Un été en bandoulière (9)

« Quand ils voient un miracle, la plupart ferment les yeux. » Christian Bobin (l’homme-joie)

Photo mcgrimard


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Cette vie est miracle 

Miracle ordinaire de deux cellules qui se rencontrent pour former un ensemble nouveau, contenant tous les possibles, à l’origine de tous les espoirs.

Cette planète est miracle.

Miracle d’une formation hasardeuse à partir de quelques kilos de poussières d’étoile, placée idéalement sur l’orbite de son soleil pour permettre à la vie de trouver sa place dans l’univers.

Ce corps est miracle.

Miracle que d’être vivant, de respirer, de goûter la saveur de vivre, de voir et d’entendre, de rencontrer d’autres regards, de sentir la chaleur du soleil sur sa peau ou la fraîcheur de la pluie sur son visage. 

Ce monde est miracle 

Miracle que la rencontre de la terre et de l’océan, unies sur la grève en un ballet d’écume. Leur danse est si belle que le soleil en est jaloux et qu’il plonge dans les flaques de l’estran pour qu’on ne l’oublie pas sur la photo…

Cette vie est miracle.

Miracle que l’empreinte de ce pied humain si petit à côté du reflet du soleil immense. 

Miracle que de la poussière de cette étoile-mère soit née la vie.

Miracle que dans chaque des cellules vivantes on trouve un monde aussi complexe que l’est l’univers tout entier. 

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Mais que tout ceci ne vous donne pas le vertige…

Un été en bandoulière (8)

« On peut être poète dans tous les domaines :
il suffit que l’on soit aventureux et que l’on aille à la découverte.”
Guillaume Apollinaire
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Photo M.Christine Grimard

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Où se cache la poésie ?

Au cœur des fleurs

Aux confins des nuages

Dans l’éclat de la rosée du matin

Dans la lumière d’un crepuscule d’été

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Où se cache la poésie ?

Dans le miroir de ton regard

Dans le reflet de ton sourire

Dans la cascade des rires d’enfant

Dans les doigts d’un sculpteur de cent ans

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Où se cache la poésie ?

Au bout de ma mémoire

Au bout de mon espoir

Chaque matin et chaque soir

Dans  chaque cellule de notre vie

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Un été en bandoulière (7)

“Le bonheur est une petite chose que l’on grignote, assis par terre, au soleil.”
Jean Giraudoux
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photo M Ch Grimard

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Un, deux, trois, Soleil…

Nous irons au bois

Pour cueillir des fraises

Ou alors des noix…

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Mais il fait trop chaud

Alors restons là

Le nez dans les herbes

Le coeur en émois

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Pour la Sainte Christine

Un bouquet des champs

Juste pour la rime

Un sourire d’enfant

 

Un été en bandoulière (6)

« Un phare ne mesure point l’éloignement. La lumière est présente dans les yeux, tout simplement.

Et toutes les merveilles du continent logent dans l’étoile.  »

Lettre a un otage – Antoine de Saint-Exupéry

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photo m ch grimard

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Vacances

Moment de pause

Moment d’éloignement

Instant de retrouvailles avec soi-même

Temps de séparation avec les autres

Temps de paix

Moment où l’on peut laisser la lumière

Inonder notre regard

Et l’amour

Réchauffer nos coeurs

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Un été en bandoulière (4)

« J’ai rêvé d’un livre qu’on ouvrirait comme on pousse la grille d’un jardin abandonné ».

Christian Bobin

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Photo Mch grimard

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Au jardin, les pages se tournent jour après jour poussées par le vent ou par leur propre volonté.

Aucune intervention humaine n’est nécessaire, les fleurs essaiment seules et changent de place d’une saison à l’autre.

Le promeneur flâne de surprise en surprise.

Les verveines ont traversé le jardin, un érable a jailli au milieu des rosiers, la ciboulette a émigré près du laurier-sauce chassée par le thym qui préfère vivre seul.

Il suffit d’ouvrir la grille pour entendre tout ce petit monde respirer dans le vent du matin.

Chaque fois, une histoire nouvelle nous est contée. M’asseoir en silence pour écouter le souffle de la vie me chanter à l’oreille sa tendre mélodie,  est un de mes plaisirs. Le partager avec vous en est un autre, plus savoureux encore !

Partageons le plaisir  de tourner les pages de ce jardin.

En ce petit matin de juillet, poussons cette grille et imaginons la suite de l’histoire, ensemble…

Un été en bandoulière (3)

« À présent, tout est silence au jardin. Un chat, deux chats s’étirent, bâillent, tâtent le gravier sans confiance : ainsi font-ils après l’orage. Ils vont vers la maison, et la Petite, qui marchait à leur suite, s’arrête ; elle ne s’en sent pas digne. Elle attendra que se lève lentement, sur son visage chauffé, noir d’excitation, cette pâleur, cette aube intérieure qui fête le départ des bas démons. »

Colette

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Photo Mch grimard

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Après l’orage

Le jardin se tait

Sidéré d’éclats de tonnerre

Comme on peut l’être après une colère

Abasourdi par le combat des éclairs et du vent

Il rassemble et recoiffe ses rameaux d’Olivier

Savourant la victoire du silence immobile

Lissant ses pétales de campanules

Il récupère