Un été bleu horizon (11)

« Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,

Étendre ses désirs comme un profond feuillage,

Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,

La sève universelle affluer dans ses mains ! »

La vie profonde

Anna de Noailles

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Photo Marie-Christine Grimard

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Parfois, l’été se fâche

Et l’océan passe du vert au bleu nuit

Chacun retient son souffle

Un grain s’approche

Il faut rentrer

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Photo Marie-Christine Grimard

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Alors, le vent se lève

Ridant la surface de l’eau

Les vagues enflent et claquent sur le sable

Les nuages s’étirent vers la forêt

Les mouettes remontant au vent,

Nous paraissent immobiles.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Parfois, l’horizon s’habille de noir

Même si la lumière tente

De percer les nuages

Dessinant arc de couleurs

Et cercle d’espoir

Parfois, l’océan s’emporte

Et enlève les marins

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Photo Marie-Christine Grimard

Hommage aux marins de la SNSM et au pêcheur disparus au large des Sables-d’Olonne durant l’hiver dernier.

La beauté de l’océan et du ciel ne doit pas nous faire oublier que nous ne sommes que des grains de sables sur cette terre.

Souvenons-nous de notre insignifiance par rapport à la force des éléments et respectons cette terre qui nous accueille et nous nourrit.

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Un été bleu horizon (7)

« Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l’éternel que nous ne savons plus. »

L’homme-joie (2012) de Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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Côte Atlantique :

Terre de roses trémières.

Elles s’y trouvent bien, faut-il croire.

Elles aiment la difficulté.

Il leur faut seulement quelques pincées de terre mêlée de sable, avec suffisamment de lumière, de sel et de vent pour avoir envie de grandir, et suffisamment d’aridité pour être libre et pousser sans concurrence.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Elles aiment être libres.

Libres de coloniser les bordures des étiers

Libres de s’abriter au cœur des marais

Là où rien d’autre ne pousse

Que les salicornes que le sel ne rebute pas

Là où le soleil est omniprésent

Jouant avec ses reflets sur les œillets salins

Là où les grues sont les seules à pouvoir les admirer, le matin, au lever du soleil, quand elles déploient leurs couleurs irisées sous les ailes du vent.

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Photo Marie-Christine Grimard

Un été bleu horizon (4)

« Un nuage ne sait pas pourquoi il se déplace justement dans telle direction et à telle vitesse, Il ressent une impulsion… C’est la place où il doit aller maintenant. Mais le ciel connaît les raisons et les modèles derrière tous les nuages, et tu les connaîtras aussi, lorsque tu t’élèveras assez haut pour voir au-delà des horizons. »

Le Messie récalcitrant, Illusions,

Richard Bach

Photo Marie-Christine Grimard

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Être en vacances

Poser mes valises

Déposer le fardeau

Ne rien faire

Mais le faire bien

Rester là en silence

Le nez au vent

Regarder passer les nuages

Décider de la direction

À suivre

Ou à éviter

Attendre à la croisée des chemins

Que le vent me porte

Vers cet ailleurs

Où le sable est plus doux

Faire un pas de côté

Choisir de sortir

Des sentiers battus

En toute liberté

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Photo Marie-Christine Grimard

L’été en bleu horizon (2)

Photo m Christine Grimard

Chemin des douaniers.

Le sentier étroit serpente au bord de la falaise, coincé entre forêt et océan. Il y a dix ans quatre personnes pouvaient marcher de front, aujourd’hui on marche en file indienne. La mer a rongé peu à peu la falaise, et les dernières tempêtes de l’hiver ont eu raison des derniers rochers en contrebas.

Combien de temps avant que le sentier ne soit interdit aux promeneurs ?

Combien de temps avant que la frange de pins maritimes accrochés sur le sable de la falaise , ne s’abîme dans les vagues cinq mètres plus bas ?

Ils sont de plus en plus décharnés, ces pauvres pins, leurs branches noircies d’embruns semblent torturées d’arthrose, l’humidité salée s’insinuant sous leurs écorces. Les quelques épines qui résistent encore sur leurs cimes, se hérissent sous l’assaut du vent. Ils savent que leur temps est compté mais peu importe, ils ne regrettent pas leurs efforts pour pousser dans cet environnement hostile, tant la vie est belle ici. Ça n’est pas donné à tout le monde de se réveiller chaque matin baigné de ce bleu changeant et inondé de soleil !

Les jours de pluie, l’eau ruisselle entre les racines et creuse des sillons invisibles sous le sable, faisant glisser doucement la terre vers la mer. Inutile de se faire des illusions, cette côte disparaîtra au fond de l’océan dans quelques années.

Comment était-elle aux temps préhistoriques, ou encore au moyen-âge, lorsque Richard Coeur de Lion faisait remonter ses navires jusqu’à Talmont-Saint-Hilaire par l’estuaire du Payré ? Aujourd’hui, il est ensablé, accueille des parcs à huîtres et quelques canoës à marée haute. À marée basse, on peut le traverser à pieds secs…

Ici, plus qu’ailleurs, on voit le temps dessiner les paysages, et l’on réalise combien notre vie est courte et fragile. Il suffit de quelques vagues pour que disparaisse la falaise et les hommes qui y vivent. Profitons du temps qui nous reste, pour goûter tout le sel de cette vie et nous aimer.

Combien de grain de sable encore dans notre sablier ?

To do list 72 : résister

Photo m Christine grimard

. S’accrocher à l’envie de vivre malgré les obstacles

. Ne pas avoir peur des trains qui passent sans s’arrêter

. Grandir en gardant les yeux rivés vers le ciel

. Profiter du moindre rayon de soleil pour oublier les orages

. Garder l’espoir malgré les vents mauvais

. Oublier les violences gratuites et les méchancetés injustes

. Ne pas se retourner sur les regrets qui n’en valent pas la peine

. Savoir que la paix finit toujours par triompher et que les mauvaises actions ne grandissent pas ceux qui les commettent

. Garder son cap et rester soi-même sous l’orage comme sous le soleil

. Donner toujours même si l’on ne reçoit jamais

. Avoir sa conscience pour soi, en ne faisant jamais ce qui pourrait blesser l’autre par plaisir, indifférence ou égoïsme.

. Résister aux mauvais jours en sachant que d’autres meilleurs viendront

. Plaindre plutôt que blâmer ceux qui ne savent pas donner de l’amour.

Pourquoi la haine

En ces temps d’intolérance il est bon de relire certaines phrases comme celles écrites dans le blog de Dominique Hasselmann ce matin sur Métronomiques .

L’antisémitisme, le racisme, l’homophobie et la misogynie ont les mêmes racines : la haine de l’autre et la jalousie de ce qu’il est ou de ce que l’on imagine de lui. Les violences que ces idées absurdes ont engendrées à travers les âges sont innombrables et toutes condamnables.

Aujourd’hui, ces intolérances sont d’autant plus visibles qu’elles s’étalent sur la toile sous couvert d’anonymat ou non. Lire certains tweets attisant la haine de l’autre, me donne la nausée.

Que faire d’autre que les rejeter à chaque fois, en affirmant notre humanité.

Ne rien laisser passer ni « petite phrase soit disant humoristique » ni allusion oiseuse.

Appeler les choses par leur nom, l’intolérance est le poison de notre condition humaine.

Nous sommes tous sur le même bateau Terre qui va bientôt sombrer au fond de l’océan de notre bêtise humaine.

Que faisons-nous au quotidien pour faire barrage à la haine ?

Accepter l’autre est une nécessité et un enrichissement.

Il est temps de retrouver notre innocence enfantine, celle du temps où le monde était une promesse .

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. »

Antoine de Saint-Exupéry

Citadelle

Photo m Christine Grimard

Nostalgie de la lumière

Photo m Christine Grimard

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Douleur qui enserre le cœur

Nostalgie de la lumière

Ou de l’envie enfuies

Lorsque l’épuisement gagne

Restent le vide et les larmes

Le silence et la peur

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Photo m Christine Grimard

^*^

Derniers instants de solitude

Laisser gagner la lassitude

À quoi bon suivre la lumière

Quand les ténèbres sont si présents

Avoir enfin la paix sur terre

En s’endormant près de l’étang

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Photo m Christine Grimard