Un été bleu horizon (16)

« L’amour est une étoffe tissée par la nature et brodée par l’imagination. »

François Marie Arouet, dit Voltaire

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Les champs de tournesol 🌻 m’ont souvent inspiré des petites histoires.

Celui rencontré hier sur les chemins de Vendée mériterait aussi que l’on raconte son histoire.

Photo Marie-Christine Grimard

Il à y quelques années, un de ses cousins au grand cœur m’avait raconté la sienne.

Son nom était Hélios.

Écoutez-la de nouveau en mémoire de lui.

Photo Massimo Daddi

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Au début de l’été, j’ai déployé mes nervures sous un ciel bleu sans nuages. J’ai tout de suite senti que je serai heureux ici. Cette terre était la mienne, balayée d’embruns et de vent salé.

Le champ où j’ai grandi est situé sur une colline aux courbes douces exposée à l’ouest. C’est un lieu caressé par la brume de l’océan au petit matin, où le bruit des vagues berce le temps. Je me demandais ce que j’entendais le premier jour, quel était ce grondement sourd, cette respiration entrecoupée de soupirs, et un de mes frères nous a expliqué qu’il s’agissait de la chanson du sable glissant sous les rouleaux de l’océan. Chaque jour, je l’écoute pour m’endormir, et chaque jour il me réveille à l’aube.

Notre champ domine la campagne alentour. Il est bordé par un sentier de terre battue, où passent les touristes en vélo durant l’été. Ils arrivent, essoufflés d’avoir monté la côte contre le vent, et s’arrêtent près de nous, immanquablement. Il faut dire que nous sommes beaux, spectaculaires même ! Notre couronne couleur soleil contraste avec notre cœur sombre, tel un œil noir brillant sous les rayons du soleil. Lui, notre père nourricier, nous le suivons des yeux du matin au soir quitte à nous en tordre le cou. Certains de ces humains munis d’appareil photo, nous vouent un grand intérêt et nous immortalisent sur toutes les coutures. Je me demande bien ce qu’ils font de notre image une fois rentrés chez eux.

Autour de moi, d’autres graines ont germé, poussant à la verticale plus vite que moi. J’ai toujours été un rêveur, et j’oubliais de puiser mon énergie préférant admirer la course des nuages et le vol des oiseaux des marais. Bientôt, mes voisins ont fini par me cacher le soleil, ce qui était un comble pour un tournesol, alors j’ai compris que je devais arrêter de me prélasser, sous peine de ne plus voir le ciel, rapidement. Alors, j’ai fait un effort. J’ai puisé mes forces dans ce sol rocailleux au goût de goémon et de noisette. La pluie des nuits m’a fortifié, le soleil des jours m’a forgé un caractère de feu. Je suis devenu grand, fort et beau. Beau comme un soleil !

J’ai tellement grandi qu’un jour, j’ai pu apercevoir la mer, là-bas vers l’horizon, et je suis resté émerveillé devant cette dentelle étincelante qui ondulait sous la lumière. Je n’oublierai jamais ce moment de pure magie. Je suis sûr que de mémoire de tournesol, personne n’avait jamais vécu un moment pareil avant moi.

C’est à ce moment-là qu’elle m’a remarqué. Pourtant, nous étions côte à côte depuis le premier jour, mais elle ne regardait que le soleil et elle ne m’avait jamais vu. C’est incroyable ce que les filles peuvent être distraites parfois !

J’ai bien vu qu’elle tentait de se tourner vers moi, je suivais son regard et elle suivait mon regard. Mais il est difficile de lutter contre sa nature. Un tournesol se tourne vers le Soleil, comme son nom l’indique. Inutile d’essayer de le nier. Ce fut difficile, mais rien n’est impossible quand on le désire vraiment, et à force de résister, nous avons réussi à nous rapprocher l’un de l’autre, imperceptiblement. Semaines après semaines, tandis que les autres laissaient tourner d’est en ouest leurs minutes solaires, nous luttions pour rester plein sud. Peu à peu, notre obstination a payé, et j’ai pu me tourner vers l’est, tandis qu’elle se tournait vers l’ouest, et nous sommes restés là, à nous contempler !

Ainsi, depuis une semaine, le temps s’est arrêté. Elle a de si beaux yeux noirs et brillants, et ses pétales sont les plus lumineux du champ tout entier. Je suis subjugué et je remercie le ciel de nous avoir plantés l’un contre l’autre. Ma vie aussi courte soit-elle aura été magnifique près d’elle. Je veux profiter de chaque instant qui nous reste. Je sais que nos jours sont comptés. Hier des hommes sont venus pour nous examiner, et ils ont décidé que la grande faucheuse passerait dans la semaine pour récolter nos graines. Il paraît que le miel qui coulera de nos têtes, sera aussi précieux que l’or. Cela ne m’étonne pas puisque nous nous sommes nourris de l’or du soleil. Qu’y-a-t-il de plus précieux que cette lumière-là !

Ce matin, j’ai entendu la faucheuse monter le sentier, elle semble poussive mais ses crocs sont acérés et si aiguisés qu’elle ne fera qu’une bouchée de nos têtes. Telle qu’elle est placée désormais, ma douce ne peut pas la voir. Je ne lui dirai rien, et me contenterai de la couver de mon tendre regard. Elle sera si heureuse qu’elle n’entendra rien venir, et quand les mâchoires de la moissonneuse se refermeront sur nous, nous nous envolerons ensemble vers le soleil.

Elle se réveille…

« Mon amour, regarde-moi. Ce jour sera le plus beau, il est inondé de soleil. Approche-toi encore plus près et regarde-moi au fond des yeux… »

 

Texte : Marie-Christine Grimard

Photo : Massimo Daddi

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Variations et vibrations : lumière !

« Puisque j’ai rejeté l’épée, il n’est plus rien d’autre que la coupe de l’amour que je puisse offrir à ceux qui se dressent contre moi. »

Gandhi

Photo m Christine Grimard

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Pas à pas, marcher vers la lumière

Cligner légèrement des yeux

Pour voir danser sous ses paupières

Le sourire des gens heureux

Ivres du vent et de la mer

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Choisir de garder le meilleur

Des souvenirs et des amours

Vaincre le fiel et la douleur

Rire des tours et des toujours

Rien ne valant la joie d’aimer

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Ne pas attendre de retour

De ceux qui ne savent donner

Laisser partir les faux amours

Dans le vent sans se retourner

Le temps de vivre était si court

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Choisir de suivre la lumière

Croire aux miracles et au destin

Suivre le cours de la rivière

Sourire à l’inconnu qui vient

Aller là où le ciel est clair

Photo du jour : Échange de regards

« Être vivant, c’est être vu, entrer dans la lumière d’un regard aimant.

– L’Inespérée –

Christian Bobin

photo M. Christine Grimard

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Tu me regardes et je te vois.

Qu’y a-t-il au fond de tes yeux ?

La joie d’être là auprès de moi.

Le bonheur simple d’exister.

La tranquillité d’une vie douce.

La certitude d’être nourri et d’être aimé.

Tant d’autres choses qui m’échappent.

Tes oreilles se dressent lorsqu’un oiseau chante.

Un parfum de jasmin et d’herbes sèches passe avec le vent et ta truffe frémit.

Mais c’est moi que tu surveilles, si je me lève, tu me suivras.

Peu importe où j’irai, tu seras sur mes pas.

Être le centre du monde pour quelqu’un, c’est une chance incroyable et tant de responsabilités aussi…

Mais là je ne vois que cet amour qui emplit ton regard et ce sourire que tu me donneras si je prononce ton nom.

Vent de printemps (4) : apparition

« Cet amour tout entier

Si vivant encore

Et tout ensoleillé

C’est le tien

C’est le mien

Celui qui a été

Cette chose toujours nouvelle

Et qui n’a pas changé

Aussi vraie qu’une plante

Aussi tremblante qu’un oiseau

Aussi chaude aussi vivante que l’été ….. »

Jacques Prévert

Cet Amour

Photo m Christine Grimard

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Quelle force jaillie de nulle part, fait naître la vie là où quelques jours auparavant, il n’y avait qu’une écorce vermoule ?

Quel mystère a réuni toutes les conditions nécessaires à l’éclosion de la vie, là où quelques milliers d’années auparavant, il n’y avait que le vide sidéral et glacial ?

Quel amour infini a fourni l’énergie nécessaire à faire surgir le tout en partant du néant ?

Poème: Jeu d’ombre et de lumière

« L’amour est cette ombre parfumée qui ne vous quitte jamais.

Vivre ce lien comme si l’autre était l’ombre vivante de soi et soi l’ombre vivante de l’autre. »

Hafid Aggoune

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Photo M Christine Grimard

 

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Jeu d’ombre ou de lumière

La vie vient

La vie va

Jeu de larmes ou de rires

La vie erre

La vie part

Jeu de peine ou de joies

La vie rit

La vie pleure

Jeu d’amour ou de haine

La vie naît

La vie meurt

Jeu de vie ou de mort

L’amour joue

L’amour perd

Jeu de dés

Coup du destin

La vie erre et se perd

Fille du hasard

Sœur du chagrin

La vie parfois se désespère

Mais malgré les ennuis

Rien ne vaut cette vie

Aie confiance au destin

L’amour gagne à la fin

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