Questions de ciel

« La terre est à la fois déserte et riche. »

Antoine de Saint-Exupéry

Terre des hommes

Photo Marie-Christine Grimard

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Faut-il

Que l’homme disparaisse

Pour que le ciel

Reprenne ses droits

Sur cette terre ?

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Photo Marie-Christine Grimard

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Faut-il

Que l’homme cesse

De nuire à cette terre

Pour

Que l’eau et le ciel

Se retrouvent

Au noces d’équinoxe ?

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Photo Marie-Christine Grimard

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Faut-il

Que la nuée humaine

S’efface

Pour que vive la terre

Libre

Sans tache ni attaches ?

To do list 77 : laisser les jours glisser sur le sable

Photo Marie-Christine Grimard

. Regarder la lumière glisser sur le sable

. Se nourrir du sel que le vent emporte

. Laisser passer les jours en oubliant le temps

. Échanger un sourire avec l’oiseau qui passe

. Retenir les instants qui font battre le coeur

. Laisser derrière soi les jours de désespoir

. Ne jamais oublier la violence subie

. Ne pas attendre ce qu’on ne vous donnera pas

. Garder le recul nécessaire pour ne pas être emportée par la marée

Un été bleu horizon (15)

« Si je ne la vois pas, je l’imagine et je suis fort comme les arbres hauts. Mais si je la vois je tremble, et je ne sais de quoi se compose ce que j’éprouve en son absence.

Je suis tout entier une force qui m’abandonne.

Toute la réalité me regarde ainsi qu’un tournesol dont le cœur serait son visage. »

Fernando Pessoa

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Photo Marie-Christine Grimard

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Dans la plaine écrasée de soleil

Les tournesols baissent la tête

La sécheresse a eu raison de leurs belles couleurs

Ils ont « mûri » trop vite

Ont dirait qu’ils sont morts

Au champ d’honneur de l’été

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Photo Marie-Christine Grimard

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Un seul d’entre eux survit

Fier, et droit devant la solitude

Il résiste au vent et au soleil implacables

Offrant son plus beau sourire au jour qui vient

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Seul…

Vraiment seul ?

Peut-être pas

Derrière lui, un ami sourit

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Parfois il suffit de se retourner pour que le ciel s’éclaircisse…

Photo Marie-Christine Grimard

Un été bleu horizon (13)

« Tout cela c’est la vie, le temps qui coule, c’est le miracle espéré à chaque tournant du chemin, et sur la foi duquel je m’évade. »

Colette

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Photo Marie-Christine Grimard

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Être en vacances c’est prendre son temps

Pour ne rien faire

Regarder le jardin pousser

Ecouter les fruits tomber

Voir le temps courir avec les nuages

Entendre la vie passer

En silence

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Photo Marie-Christine Grimard

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Parfois je me dis que ces pages n’ont pas une grande utilité…

Quel intérêt de lire un blog qui fait le tour d’un jardinet, côtier ou non ?

Blog agricole où la culture se dissimule derrière les pétales des roses,

Blog poétique ou pathétique, selon l’humeur du lecteur,

Blog en villégiature atlantique où il est de première nécessité d’admirer la vie jouer entre ombres et lumières.

On regarde ensemble ?

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Merci pour votre attention et votre patience avec mes élucubrations 🙏🏻

Un été bleu horizon (7)

« Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l’éternel que nous ne savons plus. »

L’homme-joie (2012) de Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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Côte Atlantique :

Terre de roses trémières.

Elles s’y trouvent bien, faut-il croire.

Elles aiment la difficulté.

Il leur faut seulement quelques pincées de terre mêlée de sable, avec suffisamment de lumière, de sel et de vent pour avoir envie de grandir, et suffisamment d’aridité pour être libre et pousser sans concurrence.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Elles aiment être libres.

Libres de coloniser les bordures des étiers

Libres de s’abriter au cœur des marais

Là où rien d’autre ne pousse

Que les salicornes que le sel ne rebute pas

Là où le soleil est omniprésent

Jouant avec ses reflets sur les œillets salins

Là où les grues sont les seules à pouvoir les admirer, le matin, au lever du soleil, quand elles déploient leurs couleurs irisées sous les ailes du vent.

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Photo Marie-Christine Grimard

Un été bleu horizon (5)

« Les hommes cherchent la lumière dans un jardin fragile ou frissonnent les couleurs. »

Jean Tardieu

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Recto

Photo m Christine Grimard

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Recto :

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Derrière la fenêtre fermée

L’enfant imagine son été

Une agapanthe se balance

Une colombe hésite au loin

Un papillon tente sa chance

Le vent se lève dans le lointain

Photo m Christine Grimard

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Verso :

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Au jardin assise, sa mère surveille

Que rien ne trouble son sommeil

Les agapanthes dansent en silence

Sous le vent chaud qui fredonne en cadence

Le papillon plane et la lumière ondoie

Sur la colombe posée sur le toit

L’été en bleu horizon (2)

Photo m Christine Grimard

Chemin des douaniers.

Le sentier étroit serpente au bord de la falaise, coincé entre forêt et océan. Il y a dix ans quatre personnes pouvaient marcher de front, aujourd’hui on marche en file indienne. La mer a rongé peu à peu la falaise, et les dernières tempêtes de l’hiver ont eu raison des derniers rochers en contrebas.

Combien de temps avant que le sentier ne soit interdit aux promeneurs ?

Combien de temps avant que la frange de pins maritimes accrochés sur le sable de la falaise , ne s’abîme dans les vagues cinq mètres plus bas ?

Ils sont de plus en plus décharnés, ces pauvres pins, leurs branches noircies d’embruns semblent torturées d’arthrose, l’humidité salée s’insinuant sous leurs écorces. Les quelques épines qui résistent encore sur leurs cimes, se hérissent sous l’assaut du vent. Ils savent que leur temps est compté mais peu importe, ils ne regrettent pas leurs efforts pour pousser dans cet environnement hostile, tant la vie est belle ici. Ça n’est pas donné à tout le monde de se réveiller chaque matin baigné de ce bleu changeant et inondé de soleil !

Les jours de pluie, l’eau ruisselle entre les racines et creuse des sillons invisibles sous le sable, faisant glisser doucement la terre vers la mer. Inutile de se faire des illusions, cette côte disparaîtra au fond de l’océan dans quelques années.

Comment était-elle aux temps préhistoriques, ou encore au moyen-âge, lorsque Richard Coeur de Lion faisait remonter ses navires jusqu’à Talmont-Saint-Hilaire par l’estuaire du Payré ? Aujourd’hui, il est ensablé, accueille des parcs à huîtres et quelques canoës à marée haute. À marée basse, on peut le traverser à pieds secs…

Ici, plus qu’ailleurs, on voit le temps dessiner les paysages, et l’on réalise combien notre vie est courte et fragile. Il suffit de quelques vagues pour que disparaisse la falaise et les hommes qui y vivent. Profitons du temps qui nous reste, pour goûter tout le sel de cette vie et nous aimer.

Combien de grain de sable encore dans notre sablier ?