Clichés 103 : Aux bornes du monde 

‪« C’est le vase qui donne la forme au vide et la musique au silence. »

‬‪René Char ‬

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Photo Christine GRIMARD

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Est-ce la mer qui donne forme à la terre

ou

La terre qui encercle la mer

?

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Photo m Christine Grimard

 

***

Est-ce la vie qui germe dans la mer

ou

La mer qui engendre la vie

?

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Photo M.Christine Grimard

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Est-ce la lumière qui éclaire ton regard

Ou

Ton regard qui produit cette lumière

?

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Photo m. Christine Grimard

*****

Est-ce un cadeau, cette vie sous un ciel d’azur 

Ou

Qu’attends-tu de moi en échange de cette vie 

?

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Un été en bandoulière (14)

« Et le goût des vers

Est doux et salé

Comme la mer

Ou les larmes. »

Jack Kérouac

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Photo M.Christine Grimard

Le Vent

De l’océan

Laisse un goût

Salé

Sur mes lèvres

Dessine à la plume

Au fond de mon cœur

Les couleurs 

De la liberté

Nichée 

Sous les ailes 

Des oiseaux 

Photos du jour : La terre est mon jardin

« J’ai rêvé d’un livre qu’on ouvrirait comme on pousse la grille d’un jardin abandonné »

Christian Bobin

*

 

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Photo M.Christine Grimard

 

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La terre est ton jardin

Un livre à ciel ouvert

Où a germé ta vie

Où s’écrit ton destin

En prose ou bien en vers

Au gré de tes envies

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Ta vie suit son chemin

Du printemps à l’hiver

Tu en goûtes les fruits

Mais repars au matin

Curieux, le nez en l’air

Pas de temps pour l’ennui

***

Suis ton itinéraire

Sur ce vieux parchemin

Qui s’ouvre chaque nuit

Et se ferme au matin

Ne t’arrête pas, puisqu’il te conduit

Jusqu’à la mer

***

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Photo M.Ch grimard

 

 

Vases communicants de Septembre : de l’océan

Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de lire le texte que j’avais écrit pour les Vases communicants de septembre, je le publie de nouveau ce matin et remercie une nouvelle fois Françoise Renaud d’avoir été à l’initiative de cet échange très agréable autour de la mer.

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vasoco sept

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Ce matin l’air a un goût saumâtre.

Ou peut-être n’est-ce que mon état d’esprit du jour…

Le vent d’ouest laisse sur mes lèvres un goût amer, un goût de rentrée !

Dernier matin ; j’ai rangé la maison, nettoyé le réfrigérateur, remisé les fauteuils de jardin, vérifié l’irrigation des hortensias, bouclé les valises.

Avant de fermer les volets sur la saison achevée, j’irai faire un dernier tour sur la falaise histoire de regarder la mer danser, histoire de ne pas oublier les heures dorées de cet été envolé.

Je sais qu’il sera là, m’attendant comme chaque matin au bord de la falaise.

Je sais qu’il me verra approcher de son regard latéral et qu’au dernier moment il poussera un cri strident pour me signifier de ne pas franchir la limite qu’il a choisi pour nos échanges.

Je m’arrêterai tout au bord du sentier et l’écouterai en silence.

Il me racontera le parfum des embruns mêlés de résine de pin, le bruit des galets glissant sous l’écume, la chanson secrète des coquillages nacrés.

Je lui dirai le sourire que l’océan dessine sur le visage des enfants, la caresse que le vent distille dans les cheveux de ma fille, le frisson du sable ondulant entre mes orteils lorsque la vague se retire.

Il m’aidera à me souvenir du temps sucré des jours de liberté.

Et quand la brume se lèvera sur la mer, je prendrai la route.

Je laisserai les kilomètres défiler et mon esprit vagabonder sur ce rivage blond.

Il me restera quelques nuits pour rêver, à plat-ventre sur le sable, le menton sur les paumes, les cheveux ondulant sous le vent en phase avec les graminées de la dune.

Il suffira de ne pas se réveiller, pas encore, pas tout de suite.

Sur ce matin de rentrée…

                                                                            Photo Françoise Renaud       

Texte M.Christine Grimard    

 

 

 

Vases Communicants de Septembre : De l’Océan (1/2)

« Tiers Livre de F. Bon et Scriptopolis  sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

Sur le blog : Le rendez-vous des vases communicants , tenu désormais par Marie-Noëlle Bertrand vous retrouverez la liste des échanges de ce mois

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Je remercie pour sa présence sur cette page Françoise Renaud, qui anime le blog  Terrain fragile, vous pourrez y découvrir ce qu’elle partage.

J’ai pris un grand plaisir à réaliser ce nouvel échange avec Françoise que je remercie  chaleureusement. Nous avons choisi d’échanger autour du thème de la mer, thème qui me tient particulièrement à cœur…

Si vous souhaitez lire mon texte, rendez-vous sur son blog, où elle me fait le grand plaisir de me recevoir.

Je vous laisse juger du résultat, et  vous souhaite une navigation agréable entre les lignes et les textes de ce mois-ci.

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À la surface, ça court ça glisse comme sur une peau. On voit les petites langues levées par le vent puissant.
La ligne de rencontre entre ciel et mer est dure et précise, sans nuages.
Comme soulignée à la plume violette.

Les vagues s’annoncent au loin, à bonne distance de la côte. Chacune ressemble à une boursoufflure. Puis à une faille à travers le bleu brossé d’écume, à une tranchée. On y voit l’intérieur du ventre de la mer. On voit combien dedans ça bouscule et rugit, ça brasse et fracasse. Un corps d’homme serait irrésistiblement aspiré, emporté, chamboulé, avant d’être rejeté à demi-mort sur le sable.

Quand nous étions jeunes, nous enfants de la côte, nous adorions les tempêtes. Elles soulevaient des vagues énormes et remplissaient les criques jusqu’à la goule à marée haute, refoulant la marmaille estivante sur les bancs qui bordaient la corniche. Nous espérions l’orage qui ne manquait pas d’arriver autour du 15 août, accompagné d’un bref coup de vent. Ce jour-là nous enfourchions nos vélos pour gagner des rivages plus sauvages à l’écart du bourg. Plages réputées dangereuses. On ne disait rien à personne. On y allait, on déposait nos vélos à travers les genêts et on se jetait dans la bataille. Pendant plusieurs heures.
Cette ivresse à éprouver la force démente de l’eau,
le corps broyé,
les membres écartelés, la chevelure mêlée de sable et de sel.
Jusqu’à épuisement.
Chaque mur déferlant nous avalait, proposant quelque chose d’effrayant, et nous poussions des cris que nul n’entendait à cause du fracas monumental. Nous n’avions jamais peur, nous n’avions aucune mesure du danger. Parfois une vague plus vicieuse que les autres nous déportait vers la barrière noire des rochers. Nous sortions roués de coups, éraflés, ensanglantés. Nos mères nous demanderaient où donc nous étions encore allés nous fourrer. Nous dirions que ce n’était rien, ces bobos. Rien du tout. De toute façon nous nous en moquions, le paysage et le vacarme étaient nôtres, l’océan nous possédait, nous ne voulions rien d’autre qu’appartenir à ce monde qui nous avait vus naître et qui nous poussait vers l’avant avec en germe la conscience de la phosphorescence et de l’extrême beauté.

 

Texte Françoise Renaud

Photographie Marie-Christine Grimard

Phrases 44 : Mots étoilés

« Nous sommes tous dans le caniveau,

mais certains d’entre nous regardent les étoiles. »

Oscar Wilde
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photo M.Christine Grimard

 

  • Marcher au niveau de la mer sans autre but que de saisir l’instant où les étoiles descendent se baigner entre les rochers.
  • Savoir que rien n’est plus important que l’instant présent et savourer le parfum des étoiles en s’abreuvant de la rosée qu’elles auront déposée sur les pétales des roses au petit matin.
  • Se souvenir de la première étoile, remercier en silence le creuset qui a forgé la vie qui s’écoule dans mes veines, aussi précieuse et volatile que le sable qui coule entre mes doigts.

Photo du jour : Oiseaux ivres

« Ivre de soleil

Et de liberté,

Un instinct la guide à travers cette immensité. »

Verlaine

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Quand la vie te lâche et tes illusions s’envolent

Que tu restes assommé au bord de ton chemin

Il ne te reste plus qu’à t’asseoir près de l’eau

Laisse ton amertume sécher sur tes lèvres

Offre à ton âme blessée le temps de se calmer

Pour retrouver le goût du plaisir et du rire

Et enfin décider de garder cet espoir

Qu’il restera par ici encore quelques hommes

De bonne-volonté à la bonté plus forte

Que le bruit des canons et l’odeur de la poudre

Regarde passer à l’horizon ces oiseaux

Qui suivent les courants en chevauchant le vent

Et laissent derrière eux un sillage de plumes

Ne craignant ni le vent ni la nuit ni la brume

Suis-les et apprends d’eux la simple liberté

*