Photo du jour : Remuer ciel et terre

« La terre est bleue comme une orange. »

Paul Éluard

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Photo Marie-Christine Grimard

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Pour l’amour de la terre

J’ai imploré le ciel

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Pour l’amour du ciel

J’ai exploré la terre

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Pour l’avenir de l’homme

J’ai espéré la paix

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Pour suivre les nuages

J’ai enjambé le vent

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Pour rejoindre le ciel

J’ai survolé la mer

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Pour soulager la terre

J’ai quitté l’atmosphère

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Pour admirer le monde

Je suis devenue ombre

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Pour atteindre le ciel

J’ai peint de bleu ma vie

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Poussière d’univers

J’ai rejoins mon étoile

Photo du jour : course en ciel

Photo Marie-Christine Grimard

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« On y va, les gars !

On ne reste pas là

Au-dessus de ces fous

Dépêchons

On part vers le sud

Jusqu’à la mer

En un tour de mistral

On y sera

À nous les alizés et les vahinés »

Entend l’enfant à sa fenêtre

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Photo Marie-Christine Grimard

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« Où courez-vous nuages ?

Vers quels cieux plus cléments ?

Ne partez pas au loin

Ne m’abandonnez pas

Sans vous, le ciel est si vide

Sans vous, la terre est si seule

Restez encore un peu avec moi ! »

Crie l’enfant derrière sa fenêtre

Une image…une histoire : la vie est dans les détails

« Les esprits analytiques ne voient pratiquement que les défauts : plus la lentille est forte, plus imparfait nous apparaît l’objet observé. Le détail est toujours fâcheux. »

Fernando Pessoa

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Photo Marie-Christine grimard

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Parfois certains jours sont sans intérêt.

En avançant le long de la voie ferrée dans la grisaille du petit matin, elle se demande ce qu’elle fait là. Elle sait d’avance que ce ne sera pas le meilleur moment de la journée.

Elle ajuste son écharpe et remonte le col de son manteau, histoire de bloquer ce courant d’air glacé qui s’engouffre le long de son dos.

Un vélo la double dans le brouillard, elle l’entend s’éloigner dans un grincement de chaîne rouillée. Elle préfère encore être à pied, avec ce verglas, c’est un jour à déraper devant le capot d’une voiture.

Il ne manquerait plus que cela.

Enfin, un petit séjour à l’hôpital avec un pied dans le plâtre, lui permettrait de se reposer un peu. Elle hausse les épaules, honteuse d’avoir des idées pareilles. Elle arrive au bout de l’avenue et traverse sans regarder. À cette heure ci, les voitures sont rares.

Une main attrape son manteau par le col et la tire en arrière au moment où passe une voiture électrique qu’elle n’a pas entendu arriver. Elle tombe en arrière, et se retrouve assise au bord du trottoir. La voiture disparaît au carrefour, le chauffeur semble n’avoir rien vu.

Elle se retourne pour remercier celui qui l’a retenue en lui évitant un choc fatal.

Il n’y a personne. La rue est vide et silencieuse.

Elle se retourne, se demandant si elle n’a pas rêvé.

Derrière elle, le soleil se lève, faisant briller la clôture qui longe la gare. Elle s’approche des buissons qui lui cachent la voie ferrée. Les arbustes sont décharnés par l’hiver. Seuls quelques fils d’argent ondulent dans la brise, étincelants à jour frisant dans la lumière pâle du petit matin. On dirait des guirlandes de Noël. En les regardant, elle se retrouve trente ans auparavant, demandant à sa mère pourquoi il y avait des pompons dorés dans les buissons autour de leur maison.

« Ce sont les fées qui tissent des fleurs d’hiver pour remplacer celles que l’été a emporté avec lui. Lui dit sa mère. Ainsi les oiseaux trouvent encore de quoi manger quand il fait froid. Du moins, c’est ce que me racontait ma grand-mère.

En fait, moi je pense que ce sont les cheveux que les anges-gardiens ont perdu en s’envolant le matin après avoir veillé sur nous toute la nuit. Une fois, j’en ai vu un en me réveillant, le jour où la tempête avait fait tomber le grand cèdre à quelques centimètre de la maison. Je m’en souviendrai toute la vie tant il était beau ! »

Elle se souvient du regard émerveillé de sa mère lui racontant cette histoire.

Comment à-t -elle pu oublier ça ?

Elle s’approche de la clôture pour poser la main sur un des fils d’argent. Il tombe en poussière sous la chaleur de ses doigts. Un rire cristallin raisonne au-dessus de sa tête sorti de nulle part. Elle recule, un peu effrayée.

Sur la voie ferrée en contre-bas, arrive le TER de 7h 30. Si elle ne se dépêche pas, elle va rater son train. Elle descend les marches menant aux quais en courant, et monte dans le wagon juste au moment où les portes se ferment.

Il n’aurait plus manqué qu’elle rate son train après avoir failli se faire écraser. Quelle journée !

Au moment où le train démarre, elle lève les yeux vers la rue où elle se trouvait quelques minutes auparavant. Le vent fait onduler les cheveux d’anges du buisson, en douceur, comme si une main les effleurait. Un sentiment d’harmonie et de sérénité l’envahit.

Elle reste pétrifiée. Derrière l’ombre du buisson, le soleil dessine une silhouette lumineuse qui semble agiter le bras en guise d’au-revoir…

Photo du jour : Libre escadrille

« Les oiseaux sont-ils libres des chaînes des cieux ?

Personne n’est libre, même les oiseaux sont enchaînés au ciel. »

(paroles de la chanson Ballad In Plain D)

« Are birds free from the chains of the skyway ?

No one is free, even the birds are chained to the sky. »

Bob Dylan

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Photo Marie-Christine Grimard

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Dans le lointain

Une escadrille d’échassiers

Barre l’horizon.

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Ballerines anthracites

Ils balaient les nuages,

Nettoyant le ciel

De leurs ailes,

En suivant le rythme

Des vagues.

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Leurs cris aigus

Résonnent dans le vent

Comme des rires d’enfants

Heureux de retrouver leur liberté

En sortant de l’école.

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Jusqu’où voleront-ils

En suivant les alizés ?

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Feront-ils le tour de la terre

Ou de la mer ?

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Reviendront-ils

Avec dans les yeux

Ce parfum d’un ailleurs

Où vivent les rêveurs ?

Photo du jour : histoire de ciel

« Les yeux appartiennent au ciel, pas à la chair. »

Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard .

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Petit matin

Averse d’hiver

Pluie de glace mêlée

Vent d’est tourbillonnant

A l’abri derrière sa fenêtre

La fillette regarde le ciel mauve

Elle dessine sur la vitre perlée

En soulignant de son index léger

Les branches dénudées du grand frêne

L’oiseau bleu se pose à la cime de l’arbre

Elle l’attendait sans le savoir vraiment

Il est revenu pour son regard bleu

Pour ses yeux de nuages

Pour son visage de rose

Il se souvient d’elle

De leur histoire

D’avant la vie

Cet été là

Ailleurs

Hier

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