Photo du jour : novembre à la fenêtre

Photo m Christine Grimard

Savourer les couleurs que le soleil donne à Novembre

En sachant que l’hiver habillera bientôt le jardin de noir et blanc

Goûter la douceur des couleurs et le jeu des ombres sur le rideau

En sachant que l’instant passera plus vite que le vent

Aimer la vie pour ce qu’elle donne de plaisirs éphémères

En sachant qu’elle est plus courte que le temps

Partager l’envie de continuer à l’aimer

En sachant qu’il n’y a aucune autre raison d’exister

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Photo du jour : hésitation

« La vie est une hésitation entre une exclamation et une interrogation. Dans le doute, on met un point final. »

Fernando Pessoa

En bref.

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Photo m Christine Grimard

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Les arbres hésitent entre été et automne. Certaines feuilles ont conservé leur vert vigoureux et d’autres entament leur métamorphose rouille flamboyante.

Rester encore un peu en été serait tentant, mais l’horloge tourne …

Comment l’arrêter ?

Le sable coule entre nos doigts et le vent d’hiver prend un malin plaisir à faire tourner le sablier de plus en plus vite !

J’hésite comme eux, entre rose et rouille, ou garder encore un peu l’illusion de la jeunesse ou accepter la déliquescence progressive.

Laisser les jours flétrir mes joues, ou alors remettre un peu de cette préparation anti-ride miraculeuse ; histoire de reconnaître encore quelques temps, son propre visage dans le miroir !

Mais où donc est passé ce pot de crème ?

Photo du jour : No futur

« Le moment présent est comme la proue d’un navire qui fonce dans l’océan du temps et transforme le futur incertain en un présent devenant sitôt après un passé immuable. Ce passé contient tout ce que je connais de l’histoire. Tout ce que je sais du temps, c’est que je suis dans le temps. »

Hubert Reeves

Interview (tant de temps)

Photo m Christine Grimard

Frêle esquif balloté entre les vagues du passé et le vent du futur , j’avance dans le brouillard.

Qui se souviendra du sillage que j’aurai tracé ?

Arrêtée au feu rouge, je fixe la jeune femme de la fresque qui regarde la vie droit devant elle, sans peur apparente.

Quel est son passé, que sera son futur ?

Dans un monde où le présent s’enfuit de plus en plus vite, où le futur semble plein de destructions et de violences, où le passé se déguise selon les choix du roi du moment, quelle est ma place ?

Que sera mon futur ?

Lorsque le feu passera au vert, vers quelle route porterai-je mes pas ?

Arriverai-je au bout du chemin ?

Demain n’est qu’une hypothèse.

Hier n’est qu’un souvenir mais pas un regret.

Seul aujourd’hui existe.

A nous de l’aimer.

Nostalgie d’automne (7) : Soleil roux ou lune rousse 

« Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune

On croirait voir vivre

Et mourir la lune . »

Paul Verlaine

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Photo m Christine Grimard

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J’ai tendance à penser que le changement d’heure n’apporte rien de positif à nos vies, les économies d’énergie réalisées étant minimes puisque nos machines tournent du matin au soir et du soir au matin, que les batteries gourmandes des ordinateurs, téléphones et autres appareils connectés qui régissent nos vies, nécessitent toujours plus d’énergie et se moquent des horaires diurnes ou nocturnes.

L’homme préhistorique était contraint de suivre les horaires de la lumière solaire pour accomplir ses tâches. Maintenant, la planète ne s’arrête jamais de dépenser l’énergie qu’elle n’abonde plus à produire.

L’industrie nucléaire est en désamour alors que son « empreinte carbone » est beaucoup moins exorbitante  que celle de l’utilisation des énergies fossiles qui nous a conduit à cette catastrophe climatique qui nous menace chaque  jour plus gravement. Il faudrait cependant que l’on arrive à utiliser totalement le combustible nucléaire jusqu’à obtention de résidus inoffensifs, mais nous devrons faire encore quelques progrès techniques en ce sens, plutôt que tout jeter à la poubelle du jour au lendemain .

Il faudrait savoir ce que l’on veut : passer sa vie assis devant ses écrans dévoreurs d’énergie électrique, rouler en velib ou autolib nécessitant l’utilisation de batteries, vivre dans des maisons basse consommation avec le « tout électrique » même optimisé ? Le tout sans centrales nucléaires ?

Je vous laisse juger de l’incompatibilité…

Avons-nous des Alternatives acceptables :

  • panneaux solaires produits en chine en faisant tourner des centrales à charbon et impossibles à recycler ?
  • éoliennes couvrant toute la surface de la terre et la mer, quid de leur empreinte carbone de fabrication ?
  • Moteurs à hydrogène ou à eau ?
  • Retour à la nature, graines germées, peaux de bêtes et cavernes chauffées au naturel à grand renfort de silex-étoupe ?
  • Centrales au sodium ?

Alors les polémiques de ceux qui découvrent soudain que les besoins énergétiques de l’humanité dépassent largement les ressources à sa disposition et que l’on ne pourra effacer de nos vies l’apport de l’industrie nucléaire en un claquement de doigts, me font sourire…

Ou alors on réduit tous, drastiquement nos besoins, retrouvant par exemple le plaisir d’écrire à la bougie, avec une plume et un encrier, plutôt que sur ce clavier de téléphone portable, dévoreur d’énergie électrique comme je suis en train de faire.

Il y aurait tant d’autres exemples nous faisant retrouver les plaisirs simples de l’ère pre-industrielle, où l’homme ne surchauffait pas l’atmosphère…

Quoi qu’il en soit, au stade de ces réflexions, revenons à nos moutons (veaux, vaches, cochons, couvées…) J’ai tendance à penser que ce basculement à l’heure d’hiver ne sert plus à grand chose en ces temps de réchauffement climatique dramatique, la fatigue qu’il occasionne pendant quelques jours n’étant pas soluble dans les économies réalisées pour la planète.

Cependant j’y vois un avantage certain.

Vous ne voyez pas ?

Regardez mieux….

Juste au-dessus du texte….

Ce coucher de soleil, magnifique et flamboyant, soleil d’automne plongeant dans les eaux froides du lac, ce ciel de cuivre !

Il suffit de s’asseoir devant la fenêtre à 17 heures pour admirer ce spectacle,  comme le Petit Prince aux côtés de sa rose, pas besoin d’attendre 23 heures comme en été alors que la chaleur écrasante n’en finit plus de tomber.

Oui, il y a finalement un beau côté, au passage à l’horaire d’hiver !

Variations et vibrations : Un rien de Temps 

« Il est plus difficile d’accorder les philosophes que les pendules. » Sénèque

Citation tirée du livre « Perles de vie » 

de René de Obaldia 

p 57 

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Photo M.Christine Grimard


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Le Temps d’une vie humaine est si court.

Quel est notre place dans l’univers ?

Pourquoi avons-nous prospéré sur cette terre, perdue comme un vaisseau fantôme dans l’univers ?

Est-ce la réalité qui nous est donnée, sous forme d’une infime parcelle d’éternité ?

Est-ce une illusion, sommes-nous les personnages du rêve éveillé d’un Dieu à l’imagination débridée ?

La liberté de vivre nous est-elle donnée ou l’avons-nous attrapée au vol comme le pompon d’un manège qui tourne et jamais ne s’arrête ?

Pourquoi nous accorder juste le temps infime de goûter à une vie aussitôt achevée ?

Dans chacune de nos cellules, trouve-t-on la structure miniature de l’univers tout entier ?

Sommes-nous des entités indispensables à la marche du monde où sommes-nous des accidents de parcours ?

Que restera-t-il de nous lorsque nous rendrons à la terre, la poussière de l’étoile qui nous a enfantés ?

Messieurs les philosophes, vous qui avez une question pour chacune de vos réponses, auriez-vous l’amabilité d’apporter des réponses à chacune de mes questions ?

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Un été en bandoulière (34)

“Sous les vagues, la mer est dressée, on dirait qu’elle est au ciel, Qu’elle touche et arrose les nuages qui couvrent tout. ”

Ovide

Les Métamorphoses.  Livre XI 

Photo m. Christine grimard

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Je suis retournée ce matin à l’endroit précis où j’ai pris cette photo en 2012, depuis la plage à été transformée par les tempêtes, les grandes marées, l’érosion, le vent et le temps qui s’allient pour sculpter l’estran selon leurs désirs. 

D’autres voiles se déploient à l’horizon, d’autres marins suivent d’autres caps, d’autres goélands chevauchent la crête des nuages.

L’océan, indifférent au tumulte de la vie des hommes, poursuit son va et vient. 

Les vagues tirent sur le vert, la marée  aplanît les bancs de sables comme il y a cinq ans mais la configuration de la plage est bien diffferente de celle de ce jour-là.

Cette image de 2012, aussi belle soit-elle, ne reviendra jamais. Cette femme qui parcourt l’estran, est bien différente de celle qui prit cette photographie. Bien des vagues ont balayé ce sable, bien des pas ont traversé cette plage. Bien des évènements se sont produits dans ma vie et dans ce monde depuis ce jour-là…

Que sont devenus tous ces gens ? 

Que suis-je devenue ?

Et vous , qu’avez-vous vécu durant ces cinq années ?

Un été en bandoulière (9)

« Quand ils voient un miracle, la plupart ferment les yeux. »

Christian Bobin

(l’homme-joie)

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Photo mcgrimard

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Cette vie est miracle

Miracle ordinaire de deux cellules qui se rencontrent pour former un ensemble nouveau, contenant tous les possibles, à l’origine de tous les espoirs.

Cette planète est miracle.

Miracle d’une formation hasardeuse à partir de quelques kilos de poussières d’étoile, placée idéalement sur l’orbite de son soleil pour permettre à la vie de trouver sa place dans l’univers.

Ce corps est miracle.

Miracle que d’être vivant, de respirer, de goûter la saveur de vivre, de voir et d’entendre, de rencontrer d’autres regards, de sentir la chaleur du soleil sur sa peau ou la fraîcheur de la pluie sur son visage.

Ce monde est miracle

Miracle que la rencontre de la terre et de l’océan, unies sur la grève en un ballet d’écume. Leur danse est si belle que le soleil en est jaloux et qu’il plonge dans les flaques de l’estran pour qu’on ne l’oublie pas sur la photo…

Cette vie est miracle.

Miracle que l’empreinte de ce pied humain si petit à côté du reflet du soleil immense.

Miracle que de la poussière de cette étoile-mère soit née la vie.

Miracle que dans chaque des cellules vivantes on trouve un monde aussi complexe que l’est l’univers tout entier.

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Mais que tout ceci ne vous donne pas le vertige…