Photo du jour : Rideau !

« La vie est terrible mais comment lui en vouloir ? Je lui souris comme la fleur fleurit et comme le nuage passe : pour rien. Pour l’amour du très précieux et très noble rien … »

Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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Arrêt sur l’image

On retient son souffle devant le spectacle offert

Le soir fait silence comme s’il voulait éviter de perturber le peintre

Le décor est en place

Lever de rideau

Tout le monde est prêt

Quelle chance d’avoir pu obtenir un ticket

Les privilégiés sont assis

On ouvre grand les yeux

Attention :

Coucher du soleil !

Une image, une histoire : lumière ! moteur !

« Sans émotions il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l’apathie en mouvement. »

Jung

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Photo Marie-Christine Grimard

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Lumière !

Moteur !

Action !

Tu entres dans le champ

Tous les projecteurs sont braqués sur toi

Il fait froid

Le bruit est assourdissant

Tu as peur

Tu cries

Tu hurles

….

Pourquoi suis arrivé là ?

J’aurais dû rester où j’étais !

Tout était si tranquille.

J’avais tout le temps devant moi.

Toute la douceur du monde à ma disposition.

Tout l’amour du monde pour moi seul.

Comment vais-je survivre ici ?

Ce monde est hostile, je le sens.

Qu’est ce qui va me donner la force de rester ?

Pourquoi ne pas repartir là-bas ?

J’y retourne !

Aille !

Ça fait mal !!

Au secours, aidez-moi !

Je hurles !

Encore plus fort !

Ils finiront bien par me laisser tranquille !

Au secours !

Quelqu’un m’attrape, au secours !

Je me tais

Plus un bruit

Silence

« Madame, tout va bien, c’est un joli petit garçon..

Gardez le contre vous.

Il va se réchauffer.

Regardez il vous reconnaît.

Il va prendre votre sein.. « 

Une image…une histoire : la vie est dans les détails

« Les esprits analytiques ne voient pratiquement que les défauts : plus la lentille est forte, plus imparfait nous apparaît l’objet observé. Le détail est toujours fâcheux. »

Fernando Pessoa

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Photo Marie-Christine grimard

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Parfois certains jours sont sans intérêt.

En avançant le long de la voie ferrée dans la grisaille du petit matin, elle se demande ce qu’elle fait là. Elle sait d’avance que ce ne sera pas le meilleur moment de la journée.

Elle ajuste son écharpe et remonte le col de son manteau, histoire de bloquer ce courant d’air glacé qui s’engouffre le long de son dos.

Un vélo la double dans le brouillard, elle l’entend s’éloigner dans un grincement de chaîne rouillée. Elle préfère encore être à pied, avec ce verglas, c’est un jour à déraper devant le capot d’une voiture.

Il ne manquerait plus que cela.

Enfin, un petit séjour à l’hôpital avec un pied dans le plâtre, lui permettrait de se reposer un peu. Elle hausse les épaules, honteuse d’avoir des idées pareilles. Elle arrive au bout de l’avenue et traverse sans regarder. À cette heure ci, les voitures sont rares.

Une main attrape son manteau par le col et la tire en arrière au moment où passe une voiture électrique qu’elle n’a pas entendu arriver. Elle tombe en arrière, et se retrouve assise au bord du trottoir. La voiture disparaît au carrefour, le chauffeur semble n’avoir rien vu.

Elle se retourne pour remercier celui qui l’a retenue en lui évitant un choc fatal.

Il n’y a personne. La rue est vide et silencieuse.

Elle se retourne, se demandant si elle n’a pas rêvé.

Derrière elle, le soleil se lève, faisant briller la clôture qui longe la gare. Elle s’approche des buissons qui lui cachent la voie ferrée. Les arbustes sont décharnés par l’hiver. Seuls quelques fils d’argent ondulent dans la brise, étincelants à jour frisant dans la lumière pâle du petit matin. On dirait des guirlandes de Noël. En les regardant, elle se retrouve trente ans auparavant, demandant à sa mère pourquoi il y avait des pompons dorés dans les buissons autour de leur maison.

« Ce sont les fées qui tissent des fleurs d’hiver pour remplacer celles que l’été a emporté avec lui. Lui dit sa mère. Ainsi les oiseaux trouvent encore de quoi manger quand il fait froid. Du moins, c’est ce que me racontait ma grand-mère.

En fait, moi je pense que ce sont les cheveux que les anges-gardiens ont perdu en s’envolant le matin après avoir veillé sur nous toute la nuit. Une fois, j’en ai vu un en me réveillant, le jour où la tempête avait fait tomber le grand cèdre à quelques centimètre de la maison. Je m’en souviendrai toute la vie tant il était beau ! »

Elle se souvient du regard émerveillé de sa mère lui racontant cette histoire.

Comment à-t -elle pu oublier ça ?

Elle s’approche de la clôture pour poser la main sur un des fils d’argent. Il tombe en poussière sous la chaleur de ses doigts. Un rire cristallin raisonne au-dessus de sa tête sorti de nulle part. Elle recule, un peu effrayée.

Sur la voie ferrée en contre-bas, arrive le TER de 7h 30. Si elle ne se dépêche pas, elle va rater son train. Elle descend les marches menant aux quais en courant, et monte dans le wagon juste au moment où les portes se ferment.

Il n’aurait plus manqué qu’elle rate son train après avoir failli se faire écraser. Quelle journée !

Au moment où le train démarre, elle lève les yeux vers la rue où elle se trouvait quelques minutes auparavant. Le vent fait onduler les cheveux d’anges du buisson, en douceur, comme si une main les effleurait. Un sentiment d’harmonie et de sérénité l’envahit.

Elle reste pétrifiée. Derrière l’ombre du buisson, le soleil dessine une silhouette lumineuse qui semble agiter le bras en guise d’au-revoir…

Photo du jour : longue marche

« Les arbres sont des aveugles errant dans la lumière, bras lancés au hasard. »

Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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Voyageurs immobiles

Que la lumière sublime

Sur le chemin des cimes

Marchent en escadrille

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Ils avancent en esprit

Suivant les ordres stricts

De leur chef de district

Au devoir accompli

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Une armée de rêveurs

Amoureux des couleurs

Qui rêvent d’un ailleurs

Sans souffrance ni peur

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Une armée pacifique

Glissant sur ses racines

De plaines en collines

En un ballet magique

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Ils ont suivi l’étoile

Jusqu’au bord de la mer

Cortège végétal

Jusqu’au bout de la terre

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J’aime suivre leur danse

Toute en fine élégance

Comme une renaissance

Entre ciel et silence

Photo du jour : traits de lumière

« Il y a une fissure, une fissure dans tout, Comme ça, la lumière peut entrer. »

Anthem – Léonard Cohen

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Photo Marie-Christine Grimard

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Un trait de brume

Deux larmes de pluie

Un trait de lumière

Deux perles de givre

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La vie en noir et blanc

La vie en camaïeu de gris

La vie en hiver gris souris

La vie noircie de fumée

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Aujourd’hui

Sans envie

Demain

Sans entrain

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A quand la fin

De ce temps malsain

A quand la fin

De ces jours sans tain ?

To do list 78 : Recommencement

« Il y a une naissance simultanée de nos yeux et du monde, un sentiment de « première fois » où ce qui regarde et ce qui est regardé se donnent le jour. »

Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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  • Décider que l’année nouvelle sera belle
  • Se dire qu’un premier jour ensoleillé est un présage de lumière assurée
  • Laisser derrière soi les déceptions de l’an fini
  • Se tourner vers l’avenir en souriant pour se donner du courage
  • Garder son cap sans se laisser distraire par les nuages et les menaces
  • Continuer tout droit, les yeux rivés sur la lumière.

2020 année symbolique

Que ce premier jour de 2020 vous soit doux amorçant une année pleine de joies et de paix, mes amis où que vous soyez.

Que chacun ouvre ce matin une page nouvelle et puisse y voir inscrit ce qu’il désirait de plus précieux.

Que le chemin choisi par chacun de vous soit celui qui le mènera à l’essentiel.

Qu’aucun des jours de 2020 ne soit vain pour vous.

Que la joie naisse et demeure dans le cœur de chacun de vous.

Que l’amour éclaire votre regard.

Que la générosité guide vos pas.

Merci pour vos présences qui me sont très précieuses et pour vos partages ici et là, chaque jour de l’année.

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