase et la fais tourner comme je le ferais d’un bonbon au miel autour de ma langue.
La poésie se nourrit de cela, nul besoin de phrases redondantes et incompréhensibles si chères à certains auteurs. Je ne vois pas l’intérêt d’écrire ce que personne ne comprend. Il suffit de laisser couler les mots au fond de son âme, comme on sirote un bon vin.
La poésie, ce sont des mots qui caressent, aussi sensuellement qu’une main glissant au creux des reins.
Je suis une primaire, bêtement sensible à la musique des mots de tous les jours comme à la chaleur qui court dans mes veines.
J’ai besoin, en refermant le livre, de sentir encore le frisson des phrases couler sous ma peau.
Ce rapport charnel aux écrits, je le revendique et le cultive.
J’espère qu’au dernier matin, j’aurai gardé un cerveau capable de l’aimer encore.
****

Ateliers d’écriture de François Bon : La route rouge de Rimbaud

Voici mon cinquième texte écrit dans le cadre des ateliers de l’été 2016 de François Bon, intitulé « la route rouge de Rimbaud », en suivant le lien vous pourrez lire toutes les contributions parues sur  « le tiers livre ».

 

iphone chris 2448

Photo M.Christine Grimard

*

Le jardin s’étire au soleil d’un bel après-midi d’été. La mère, un chapeau de paille tressée tombant sur le front, met un panier d’osier dans la main de sa fillette. Elles sortent au moment où l’ombre des peupliers s’allonge. Un parfum de jasmin baigne l’espace entre les murs.

Dans quelques semaines, la vie reprendra sa routine avec l’automne, mais il reste de belles soirées de liberté à partager.

L’enfant sourit aux papillons qui valsent dans la lumière.

Au fond de la vallée, les blés mûrs ondulent sous la brise fraîche du soir mais la chaleur est encore pesante. L’enfant regarde la jupe de sa mère qui danse à chacun de ses pas. Le crêpe blanc parsemé de pois bleus est plus léger que les ailes des papillons.

Les châtaigniers recroquevillent leurs feuilles comme autant de mains qui se tendent dans la touffeur aoûtienne. C’est l’heure où le silence envahit le village parce qu’il fait trop chaud pour parler et que les corps sont épuisés.

Le jardin est clos de murs où grimpent les vrilles de la vigne et les volubilis fripons. Leurs corolles bleuissent entre les feuilles des haricots grimpants et des pois de senteur.

L’enfant tend son panier à la mère qui commence à le remplir de belles tomates écarlates. Elle interrompt son geste, sa tomate à la main, suivant des yeux un papillon bleu qui volète en spirale autour d’un rayon de soleil et se pose dans une fleur de courgette. Elle essayera de se souvenir des couleurs exactes de l’insecte pour en faire une aquarelle en rentrant.

Elle sait que derrière le mur, serpente un long sentier qui descend jusqu’à la rivière, mais le temps semble tourner à l’orage. Il vaudra mieux éviter de s’approcher de l’eau ce soir, les sautes d’humeur du ruisseau étant imprévisibles.

C’est un jour sans importance, un jour où la vie ne l’aura pas surprise.

L’enfant le gardera au fond de son cœur comme un joyau aussi étincelant que l’été. Elle n’oubliera pas les ombres du figuier sur le mur du couchant et l’odeur mêlée de moisi et de pommes du fruitier où elle range les arrosoirs avant de reprendre le chemin de la maison. Elle avance sur les pas de sa mère qui porte les paniers pleins de légumes.

Ce jour-là, les grenouilles de la boutasse lui offrent leur plus belle chanson.

C’est bientôt la fin de l’été, c’est le jour de ses dix ans.

*

Vases communicants de février : Attentes

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de le lire, voici le sonnet (légèrement remanié..) que j’avais écrit pour cet échange de vases avec Martine Cros, en réponse à son texte poétique sur le thème de l’attente amoureuse.

*

iphone chris 4316

Photo M. Christine Grimard

*

A l’heure où la lumière se fait étincelle

Je dévalerai la colline aux tourterelles

Jusqu’à l’océan pour t’attendre dans le vent

Drapée dans cet espoir d’un amour flamboyant.

.

Imaginant la nuit brûlante sous nos doigts,

Où rien ne compte plus que la douceur des gestes

A l’instant où la nuit habille nos émois

De regards effarés par le temps qui nous reste.

.

Et je t’attendrai là, égarée, mal à l’aise

Ne sentant sous mes doigts que le froid de la grève

Ne sachant plus vraiment si tu as existé.

.

Je t’imaginerai, ombre sur le sentier.

Mais la mer déchainée, en mordant la falaise,

Engloutira l’espoir dans les brumes du rêve.

*

Texte et photo M. Christine Grimard

Vases communicants de février : Attentes

Je remercie pour sa présence sur cette page Martine Cros, qui anime le blog  Aller aux essentiels où vous pourrez découvrir ce qu’elle partage poétiquement, comme l’affirme son bandeau : « le morcellement de la beauté donne à voir d’autres images »

J’ai pris un grand plaisir à remplir ce nouveau vase communicant et je la remercie pour son originalité et cet échange poétique et amical.

Si vous souhaitez lire mon texte, elle me fait le plaisir de me recevoir sur la page du jour de son blog

Elle a souhaité que nous échangions nos textes à partir d’un de ses poèmes qu’elle a défini comme « un texte tout frais moulu, en mes Carnets intimes, C’est sur l’amour, la vie, c’est vaste!! », et m’a demandé d’illustrer nos textes de mes photos.  J’ai alors tenté de me glisser dans son monde si vaste et de ne pas m’y perdre…

Je vous laisse juger du résultat, et  souhaite une navigation agréable entre les lignes et les textes de ce mois-ci.

Voici le texte de Martine :

*

Attentes

– I –

1266018_465945623513057_1588638900_o

Photo M. Christine Grimard

 

 

La grande abbaye invincible me conduit toujours vers toi. Bleutés & jetés de lumière attendent quelques de mes pas. Ma chair est née de ces lueurs dont je lave chaque aube. Et c’est flagellée que je puis sonder la profondeur de la guérison.

 

(À Ravello j’irai, sur la côte amalfitaine, pour écrire, encore un peu)

 

Tyrrhéniennes aurores dont les mains de désir me déposséderont de moi ! Jusqu’à mon âme dévalée, elle qui trop habituée aux trajets journaliers de l’angoisse à l’enfer chute d’Adams imaginaires aux Eves enchanteresses dont le voile de chair lèvera aux vents marins du soir ma cambre humanité.

Levers de rideaux divins sur ce sable où je pourrai marcher peut-être sans plus de chaînes, yeux nus dénudés de mains souillées par des civilisations lapidaires.

 

Je serai la vigilance de la mère __ de la mer __ et de l’amer,

l’aumône des voiliers entraperçus dans un envoûtement. Leurs torses en âme de polyester s’ouvrent au souffle originel. J’aimerais en écrire les drisses afin que se lève enfin une nouvelle espérance par delà les confins possédés. Tous voiliers ouverts, j’humerai le voyage et les vagues de tes yeux. Je porterai mon monde mince comme un déclin de jour dans la lueur du nacre __ jaunes et violets comme l’eau des margelles de ton calme jardin.

J’embrasserai juste l’instant qui sera à ma portée. Le royaume des cieux bat dans un crissement d’aile.

 

Je serai vincible, et reine sans royaume __ à moins que t’aimer en soit un.

 

texte Martine Cros, le 17 janvier 2016

 

**

« Tiers Livre de F. Bon et Scriptopolis  sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

Sur le blog : Le rendez-vous des vases communicants , tenu désormais par Marie-Noëlle Bertrand,  ayant pris la suite d’Angèle Casanova et de Brigitte Célérier , vous retrouverez la liste des échanges de ce mois. 

Clichés 60 : Année achevée

« La seule signature au bas de la vie blanche,

c’est la poésie qui la dessine. »

René Char

*

Photo M. christine Grimard

 *

Poésie blanche d’hiver

*

*

Photo M. Christine Grimard

*

Poésie verte de printemps

*

*

Photo M. Christine Grimard

*

Poésie aux reliefs d’été

*

*

Photo M. Christine Grimard

*

Poésie roussie d’automne

*

*

Une année éclairée de poésie

Une année de toutes les couleurs de la vie

Une année bientôt achevée

Une année colorée d’émotions, de regrets et d’espoirs

Une année de plus et une année de moins

Une année de ma vie

*

 

Phrases 18 : Mots nécessaires

« Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi. »

Jean Cocteau

*

Photo M. Christine Grimard

 *

  • Autant que l’air et l’eau, que le sucre et le sel, que la mer et le vent, les mots me sont indispensables, dans leur ronde infinie, de leur chant primitif à leurs élans futurs ;  sans eux la vie ne serait que ce qu’elle est, une course sans fin vers un gouffre insondable.

*

  • Quand la vie s’alourdit et que les jours s’allongent sous un soleil de plomb, quand le chemin est long sans espoir de retour, il suffira d’un mot et d’un sourire offerts pour que s’éloigne la peur de l’inconnu qui passe, et que la vie rêvée paraisse moins lointaine.

*

  • Les jours où la vie t’aura blessé, ouvre un livre au hasard et lis-en quelques phrases, les mots s’enrouleront autour de ton chagrin, transformant en espoir tes larmes de détresse, et ils t’emmèneront vers l’île de lumière où vont dormir les fées.

*

On essaye…

Page 30 : « Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : »Ma fleur est là quelque part… »  (Antoine de Saint-Exupéry)

*

…. ça marche ….