Photo du jour: Kaléidoscope.

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Carrés de ciel bleutés,
Découpés,
Décuplés,
Hachurés,
Reflétés.

Chacun dans sa case,
Chacun sous son bâillon,
Chacun sur sa base,
Chacun est un pion.

La grande ville brille.
Les tours bleues scintillent.
Sous les nuages indifférents,
La vie passe en courant.

Qu’y avait-il ici,
Avant la nuit des temps ?
Qu’y aura-t-il ici,
Après la fin des temps ?

Et nous, fourmis égarées,
Danserons-nous longtemps
Sous les soleils d’argent,
Illusions de verre et d’acier ?

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Les Filles de la Lune (Partie 12)

 

Elle traverse le village, sous le regard des commères, assises sur la place. Elle n’en a cure. Elle s’approche d’elles, et leur demande de tresser des bottes avec les plantes qui s’amoncèlent sur le sol, pour qu’elles soient plus faciles à porter. Elles s’empressent de le faire, tout en la suivant des yeux lorsqu’elle se dirige vers la maison de Pierre. Les langues allaient courir plus vite que le vent, mais Luna ne s’en préoccupe pas. Qu’elles parlent …

Arrivée devant le porche de la maison de Pierre, elle hésite, cherchant à l’apercevoir derrière la fenêtre avant d’entrer. Mais elle ne le voit pas. D’un seul coup, son courage disparaît. Si seulement il était venu au-devant d’elle, ses mains ne trembleraient pas ainsi !

Elle l’entend qui fend du bois à l’arrière de la maison. Elle prend une profonde inspiration et fait le tour du bâtiment, ce qui lui donne le temps de se reprendre. Elle l’aperçoit avant qu’il ne la voie. Elle admire sa force, pendant quelques secondes, son chien assis à ses côtés tourne la tête vers elle. Il suspend son geste, la hache au-dessus de la tête, et la regarde, surpris. Elle avance vers lui le fixant du regard, soudain plus légère. Le chien le devance en aboyant joyeusement. Pierre dépose la hache, et se tourne vers elle, un sourire aux lèvres, avec dans les yeux, une douceur infinie.

–         J’ai besoin de toi, dit-elle en préambule.

–         C’est une excellente nouvelle, répondit-il en découvrant ses dents.

Ce sourire éclatant fait perdre à Luna, ce qui lui restait d’assurance, et ses mains tremblent de plus belle. Pierre fit mine de ne pas s’en apercevoir, et prend ses deux mains dans les siennes. Leurs regards s’accrochent, et Luna perd la notion du temps. Seul compte ce regard sur elle, et la promesse qu’il porte.

–         Entrons, dit Pierre brusquement, en jetant un coup d’œil vers la place, où les commères font mine de ne pas les voir. J’ai soif avec ce travail en plein soleil, ajoute-t-il assez fort pour que tout le village puisse entendre.

–         Je te suis, dit Luna, en caressant le chien qui sautillait autour de ses jambes.

 

La fraicheur de la maisonnette fait frissonner Luna, à moins que ce soit l’émotion. Elle serre ses bras autour de son corps, ce qui n’échappe pas à Pierre. Il pose une main sur son épaule et demande:

–         Tu as froid ?

–         Non, répond un peu vite Luna.

Elle regrette aussi vite sa réponse, Pierre ayant retiré sa main, gêné.

–         Si, j’ai un peu froid, je crois, se reprend-t-elle en le regardant hésiter.

Il n’attendait que cet encouragement. Il prend sa pelisse, sur le dossier d’une chaise, et lui en enveloppe les épaules en l’entourant de ses bras. Luna se love contre lui, s’enivrant de son odeur. Elle sent son coeur exploser et contre elle, la statuette irradie une douce chaleur, comme si elle battait à l’unisson de leurs deux cœurs. Ils savourent ce premier instant, immobiles, osant à peine respirer, le temps s’étant retiré pour leur laisser goûter à leur éternité. Puis Pierre s’écarte doucement, en la tenant toujours par les épaules, les yeux rivés aux siens, il lui dit :

–         Je ne veux plus passer une seconde loin de toi. Ma vie n’a de sens que par toi, et ma force et ma douceur sont à toi. Prends-les, je te les donne, comme je te donne ma vie entière.

Il la regarde en rougissant, soudain effrayé d’avoir prononcé ces paroles qui dévoilaient son amour pour elle, réalisant qu’elle n’avait rien dit.

Luna prend une profonde inspiration et le regarde droit dans les yeux, pour atténuer l’impact des paroles qu’elle va prononcer. Elle est heureuse comme elle ne l’avait encore jamais été, mais il faut qu’elle aille au bout des choses avant de se laisser aller à son bonheur. Elle sent Pierre se raidir et lorsqu’il voulut continuer, elle lui coupe la parole en posant ses doigts fins sur sa bouche. Dans un souffle, elle lui dit :

–         Je serai la plus heureuse des femmes en vivant à tes côtés, mais il faut que tu saches que cette vie sera difficile, et que je ne serai pas l’épouse que tu serais en droit d’attendre. Ma vie sera vouée au service de la Déesse, je ne pourrai pas me consacrer uniquement à toi comme tu le voudrais. Je ne suis pas …

–         Que sais-tu de mes attentes ? l’interrompt Pierre.

–         Tu voudrais une femme dévouée et qui s’occupe de ton foyer, et moi…

–         Je n’ai jamais souhaité avoir une femme dévouée, à mon service. Où as-tu été chercher une idée pareille ?

–         C’est de que tout homme souhaite… répond Luna soudain hésitante.

–         Et bien, moi, je suis différent, je ne suis pas comme les autres. Je suis Pierre, l’homme qui t’aime, et qui veut partager avec toi, ta vie, tes joies et tes tâches. Je veux être à tes côtés les jours de soleil et les jours de pluie. Je veux t’accompagner lorsque tu devras quitter le village. Je veux t’aider lorsque le poids de nos enfants alourdira ton ventre. Je veux être là jusqu’à ce que tes paupières ou les miennes se ferment sur la nuit éternelle. J’ai toujours su que tu étais différente, et je l’ai accepté puisque nos destins sont liés. Ne le sais-tu pas ?

Il la regarde intensément, ses yeux gris flamboyant dans la lumière du couchant qui filtrait par l’étroite fenêtre. Luna s’accroche à ce regard, et y puise la force qui lui fallait. Elle en a tellement envie, depuis son premier souvenir. Elle n’attend que lui pour trouver l’énergie de s’élancer vers son destin. Elle ferme les yeux et serre la statuette dans sa paume, remerciant la déesse de lui avoir permis d’avoir une part de bonheur pour nourrir sa vie. Le cœur de rubis palpite contre la paume de sa main, à l’unisson de son propre cœur, ce qui l’apaise.

Lorsqu’elle ouvre les yeux, c’est pour croiser le regard amoureux de Pierre. Elle lui sourit de toute la force de son amour, et pose ses mains sur ses joues, accentuant sa réponse d’une caresse.

–         Oui, je le sais. Avec toi, j’accomplirai le travail que la déesse m’a donné, et nous aiderons ces hommes et ces femmes à vivre mieux. Tant que nous serons ensemble, j’aurai le courage d’avancer malgré les orages et les forces contraires.

–         Alors, viens, notre vie nous attend, belle comme le soleil, même si je sais que tu préfères l’ombre de la lune, conclut Pierre en la serrant dans ses bras.

A suivre —-

 

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Une image…une Histoire: Vitrail (4)

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En attendant l’heure d’ouverture de la bibliothèque, Karen se rendit au musée où elle avait vu exposés plusieurs objets provenant du manoir voisin, avec l’intention d’interroger le conservateur sur l’histoire de cette famille à l’origine de construction de l’église. Elle en savait plus après la lecture du journal de la châtelaine, mais avait besoin de remettre les évènements en perspective. Elle en apprit un peu plus, mais elle savait que l’essentiel lui manquait encore. Seule, la vieille dame pourrait l’aider.

Elle avait besoin de savoir.

Il fallait qu’elle sache.

Elle arriva devant la bibliothèque au moment où son interlocutrice arrivait. Celle-ci la dévisagea, sans montrer la moindre surprise, et lui fit signe d’entrer d’un mouvement du menton.

« Passons dans mon bureau, nous ne serons pas dérangées » dit-elle en préambule, « il semble que vous ayez des choses importantes à me dire. »

« Je vous remercie de m’aider, répondit Karen, cette histoire me bouleverse, et je ne sais pas pourquoi. Il me semble qu’en parlant avec vous de tout cela, je pourrai comprendre ces émotions qui me dépassent et reprendre pied dans la réalité. Dans cette église, j’ai cru étouffer, à plusieurs reprises, et il me semble que cette impression négative est en rapport avec l’histoire de la femme qui a en a voulu la construction.  J’ai lu le journal que vous m’avez confié, elle a voulu rendre hommage à sa fille disparue à l’âge de vingt ans, brutalement, et a fait bâtir une église parce qu’elle était une fervente catholique. Il me semble avoir compris que son mari étant anglican, n’était pas d’accord avec elle, et que ceci fut à l’origine de leur drame familial. La tristesse de cette femme transparaît dans chacune de ses phrases, et semble l’avoir emportée vers la tombe. J’aimerais comprendre mieux leur histoire. Pouvez-vous m’en dire plus à ce sujet ? »

La vieille dame hochait la tête.

« Oui, la ligne principale est bien celle-ci. La famille était écartelée entre les deux religions. Il s’agissait d’une alliance contractée pour des raisons financières, les deux domaines ayant besoin de cette alliance pour survivre. La châtelaine était issue d’une famille catholique et le maître du Manoir était anglican. Il avait fait abjurer sa Foi à son épouse, lors de leurs noces, mais celle-ci était restée profondément catholique en secret et avait élevé sa fille unique dans sa confession. Le père était  brutal et violent, et il semble qu’il aie d’abord brutalisé son épouse, puis sa fille lorsqu’il a découvert qu’elle avait été baptisée en secret. J’ai retrouvée plusieurs lettres dans les papiers de la Châtelaine, où elle évoque le fait que son époux se soit vengé de la plus odieuse manière, sur sa propre fille. Je ne connais pas les détails, mais finalement, une nuit, la jeune fille s’est enfuie du Manoir, et au matin son corps a été retrouvé au fond d’un puits. Il semble qu’elle se soit échappée dans la mort volontairement. Sa mère ne s’en est jamais remise, et a fait bâtir cette église à l’endroit où sa fille s’est donnée la mort, pour qu’elle soit pardonnée de son ultime pêché, celui d’avoir attenté à ses jours. Le puits a été comblé et à la place se trouve la tombe de cette enfant, recouvert d’une dalle de marbre où a été gravée une phrase écrite par sa mère. Chaque fois que je lis cette phrase, je ressens une profonde tristesse. » conclut la vieille dame.

Le silence retomba entre elles, Karen ferma les yeux pour retenir ses larmes . De nouveau, une immense peine la submergeait. La vieille dame lui prit la main, et ajouta:
« Vous semblez particulièrement affectée par cette histoire. »
– Je le suis répondit Karen, d’une voix brisée, mais je ne comprends pas pourquoi je pleure pour le deuil d’une jeune femme, morte il y a plus de cent ans, même si elle avait le même âge que moi.
– Le temps n’est qu’une illusion, répondit la bibliothécaire. Il est comme un filet dans lequel nous nous débattons. Parfois, on passe d’une maille à une autre, mais chaque instant nous marque de son empreinte, et l’on en gardera la trace à jamais.
Le regard de son interlocutrice était devenu flamboyant lorsqu’elle prononçait ces dernières paroles et Karen en fut presque effrayée.
– Que voulez-vous dire ? Lui demanda-t- elle.
– Je veux dire que certaines vies courtes et douloureuses semblent si profondément injustes, qu’il est possible que le destin leur donne une seconde chance, pour peu que l’on prie suffisamment pour leur salut. Il semble que l’amour de cette mère pour sa fille, fut plus fort que toutes les vanités terrestres. Et finalement j’espère qu’elles auront une seconde chance…

– Je ne comprends pas, dit Karen, se sentant de nouveau au bord du malaise, vous parlez de seconde chance ?
– Disons que j’espère que dans certains cas, cette chance puisse être donnée aux êtres exceptionnels qui l’ont méritée, comme cette enfant, par exemple !
Ses joues s’étaient empourprées et la passion qui l’animait soudain, était contagieuse, et Karen se sentait emportée dans le même enthousiasme .
– vous avez raison, cela ne serait que justice ! Après tout d’autres philosophies que la nôtre croient à la réincarnation, dit Karen.

– j’étais déjà convaincue de ce genre de possibilité, pour des raisons toutes personnelles, dont je ne veux pas parler ici, mais votre arrivée m’a confortée dans mon idée, ma très chère enfant !

Karen ne comprenait pas mais elle se sentait rassérénée par le fait que cette dame comprenne si bien ce qu’elle avait ressenti en arrivant dans le village, et qu’elle puisse partager avec elle ses craintes. Elle se sentait en sécurité avec elle, protégée et apaisée, alors qu’elle ne la connaissait que depuis très peu de temps.

– je crois que vous comprendrez mieux ce que je veux vous expliquer quand vous aurez vu quelque chose que je garde précieusement depuis que je l’ai découvert au musée du village, il y a quelques années.
Elle alla chercher un grand paquet rectangulaire dans un placard mural et le déposa devant Karen.
– Ouvrez le, dit-elle, il faisait partie des objets légués par la châtelaine au Musée après la mort. Il était dans la collection d’objets personnels que le conservateur avait laissés au fond d’un carton quand je l’ai récupéré.

Karen défit le ruban et fit glisser le papier de soie qui recouvrait l’objet. Il s’agissait d’une huile sur toile, représentant deux femmes côte-a-côte qui souriaient. La femme plus âgée avait passé son bras autour des épaules de la plus jeune.
La légende indiquait :
« Lady Barrington et sa fille Karen »

Karen sentit tout son sang refluer au bout de ses orteils, devant ce portrait datant du siècle dernier.
Le visage de la femme la plus âgée était celui de son interlocutrice, et la jeune Karen lui ressemblait traits pour traits.
Elle avait l’impression de se regarder dans un miroir.

Lorsqu’elle releva la tête, elle croisa le regard de la vieille dame qui la regardait fixement, avec une infinie tendresse…

– Fin –

Une Image… Une histoire: Vitrail (3)

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C’est le froid qui la réveilla.
Elle gisait sur le sol, la tête sur le marbre et la première image qu’elle distingua en reprenant connaissance fut son prénom gravé sur cette plaque.
Elle se redressa, et regarda autour d’elle. Elle était seule. Elle avait soudain très froid. Il fallait qu’elle sorte d’ici, le plus vite possible.
Elle se releva, et méprisant le douleur qui lui martelait les tempes, elle se précipita dehors.
La place du village était déserte, heureusement, Karen préférait que personne ne la voit dans cet état. Elle rentra chez elle, et se lava le visage, tâchant de dissimuler la tâche bleutée qui se répandait sur sa pommette gauche.
Elle ne parvenait plus à rassembler ses idées ni à se départir de cette impression négative ressentie dans l’église. Elle décida d’aller demander son aide à la bibliothécaire, qui avait l’air d’en savoir plus long qu’elle ne le disait.

La vieille dame la regarda fixement d’un air atterré, en silence, puis elle de décida à prendre la parole.
« Mon enfant, pour votre sécurité, je vous conseille de rester à l’extérieur de cette église! » dit-elle d’un ton sévère.
Karen n’avait encore rien dit, et se demandait comment son interlocutrice savait où elle s’était blessée.
« Ce n’est rien, répondit-elle, j’ai trébuché. Mais comment savez-vous que je suis tombée dans l’église ?
– Ce lieu est néfaste, et de nombreux accidents s’y sont déjà produit, je ne faisais que le supposer, dit la vieille dame en la regardant par-dessus ses lunettes. Certaines vérités doivent rester cachées, ajouta la bibliothécaire, et les exhumer pourrait être une source de grands bouleversements et de lourds chagrins.
– Je crois qu’une vérité déplaisante est toujours préférable au plus beau mensonge, ne croyez-vous pas ? Répliqua Karen.
– Je crois que vous ne savez pas de quelles forces vous parlez, ma jeune amie, répondit la dame un peu agacée.
Elle se détourna et se rendit dans la pièce voisine, laissant Karen sur sa faim.
Elle s’apprêtait à repartir quand la vieille dame revint, un livret jauni à la main, qu’elle lui tendit en disant:
« Il me semble que ce que vous cherchez pourrait se cacher entre ces pages. Je vous les confie, lisez-les puis rapportez-moi ce carnet et nous en discuterons si vous le souhaitez. »

Karen la remercia, puis rentra chez elle , serrant contre elle ce carnet, qui lui semblait aussi précieux qu’un trésor.
Pourquoi se sentait-elle tellement concernée par cette histoire?
Elle trouverait sans doute les réponses à ses questions entre les pages de ce carnet.
Elle se plongea dans sa lecture, et n’en put sortir avant l’aube.

Le jour se levait faisant scintiller les ailes de la colombe du vitrail.

Karen regardait ces étincelles danser dans la lumière du matin, ne pouvant détacher son regard de l’oiseau, des larmes plein les yeux…

–à suivre—

Une image… Une histoire: Vitrail (2)

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Avant de retourner à la bibliothèque, ce matin là, Karen tenta une nouvelle fois de se rendre à l’église. En entrant dans la nef, elle réprima un frisson. La fraîcheur du lieu contrastait avec la chaleur extérieure, mais autre chose la glaçait plus profondément, une intuition négative qu’elle ne comprenait pas.
Elle décida d’être plus forte que sa peur et s’assit à quelques mètres du vitrail. Pourtant, il régnait ici une atmosphère paisible. Elle était seule, et la lumière qui filtrait des différents vitraux créait un patchwork aux couleurs de l’arc-en-ciel sur le sol irrégulier. C’était très beau, et cela aurait dû être très apaisant.
Mais ce n’était pas le cas pour Karen.

Elle ferma les yeux, tentant de se protéger des sensations pénibles qui l’envahissaient. Sa sensibilité extrême reprenant le dessus, elle imaginait toutes les prières, tous les chagrins, tous les espoirs, que les fidèles avaient partagés en ce lieu, et le poids de toutes ces peines humaines, l’écrasait.
De nouveau la sensation d’étouffer l’accablait.

Mais il y avait encore autre chose, quelque chose de plus lourd.
Plus lourd encore que tout le chagrin déversé ici.
Plus lourd que le poids des prières et des pleurs.

Elle tourna la tête vers le vitrail à la colombe. Une sensation d’étau lui broyait le crâne.
Un rayon de soleil traversa soudain le corps de l’oiseau, illuminant le transept et se posa sur la dalle de marbre qui bordait le pied de l’autel.

L’atmosphère avait changé.
Karen eut l’impression que le temps était suspendu.
La lumière semblait monter de la dalle et éclairer toute la scène.
Comme dans un rêve, elle se leva et s’approcha de l’autel.
Elle se pencha pour déchiffrer l’inscription, elle eut la sensation qu’un piège se refermait sur elle.

Elle sentit ses jambes se dérober et elle n’eut que le temps de lire cette phrase avant que sa tête ne heurte le sol:
« À ma fille bien aimée, que je n’ai pas su protéger.
Que Dieu qui connaît ta souffrance dans cette vie, t’accorde la paix éternelle.
Repose en paix, Karen, mon enfant. »

—A suivre—