Phrases 29 : Mots survivants

« Le seul chef-d’oeuvre, c’est vivre. »

Gilbert Cesbron

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Photo M. Christine Grimard

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  • De ta survie tu te persuaderas, à ton destin tu croiras, à ta barrière te cramponneras, à tes racines tu t’accrocheras, contre vents et marées tu résisteras, et quand le printemps  reviendra enfin, il te trouvera plus solide et plus grand qu’à la saison de tous les faciles.
  • Petit brin d’herbe tu plies dans la tempête, tu danses dans le vent, tu courbes l’échine, tu disparais sous le sable, mais il suffit d’un rayon de soleil pour que tu redresses la tête et que la joie de ta survie éclate à la face du monde.
  • Survivrais-je aux tourments répétés, aux déceptions accumulées, aux chagrins inévitables, aux illusions trompées, aux souffrances interminables, aux surprises désagréables, aux regrets éternels, aux espoirs illusoires, si je ne gardais pas au fond du cœur la certitude qu’au bout de tout ce chemin pavé de ronces, je retrouverai ton sourire.

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Michel Tournier : « Vendredi lui avait enseigné la vie sauvage, puis il était parti… »

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“Celui qui lit possède des ailes qui lui permettent de s’enfuir dans des pays merveilleux…
Ne pas lire, c’est ramper sur le sol comme un ver.”
Michel Tournier
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« Ainsi, il avait tout ce qu’il lui fallait sur cette île, de quoi boire et manger, une maison, un lit pour dormir, mais pour sourire, personne, et son visage en était comme glacé.
C’est alors que ses yeux s’abaissèrent vers Tenn.
Robinson rêvait-il ? Le chien était en train de lui sourire  !
D’un seul côté de sa gueule, sa lèvre noire se soulevait et découvrait une double rangée de crocs. En même temps, il inclinait drôlement la tête sur le côté, et ses yeux couleur de noisette se plissaient d’ironie. Robinson saisit à deux mains la grosse tête velue, et ses paupières se mouillèrent d’émotion, cependant qu’un tremblement imperceptible faisait bouger les commissures de ses lèvres.
Tenn faisait toujours la grimace, et Robinson le regardait passionnément pour réapprendre à sourire. »
Robinson où la vie sauvage.
Michel Tournier.
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« Au début tout alla bien. Le petit Oiselin dormait à poings fermés quand les fidèles défilèrent devant la crèche les yeux affûtés par la curiosité. Le bœuf et l’âne -un vrai bœuf, un vrai âne – paraissaient attendris devant le bébé laïque si miraculeusement transformé en Sauveur.
Malheureusement, il commença à s’agiter dès l’Évangile, et les hurlements éclatèrent au moment où le curé montait en chaire. Jamais on n’avait entendu une voix de bébé aussi éclatante. En vain, la fillette qui jouait la Vierge Marie le berça-t-elle contre sa maigre poitrine. Le marmot, rouge de colère, trépignant des bras et des jambes, faisait retentir les voûtes de l’église de ses cris furieux, et le curé ne pouvait placer un mot.
Finalement, il appela l’un des enfants de chœur et lui glissa un ordre à l’oreille. Sans quitter son surplis, le jeune garçon sortit, et on entendit le bruit de ses galoches décroître au-dehors.
Quelques minutes plus tard, la moitié cléricale du village, tout entière réunie dans la nef, eut une vision inouïe qui s’inscrivit  à tout jamais dans la légende dorée du Pays Bigouden. On vit le Père Noël en personne faire irruption dans l’église. Il se dirigea à grand pas vers la crèche. puis il écarta sa grande barbe de coton blanc, il déboutonna sa houppelande rouge et tendit un sein généreux au Petit Jésus soudain apaisé. »
Sept contes – La Mère Noël – Michel Tournier
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« J’ai souvent remarqué que les mensonges des enfants ne sont qu’un effort de simplification
pour mettre à la portée des adultes une situation dont la délicatesse les dépasse. »
Le Roi des Aulnes (1970)
Michel Tournier
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Monsieur Tournier s’est envolé pour d’autres histoires, et son écriture qui reflétait si bien mes émotions d’humain, va me manquer.
C’est l’occasion de relire ses ouvrages qui ont bercé avec bonheur plusieurs générations dont celle de mes enfants.
Il faut que je recherche « Les météores » !

Photo du jour : Vacherin

« Imagination is everything.

It is the preview of life’s coming attractions. »
Albert Einstein

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Photo M. christine Grimard

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Une couche de crème Chantilly

Une couche épaisse de génoise

Une couche de crème à la framboise

Une couche de glace à la vanille

Une couche de Meringue rose

Une couche de sucre pour les filles

Une couche de plaisir pour la pause

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Qui en veut ?

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Photo du jour : Aube d’hiver 

 

photo M.christine Grimard

❄️❄️❄️❄️❄️❄️

Une aube glaciale

Quelques secondes

De lumière pâle

Et mon monde

Se dévoile

❄️❄️❄️

Quel artiste a créé

Une aussi belle toile

Pour nous émerveiller

Nous donner à rêver

Nous pousser à avancer

Nous aider à respirer

Nous apprendre à aimer

Notre poussière d’étoile

❄️❄️❄️❄️❄️❄️

Photo du jour : jour de neige 

« Ce que je préférerais, c’est d’aimer la terre

comme l’aime la lune

et de n’effleurer sa beauté que des yeux. »

Nietzsche

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photo M.Christine Grimard

Elle est arrivée au petit matin.

Elle a laissé des traces au bord des chemins, sur les toits, dans les caniveaux, sur les sentiers abandonnés.

Elle a saupoudré mon chemin d’un nuage de sucre glace, sans bruit, l’air de rien.

Le vent glacial l’a portée à grand renfort de tourbillons mordants, piquants, givrants.

J’ai fait mine de l’ignorer et suis partie travailler comme si rien ne s’était produit. J’ai roulé plus doucement, cependant, histoire de ne pas lui donner de raison de m’envoyer par le fond…

Toute la journée, je n’ai pas eu le temps de regarder par la fenêtre si elle dansait dans les nuages.

Et puis, ce soir, en rentrant chez moi, elle est venue me secouer ses flocons sous le nez, avec un grand sourire glacial, à grands renforts de giboulées, averses à verse, et je n’ai plus pu l’ignorer. Je suis sûre qu’elle va demander de l’aide au vent nocturne pour que demain matin, ma voiture soit transformée en stalagmite glacée…

Première offensive de l’hiver…

Difficile de partir travailler au petit jour, ou plutôt dans l’aube noire et glacée, quand il fait si bon au chaud sous la couette.

Alors, penser au chocolat chaud que l’on prendra au coin du feu en rentrant en fin d’après midi. Après tout, l’hiver aussi a ses petits plaisirs…

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