Vases communicants d’avril : L’alpiniste est un accordéoniste

Je publie ici les photos du Leporello que j’ai réalisé selon les conseils amicaux et avisés de Dominique Autrou, auteur du blog « la distance au personnage », avec qui j’ai partagé la joie de faire paraître ce vase communicant début avril.  Le point de départ était, selon l’idée de Dominique que je remercie de nouveau chaleureusement pour son accueil amical, un extrait de Pour un guide d’escalade, in Le plus et le moins, Erri de Luca, Gallimard 2016 :

« Les doigts pensent, en touchant des renfoncements, des saillies, des fentes.

Les doigts pensent au corps qui doit les suivre.

Puis, les pieds ouvrent la poussée qui se stabilise sur les prises suivantes.

Le corps qui grimpe est un accordéon qui s’ouvre et se ferme entre les pointes des pieds et les mains. »

Je vous invite à tenter l’expérience, c’est un moment de sérénité très agréable que de « fabriquer » un petit ouvrage de ses mains, sans autre prétention que de laisser les mots et les images venir se poser sur le vélin, et de tenter de les accueillir du mieux que l’on peut pour les inciter à s’y incruster pour l’éternité…

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à Suivre…. à vous !

Vases communicants d’avril : L’alpiniste est un accordéoniste

« Tiers Livre de F. Bon et Scriptopolis  sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

Sur le blog : Le rendez-vous des vases communicants, tenu désormais par Marie-Noëlle Bertrand vous retrouverez la liste des échanges de ce mois

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Je suis très heureuse d’échanger pour la première fois dans le cadre des « Vases » avec  Dominique Autrou , qui anime le blog la distance au personnage, où vous pourrez découvrir la grande beauté de ses partages, photos et textes.

Nous avons décidé d’échanger à partir d’un Leporello ( ou « Livre pauvre » confectionné de la main de l’auteur). Je le remercie chaleureusement de m’avoir ainsi initié à cet art exigeant. J’ai pris un grand plaisir à réaliser ce petit livret avec l’aide de ses précieux conseils et lui suis très reconnaissante d’avoir accepté cette idée de départ. Si vous souhaitez voir ma production, rendez-vous sur son blog, où il me fait le grand plaisir de me recevoir. Je vous laisse juger du résultat, et vous souhaite une navigation agréable entre les lignes et les textes de ce mois-ci.

Comme point de départ, Dominique s’est souvenu d’un texte écrit par Erri de Luca extrait de Pour un guide d’escalade dont il indique les références sur son blog. Le mouvement du corps de l’alpiniste rappelant celui de l’accordéon, a inspiré notre travail.

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texte et photos Dominique Autrou

Vases communicants de mars : Mémoire d’Aube (2/2)

Dans le cadre des vases communicants du mois de mars, j’ai eu la chance d’échanger avec Aunryz (Luc)  dont vous avez eu le plaisir de lire le texte poétique sur ma page.

Comme chaque mois, je retranscris ici mon texte écrit à partir d’une photo confiée par Luc, pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de le lire.

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Photo Luc Comeau-Montasse

Un matin comme tous les autres
Un matin si différent
Loin du tumulte du monde
Au plus près de la lumière
Au cœur du silence
Sous le vent.

Elle écoute et se tait
Elle ose à peine respirer pour ne pas déranger
L’artiste…
Elle s’imagine au cœur du tableau, au centre de l’œuvre.
Tout ceci est là pour l’éblouir
Tout est là.

Elle n’a besoin de rien de plus.
C’est l’heure où le monde s’illumine, où tout peut arriver.
Elle n’aurait pu la rêver plus belle.
La montagne retient les voiles de sa nuit.
Ses craintes s’envolent au fil de vent.
La lumière efface les regrets et les ombres.

Encore un instant avant que l’horizon ne s’enflamme
Que l’aube tienne ses promesses
Une seconde avant que
L’eau de la terre épouse celle du ciel
Lavant ses blessures dans le sang du matin.

Prémisse du jour qui vient
Elle savoure le don qui lui est fait
Sentir le souffle de la vie lui caresser le visage
Elle sait qu’il suffit de lui faire confiance
Pour qu’il l’emporte vers sa lumière.

Elle sait qu’il viendra lui donner
Sa chaleur
Elle ouvre les bras à l’instant où le premier rayon traverse la brume
Elle ferme les yeux enfermant sous ses paupières
La lumière du premier matin où
Elle a su que sa vie
Était là.

Vases communicants de mars : Mémoire d’aube (1/2)

« Tiers Livre de F. Bon et Scriptopolis  sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

Sur le blog : Le rendez-vous des vases communicants, tenu désormais par Marie-Noëlle Bertrand vous retrouverez la liste des échanges de ce mois

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Je remercie pour sa présence une nouvelle fois sur cette page  Luc alias Aunryz Tamel , qui anime le blog Les décourcis de Lélio Lacaille, où vous pourrez découvrir l’originalité de ce qu’il partage et que j’apprécie beaucoup.

J’ai pris un grand plaisir à réaliser ce nouvel échange avec lui et je le remercie chaleureusement d’avoir accepté de partager ses mots avec moi, à partir de l’idée de «Mémoire d’aube» illustrée par nos photographies respectives de ce moment de lumière si particulier, bien qu’il ait peu de temps libre pour le faire.

Si vous souhaitez lire mon texte, rendez-vous sur son blog, où il me fait le grand plaisir de me recevoir.

Je vous laisse juger du résultat, et vous souhaite une navigation agréable entre les lignes et les textes de ce mois-ci.

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Comment y croire

la nuit est encore si noire.

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Il a beau savoir

que la terre tourne

et toutes ces choses que ses jambes ignorent

à propos du monde des astres, des planètes, de leurs lunes

– tout ce qu’il a appris de ceux qui ont pris les mesures de l’univers –

il a beau savoir

il doute encore

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Tout de même

ces branches hautes

dont il commence à percevoir la présence enchevêtrée

elles pourraient le rassurer

lui donner confiance en sa mémoire d’hier

et des jours qui l’ont précédé

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non

quelque chose

dont il ne saurait dire

si elle réside en son œil

dans la paume de ses mains

ou si elle flotte tout autour de son corps

quelque chose de lui

persiste à douter

et sa crainte augmente encore à la pensée que

celle qu’il attend pourrait la ressentir

la partager

et renoncer.

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Alors

il ferme les yeux

ouvre sa bouche comme pour bailler

rejette ses épaules et sa tête en arrière

laisse glisser son esprit le long de ses joues

de ses bras, de son ventre

jusqu’à ses pieds

jusqu’à la terre

balance son crâne de gauche à droite

en dessinant de ses lèvres

les aller et retour du silence dans l’espace.

Et ce n’est que

lorsqu’il est certain d’avoir gommé

tout ce qui dans sa présence

pouvait aider l’obscur à s’accrocher au ciel

qu’il ouvre les yeux

et voit

ébahi une fois de plus

qu’elle est là.

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Texte Aunryz Tamel

Montage photo de Luc à partir d’une photo de M. Christine Grimard

Vases communicants de janvier : Grandir

Comme je le fais chaque mois, je poste de nouveau mon texte écrit pour l’échange des vases communicants de janvier partagé avec Dominique Hasselmann. Je le remercie chaleureusement d’avoir initié cet échange et du plaisir qui fut le mien d’écrire sur ces souvenirs d’enfance.

 

**dh

Grandir !

J’aimerais grandir plus vite, le temps de l’enfance est trop long.

Si j’étais grand je ferais tout ce que fait mon père, je serais libre, je serais…

Je serais quoi, je serai qui plus tard ? Quelqu’un d’important, quelqu’un qui compte pour les autres et sur qui les autres peuvent compter ? Quelqu’un de bien ? Quelqu’un qui laissera sa trace parmi les autres sillons ?

Je ne veux pas y penser, l’avenir c’est pour les grands. Moi, j’ai le temps.

Quand on est petit, le temps est long, l’espace est immense. Plus on grandit plus le monde se rapetisse, la table est de moins en moins haute, les jours sont de plus en plus courts. Ma grand-mère dit que son temps est passé si vite, et pourtant le mien passe si lentement.

En attendant, je cours, je vole, les papillons sont mes amis. On me dit que je n’aurai jamais plus le temps de rêver quand je serai grand, que je n’aurai jamais plus le temps de vivre. On me dit qu’il faudra être sérieux, on me dit que je dois apprendre à être un homme, et qu’un homme c’est solide !

Je ne suis pas sûr d’avoir envie d’être un homme, solide et sérieux comme mon père, dur comme mon grand-père…

Je veux grandir, mais j’aimerais aussi rester petit longtemps. J’aimerais que maman soit là pour moi jusqu’à la fin des temps, qu’elle me serre dans ses bras le soir et qu’elle me raconte des histoires de chevaliers et de fées. Je sais bien que les fées n’existent pas, je sais qu’il faudra grandir et oublier toutes ces histoires ridicules. Les merveilles qui volent sous mes paupières avant de m’endormir n’existent pas. Il faudra que je devienne intelligent comme mon père, sage comme ma mère, il faudra que j’élève à mon tour des enfants, il faudra que je sois grand et fort.

Je serai mari, amant aimant, père, grand-père peut-être. On pourra toujours compter sur moi. On m’admirera, on me demandera mon avis et on le suivra.

Et moi, dans tout ça, où serai-je caché ? Aurai-je encore le droit de me tromper, de pleurer ? Aurai-je le choix de mes faiblesses ? Saurai-je aimer et serai-je aimé ?

Grandir, il le faut. Je n’ai pas le choix. Je ne suis pas sûr d’en avoir envie.

C’est si bon de courir dans ce pré, en poursuivant les papillons, jusqu’à maman qui me tend les bras.

C’est si bon d’être petit, encore un peu…

texte : Marie-Christine Grimard

photo : Jules Hasselmann

Vases communicants de janvier : Grandir (2/2)

« Tiers Livre de F. Bon et Scriptopolis  sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

Sur le blog : Le rendez-vous des vases communicants, tenu désormais par Marie-Noëlle Bertrand vous retrouverez la liste des échanges de ce mois

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Je remercie pour sa présence une nouvelle fois sur cette page Dominique Hasselmann, qui anime le blog « Métronomiques », où vous pourrez découvrir ce qu’il partage.

J’ai pris un grand plaisir à réaliser ce nouvel échange avec lui et je le remercie chaleureusement de m’avoir proposé cet échange à partir de l’idée de « grandir » illustrée par des photographies de nos enfances.

Si vous souhaitez lire mon texte, rendez-vous sur son blog, où il me fait le grand plaisir de me recevoir.

Je vous laisse juger du résultat, et vous souhaite une navigation agréable entre les lignes et les textes de ce mois-ci.

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octo2015-018

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On aurait pu croire que tu venais de sauter par la fenêtre ouverte et centrale de la grande maison, ton chapeau t’ayant servi de parachute. Tu avais atterri sans encombre et tu te portais comme un charme. L’air était clément, le soleil marquait sa présence paradoxale par les ombres diverses dont il parsemait la scène.

Tu avais l’air contente puisque la vie était un horizon maritime – ta coiffe ressemblait à un petit navire – et tu ne voyais aucun obstacle se profiler devant le cours paisible des jours. C’était sans doute pendant les vacances scolaires, la parenthèse exquise que tous les gouvernements veulent sans cesse réduire, alors que la vie devrait être vacance perpétuelle.

Grandir n’était pas ta préoccupation : à quoi bon ressembler à ces géants affairés, à ces robots stressés, à ces pantins dénués de tous sentiments ? Ils pouvaient regarder les choses de haut, mais jamais ils n’observaient une coccinelle ou une libellule voler sans bruit, faisant la nique aux hélicoptères amenant les gros PDG jusque sur le toit du casino de la plage.

L’enfance n’était pas seulement une question de taille mais d’émerveillement : on voudrait te la retirer plus tard, comme si elle n’avait jamais existé, l’enlever de ta mémoire pour la jeter aux oubliettes. Tu aimais la simplicité du matin, du midi, du soir, de la nuit et leur recommencement au goût d’éternité.

Tu étais habillée simplement, tes socquettes empêchaient le sable de venir te chatouiller, tu attendais sans doute un compagnon de jeu (ils n’étaient pas interdits). Au loin, l’océan couleur prune scintillait, un voilier tout blanc se hâtait lentement vers une destination inconnue.

Souvent tu entendais cette phrase : « Tu verras, quand tu seras grande… » qui sonnait comme une mise en garde ou l’annonce de la fin du « vert paradis » dans lequel tu avais la chance d’évoluer sans en être réellement consciente. Mais c’était déjà comme un reproche, du style : « Tout cela ne durera pas, il faudra ouvrir les yeux sur la réalité ! »

Pourtant, elle était bien là, l’existence : le plaisir du petit déjeuner, des châteaux de sable, du bain avec l’affrontement des premières vagues qui te paraissaient gigantesques, le retour à la table du déjeuner avec tes parents, la sieste puis l’océan de nouveau, le tube orange de crème solaire Nivea, la serviette de bain et ce petit livre illustré (« Martine à la plage » ?), le vent qui caresse, les bras comme oreiller pour la tête.

Le soir, tu te retrouvais seule dans ta chambre avec cette petite lampe, tu avais déposé ton chapeau sur le coin de la chaise près de ton lit, tu reprenais un autre livre et puis tu t’endormais. Tu rêvais qu’un jour tu deviendrais obligatoirement une adulte, comme tout le monde, et que le téléphone sonnerait alors dans ton bureau ou ton cabinet de travail.

Mais tu avais gardé précieusement, sur un petit papier quadrillé, le numéro téléphonique de la grande maison de Vendée où tu pourrais t’appeler toi-même des années plus tard, abolissant ainsi les frontières du temps.

 

texte : Dominique Hasselmann

photo : Marcel Mailland

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Vases communicants de décembre : Heur(t)s d’Instant (2/2)

Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de lire le texte que j’avais écrit pour cet échange avec Alain Nouvel, je le poste de nouveau ce matin. J’en profite pour le remercier chaleureusement de m’avoir demandé de partager ainsi ces mots sur ces instants photographiques.

Voici la photo qu’il m’avait envoyée pour inspirer ce texte.

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vasoceodec-2016

Photo Alain Nouvel

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L’enfant se tait.

C’est l’instant où le temps hésite entre jour et nuit. Il sait qui gagnera mais il essaye de retenir la lumière.

C’est l’instant où sa peur se réveille. Les monstres habitent les buissons et n’attendent que la fin du jour pour s’approcher de la maison. Il les imagine tapis dans les fourrés, l’observant et se léchant déjà les babines à l’idée de le dévorer.

La maison est envahie peu à peu par l’obscurité. Aucun bruit autour de lui. Ce silence le glace. Il voudrait allumer le lampadaire mais n’ose pas bouger de son poste d’observation. S’il quitte la baie vitrée, ils en profiteront pour avancer. C’est une partie infernale de « Un, deux, trois, soleil » où le soleil serait mort…

Il ne faut pas bouger, il faut surveiller. Et se taire pour ne pas se faire repérer.

La grande horloge de sa grand-mère égraine les secondes qui lui restent à vivre avant qu’ils n’attaquent. Il sait que les êtres de la nuit sont maléfiques. Il l’a souvent lu dans les contes, il l’a souvent entendu à la télévision. Il sait que le monde est séparé en deux camps, celui des ténèbres et celui de la lumière.

Lui l’enfant blond, appartient au monde de la lumière, mais pour survivre à ses nuits, il devra se battre encore et encore. Si seulement sa maman était encore auprès de lui. Elle savait les mots qui apaisent, ceux qui chassent les dragons, ceux qui font battre le cœur.

Mais il la voit. Elle est là. Elle arrive. Elle va le sauver.

La lune se lève, affûtant sa faucille pour affronter les monstres.

Elle s’accroche à la rambarde du balcon, elle le protègera toute la nuit. Quand elle est là, les monstres noirs n’osent plus sortir de leur cachette. Elle les pourfendrait de son épée d’argent. Ils ont peur de sa lumière.

Il lui sourit et lui fait un signe de la main. Elle est là, assise à califourchon sur l’extrémité du croissant étincelant. Colombine, sa maman aux cheveux d’argent lui sourit. En clignant les yeux, un peu ébloui, il la voit qui lui fait signe. Elle claque des doigts, et une nuée de corneilles s’envole de la cime du gros saule. Il les voit disparaître à l’horizon.

Il lui envoie un baiser en le posant sur sa paume et en soufflant fort pour qu’il s’envole jusqu’à la lune. Elle éclate de rire en le recevant, on dirait le tintement d’une clochette d’argent.

Derrière lui, quelqu’un a éclairé le lustre du couloir.

L’instant magique est achevé. Sa grand-mère l’appelle :

  • Viens manger mon grand, le dîner est prêt…

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