Un été bleu horizon (7)

« Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l’éternel que nous ne savons plus. »

L’homme-joie (2012) de Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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Côte Atlantique :

Terre de roses trémières.

Elles s’y trouvent bien, faut-il croire.

Elles aiment la difficulté.

Il leur faut seulement quelques pincées de terre mêlée de sable, avec suffisamment de lumière, de sel et de vent pour avoir envie de grandir, et suffisamment d’aridité pour être libre et pousser sans concurrence.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Elles aiment être libres.

Libres de coloniser les bordures des étiers

Libres de s’abriter au cœur des marais

Là où rien d’autre ne pousse

Que les salicornes que le sel ne rebute pas

Là où le soleil est omniprésent

Jouant avec ses reflets sur les œillets salins

Là où les grues sont les seules à pouvoir les admirer, le matin, au lever du soleil, quand elles déploient leurs couleurs irisées sous les ailes du vent.

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Photo Marie-Christine Grimard
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Un été bleu outre-mer (10)

« Un lit de lumière, une chaise de silence, une table en bois d’espérance, rien d’autre : telle est la petite chambre dont l’âme est locataire. »

Ressusciter (2001)

Christian Bobin

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Photo M. Christine Grimard

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Que faut-il de plus

À un vacancier

Que quelques chaises longues

À l’ombre d’un arbre

Pour rêver sans dormir

À tout ce qu’il aurait dû faire

S’il n’était pas

En vacances !

(Nb : pour ceux que cela intrigue, la jolie « sablaise » déguisée en chaise longue provient

De la boutique « Le beau bazard de Marcelline »

Aux Sables d’olonne)

Photo du jour : Échange de regards

« Être vivant, c’est être vu, entrer dans la lumière d’un regard aimant.

– L’Inespérée –

Christian Bobin

photo M. Christine Grimard

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Tu me regardes et je te vois.

Qu’y a-t-il au fond de tes yeux ?

La joie d’être là auprès de moi.

Le bonheur simple d’exister.

La tranquillité d’une vie douce.

La certitude d’être nourri et d’être aimé.

Tant d’autres choses qui m’échappent.

Tes oreilles se dressent lorsqu’un oiseau chante.

Un parfum de jasmin et d’herbes sèches passe avec le vent et ta truffe frémit.

Mais c’est moi que tu surveilles, si je me lève, tu me suivras.

Peu importe où j’irai, tu seras sur mes pas.

Être le centre du monde pour quelqu’un, c’est une chance incroyable et tant de responsabilités aussi…

Mais là je ne vois que cet amour qui emplit ton regard et ce sourire que tu me donneras si je prononce ton nom.

To do list 54 : valse hésitation

« La pluie et la lumière se battent comme des enfants dans le ciel, et leurs épées parfois, heurtent ma fenêtre. »

Christian Bobin

Photo m Christine Grimard

. Attendre que les giboulées s’éloignent pour aller faire le tour du jardin

. Admirer les fleurs de prunus valsant au vent d’avril comme des débutantes sur un air de Vivaldi

, Choisir une nuance dans l’air du temps pour repeindre les fauteuils de jardin, histoire de leur faire oublier les affres de l’hiver.

. Regarder pousser les pâquerettes en savourant sa chance de voir renaître un nouveau printemps.

. Remercier le ciel de donner chaque jour un spectacle différent.

. Se réjouir des intempéries qui arrosent les jeunes tulipes et s’assoir au soleil pour les entendre pousser.

Un été en bandoulière (29)

 » J’ai rendez vous chaque matin avec la beauté du monde. »

Christian Bobin

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Photo m ch grimard

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Avancer tout droit vers l’ouest

Traverser la pinède

Suivre le sentier tapissé d’aiguilles de pin

Lever les yeux vers le ciel

Admirer la valse de leurs cimes dans le vent marin

Grimper la dernière dune couverte de genêts

Déboucher d’un seul coup sur la lumière

Être éblouie par cette beauté offerte

En perdre ses mots

S’asseoir sur un rocher

Se dire que l’on pourrait rester là

Jusqu’à la fin des Temps

Dans le silence de la mer

Un été en bandoulière (17)

« Les moments les plus lumineux de ma vie sont ceux où je me contente de voir le monde apparaître. Ces moments sont faits de solitude et de silence. »

Christian Bobin 

Photo m Christine grimard


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Au bal de l’été 

Les agapanthes sont reines 

Elles ajustent leurs couleurs 

Dans toutes les nuances du bleu 

De l’outre-mer jusqu’au pastel 

Elle rivalisent de pigments 

Déclinant entre ciel et mauve 

Leurs hampes légères

Qu’elles balancent élégamment 

Ondulant sous le vent 

Venu de l’océan 

Un été en bandoulière (16)

« La pluie et la lumière se battent comme des enfants dans le ciel, et leurs épées parfois heurtent ma fenêtre. »

Christian Bobin 

Photo Mch grimard


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Un albizia étend ses palmes 

Au soleil 

Nervures engorgées de lumière 

Feuillage d’étincelles 

Arbre à soie

Pompons plumeux 

Légers au vent 

Dominant 

Résistant aux embruns 

Tutoyant le ciel 

Outre-mer 

Caressant les nuages 

De ses doigts palmés

Lamés d’argent 

L’admirer

En rêvant 

De sa légèreté