Haïku 183 : passagers d’été

Photo m Christine Grimard

.

Luminosité

Perlant du ciel alourdi

D’une fin d’été

Publicités

Un été bleu outre-mer (15)

« Le fée des eaux, gardienne du mirage, tient tous les oiseaux du ciel dans sa main. Une flaque contient un univers. Un instant de rêve contient une âme entière. »

L’eau et les rêves essai sur l’imagination de la matière (1942)

Gaston Bachelard

.

Photo m. Christine Grimard

.

Flaque de ciel

À admirer

Reflets de miel

Nuages à pied

.

Un monde en bleu

Où la lumière

Court en lisière

Devant mes yeux

.

Un autre monde

Où les fées passent

Et font la ronde

Sous la surface

.

Juste un miroir

Que le soleil

Peindra ce soir

D’un beau vermeil

Un été bleu outre-mer (13)

« Depuis quand, par temps clair, n’avons-nous pas contemplé la courbure de l’horizon ? »

Magique étude du bonheur

Vincent Cespedes

.

Photo m. Christine grimard

Quel privilège que de pouvoir regarder l’horizon sur la mer

Ligne impalpable qui avance avec nous

Petit trait lumineux à peine marqué

Ton sur ton

Gris sur gris

Bleu sur bleu

Rester là

Se laisser bercer par le vent

Se baigner dans la lumière

Juste pour le plaisir

D’exister

.

Vidéo m. Christine Grimard

Un été bleu outre-mer (6)

« La mer est aussi variée que la terre. Toutes les mers sont différentes les unes des autres. Aussi différentes que des paysages : il y a la même différence (en terme de décor) entre la mer d’Iroise et le Pacifique qu’entre l’Alsace et l’Afrique du Nord…

Les vagues ne sont pas les mêmes, les dessins de la mer ne sont pas les mêmes, les vents, les ciels étoilés ne sont pas les mêmes sur toutes les mers. Tous les marins le savent. »

Le monde comme il me parle

Olivier de Kersauson

Photo M. Christine Grimard

  • Savourer sa chance d’arpenter l’estran sous un ciel de traîne
  • Se réjouir d’être là une année encore
  • Imaginer un monde dans chaque laisse de mer
  • Entrer dans l’eau et se laisser caresser par les vagues
  • Être émerveillée par le concert du vent et des rouleaux
  • Faire silence

.

Vidéo m Christine Grimard

Un été bleu outre-mer (5)

« Hutte répétait qu’au fond, nous sommes tous des hommes des plages et que le sable – je cite ses propres termes – ne garde que quelques secondes, l’empreinte de nos pas, »

Rue des boutiques obscures

Patrick Modiano

Photo M. Christine Grimard

..

Quelques empreintes effacées par la marée

Quelques pas sur le sable balayé par les vagues

Quelques paroles emportées par le vent

Quelques heures de plaisirs maritimes

Quelques jours de vacances au soleil

Quelques amours aussi vites envolées

Quelques passants désœuvrés et blasés

Quelques oiseaux dérangés par les cris

Et puis au bout de la jetée

Le roulement des galets

La chanson des vagues

Le parfum de l’océan

Le vol des goélands

Et le vent qui passe en emportant le temps

Un été bleu outre-mer (4)

« J’écrivais des silences, des nuits

Je notais l’inexprimable,

Je fixais des vertiges. »

Une saison en enfer

(Éditions alliance typographique, 1873)

Arthur Rimbaud

Vidéo M.Christine Grimard

..

Vertige

D’être tout simplement en vie

Petit point insignifiant sur le globe immense

Poussière d’étoile, fille du vent de l’espace

Minuscule amas de cellules

Vertige

De se mouvoir en liberté

Bien que femme dans un monde d’hommes

De s’accomplir selon ses propres choix

De laisser libre cours à ses désirs

….

Vertiges

De pouvoir admirer le ciel

De suivre des yeux les oiseaux bravant les nuages

De s’émerveiller d’un peu de bleu au milieu des nuées

D’être un atome existant au milieu de tout ça

Un été bleu outre-mer (2)

« J’ai plus de vie passée à regarder la terre, l’eau, les nuages, les murs, les outils, que les visages. Et je les aime. »

– Trois chevaux –

Erri De Luca

Photo M. Christine Grimard

.

J’ai plus de vie passée à observer les visages, à deviner les secrets au fond des regards, à entendre les paroles que l’on tait, à percevoir les battements de cils et de cœurs, qu’à détailler la terre que je foule. Mais je l’aime aussi.

La plupart de mon temps passe sans que je ne le rattrape jamais.

Mais quand la vie se calme, qu’il est bon de s’installer au milieu de nulle part, à mille miles de toute réalité quotidienne, juste à la verticale d’un troupeau de nuages, et de les regarder traverser le ciel.

Pour le plaisir.

Et sourire au temps qui passe juste pour soi.