Photo du jour : Cent nuances de gris

« Cueille ce triste jour d’hiver sur la mer grise,

D’un gris doux, la terre est bleue et le ciel bas semble tout à la fois désespéré et tendre… »

Valéry Larbaud

Photo M Christine Grimard

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Gris

Grisaille

Dégrisée

Je me sens Rabougrie

Sous ce ciel gris de gris

….

Heureux les Petits-gris

Moi je Maigris

Frissonne et Grisonne

….

Ras bout gris

Ras le bol de ce bout de ciel gris !

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Photo du jour : orage oh rage !

« Il faut bien accepter ce qui nous transfigure.

Tout orage a son temps

Toute haine s’éteint

Le ciel toujours redevient pur

Toute nuit fait place au matin. »

Le roman inachevé

Aragon

Photo M.Christine Grimard

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La nature crie sa colère.

L’avons-nous poussée à bout ?

Chaque jour, éclate l’orage, avec ses vents fous décoiffant les futaies, ses pluies soudaines inondant les rues et les champs.

Jusqu’où mènera ce déchaînement d’éléments ?

La terre essaie-t-elle de se débarrasser de notre espèce ?

On la comprend finalement. L’espèce humaine ne semble capable que de détruire son environnement, son humanité, ses sentiments, son avenir. Un temps si obscur attire les pensées noires sans doute, mais parfois le découragement submerge…

Trop plein.

Le ciel déborde et la terre coule sous mes pas.

Trop, c’est trop !

Photos du jour : Course du Vendée-Va’a

« Ses fluctuat nec mergitur

C’était pas de la littérature ,

N’en déplaise aux jeteurs de sorts,

aux jeteurs de sorts,

Son capitaine et ses matelots

N’étaient pas des enfants d’salauds,

Mais des amis franco de port,

Des copains d’abord.

Georges Brassens (les copains d’abord)

Photo M.Christine Grimard

En mai, au départ des sables d’olonne, la course Vendée-Va’a attire les regards et les encouragements. Le chenal de sortie du port, celui d’où s’élance les concurrents du célèbre Vendée-Globe, voit passer les pirogues d’inspiration polynésiennes qui vont affronter le courant dès le franchissement du phare.

Photo M.Christine Grimard

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En cette journée fraîche de Mai, les rouleaux sont impressionnants pour des équipiers pagayant au ras des flots. Le vent du Nord a découragé certains spectateurs mais ceux qui sont là, donnent de la voix.

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Photo M. Christine Grimard

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C’est l’heure où les pêcheurs rentrent, ayant déposé leurs filets, et relevé leurs casiers, escortés par des goélands fripons qui savent qu’ils trouveront à leur bord, un déjeuner gratuit sans de fatiguer à le pêcher !

Ne sentez-vous pas ce parfum de varech ?

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Un vent de printemps (10) : Bain de bleu

« On peut dire la couleur des yeux gris nuancés de bleu pâle.

Cependant on ne rend pas avec des mots la tendresse d’un regard.

Or, j’avais faim de cette tendresse.

Il me semble que ce que nous faisons de plus sérieux sur cette terre, c’est d’aimer, le reste ne compte guère. »

-Partir avant le jour –

Julien Green

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Photo M.christine Grimard

 

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Quelques jours entre parenthèses

D’un bleu à l’autre

Outremer

Océan

Ciel

Au choix !

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Vent de printemps 9 : Joli Mai

« Je suis épris de ce morceau tendre de campagne, de son accoudoir de solitude au bord duquel les orages viennent se passer dénouer avec docilité…. »

Feuillets d’Hypnos – René Char

Photo m Christine Grimard

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Mai Hésite

Entre soleil et colère

Blancheur des clochettes

Sous un manteau de grêle

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Premier matin semé de fleurs

Éclatantes sous l’orage

Entre grêle et paix

Mai s’éveille

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Entre pétales froissés de Judée

Et effluves de lilas blancs

Mai se pare de dentelles

Parfumées de muguet

Vent de printemps (8) : crépuscule

« J’entends des mots d’amour changer le cours du temps. »

Eluard

Photo m.christine Grimard

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Se taire

Pour écouter

Le chant du vent

Dans les graminées

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Imaginer

Derrière le silence

La valse des anges

Au milieu des étoiles

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S’endormir

À force de chercher

Le parfum des souvenirs

Dans l’obscurité grandissante

Vent de printemps (7) : faute de merles, voici des grives

« On savait que le printemps était proche quand apparaissait le premier merle d’Amérique avec sa poitrine rousse et son dos marron : il surgissait brusquement et inexplicablement un matin dans le jardin derrière la maison et il sautillait dans l’herbe. »

Paul Auster

« Faute de merles on mange des grives » dit le proverbe.

En observant le sautillement gracieux de ces jolies grives dans la prairie, je me suis souvenu de cette phrase lapidaire.

Avec horreur, finalement…

Et si l’on se faisait une petite salade de pissenlits nouveaux, croquants avec des petits croûtons et une bonne vinaigrette à l’huile d’olives.

J’ai la chance de voir encore quelques merles et plus rarement des grives, se promener dans le jardin à la recherche d’insectes pour leur repas. Mais ils se font de plus en plus rares. Les papillons et les abeilles aussi. À force de vouloir se débarrasser des « nuisibles », on a fini par faire disparaître la moitié de la terre. Les derniers nuisibles que la destruction des autres espèces entraînera dans le néant, ce sera l’espèce humaine !