Haïku 176 : joyeuses Pâques

Photo M.Christine Grimard

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Lumière de Pâques

Remplît le monde d’espoir

Vie ressuscitée

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Phrases : Survoler sa vie ou l’inventer.

« Est-il possible que toute l’histoire de l’univers ait été mal comprise ?

Est-il possible qu’en dépit de toutes les inventions et de tous les progrès, qu’en dépit de la civilisation, de la religion, de la philosophie,

on en soit resté à la surface de la vie ?

Les cahiers de Malte Laurids Brigge
Rainer Maria Rilke
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Photo M.Christine Grimard

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  • Mon enfant, survole ta vie, caresse la crête des vagues juste assez haut pour garder ta liberté, juste assez bas pour sentir le danger siffler à tes oreilles et déguster la bruine salée qui les coiffe.
  • La vie n’est-elle que l’image qu’elle nous renvoie ? D’elle je ne veux me souvenir que de l’étincelle dans le regard de l’autre, que la couleur de sa peau, que la douceur des battements de son cœur, que du parfum de l’océan sous le vent.
  • Les errances qui sont les nôtres depuis des milliers d’années ne sont-elles que le brouillon d’un grand roman qu’une main inconnue écrirait dans un univers parallèle, jetant les pages raturées dans le vent sidéral ?
  • Ferme les yeux et souviens-toi de toi, avant que tes cellules n’éclosent, avant que ton sang ne bouillonne dans tes veines, avant que l’air ne brûle tes poumons, souviens-toi de la légèreté de tes plumes dans le vent, souviens-toi de ta liberté éthérée.
  • Tu as choisi de naître sur cette terre, que ta vie soit réelle ou inventée, remplis la de la joie d’exister, ne te contente pas de la survoler, profite de chaque jour pendant que tu respires, déguste chaque seconde, fais en sorte de vivre chaque jour, au moins un instant de plaisir.

Poème: Jeu d’ombre et de lumière

« L’amour est cette ombre parfumée qui ne vous quitte jamais.

Vivre ce lien comme si l’autre était l’ombre vivante de soi et soi l’ombre vivante de l’autre. »

Hafid Aggoune

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Photo M Christine Grimard

 

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Jeu d’ombre ou de lumière

La vie vient

La vie va

Jeu de larmes ou de rires

La vie erre

La vie part

Jeu de peine ou de joies

La vie rit

La vie pleure

Jeu d’amour ou de haine

La vie naît

La vie meurt

Jeu de vie ou de mort

L’amour joue

L’amour perd

Jeu de dés

Coup du destin

La vie erre et se perd

Fille du hasard

Sœur du chagrin

La vie parfois se désespère

Mais malgré les ennuis

Rien ne vaut cette vie

Aie confiance au destin

L’amour gagne à la fin

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Recettes (1) : quatre quart de vie

« Toutes nos pensées reviennent à chercher la clé d’un paradis dont la porte est ouverte. »
(Les ruines du Ciel)

Christian Bobin

Photo Marie-Christine Grimard

 

  • Déguster longuement un instant de plaisir chaque jour, puis le ranger soigneusement dans ses souvenirs pour en réchauffer sa vie aux temps froids.
  • Croiser un regard ami ou échanger des pensées positives avec d’autres humains, au moins une fois quotidiennement pour avoir la sensation d’être à sa place sur cette terre.
  • Faire pousser des idées qui en feront germer d’autres, pour éclairer l’avenir lorsque le vent de l’oubli aura balayé les erreurs du passé.
  • Ne jamais oublier que le chemin est moins long lorsqu’on ne le parcourt pas seul et choisir son itinéraire avec soin pour éviter les chemins de traverse.

To do list 45 : épreuve d’effort 

« Dans un dernier effort, j’efface jusqu’à la trace de l’effort.»

Frédéric Chopin 

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  • S’accrocher à ses ailes pour avancer vers la lumière quoi qu’il en coûte 
  • Oublier les vents mauvais que l’on a laissés derrière soi
  • Apprivoiser les difficultés quotidiennes pour que le chemin paraisse plus facile 
  • Sourire pour que les autres aient envie de vous sourire 
  • Se convaincre qu’aucune épreuve n’est insurmontable pour arriver à franchir les obstacles avec légèreté 
  • Aimer la vie pour ce qu’elle a de meilleur en laissant le pire au bord du chemin 
  • Décider que vivre est plus facile qu’il n’y parait 

Un été en bandoulière (28)

« Comme il est profond, ce mystère de l’Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d’une étoile, ni les habitants d’une goutte d’eau. .. avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l’air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l’agitation muette de la nature. .. avec notre odorat, plus faible que celui du chien. .. avec notre goût, qui peut à peine discerner l’âge d’un vin !

Ah ! si nous avions d’autres organes qui accompliraient en notre faveur d’autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !. »

Guy de Maupassant – Le Horla

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Goutte à goutte

La vie s’écoule et s’échappe

Cellule après cellule

La vie se reforme et se transmet

Coûte que coûte

Le Temps nous détruit et nous écorche

Grain par grain

Le sablier se vide et jamais ne se retourne

Seconde par seconde

L’horloge égraine ses heures

Atome après atome

Le soleil brûle ses réserves d’énergie

Centimètre par centimètre

Les glaciers fondent et disparaissent

Goutte à goutte

La vie survivra tant qui lui en restera

L’envie

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Clichés 100 : jardin 

« Les pousses des cassis que tu froissais, l’oseille sauvage en rosace parmi le gazon, la menthe toute jeune, encore brune, la sauge duvetée comme une oreille de lièvre, tout débordait d’un suc énergique et poivré, dont je mêlais sur mes lèvres le goût d’alcool et de citronnelle… »

Colette. Les vrilles de la vigne. 

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J’ouvre une page de Colette au hasard, et recopie la première phrase lue. 

Tout est là.

Il n’y a qu’à se délecter de ses mots, et l’on est auprès d’elle, assis au beau milieu des  parfums du jardin. Rien de plus à faire que laisser couler ses phrases pour sentir sur nos lèvres le goût de la citronnelle…

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Alors, suivre les fragrances qui s’offrent.

Se coucher dans l’herbe à plat ventre, le nez dans le gazon, à ras les pâquerettes.

Et rêver à l’été qui viendra, au sucre des cerises quand elles sont presque noires, à la pointe de vanille qui habite les roses à la tombée du jour…

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S’émerveiller d’un rien.

Où que l’on se tourne, admirer chaque arpent de jardin comme on tourne les pages d’un livre que l’on aime, même en l’ayant lu cent fois.

Connaître chaque fleur et la trouver plus belle que l’année précédente, puisqu’elle est encore là. Compter chaque pétale comme on compte les jours de l’été finissant quand on sait que l’automne frappe déjà à la porte.

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Être consciente du privilège que l’on a de vivre ici, en paix et en liberté, même relative puisqu’annexée à celle des autres.

Profiter de l’instant puisqu’il m’est donné si généreusement par la terre où je vis, en occultant un instant le travail fourni pour aider la nature à donner le meilleur d’elle-même.

Même si la fureur du monde tonne alentour, même si les esprits chagrins pensent que les fleurs ne servent à rien au regard des convulsions du monde, je vous les offre pour qu’un bref instant vous ressentiez la caresse du vent et le parfum des roses sur votre visage, en oubliant le temps qui passe…

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