Photo du jour : Silence du soir, espoir.

« Écrire, c’est donner une profondeur au silence. »

Joe Bousquet 

Photo m ch grimard

….

Derniers instants 

Avant 

Que le jour

Ne se fonde 

Dans sa nuit 

……..

Heure où la lumière 

Exulte 

Flambant ses 

Dernières secondes

Avant 

De libérer  

Les ténèbres 

……..

Jeux de cache-cache 

Combat de gris

De roses et de bleus 

Ou chacun sait 

Que le noir 

Gagnera 

……..

Strates claires-obscures 

Rayures roses et or

Étincelles éphémères 

Déclinent 

A l’horizon 

……….

Heure où 

Le silence 

Est d’or

Habité

De l’espoir 

Secret 

Que le ciel 

Derrière son masque 

Obscur 

Ouvrira ses bras 

De velours noir

Aux étoiles 

Publicités

Un été en bandoulière (2)

« La respiration de l’âme c’est la beauté, l’amour, la douceur, le silence, la solitude.

La respiration de l’âme c’est la bonté.

Et la parole ! »

Christian Bobin

*

Photo Mch grimard

.

Le temps d’une pause

À l’ombre de l’été 

Savourons le retour du silence

À l’aube de l’été 

Admirons le chant du vent dans les fils

Au matin de l’été 

Taisons-nous ensemble

Dans le silence de l’été 

Dégustons le plaisir de ne rien faire

Dans la beauté de l’été 

Puisque la vie prends son temps

Dans la lumière de l’été 

*

Minute papillon (1) : Poser ses Mots sur le Monde

Principe de cette nouvelle rubrique « Minute papillon » :

  • prendre une minute pour se retourner sur une idée puis décider de la suivre
  • une minute.
  • Pas plus !
  • Top Chrono

*

« Il y a dans la nature les fragments d’un alphabet ancien,

des morceaux de lettres capitales, des ruisselets d’italiques,

des grands espacements bleus de silence.

Et parfois, par on ne sait quelle grâce, plusieurs lettres s’assemblent,

des mots apparaissent avec ce qu’il faut entre eux de silence respirant,

une phrase est tracée. »

Christian Bobin

*

img_8384

Photo M. Christine Grimard

*

Les mots coulent dans nos veines depuis la nuit des temps, la vie les a inscrits dans nos gênes à l’encre bleue nuit.

Un filament tissé de résidus d’étoiles s’enroule au cœur de nos cellules en une spirale éternelle, si l’on est attentif, on le voit briller au fond de notre regard.

Le temps n’a pas de prise sur nous puisque nos molécules nous survivront.

La poussière de nos os nourrira les fleurs de la forêt et nous reviendrons pour les admirer lorsque le cycle des saisons aura disparu.

Sur la surface de l’océan, scintille la multitude des âmes envolées, dansant légères dans la brise marine sans contrainte ni but, enfin libres.

Dans cet univers, la vie a pris tant de formes inscrites en double hélice en lettres de carbone, qu’une éternité ne suffirait pas à en explorer la diversité.

L’étendue de mon ignorance remplirait un gouffre sans fond, mais la partie infime que j’ai aperçue de cette vie, est une merveille absolue .

La vie court dans mes veines, mais où est le support de ma pensée ?

J’ai nourri mon âme d’amour, d’émerveillements et de poésie, ainsi elle sera plus légère pour s’envoler.

Parfois, durant une minute, il est bon de se taire, d’oublier les mots et de s’asseoir en silence pour admirer « ces grands espacements bleus de silence ».

*

Phrases 28 : Mots silencieux 

« Each soul must meet the morning sun, the new,
sweet earth,
and the great silence alone. »

Charles Alexander Eastman

*

 
Photo d’auteur inconnu

*

  • Il n’y a que le silence pour me parler de toi, terre si belle sous mes pas, si surprenante parfois si secrète aussi, si mystérieuse que je ne devine jamais ce que tu me caches encore au détour du chemin.
  • Souvent lorsque la nuit s’habille d’encre violette et que le silence avance à pas feutrés, j’écoute le murmure de l’univers me fredonner cet air inconnu des mortels, chant mystérieux porté par les ailes des fées, notes saupoudrées aux confins des forêts oubliées.
  • En suivant l’oiseau qui glisse dans le silence, tu rejoindras l’horizon juste avant que l’aube n’embrase les vagues et tu verras la lumière renaître de ses cendres à l’instant précis où les ombres d’hier rejoindront le passé.

*

Phrases 27 : Mots tranquilles

Le silence est une tranquillité mais jamais un vide ;
il est clarté mais jamais absence de couleur ;
il est rythme ;
il est le fondement de toute pensée.”
Yehudi Menuhin
*
automne 3

Photo M. Christine Grimard

*

  • Parfois, il semble si doux de pouvoir se poser ainsi entre deux mondes,  immobile au soleil, entre automne et hiver, en oubliant que décembre emportera l’année dans sa brume givrée, avant que l’alouette n’aie chanté.
  • Souvent, je me suis envolée sur les ailes des fées, par-dessus les toits, au-delà des nuées, jusqu’à cette étoile lointaine où l’enfant blond chantait les dunes de la terre à une rose trop fière de ses épines dérisoires.
  • Longtemps, je serai émue par la tranquillité de la mésange savourant la caresse du soleil, installée sur les coussins mousseux d’un vieux toit vermoulu, baignée de silence et de lumière.

*

Photo du Jour : Laisse parler la lumière

« Le poème, un cercle de silence aux pierres brûlantes. »
Christian Bobin

*

IMG_3491

Photo M. Christine Grimard

*

Pourquoi essayerais-tu d’écrire ?

De quel droit encombrerais-tu la toile de tes maladresses ?

Pourquoi te mêlerais-tu de littérature alors que tes mots ne sont que fredaines et barbarismes !

Tu as l’indécence, l’inconvenance, l’impertinence, l’insolence des innocents !

De quel droit prendrais-tu la plume ?

Laisse-la aux poètes, aux écrivains, eux seuls savent la faire chanter !

Tu es lectrice, reste à ta place !

Tes mots sont maladroits, dénués d’intérêt, sans queue ni tête, sans but ni ordre de bataille, sans discipline, sans panache.

Ce ne sont que des petits mots faisant l’école buissonnière, poussant comme du chiendent, envahissant les belles pelouses bien entretenues des écrivains reconnus.

Regarde-les s’envoler au vent d’automne et se coller sur la page humide.

Ils se posent en un joyeux désordre de phrases désabusées, petite prose désuète issues des méandres de ton esprit simpliste.

Ramasse-les avant qu’ils ne ternissent le bel agencement rectiligne des jardins philosophiques tirés au cordeau.

Les feuilles mortes doivent être ramassées et brûlées avant que leurs cadavres ne souillent le jardin des délices.

Ne laisse pas traîner tes calembredaines !

……

Silence dans les rangs

Écoutez les mots chanter

……

Mais, moi, j’aime les mots.

J’aime les entendre me murmurer la vie à l’oreille.

J’aime les regarder dormir.

J’aime les voir se réveiller et me sourire.

J’aime qu’ils me prennent la main, et me guident au long des lignes.

J’aime qu’ils me racontent leur chemin, la chaleur du désert, la fraîcheur de la nuit, la couleur des feuilles dans le vent, le parfum des vagues.

J’aime leur goût de soleil, leur odeur de cire, leur douceur de miel.

J’aime qu’ils me content leurs révoltes, qu’ils me chantent leurs espoirs.

J’aime qu’ils me laissent les deviner, qu’ils me laissent les dessiner.

…..

Silence dans les rangs

Écoutez les mots pleurer

….

Peu importe ce que tu penses.

Peu importe si les mots t’aiment.

Seul le silence te convient.

Tu n’as ni le talent ni la constance.

Sur les pierres brûlantes, passeront les matins.

Laisse parler la lumière, elle seule sait le chemin.

*

Silence dans les rangs

Écoutez les mots rêver

————-