To do list 60 : jour de bilan

Photo M. Christine Grimard

  • S’asseoir, prendre une plume et se dire que c’est un bon jour pour dresser un bilan .
  • Établir la liste de ce qu’il reste à accomplir dans les prochaines quarante années.
  • Se souvenir des années passées pour n’en garder que le meilleur .
  • Décider de poursuivre le chemin en suivant les traces de lumière .
  • Continuer de donner l’énergie qui me reste à tous ceux qui en ont besoin.
  • Remercier ceux qui m’aiment et me le disent avec autant de sincérité que de douceur.
  • Aimer cette vie même courte et imparfaite.
Publicités

Journal : Jour de mémoire

Jour de confidence, une fois n’est pas coutume, je sors des partages de généralités pour dévoiler le fond de mon abîme.

1o novembre : une date qui a toujours compté dans ma vie depuis mon premier souffle et même quelques mois auparavant.

Ma maman aurait eu 87 ans ce matin, si elle n’avait pas décidé d’arrêter le temps, il y a deux ans déjà.

Quand le corps n’en peut plus, il est plus raisonnable de le quitter.

J’espère que son âme a retrouvé le sourire qu’elle distribuait autour d’elle, camouflant sa vie de souffrance derrière une légèreté  qu’elle puisait dans l’amour donné et reçu.

C’est un jour où les mots sont inutiles, laissant la place aux souvenirs.

*

 

Journal : Bout de l’an 

 

photo M.Christine Grimard

Un an est passé, si court et si long à la fois. Chaque jour, l’absence se fait plus lourde alors qu’elle devrait se faire plus légère.

Pourtant chaque anniversaire, chaque fête écoulée, aide à s’installer dans de nouvelles habitudes en acceptant l’absence. Toutes ces premières fois sans toi, seront paraît-il plus faciles à vivre quand elles seront secondes ou n-ièmes sur la liste. La force de l’habitude…

Pour le moment, je n’ai pas encore réussi à m’installer dans cette habitude.

Je n’ai pas réussi à oublier les derniers instants, à occulter les regrets de mots ou de gestes qui ont pu te manquer.

Je n’ai pas encore réussi à faire disparaître les objets des derniers jours, ni à vider ta dernière valise. En fait, lorsque j’ai tenté de l’ouvrir, ton parfum m’a sauté à la gorge, et je l’ai refermée…

Je n’ai pas encore réussi à écouter ce message que tu avais déposé sur mon téléphone portable un jour où j’étais indisponible. Je ne sais pas quand j’aurais la force d’entendre de nouveau ta voix…

Pourtant j’ai rangé les photos, parce qu’elles me ramenaient à l’âge heureux. J’ai réussi à relire ton écriture, à ouvrir ton livre de recettes et à sourire de nouveau devant toutes tes annotations. Ton écriture si bien formée, je l’ai admirée encore une fois, sans craindre mon émotion.

J’ai fait beaucoup de progrès en un an, beaucoup !

Tu serais fière de moi.

J’ai réussi à aider ceux qui avaient perdu un proche à exprimer leur chagrin sans que le mien n’éclate.  J’ai même réussi à leur offrir mon sourire.

J’ai réussi à faire avec, ou plutôt sans…  Sans le montrer, sans le crier, sans le pleurer. La plupart du temps.

Un an c’est si court et pourtant si long. Le premier est le plus dur, paraît-il.  Il vient de s’achever.

Le second commence. Et dehors, dans ce rayon de soleil, il me reste ma vie…

Poème: les mots qui comptent 

  
Photo d’un auteur inconnu et de gâteaux aussi beaux que bons (probablement )

–//–

Savoir dire

Les mots qui comptent 

Ceux que l’on dit avec les yeux

Ceux que l’on écrit avec le cœur 

Ceux que l’on entend encore 

Quand le silence descend sur la vie

Et que la nuit nous enveloppe 

Ceux qui brilleront longtemps 

Comme autant de petits cailloux 

Sur le chemin de nos souvenirs 

Dire les mots qui font plaisir 

Simplement pour les offrir 

Les envelopper de douceur 

Pour qu’au matin du dernier jour

Ils réchauffent notre cœur 

Et que le voyage soit plus court.

– -//–

Parmi ces mots simples, il y a « merci « .

Un grand merci à tous ceux qui prennent la peine de suivre ce blog et qui m’ont fait le grand plaisir de me souhaiter un bon anniversaire.

Grand merci pour votre présence et votre attention, qui me sont très précieuses.

Une image…une histoire: Matin de givre (1/2)

 

gel

Photo M. Christine Grimard

 

Le gel avait sorti ses griffes pour la première fois depuis le début de l’hiver. Par chance, la neige était restée dans les limbes, mais les arbres semblaient attendre qu’elle se décide à les recouvrir de silence. On sentait une menace flotter dans la fraîcheur de l’aube.

Sophie se leva ce matin-là avec une douleur sourde qui lui barrait le front. Il ne fallait pas que cette migraine se réveille, pas aujourd’hui !

Elle referma les yeux, et se concentra pour que la gêne disparaisse. Elle avait tant de choses à faire ce matin, sans compter la soirée qu’elle avait prévue depuis des lustres. Ce n’était pas si fréquent que ses amis lui rendent visite. Elle ne les avait pas vus depuis la fin de l’université. Ils étaient tous dispersés, leurs nominations respectives les ayant disséminés dans la France entière. Elle avait surtout envie de revoir Céline, son amie d’enfance, dont elle n’avait plus aucune nouvelle depuis deux ans déjà. Mais ce soir, c’était son anniversaire, ses trente ans, et ils allaient tous se retrouver. Ils avaient prévu ça depuis le jour de leur diplôme, ils feraient la fête ensemble, pour l’anniversaire de leurs trente ans, chacun invitant tous les autres. Elle avait envoyé une invitation, il y a quelques semaines pour leur rappeler la date et leur donner sa nouvelle adresse, mais elle n’avait eu que trois réponses. Elle avait quand même prévu de quoi les nourrir tous, se souvenant des goûts de chacun, et ça allait être grandiose !

Elle craignait un peu les mauvaises surprises, cependant, sans oser se l’avouer. Ils étaient si proches en ce temps-là. Les choses avaient sûrement changé. Elle avait eu quelques nouvelles des uns et des autres, de loin en loin. Certains s’étaient mariés, avaient fondé une famille, d’autres avaient voyagé, d’autres avaient une belle situation maintenant. Elle se demandait, si le fait de se réunir de nouveau, n’allait pas casser les beaux souvenirs. Se confronter à la réalité tue souvent les rêves. Elle balaya ses craintes d’un revers de main, et se dépêcha de remettre en ordre son salon avant de sortir pour se rendre à son travail. Elle n’aurait pas trop de toutes les minutes de cette journée pour que tout soit prêt ce soir.

Elle déroulait mentalement la liste des tâches de la journée, en se rendant à sa place de Parking, sans voir que le givre avait habillé de dentelles, les contours des arbres. Elle faillit glisser en entrant dans sa voiture, et réalisa que la chaussée devait être glissante. Elle démarra prudemment, l’obscurité ne s’était pas encore totalement dissipée et son pare-brise était couvert de bandes de givre,  devenant guirlandes scintillantes chaque fois qu’elle croisait une autre voiture. C’était très joli, mais très imprudent, et elle finit par s’arrêter sur le bas-coté de la route en attendant que la ventilation aie fini de faire fondre ces éphémères stalactites. Au moment où elle redémarrait, en regardant dans son rétro-viseur, une femme surgit de nulle part et traversa en courant, juste devant son capot. Elle pila, sans l’atteindre, mais la voiture qui arrivait en face, eut moins de chance, dérapa et glissa vers le fossé en passant à quelques centimètres de l’aile arrière de la voiture de Sophie. Celle-ci sortit précipitamment de sa voiture pour aller porter secours au conducteur, mais celui-ci n’étant pas blessé, avait déjà fait le tour de sa voiture, et constatant l’absence de dégâts, se retourna vers la jeune femme qui avait traversé pour l’invectiver.

La jeune femme s’était arrêtée sur l’accotement, regarda Sophie en souriant, lui envoyant un baiser virtuel d’un geste de la main et se retourna tranquillement et repartit d’un pas léger vers un petit chemin de traverse. L’homme, furibond ne l’entendit pas de cette oreille, et partit en courant pour la rattraper.
Sophie attendit quelques minutes, s’interrogeant sur la signification de ce simulacre de baiser. Elle avait l’impression bizarre d’avoir déjà vue cette jeune femme sans pouvoir lui donner un nom. Elle décida de suivre l’homme pour en avoir le cœur net.

A suivre…