Photo du jour : Échange de regards

« Être vivant, c’est être vu, entrer dans la lumière d’un regard aimant.

– L’Inespérée –

Christian Bobin

photo M. Christine Grimard

.

Tu me regardes et je te vois.

Qu’y a-t-il au fond de tes yeux ?

La joie d’être là auprès de moi.

Le bonheur simple d’exister.

La tranquillité d’une vie douce.

La certitude d’être nourri et d’être aimé.

Tant d’autres choses qui m’échappent.

Tes oreilles se dressent lorsqu’un oiseau chante.

Un parfum de jasmin et d’herbes sèches passe avec le vent et ta truffe frémit.

Mais c’est moi que tu surveilles, si je me lève, tu me suivras.

Peu importe où j’irai, tu seras sur mes pas.

Être le centre du monde pour quelqu’un, c’est une chance incroyable et tant de responsabilités aussi…

Mais là je ne vois que cet amour qui emplit ton regard et ce sourire que tu me donneras si je prononce ton nom.

Confessions intimes 20 : Max

DSC_0309_3

Photo M. Christine Grimard

Le jour se termine.

Encore un jour à attendre au bord de cette plage, encore un jour sans lui.

Pourtant, il avait dit : « Tu m’attends ici, Max, je reviens tout de suite. »

Je savais bien que tout de suite pour un humain, ne signifie pas grand-chose. Moi, quand je pense tout de suite, cela veut dire l’instant d’après, juste le temps d’aller faire un tour au fond du jardin de débusquer les trois tourterelles qui nichent dans le hêtre pourpre pour le plaisir de les voir s’envoler offusquées, juste le temps de suivre la trace d’un lapin de garenne jusqu’à l’entrée de son terrier, et de revenir.

L’instant d’après, cela signifie, juste le temps de reprendre son souffle. Juste le temps de s’apercevoir que son odeur me manque…

Tout de suite, pour lui, cela signifie : quand j’aurais fini de courir le monde !

Je suis un peu énervé ce soir. Cela fait si longtemps qu’il est parti : des jours et des jours, des jours et des nuits.

Les jours encore, j’arrive à m’occuper sans trop penser à lui. Il y a tant à faire.

Vous ne me croyez pas ? Alors je vais vous expliquer ce qu’est une vie de chien de garde comme moi. Une vie de forçat, ni plus ni moins ! Le matin je l’accompagne pour aller nourrir les chevaux, il faut que je fasse bien le tour des clôtures, on ne sait jamais, si un renard était passé par là durant la nuit. Les poulains pourraient être effrayés et se blesser.

Elle a tant de travail surtout depuis qu’il a pris cette barque. Elle est seule pour tout faire jusqu’à ce qu’il se décide à revenir. Elle est partout, tout le temps, mais ce sont les chevaux dont elle s’occupe le plus. Je crois que cela l’empêche de penser à lui quand elle est avec eux. Ils le lui rendent bien cet amour, surtout les poulains. Elle aime ses chevaux, elle aime ce pays de vent, mais je crois que c’est moi qu’elle préfère.

Les jours, je m’occupe d’elle. Je garde tout ce petit monde des renards et des importuns. Je suis effrayant vous savez, quand je veux. Vous n’avez jamais vu mes crocs ? Quand je retrousse mes babines, les faisant briller dans le soleil, tout le monde recule d’un pas. Cela me fait bien rire. Et si j’ajoute un grognement, celui que mon père m’a appris, celui qui remonte du fond de mes entrailles, celui-là même que mon père tenait de son cousin croisé de loup. Écoutez un peu ça !

Grrrrrrrrr….

Vous voyez ! vous avez reculé, personne ne me résiste !

Les jours, je m’occupe mais les nuits…

C’est si long la nuit quand on ne dort pas. Quand on pense à l’odeur de ses mains quand il caressait mon museau, à l’odeur de ses cheveux quand il les secouait dans le vent. Il était mon maître, il était mon Dieu, il était mon ami…

Quand ce « Tout de suite » finira-t-il ?

Je l’entends qui arrive derrière moi, je reconnaitrais son pas léger sur le sable entre mille. Elle est venue me chercher comme chaque soir. J’ai dû oublier l’heure.

Ah oui, les oies passent devant le soleil. Il va bientôt faire nuit. La marée remonte.

Il est temps d’aller coucher les poulains. Elle me regarde de ses yeux de soie, je lui lèche la main et cette lueur si triste s’estompe un instant.

Un instant !

Et lui là-bas, s’il le voyait ce regard, il reviendrait c’est sûr !

Elle s’éloigne vers la dune. Il faut que je la suive. La nuit va bientôt tomber.

Je jette un dernier regard vers l’horizon où rien ne bouge comme chaque soir.

Rien ne bouge …

Rien…

Mais si ! quelque chose a bougé, là-bas sur l’horizon !

Une voile bleue, une voile blanche. Comme les siennes. Je m’approche des vagues bien qu’un coup de vent me repousse. Le vent du large apporte des odeurs de varech, de mousse, de goélands. Je n’aime pas l’odeur des goélands, elle est très proche de celle des poissons avariés. Beurk.

Mais derrière l’odeur du varech, il y a une odeur de musc, une odeur de peau, une odeur de cheveux, une odeur de tabac… Mais oui, cette odeur, je la reconnaitrais entre mille !

J’aboie, j’aboie, je ne m’arrête plus. Je hurle, je crie, je tempête, je frétille. Je cours le long de l’estran. Elle s’arrête au pied de la dune et se retourne :

« Max, arrête ton cinéma, tu as assez joué pour aujourd’hui ! »

« Joué ! Woua Woua Woua. Joué ! mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Je ne joue pas ! Va-t-elle comprendre enfin ? »

Je ne bouge plus. Je tiens ma piste, je tremble juste un peu. Je la regarde puis me retourne vers la voile qui grossit à l’horizon et je m’entends gémir. Je ne fais pas exprès, je ne peux plus m’empêcher de gémir. Et je tremble, de plus en plus fort. SI les renards me voyaient, ils n’auraient plus jamais peur de moi. Il faut que j’arrête de trembler, mais je ne peux pas !

Elle revient vers moi, elle pose sa main sur mon museau et regarde la voile au loin. Elle m’appelle doucement. Sa voix tremble, si faible que le vent l’emporte :

« Max, Max, qu’as-tu vu ? Max, dis-moi ! »

J’aboie, je danse devant elle, je saute autour d’elle. Alors elle me croit. Elle pleure. Elle s’agenouille devant moi et entoure mes épaules de ses bras. Elle a compris. Elle crie avec moi, elle se relève et fait des grands gestes vers l’horizon avec les bras.

Peu à peu la voile se rapproche. Elle ne dit plus rien, elle attend avec moi. Je m’assois près d’elle et fais comme si je n’avais pas vu ses deux grosses larmes tombées sur mon front. Ma queue n’arrête pas de battre le sable, malgré moi, mais je ne tremble plus. Il n’y a plus à avoir peur, puisqu’il revient.

Finalement « Tout de suite » ça n’était pas si long…

Tout de suite pour les humains, ça doit être le temps nécessaire pour aller faire un tour au fond du monde, de débusquer quelques tourterelles, de faire un petit tour d’océan. Les humains ne savent pas que la vie est courte, ils pensent toujours qu’ils ont le temps de perdre leur temps. Il faudra que je lui explique que le temps de l’amour, ça ne se dépense pas sans compter. Il faudra que je lui explique que le temps de l’attente, pour un chien, c’est aussi grand que l’océan. Il faudra que je lui dise que toute la vie d’un chien, ça n’est pas plus long qu’une caresse…

Texte et photo M. Christine Grimard

Photo du jour : Observation

monde surprenant

auteur inconnu

 

Que ce monde est surprenant !

Que ce monde est beau !

Que ce monde est violent !

Que ce monde est plein de surprises !

Que ce monde est plein de haines !

Que ce monde est doux !

Que ce monde est fou !

Que ce monde respire la paix !

Que ce monde attise la guerre !

Que ce monde est coloré !

Que ce monde est noir !

Que ce monde est révolté !

Que ce monde est survolté !

Que ce monde est étonnant !

Que ce monde est révoltant !

Finalement, je vais rester de ce côté, en silence, en paix.

J’attendrai pour sortir que ce monde recouvre sa raison, et qu’il se souvienne du goût de l’Amour.

Une Image…une histoire: Amours clandestines

1422415_614671515254743_922126421_n

Pyrus était un beau chien, vigoureux, un géant au caractère enjoué, et toujours de bonne humeur.

La première fois qu’ils l’avaient vu, il était encore dans la fourrure de sa mère. Il tétait avec application, aspirant goulument, avec des petits soupirs de contentement entre chaque gorgée. Ils connaissaient sa mère depuis longtemps. C’était la chienne de leur voisin. Une montagne de muscles assortie d’une gentillesse à toute épreuve. Son fils aurait probablement un caractère similaire. Ils venaient de perdre leur vieux chien et ne s’en remettaient pas. Tout naturellement, ils étaient curieux de découvrir qui était ce jeune chiot, né le jour où leur compagnon était mort.

Léa surtout était impatiente de découvrir cette petite boule de poils. Elle avait toujours vécu en compagnie d’un chien, et ne pouvait se résoudre à s’en passer désormais. L’amitié sans faille de celui qui les avait accompagnés durant quinze ans, ne pourrait s’oublier. On ne remplace pas un chien par un autre chien. On découvre simplement un autre ami, une autre âme qui croise votre route et décide de la suivre avec vous.

Ce jeune chiot avait le regard doux et intelligent, il était vif et curieux. Lui faire découvrir la vie serait intéressant. Ils s’accordèrent avec leur voisin, pour en prendre soin dès qu’il serait sevré. Ce qui fut fait, et ni Léa et Alec, ni Pyrus ne le regrettèrent jamais. Son enfance fut sportive, et son âge de raison était parfois encore un peu « brouillon », mais il était si attachant, jusque dans ses égarements, que personne ne pouvait lui en vouloir. Ce sur quoi il était infaillible, était la sécurité de ses maîtres, et le hameau se souvient encore de la nuit où une troupe de renards s’était approchée des habitations, ce qui avait valu une nuit blanche à tous les villageois. La volée d’aboiements continus de Pyrus avait fait fuir les importuns, et le Père Jacques était venu récompenser le chien, en ayant trouvé au matin ses poules terrorisées, tremblant sur leur perchoir, mais encore vivantes.

On était ici à flanc de montagne, et les animaux sauvages étaient chez eux. Au cours des siècles il avait fallu apprendre à vivre avec ou malgré eux. Le monde avait beau avoir changé, la nature reprenait ses droits dès qu’on ne la surveillait plus. Alec et Léa avait choisi de vivre ici et en acceptaient les augures. C’était leur côté « baba cool », une réminiscence de leurs années soixante-huitardes.

Pyrus s’était vite mis au diapason de ses maîtres. Il était gentiment rebelle comme eux, n’aimant pas les sentiers battus, et préférant l’aventure, à la tranquillité d’une chaîne. Alec avait bien essayé de lui inculquer quelques règles, notamment pour éviter qu’il se mette en danger. Mais, le résultat était souvent surprenant et les réactions du chien assez imprévisibles. Il était capable de rester devant la porte pendant des heures en attendant ses maîtres en ne laissant entrer personne, y compris la famille proche. Il était accueillant pour certains inconnus et agressifs pour d’autres, sans que l’on sache pourquoi. Cependant à la longue, Léa finit par comprendre que son chien avait toujours raison, et que les personnes qu’il n’aimait pas à priori, se révélaient souvent fourbes et hypocrites. Maintenant, quand elle faisait une nouvelle connaissance, elle ne pouvait s’empêcher de regarder du coin de l’œil, l’effet qu’elle faisait à son chien…

Ce matin-là Pyrus avait encore disparu. Depuis quelques temps, il était souvent absent. Alec essayait de rassurer Léa, en lui rappelant qu’un chien aussi sportif avait besoin de courir ; il revenait souvent en sueurs, la langue pendante, avec dans les yeux, une lueur de contentement suprême. Et ils ne pouvaient lui en vouloir, tant il avait l’air heureux. Après tout, c’est pour cela qu’ils l’avaient accueilli chez eux, pour qu’il soit heureux…

A midi, il n’était toujours pas rentré. La campagne alentour était recouverte d’un manteau neigeux, glacé et persistant depuis plusieurs jours. Léa était inquiète, rivée à la fenêtre de la cuisine, surveillant la colline derrière la maison, Pyrus revenant souvent par ce chemin-là. Alec ne savait plus quoi lui dire.

En milieu d’après-midi, n’y tenant plus, elle s’équipa pour sortir sans un mot. Alec soupira, mais sachant que rien ne la ferait changer d’avis, il s’habilla également et décida de l’accompagner. Ils sortirent dans le vent glacial, que le soleil blanchâtre de l’hiver ne faisait que rendre plus froid encore. Léa montra à Alec les traces qui partaient de la maison, et se dirigeaient vers la colline du Nord. Les grosses pattes de Pyrus étaient faciles à reconnaître et à suivre. Elles s’arrêtaient dans un bosquet de résineux. Ils avaient beau appeler leur chien, ils n’obtenaient aucune réponse et Léa et Alec échangeaient des regards de plus en plus inquiets. Le bosquet n’était pas très étendu, mais sous les branches, il faisait très sombre, et ils craignaient de passer à côté du corps de leur chien sans l’apercevoir. Qu’avait-il pu lui arriver ?

Après de longues minutes de vaines recherches, ils allaient renoncer, quand Léa siffla l’air d’une berceuse que Pyrus aimait entendre, en désespoir de cause.

Est-ce cet air de musique qui le décida à se montrer ? Etait-ce autre chose ?

Ils entendirent un gémissement en guise de réponse, et se précipitèrent dans la direction du bruit. Ils restèrent pétrifiés par la scène qu’ils découvrirent.

Pyrus était allongé à côté d’une Louve grise, magnifique bête aux yeux jaunes, qui était en train de mettre bas, avec difficulté. Elle était couchée sur le Flanc, avait perdu beaucoup de sang, souffrait, et gémissait à chaque contraction. Les choses semblaient mal se dérouler. Elle n’avait plus la force de se défendre et de protéger ses louveteaux de ces intrus. Pyrus se leva à l’arrivée de ses maîtres, implorant leur aide des yeux et de la voix. Alec et Léa, effrayés par la présence de la Louve ne bougeaient plus. Pyrus passa derrière Léa, et la poussa doucement du museau pour qu’elle s’approche de la bête en souffrance. Leur complicité était évidente, Léa décida de lui faire confiance, et tout en prononçant des paroles apaisantes, entrecoupées de l’air de la berceuse, elle fit quelques pas vers elle. La Louve leva la tête brusquement, et Léa s’immobilisa. Mais Pyrus gémit de plus belle et la poussa de nouveau. La louve lâcha prise, laissant retomber sa tête, épuisée. Elle semblait avoir perdu connaissance. Léa s’agenouilla près d’elle. Le Louveteau était bloqué dans sa matrice, se présentant par le siège, les deux pattes en avant. Elle avait fait une hémorragie importante, et Léa pensa qu’elle était arrivée trop tard. Mais devant le regard confiant et impatient de Pyrus, elle se décida à tenter le tout pour le tout. Attrapant le bébé, elle le tira doucement à l’extérieur, et à force de patience, finit par délivrer la bête. Elle frotta le louveteau avec les feuilles mortes qu’elle trouva autour de la tanière de la Louve, pour le réchauffer, et la vie étant souvent la plus forte, le bébé se mit à vagir, puis se dressa brusquement sur ses pattes, en vacillant, comme un château de cartes.

La Louve gémit de nouveau, rassembla ses dernières forces et poussa de nouveau, et un second louveteau fut expulsé d’un seul coup. Celui-ci était le portrait exact de Pyrus. Alec regarda son chien, qui se redressait pour lécher sa progéniture, et semblait très fier de lui.

La louve se redressa un peu, retrouvant la force de regarder ses enfants, et commença à gronder en direction des humains. Léa et Alec se levèrent rapidement et se reculèrent. Pyrus s’interposa en un instant entre la Louve et ses maîtres, et aboya en guise d’avertissement. Aussitôt la Louve se calma, tout en surveillant les humains, pour qu’ils ne s’approchent pas de ses louveteaux.

Léa et Alec quittèrent le bosquet avec regrets, n’osant pas appeler Pyrus pour qu’ils les suivent. Ils regagnèrent leur maison, un peu déroutés, tristes comme s’ils avaient perdu leur chien. La soirée fut sombre et froide. Après quelques heures, ils parvinrent à en parler, et échangèrent leurs impressions sur la scène extraordinaire qu’ils venaient de vivre. La beauté de cette Louve, et de ses louveteaux, la fugue de leur chien et son avenir avec eux, tout ceci tournoyait dans leurs têtes comme un vent de tempête. Epuisés, ils finirent pas aller se coucher, l’absence de leur chien commençant déjà à leur peser.

Le lendemain matin, le soleil se levait faisant resplendir les cristaux de neige, où les empreintes de Pyrus formaient une succession d’étoiles jusqu’au bosquet. Lorsque le soleil arriva au sommet des pins, Léa qui était derrière la fenêtre de la cuisine depuis le petit matin, vit un groupe d’animaux sortir du bosquet en direction de l’ouest. Elle distingua les quatre silhouettes, magnifiques, fièrement dressées à contre-jour, celles de la Louve gigantesque et de ses deux louveteaux en file indienne, suivie de celle de Pyrus. Les animaux suivirent la colline jusqu’à l’orée du bois. Les yeux de Léa se remplirent de larmes, elle essaya de graver dans son esprit l’image de cette procession, qui serait aussi la dernière image qu’elle garderait de son chien.

Elle ne le quitterait pas des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse dans la forêt. Après tout, c’était là son destin. S’il était plus heureux loin d’eux, elle l’accepterait. On ne peut aimer les gens et vouloir les garder pour soi. Le plus beau cadeau qu’elle pouvait lui faire, était de lui rendre sa liberté.

Les larmes lui brouillaient la vue. Elle s’assit dans la cuisine en sanglotant bruyamment. Elle n’avait plus la force de regarder. Dans sa tête passaient en boucle toutes les images de l’enfance de son chien, toutes les bêtises auquel elle avait ri, toutes les caresses échangées…

Comme la vie était dure…

Alec entra dans le cuisine, l’entoura de ses bras, lui dit qu’ils étaient ensemble pour affronter ce chagrin. Mais elle ne l’entendait pas, ou très loin, dans une sorte de brouillard.

Soudain, un cri. Dehors.

Non, pas un cri, un aboiement. Celui de Pyrus !

Ils se précipitent vers la fenêtre, tous les deux dans un même élan.

Il est ici, aboyant joyeusement devant la porte, battant l’air de sa queue. Il est heureux d’être revenu. Il les a choisi.

Ils ouvrent la porte, et Pyrus se précipite à l’intérieur, aboyant joyeusement autour d’eux. Ils leur fait la fête. Puis il se dirige vers sa gamelle, la boit d’un seul trait, et vide son écuelle en quelques secondes. Il revient vers eux, semblant rire d’être ici, pose sa tête sur les genoux de Léa qui s’est assise, sentant ses forces l’abandonner. Et il la regarde, au fond des yeux, fixement et dans ce regard, elle peut lire tout l’amour du monde. Il pousse un profond soupir, elle caresse ses oreilles, et il se couche à côté de sa chaise, le nez sur ses pieds, et il s’endort.

Léa n’ose plus bouger, elle échange un sourire avec Alec, qui hoche la tête et sourit à son tour. C’est sûr, cette première journée de neige, cette année, ils ne l’oublieraient jamais.