Journal : jour du souvenir

« Un souvenir heureux est peut-être sur terre plus vrai que le bonheur. »
Alfred de Musset

Photo Marie-Christine Grimard

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Bon anniversaire à toi où que tu sois

Je pense à toi et je sais que tu penses à moi

90 bougies, ca aurait fait beaucoup n’est ce pas ?

Il valait mieux que tu arrêtes le compteur avant que tes jours ne deviennent trop lourds

Tu as bien fait

Mais tu le sais tout ça …

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Le monde est devenu si fou

De nombreuses fois depuis cinq ans que tu es partie, je me suis dit que j’étais soulagée que tu ne voies pas cela.

Mais tu le sais tout ça…

J’aurais bien voulu t’aider à les souffler ces 90 bougies. On aurait arrêté l’oxygène le temps de les allumer, c’était préférable.

N’importe quel gâteau aurait fait l’affaire, tu étais si gourmande. Une belle qualité que tu as gardée jusqu’au bout.

Je voulais juste te dire que tu nous manques, que tu me manques. Même si, tu vois, j’y arrive. Ne t’inquiète pas, la vie avance. Tu peux être fière de ta lignée. Elle est belle et forte.

Mais tu le sais, tout ça …

Alors laisse-moi penser à toi aujourd’hui et te dire juste : bon anniversaire ma maman chérie.

Photo du jour : en noir ou en couleurs

« J’aimerais vous écrire en couleurs. Par « écrire en couleurs » je veux dire : rendre hommage à cette vie dont les chars en feu paradent sous nos yeux obstinément clos. »

Christian Bobin

Photo Marie-Christine Grimard

J’aimerais marcher dans la forêt le nez en l’air et le cœur léger

J’aimerais penser à autre chose et oublier les jours si lourds

J’aimerais que les nouvelles soient moins oppressantes

J’aimerais que les petits oiseaux chantent

J’aimerais que les regards soient heureux

J’aimerais que le ciel soit plus bleu

Mais…

Le ciel est lourd, les orages se succèdent, l’horizon est barré de noir.

Se lover sous sa couette et attendre que le temps passe, ou affronter la tempête ?

J’avoue parfois que la tentation de l’hibernation me traverse l’esprit. ..

Aller c’est l’heure. On se lève et on y va.

To do list 87 : survivre à ses larmes

Photo Marie-Christine Grimard

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Hésiter entre silence et hurlements

S’accrocher à la moindre étincelle

Rester muette devant l’horreur

Souhaiter devenir sourde et aveugle

Se décourager devant tant de noirceur

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Se demander si cela vaut encore la peine

Finir par croire que la bonté est vaine

Se recroqueviller sous les mots couperets

Tâtonner dans le noir et la désespérance

Rester là en silence écrasée de souffrance

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Poser sur ses lèvres un sourire contraint

Marcher droit sans montrer sa tristesse

Pardonner peut-être mais ne jamais oublier

Occulter les mots lourds et les paroles vaines

Ne monter aucun signe extérieur de détresse

Photo du jour : Intempéries

« Un nuage passe,
Il fait noir comme en un four.
Un nuage passe.
Tiens, le petit jour ! »

Verlaine

Photo Marie-Christine Grimard

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La queue de la tempête

Passe sur nos têtes

Et l’on se sent si petits

Et l’on se sent démunis

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Certains ont tout perdu

Même leur vie

Et pourtant d’autres individus

Dans l’indifférence mènent leur vie

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Tempêtes d’automne

Qui brisent et tourbillonnent

Tempêtes de printemps

Aux trombes tournoyantes

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Pourrons-nous arrêter

L’emballement infernal

Que nous avons créé

Par notre égoïsme abyssal

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Est-il trop tard

Pour réparer nos erreurs

Est-il trop tard

Pour enrayer la terreur

Photos du jour : il est revenu le temps des cerises…

« Quand nous chanterons le temps des cerises, 
Et gai rossignol, et merle moqueur 
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête 
Et les amoureux, du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises, 
Sifflera bien mieux le merle moqueur ! »

J.B.Clement

Marie-Christine Grimard

Il est revenu

Le temps des cerises

Et gai Rossignol

Et merle moqueur

Ont le cœur en fête

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Photo Marie-Christine Grimard

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Il est revenu

Le temps des cerises

Et celui d’aimer la vie

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Il est revenu

Le temps des cerises

Celui de la liberté

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Apprécions notre liberté

Et sachons la préserver

Protégeons-la et ceux que nous aimons

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Le temps des cerises est revenu

celui des clafoutis dorant dans le four.

Un parfum sucré de cerises me transporte au temps de l’enfance

Au temps des clafoutis de ma mère.

Goût unique

De l’amour qui traverse le temps

Arôme de cerises

Et d’éternité

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Il est revenu le temps de l’amour

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Primum non nocere

Primum non nocere

Juste une mise au point.

Une fois n’est pas coutume mais cette pandémie change la donne !

Sur ce blog, je ne parle jamais de mon métier, préférant partager un peu de rêve et d’énergie positive. Un peu d’évasion ne nuit pas.

Photo Marie-Christine Grimard

L’académie nationale de médecine et l’académie des sciences ont publié un communiqué le 25 mars 2020 devant les dérives et délires auxquels on assiste depuis le début de cette pandémie meurtrière.

Les réseaux sociaux et en particulier Twitter et son armée de « néo-virologues autoproclamés » n’ayant aucune compétence médicale ni scientifique, se sont emparés du sujet, comme ils le font avec la politique ou avec tout autre sujet.

Il suffit que n’importe qui étale ses délires ou ses désirs sur la toile, pour qu’ils soient repris et amplifiés à l’infini. Lorsque les piliers du « café du commerce » discutaient entre deux bières, cela ne faisait pas le tour de la terre, et prêtait plutôt à sourire. Aujourd’hui, rien n’arrête les inepties complotistes, il n’y a plus de limites à la bêtise humaine.

D’aucuns ont découvert que les médecins préfèrent utiliser des traitements ayant prouvé leur efficacité et leur innocuité, dans des études randomisées de grandes cohortes. Comment se fait-il qu’ils aient besoin de telles preuves avant de prescrire un produit ?

Primum non nocere

Un produit qui a une action, provoque toujours une contre- réaction. Il faut que celle-ci ne soit pas plus nocive que l’action elle-même pour que le produit soit accepté. Voilà à quoi servent les études prospectives randomisées « en double aveugle » pour qu’il n’y ait pas de biais dans l’interprétation des résultats.

Alors quand un microbiologiste nous dit sur YouTube (la bible moderne) que dans son éprouvette, le coronavirus est en parti détruit par la présence de Chloroquine, et qu’en conséquence, l’épidémie sera réglée en quelques semaines, je crois à un « fake ». Il y en a tant…

L’eau de javel aussi détruit le virus in vitro et bien qu’un président en exercice l’ait conseillé à la télévision, je pense que personne ne se risquerait à l’avaler.

Et quand quelques jours plus tard on y ajoute un antibiotique (très efficace sur les surinfections bactériennes pulmonaires) d’une famille connue pour ses interactions médicamenteuses nombreuses pouvant induire des arythmies cardiaques mortelles, je n’en crois pas mes yeux. La torsade de pointe est une des hantises de tout cardiologue.

Combien de morts cardiaques va-t-on induire avec une association de ce type sans surveillance cardiologique ?

Une partie de la réponse vient de tomber avec une étude observationnelle parue dans le Lancet portant sur les registres recueillis dans 671 hôpitaux et sur l’évolution de 96 032 patients, montrant une nette surmortalité liée à l’utilisation de cette association de traitements.

Et malgré cela, sur les réseaux sociaux, les colibets et injures diverses et variées continuent à l’encontre des médecins qui avaient mis en garde contre cet engouement aussi soudain qu’irréfléchi.

Alors, bien que cette terrible pandémie, réveille en nous la peur ancestrale de la mort, bien que notre vie en soit bouleversée, bien que la souffrance qu’elle génère dans tous les pays du monde soit insupportable, il est impossible de se jeter sur la première idée venue et de « tenter le coup » parce qu’on n’a pas d’autre solution.

Il n’y a pas de traitement antiviral efficace pour le moment contre ce nouveau virus. Il génère plus de questions que nous avons de réponses, son évolution nous est inconnue.

Restons modestes et gardons les pieds sur terre.

Laissons travailler les chercheurs et aidons les par notre patience.

Oui le temps nous est compté, mais ça n’est pas une raison pour faire n’importe quoi.

La maison brûle, oui. Que dirions-nous si les pompiers dans leur précipitation à bien faire, avaient pris une citerne au hasard dans la cours de la caserne sans vérifier son contenu, et viennent arroser le brasier avec de l’essence ?

On a lu et entendu tant de fausses informations sur ce nouveau coronavirus, entre les manipulations volontaires, les mensonges par omission, les maladresses involontaires, les rumeurs et autres scoops.

Personne ne détient la vérité parce que nous ne connaissons pas ce virus. Nous ne savons pas comment il va évoluer, combien de « répliques » se produiront. Nous ne savons pas si notre immunité sera efficace, et donc si nous pourrons nous protéger par un vaccin.

Nous ne savons rien de notre avenir collectif ou individuel. Alors un peu de modestie.

Je suis médecin et je suis là pour empêcher mes patients de souffrir dans la mesure de mes moyens. Je ne suis pas magicienne ni voyante extra-lucide. Je ne suis pas sorcière. Lorsque je ne sais pas, je dis « je ne sais pas ».

Mais ce que je sais, c’est que je ne prescris pas un traitement qui n’a pas prouvé son efficacité et son innocuité.

Primum non nocere

Photo du jour : devoir d’espoir

« On voit à la mesure de son espérance. »

Christian Bobin

Le très-bas.

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Photo Marie-Christine Grimard

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La nuit abandonne ses voiles derrière elle et va se coucher.

Au point du jour, une clématite pointe son nez.

Comme elle, je m’accroche à l’espoir d’un jour flambant neuf qui effacerait les ombres de la veille.

Défroissons nos pétales, sous la caresse d’une douche de lumière.

Devant nous, renaît l’espoir d’une ère nouvelle, où l’air serait léger et le silence apaisé.

Oublier les contraintes imposées et décider de les appliquer librement.

Accepter les devoirs pour ne pas tuer l’espoir.

Le jour qui se lève ne sera plus jamais le même.

Mais j’aurais appris que la vie en vaut la peine, pour peu qu’on la tienne et qu’on l’aime.

Peu de devoirs finalement pour tellement d’espoir.

Celui de respirer sans y penser.

Celui de vivre sans arrière-pensée.

Celui d’aimer sans compter.

Aphorismes et autres exorcismes (2) : renouveau

Photo Marie-Christine Grimard

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Aphorisme: Le monde d’après ressemblera au monde d’avant avec plus d’âpreté et moins d’avancées.

M ch G.

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Pour un premier essai, c’est pas mal, non ?

Qu’en pensez-vous ?

Le monde d’après sera ce que nous en ferons, mais qui décidera de ce que nous ferons ?

Les petits, les humbles, les petites mains qui ont fait avancer le navire pendant la tempête seront-ils écoutés ou redeviendront-t-ils invisibles ?

Ce nouveau monde sera-t-il moins dur ?

Aurons-nous avancé sur le chemin de la sagesse et du respect de notre planète et de notre corps ?

Que de questions se posent avant d’inaugurer ce nouveau chemin….

Quelles sont vos réponses ?

….

Vous avez quatre heures !