Un été bleu horizon (17)

« Le moment présent est comme la proue d’un navire qui fonce dans l’océan du temps et transforme le futur incertain en un présent devenant sitôt après un passé immuable. Ce passé contient tout ce que je connais de l’histoire. Tout ce que je sais du temps, c’est que je suis dans le temps. »

Hubert Reeves

Interview Tant de temps , Propos recueillis par Anne-Sophie Novel

Photo Marie-Christine Grimard

.

Dans quelques jours il faudra quitter ce rivage en emportant au fond du cœur un peu de cette lumière.

Alors engrangeons les souvenirs

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Un peu de soleil

De sable

Et d’eau

Et une pincée de sel

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Juste le plaisir des vagues

Pour bercer les rêves

Des terriens

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Et le chant de l’océan

Comme la litanie étincelante

De milliers de diamants dansant

À la crête des vagues

.

À déguster sans modération en cliquant sur ce lien

Publicités

Un été bleu horizon (12)

« Rien n’est moins effrayant que cette douce et perfide invasion de la marée montante. »

Les ailes de courage

George Sand

.

Marée montante

Photo Marie-Christine Grimard

.

Marcher

Respirer

Se laisser caresser par les vagues

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Admirer

La beauté des franges d’écume

Dentelées de lumière

.

.

S’asseoir

Attendre que la marée monte

Sur le banc de sable

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Profiter

De la beauté des vagues

Pour le temps qu’il me reste

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Compter

Les minutes qui s’écouleront

Jusqu’au recouvrement de la dune

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Admirer

Le courage des sternes

Indifférentes au courant qui les cerne

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Se dire

Qu’il y a toujours plus fou que soi

Et reculer jusqu’au banc de sable le plus proche

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Quand on n’a pas d’ailes

Avoir des jambes et s’en servir

À la vitesse d’un cheval au galop !

.

Un été bleu horizon (11)

« Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,

Étendre ses désirs comme un profond feuillage,

Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,

La sève universelle affluer dans ses mains ! »

La vie profonde

Anna de Noailles

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Parfois, l’été se fâche

Et l’océan passe du vert au bleu nuit

Chacun retient son souffle

Un grain s’approche

Il faut rentrer

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Alors, le vent se lève

Ridant la surface de l’eau

Les vagues enflent et claquent sur le sable

Les nuages s’étirent vers la forêt

Les mouettes remontant au vent,

Nous paraissent immobiles.

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Parfois, l’horizon s’habille de noir

Même si la lumière tente

De percer les nuages

Dessinant arc de couleurs

Et cercle d’espoir

Parfois, l’océan s’emporte

Et enlève les marins

.

Photo Marie-Christine Grimard

Hommage aux marins de la SNSM et au pêcheur disparus au large des Sables-d’Olonne durant l’hiver dernier.

La beauté de l’océan et du ciel ne doit pas nous faire oublier que nous ne sommes que des grains de sables sur cette terre.

Souvenons-nous de notre insignifiance par rapport à la force des éléments et respectons cette terre qui nous accueille et nous nourrit.

.

Un été bleu horizon (7)

« Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l’éternel que nous ne savons plus. »

L’homme-joie (2012) de Christian Bobin

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Côte Atlantique :

Terre de roses trémières.

Elles s’y trouvent bien, faut-il croire.

Elles aiment la difficulté.

Il leur faut seulement quelques pincées de terre mêlée de sable, avec suffisamment de lumière, de sel et de vent pour avoir envie de grandir, et suffisamment d’aridité pour être libre et pousser sans concurrence.

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Elles aiment être libres.

Libres de coloniser les bordures des étiers

Libres de s’abriter au cœur des marais

Là où rien d’autre ne pousse

Que les salicornes que le sel ne rebute pas

Là où le soleil est omniprésent

Jouant avec ses reflets sur les œillets salins

Là où les grues sont les seules à pouvoir les admirer, le matin, au lever du soleil, quand elles déploient leurs couleurs irisées sous les ailes du vent.

.

Photo Marie-Christine Grimard

Un été bleu horizon (6)

« Nous sommes humains parce que nous avons accès à ce qui n’existe pas. Cette richesse n’est pas donnée à tous, mais ceux qui cheminent jusqu’à ce continent invisible en effet reviennent chargés de trésors qu’ils font partager à tous les autres. »

Le grand coeur – Jean-Christophe Rufin

Photo. Christine Grimard

.

Temps variable dit la météo.

En quelques heures, deux orages, plusieurs passages de pluie, un grand soleil et une tempête de vent.

Profiter d’une accalmie pour prendre le chemin forestier et se laisser surprendre par les parfums du sous-bois, mélange d’aiguilles de pins et de fougères mouillées.

Goûter au silence, le calme avant la prochaine tempête peut-être.

Avancer vers l’Ouest en suivant la trace du soleil

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Au détour du chemin, être éblouie par les rayons du soleil sautillant à la cime des grands pins.

Admirer leur balancement harmonieux sous le vent du soir.

Se surprendre à les suivre en dansant sur la mousse. Une petite valse ou un tango selon la fantaisie des rafales.

La musique monte, un grondement sourd suivi de roulement de cymbales, quelques notes de xylophone, et un grand souffle de feuilles.

.

Photo Marie-Christine Grimard

.

Soudain le chemin s’élargit comme si la lumière écartait les arbres.

Les grands pins ont laissé la place aux yeuses, petits chênes vendéens résistants aux embruns et se contentant de la terre sableuse des dunes.

Leur chevelure blonde et légère, ondule dans la clarté retrouvée.

Les arbres se font plus rares, quelques arbustes apparaissent. Leur feuillage est serré comme s’ils devaient se protéger de la fureur des éléments.

Un ronronnement d’abord lointain se fait de plus en plus insistant. L’impatience ou peut-être la curiosité me fait accélérer le pas.

Et soudain c’est l’explosion.

Vent et lumière m’offrent un ballet époustouflant.

Regardez, je vous l’offre :

.

Un été bleu horizon (5)

« Les hommes cherchent la lumière dans un jardin fragile ou frissonnent les couleurs. »

Jean Tardieu

.

Recto

Photo m Christine Grimard

.

Recto :

.

Derrière la fenêtre fermée

L’enfant imagine son été

Une agapanthe se balance

Une colombe hésite au loin

Un papillon tente sa chance

Le vent se lève dans le lointain

Photo m Christine Grimard

.

Verso :

.

Au jardin assise, sa mère surveille

Que rien ne trouble son sommeil

Les agapanthes dansent en silence

Sous le vent chaud qui fredonne en cadence

Le papillon plane et la lumière ondoie

Sur la colombe posée sur le toit

Un été bleu horizon (4)

« Un nuage ne sait pas pourquoi il se déplace justement dans telle direction et à telle vitesse, Il ressent une impulsion… C’est la place où il doit aller maintenant. Mais le ciel connaît les raisons et les modèles derrière tous les nuages, et tu les connaîtras aussi, lorsque tu t’élèveras assez haut pour voir au-delà des horizons. »

Le Messie récalcitrant, Illusions,

Richard Bach

Photo Marie-Christine Grimard

.

Être en vacances

Poser mes valises

Déposer le fardeau

Ne rien faire

Mais le faire bien

Rester là en silence

Le nez au vent

Regarder passer les nuages

Décider de la direction

À suivre

Ou à éviter

Attendre à la croisée des chemins

Que le vent me porte

Vers cet ailleurs

Où le sable est plus doux

Faire un pas de côté

Choisir de sortir

Des sentiers battus

En toute liberté

.

Photo Marie-Christine Grimard