Joyeux Noël

Photo M. Christine Grimard

 

Que ce jour soit pour vous

Un jour de paix

De douceur

De partage

De joies

D’espoir

De plaisir

De sérénité

De gourmandises

 

Que ce jour soit pour vous

Un doux jour

D’amour

 

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Journal : Jour de mémoire

Jour de confidence, une fois n’est pas coutume, je sors des partages de généralités pour dévoiler le fond de mon abîme.

1o novembre : une date qui a toujours compté dans ma vie depuis mon premier souffle et même quelques mois auparavant.

Ma maman aurait eu 87 ans ce matin, si elle n’avait pas décidé d’arrêter le temps, il y a deux ans déjà.

Quand le corps n’en peut plus, il est plus raisonnable de le quitter.

J’espère que son âme a retrouvé le sourire qu’elle distribuait autour d’elle, camouflant sa vie de souffrance derrière une légèreté  qu’elle puisait dans l’amour donné et reçu.

C’est un jour où les mots sont inutiles, laissant la place aux souvenirs.

*

 

Photo du jour : jour de tri 

Jour de rangements où l’on fait disparaître les ombres et les lumières du passé, par strates successives, en vidant tiroirs et placards.

Jour d’émotions, portées le cœur en bandoulière, devant chaque note griffonnée de l’écriture soignée de ma mère ou des lettres ogivales de mon père.

Faire table rase.

Sourire bêtement devant une petite caisse enregistreuse en métal rouge étiquetée en centimes de francs, puis pleurer devant un album de photos jaunies d’une période oubliée où l’on voit sa mère sourire comme une gamine à la vie qu’elle imagine.

Se sentir aussi fragile qu’une feuille morte dans un souffle de tempête.

Se sentir moins que rien. 

Rentrer épuisée et se coucher un moment pour ne plus sentir ce poids qui écrase le cœur.

Ouvrir les yeux  quand une éclaircie soudaine traverse mes paupières. 

Rester bouche bée devant le magnifique spectacle offert par la lumière du couchant. Se laisser éblouir. Ne plus penser. Se laisser porter par la vie qui va.

Et se réjouir de continuer la route…

Photo M.Christine Grimard

Journal : Des(espoir)

Coup de fil :

  • Bonsoir, madame, ici le médecin de la maison où réside votre père…
  • Bonsoir…
  • Je voulais vous prévenir qu’il ne va pas bien du tout, il est très encombré et on ne peut plus l’alimenter depuis deux jours. On est assez inquiets, je voulais que vous le sachiez. On va le mettre en perfusion pour le réhydrater et sous antibiotiques.
  • Merci de m’avertir. Je vais venir le voir dès que possible. J’aimerais que vous le soulagiez mais sans hospitalisation ni acharnement…
  • Très bien, je le note. Mais son état est très préoccupant. Je voulais que vous le sachiez.
  • Merci beaucoup de m’avoir appelée et pour vos soins…

Raccrocher, et s’accrocher aux souvenirs pour oublier le présent et effacer l’échéance annoncée.

Ne plus penser, ne plus craindre, espérer que la délivrance soit proche, et que ce corps fatigué délivre son âme de son incapacité à vivre. 

Espérer que le désespoir qui emprisonne cette âme, se dissipe au petit matin, qu’elle prenne son envol, enfin.

Demander à celle qui l’a précédé de l’autre côté du miroir, de lui prendre la main pour le rassurer sur le chemin.

Être exaucé à peine le temps d’un souffle plus tard, et le regarder s’envoler vers sa liberté…

Photo M christine Grimard

Journal : Inexorablement …

« In three words I can sum up everything I’ve learned about life: it goes on. » Robert Frost

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***

20 avril 2015 :

***

Un cauchemar.

Une année de violences et d’horreurs.

Quatre mois où chaque jour apporte son fardeau de mauvaises nouvelles !

Jusqu’où la barbarie repoussera-t-elle encore ses limites ?

Ce ne sont que les facettes du même mal. La pyramide tourne, tourne et sur toutes les faces, apparaît la même image.

Cette image est celle d’un monde souillé de sang, celui d’enfants martyrisés, celui d’hommes décapités, celui de femmes utilisées, celui de vieillards massacrés, celui de naufragés entassées, celui de l’ humanité disparue.

Comment pouvoir dormir si ces images défilent sous mes paupières closes ?

Fermer les yeux.

Faire le vide.

Se laisser emporter par le vent.
Suivre la ligne des vagues, oublier … ne plus rien entendre, ne plus rien voir …

***

Le bruit du ressac me berce, et je m’endors. Le vent salé me caresse. J’avance dans les vagues vers le soleil couchant.

Soudain la nuit tombe et un froid glacial me paralyse. De sombres nuages étouffent la lune. Autour de moi, la surface de l’eau devient opaque, lourde. Une odeur de mort me prend à la gorge. La mer charrie des cadavres par milliers. Ils me submergent. Je vais me noyer avec eux. J’étouffe !

Je les repousse, je m’échappe, je sors de l’eau en courant et file vers la dune. Je grimpe jusqu’au sommet, j’irai me cacher dans la pinède, ils ne pourrons pas me suivre. Mais derrière la dune il n’y a plus rien, la pinède a disparu.

Devant moi, il n’y a plus que le désert. Du sable à perte de vue, ridé par le vent, nu, brûlant.

J’avance, le soleil est au zénith. Il n’y a plus de couleur. Tout disparaît derrière un brouillard brûlant. J’entends le vent siffler, à moins que ce soit ce serpent qui ondule sous le sable…

Soudain, un mur de briques colorées se dresse devant moi. Un lion magnifique y est sculpté en relief. Il tourne la tête vers moi, rugit de toute la force de son intemporelle beauté. Puis il se détache de son support et saute sur le sable. Il s’approche nonchalamment, ouvre la gueule et se prépare à m’engloutir. A cet instant, un enfant blond, portant une écharpe blanche d’une longueur démesurée, contourne le mur et se place entre le lion et moi.

Il lève le bras, et dit au lion:

– Inutile de faire le malin. Ton déguisement ne trompe personne. Tout le monde sait que j’avais demandé à l’auteur qu’il me dessine un Mouton. Même si ses dessins sont un peu naïfs, tu n’arriveras pas à te faire passer pour un lion !

Et se tournant vers moi, l’enfant poursuivit :

– Allez, réveille-toi, ce cauchemar a assez duré. Cela t’apprendra à lire les nouvelles avant de te coucher. Tu veux qu’ils te rendent vraiment folle, on dirait ! De toute manière, tu auras ton lot de souffrances quotidiennes au réveil. Regarde vers l’horizon, le vent de sable s’est levé sur la terre. Il suffit d’attendre suffisamment longtemps, pour que le sable recouvre les joies et les tourments. La certitude est que sur cette terre, tout passera …

***

A cet instant précis, cinq heures sonnèrent au clocher de St Jacques, et je me réveillai en sursaut, couverte de sueurs et de ce qui me sembla être une fine poussière de sable …

 ***

 

Journal 1: Peur

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auteur inconnu

le 5 janvier …

Train en panne
Gare déserte
Téléphone bloqué
Et soudain, la peur
De ne plus retrouver
La prunelle de ses yeux
Et dans le brouillard, la terreur
D’avoir perdu son cœur
La chair de sa chair
Le cœur de son cœur.

L’air de la nuit se charge de menaces…

 

Journal : Mode d’emploi

Je ne tiens plus de journal, comme je le faisais à quinze ans … (!).

Cependant, il m’arrive encore de remplir des carnets, parce que j’aime écrire, plus encore que de poser les mots sur un clavier, j’aime les dessiner sur le papier.

Tenir un stylo, laisser courir la plume, regarder  l’encre couler.

Selon l’humeur, changer de couleur.

Attraper les mots qui passent comme on va à la chasse aux papillons, mais sans jamais les épingler, les laisser simplement se poser.

Les photographier pour les garder en mémoire et les relire quand le temps aura coulé sous les ponts de l’oubli.

Les reconnaître alors, leur sourire avec l’indulgence du recul ou de la sagesse.

Manuscrire… (Peu importe si ce mot n’existe pas).

Depuis quelques années, mes carnets ont changé d’aspect. Ils sont colorés et lumineux, enluminés par le talent de Catalina Estrada, habités de sagesse, non pas de la mienne (je n’aurais pas une telle prétention) mais de celle de Paulo Coelho. J’utilise l’agenda qu’il fait paraître chaque année, pour y poser mes mots. Ce ne sont que quelques phrases chaque jour sur les instants de la journée qui m’ont marquée,  quelques émotions dont je veux garder le goût sur mes lèvres, quelques mots qui s’étalent avec effronterie sous ceux de l’auteur. Celui de 2015 a été intitulé « Alchimie », une année magique sans doute qui devrait transformer les jours de plomb en or (bien qu’elle ait débuté dans le sang !).

Une fois l’année refermée, la somme des sentiments entreposés va s’endormir sur l’étagère, à côté de ceux de l’année précédente, jusqu’à ce qu’un jour de nostalgie, il m’arrive d’aller les réveiller.

Un blog n’est-il pas un journal dont on tourne les pages, qui seront aussitôt oubliées dès que chassées par la suivante ?

Il m’est venue l’envie de retranscrire ici quelques unes des pages de ce carnet, par jeu ou par envie de partage. J’ajouterai parfois la phrase qui illustrait la page de l’agenda avant que j’y appose les miennes, et vous verrez que le hasard se livre parfois à des raccourcis troublants…

Coïncidences ?

agenda