Journal : l’important c’est aimer

« Je ne dirai pas les raisons que tu as de m’aimer. Car tu n’en as point. La raison d’aimer, c’est l’amour. »

[ Citadelle (1948) ]

Antoine de Saint-Exupéry

Tableau de Chagall

Amoureux ou non

Fête de l’amour ou de tous les autres jours

L’important c’est aimer et savoir le dire

Avant que le temps nous emporte

Avant le vent nous disperse

Hier, aujourd’hui et demain, c’est le jour où partager son envie d’aimer !

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Photo du jour : goutte

« Derrière la fenêtre, les yeux de la pervenche le suivaient, et les gouttes glissantes le long de la vitre semblaient ruisseler de ces yeux anxieux, d’un bleu qui ne dépendait ni de l’étain jaspé du ciel ni du plomb verdi de la mer. »

Le ble en herbe – Colette

Photo M. Christine Grimard

.

Un des plaisirs de l’été, est là pluie chaude qui ruisselle en cataracte lorsque l’orage éclate à la fin des jours caniculaires.

On retient son souffle en pensant « pourvu qu’il pleuve » que l’orage ne passe pas son chemin en nous ignorant…

Enfin les premières gouttes s’écrasent sur les carreaux. On hésite à sortir sous les éclairs, mais on envie secrètement les dahlias qui semblent se redresser sous l’averse.

Puis lorsque le déluge se calme un peu, on sort, le visage tourné vers le ciel, pour recevoir la douche salutaire, douce et chaude de la touffeur de la veille. Les yeux clos on se laisse caresser le visage par les gouttes soyeuses. La bouche ouverte vers le ciel on retrouve le sourire de l’enfant qui découvrait le monde. Derrière le goût d’ozone de la pluie d’orage, on distingue le parfum de l’herbe mouillée mêlé à celui de la lavande du jardin, sublimé par le fracas des gouttelettes tombées en rang serré.

On prête l’oreille, c’est tout un orchestre de percussions qui entame le second mouvement du concerto, et l’on se laisse emporter dans la danse.

Mais la pluie cesse, aussi promptement qu’elle est venue. Les oiseaux retrouvent leur branche, et leur chant. L’orage s’éloigne.

Un dahlia s’ébroue, secouant ses pétales dans un filet de vent. Le jardin retrouve ses couleurs vives. L’entracte est terminé. Le soleil s’installe au centre de la scène.

L’été sera chaud…

Photo du jour : attraper la lumière

Attraper la lumière

En visant bien,

Fermer un œil et ouvrir l’autre

Tout grand,

Se laisser éblouir

Par la beauté de l’univers ,

Se laisser fasciner

Par le spectacle,

Les amas d’étoiles scintillantes,

Les volutes de galaxies éblouissantes,

Les tourbillons de nuages stellaires,

Les ombres oppressantes des trous noirs.

Rêver aux confins de l’univers,

Tenter d’Imaginer ce qui brille derrière,

Se laisser dépasser par la dimension sans fin du temps déformé par la distance,

Ne plus pouvoir intégrer l’immensité,

Et renoncer à comprendre.

Arrêter de s’interroger

Et rester simplement là, sans bouger,

Pour admirer …

Et remercier d’être là ,

Microbe parmi les étoiles,

Poussière parmi les lumières,

Insignifiante fourmi,

Sous les étoiles .

Oui, mais fourmi ravie

qu’on lui ait donné

le droit de penser

Et d’aimer sa vie !

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Photo du jour : nudité.

« Le nu bleu » de Picasso

Nudité sublimée
Ombres bleutées
Douceur chamarrée
Rondeurs veloutées
Lumières tamisées
Pudeur préservée.

Femme inspiratrice
Grain de peau lisse
Beauté sans artifice
Sans peur et sans malice
Soit la belle Instigatrice
Des plaisirs et des délices.

Dans le silence hostile
Tu semble si docile.
Ton corps Immobile,
Élégant et nubile,
Tes épaules graciles
Tu semble si fragile,
Les mots sont Inutiles.

Femme si douce si belle
Femme si forte si rebelle
Ombres et lumières t’habillent
De velours et de dentelles
Et jamais tu ne vacilles
Lorsque la vie t’appelle.

De toutes les femmes
Tu es la sœur
De tout ton être, le charme
Réchauffe les cœurs.

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Photo du jour : Quasimodo

Au sommet de la falaise,
Quasimodo grimpe en peinant,
Il gémit, se courbe et s’accroche
Aux herbes folles poussant
Entre sables et roches.

Les vents d’hiver l’ont battu
Les tempêtes l’ont fait trembler.
Mais le printemps revenu,
Il tente de remonter,
Au sommet de la falaise,
Pour apercevoir au loin,
Ce navire aux couleurs françaises,
Qui l’emportera très loin.

Sa compagne aux cheveux d’anges
Au pied léger, à l’écorce blonde,
Est partie pour courir le monde,
A bord d’une caravelle étrange.

Les bûcherons sont venus la chercher.
Un matin à l’heure de la rosée.
En quelques cognées
Ils l’ont transformée
En mat de misaine,
Et depuis ce matin blême
Quasimodo cache sa peine.

Il aurait donné sa vie
pour qu’ils l’emportent aussi,
Tordu et torturé
Il aurait pu le déguiser,
En fabuleux animal debout,
Pour la figure de proue.

Il aurait fendu les flots amers
Dans des gerbes d’étincelles
Sans crainte et sans dommage
Aux côtés de sa belle
Jusqu’à la fin des âges,
Jusqu’à la fin des mers .

Mais chaque soir,
Quand la nuit tombe
Il perd ce qui lui reste d’espoir
En glissant inexorablement
Imperceptiblement
vers ce qui sera sa tombe.

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