To Do List 20 : Cotons

Principe : une liste de quatre actions à accomplir à partir des idées évoquées par une photo  (verbes à l’infinitif).

 

photo M.Christine Grimard

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  • Garder du temps pour aller marcher avec les chiens
  • Arrêter de fredonner : « C’est la ouate que j’préfère »
  • Acheter un paquet de boules de coton moelleuses pour les soins du visage
  • Relire tous les albums de Tintin et Milou

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Photo M.Christine Grimard

 

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Photo du jour : Sourire 

Cette sorte de sourire que sont parfois aussi les fleurs, au milieu des herbes graves.”

Philippe Jaccottet

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MAI 2015 202

Photo M. christine Grimard

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Sourire
Et laisser la vie
Vous sourire.

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Rêver
Et laisser la vie
Vous aimer.

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Marcher libre
Et laisser la vie
Vous suivre.

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Colorier le monde

Et laisser la vie

Vous éblouir.

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Danser autour du monde

Et laisser la vie

Vous balader

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Écrire l’espoir

Et laisser la vie

Vous lire.

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Aimer les nuits et les jours
Et laisser la vie
Rêver d’Amour.

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Une image…une histoire : Lumières (Partie 5)

Khalil Gibran écrivait que l’amour était

« un mot de lumière, écrit par une main de lumière, sur une page de lumière ».

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Photo d’un auteur inconnu

La vieille dame releva le menton et lui dit :

  • Alors ma petite, dites-moi ce qui vous a conduit dans notre vallée perdue, je veux tout savoir…

 Julia détaillait le visage de la vieille femme sans répondre. Elle avait fait un peu de morphopsychologie autrefois, et elle n’en avait retenu que les points positifs comme toujours, ce qui lui avait valu la plupart de ses déboires dans la vie. Le regard de cette femme était profondément humain, empreint de douceur, mais aussi pétillant de malice et d’intelligence. Son visage lunaire respirait la bonté et le calme ; c’était celui d’une personne sur qui l’on pouvait compter, quelqu’un qui ne trahirait jamais sa parole. Les petits plis autour des lèvres étaient la trace des sourires distribués et bien que ses dents soient peu nombreuses, ses incisives gardaient encore l’écartement que la tradition attribuait habituellement au bonheur. Julia se demandait si le bonheur avait vraiment traversé cette vie, la maison semblait si isolée au fond de cette vallée.

Ce qui la fascinait littéralement, était la profondeur de ce regard. Ses yeux immenses mangeaient la moitié de son visage, et effaçaient presque la bouche aux lèvres charnues généreuses. La vieille dame ne disait rien, se laissant détailler en silence puis sans plus de cérémonie se retourna et alla prendre une cafetière qui était posée sur le coin d’un fourneau, la déposa sur la table de bois, en disant :

  • Le café n’attendait que vous, et moi aussi. Vous ne me laisserez pas le prendre seule, pour une fois.

Elle attrapa trois tasses de porcelaine dans la vitrine de son buffet de bois sculpté et un sucrier, et les disposa devant ses invités et en regardant Julia dans les yeux, elle ajouta :

  • Ma maison est si isolée au fond de cette vallée que je ne vois pas grand monde par ici et même si le Bon Dieu m’a dotée des dents du bonheur, enfin pour celles qu’il me reste, je n’ai pas souvent l’occasion de montrer mon sourire aux voyageurs égarés en votre genre, ma petite. Vous me ferez bien ce petit plaisir ?

En guise de conclusion elle éclata de rire, devant l’air ébahi de Julia.

  • Ne vous inquiétez pas, ma petite, je n’ai pas l’intention de divulguer ainsi toutes vos pensées, bien qu’Erik serait très intéressé par le fait de les connaître, je pense !
  • Germaine ! Ne commencez pas vos tours, s’exclama l’intéressé. Vous allez faire fuir Julia de notre vallée avant même qu’elle n’ait eu le temps de se demander si elle voulait rester un peu !
  • Je ne savais pas si je désirais rester ou non, répliqua Julia, mais ces quelques minutes m’ont convaincu de le faire. J’ai toujours été curieuse, désirant découvrir le monde et les gens. C’est pourquoi j’ai pris la route, mais en quelques phrases, vous m’avez donné l’envie de vous connaître mieux, tous les deux. Et aussi de découvrir ce que cache cette vallée, ajouta-t-elle en regardant Germaine fixement.
  • Pour savoir ce que cache notre vallée, il vous faudrait plus de temps que ne vous en laisserait votre courte vie, mon enfant, répondit Germaine. Ce que cette région a fait de mieux au cours des siècles, est de garder le voile sur ses mystères…
  • Je relève ce défi, répliqua Julia sans réfléchir.

Elle regretta immédiatement sa dernière réplique devant l’immense sourire que Germaine et Erik échangèrent, comprenant qu’ils l’avaient amenée exactement à l’endroit où ils voulaient la voir arriver. Elle hocha la tête d’un air entendu et ajouta :

  • Il faudrait déjà que je trouve un hébergement, et je n’ai rien vu au village, ni auberge ni chambre d’hôte. Savez-vous où je pourrais poser mon sac pour quelques jours ?
  • Il n’y a aucune auberge au village ni dans les alentours. La dernière auberge de la région était un coupe-gorge au sens propre et le propriétaire a fini ses jours en prison. Ce n’était pas pour avoir vendu des plats avariés à ses clients, croyez-moi ! dit Germaine en s’esclaffant. Mais Erik a de la place chez lui, il me semble ! ajouta-t-elle en le fixant d’un air sévère.
  • Les dernières « chambres d’hôte » en service dans la région étaient celles que ma mère avait ouvertes avant sa mort. Mais la maison n’a pas été utilisée depuis des années et elle est à l’abandon. Je vis dans la bergerie attenante, si cela ne vous rebute pas. Le confort est spartiate mais la vue sur la vallée est magnifique…

Brida émit un aboiement joyeux qui fit éclater de rire Germaine :

  • Cette petite a beaucoup de bon sens et un instinct très sûr, dit-elle. Si elle approuve, vous ne pouvez que la suivre, ma chère !
  • Je m’en remets très souvent à son avis. Elle est souvent plus intuitive que moi, répondit Julia. Si vous nous acceptez toutes les deux, poursuivit-elle en se tournant vers Erik, je vous promets que nous ne vous perturberons pas longtemps. Brida est très silencieuse et je ne voyage qu’avec ce sac…
  • Je ne crains pas d’être « perturbé » s’empressa de répondre Erik, à vrai dire, je serais ravi que vous secouiez un peu mes habitudes de solitaire, et Pirus ne me pardonnerait pas de vous laisser partir !

Le chien acquiesça d’un aboiement autoritaire et vint s’asseoir aux côtés de Brida.

  • Je crois que tout est dit, conclut Germaine en découvrant son sourire si particulier. Allons, je vous offre un peu de café avant que vous montiez à la bergerie. Asseyez-vous.

Julia pris place à côté de la vielle dame, admirant ses mains burinées qui ne tremblaient pas en remplissant les tasses. Elles devaient avoir connu bien des travaux, ces mains fines et ridées. Elle se demanda comment seraient les siennes dans quelques années.

  • Le temps ne fait rien à l’affaire, murmura Germaine en lui faisant un clin d’œil, c’est ce que nous faisons de lui qui compte. Et vous, ma petite, vous avez encore tant à faire, que ces belles mains blanches et fines n’ont pas fini de servir …

Julia hocha la tête, et plongea le nez dans sa tasse. Cette femme étonnante l’intriguait plus qu’elle ne voulait se l’avouer, et dans toutes ses pérégrinations, elle n’avait jamais rencontré quelqu’un comme elle. Elle était sûre de ne pas être au bout de ses surprises, et elle bénissait le ciel qui avait conduit ses pas jusqu’à ce village. Elle avait envie de profiter un peu de la tranquillité de ce pays, elle qui n’avait jamais eu envie de poser son sac depuis que…

  • Un jour, on comprend qu’il est inutile de se fuir, mon enfant, puisque c’est encore nous que nous retrouvons au bout du chemin. Et ce jour-là, il est bon de ne pas être seul pour affronter sa propre vérité, murmura Germaine en la fixant.
  • Vous avez sans doute raison, répondit Julia en baissant les yeux.
  • Chacun de nous a besoin de l’autre et peut lui donner ce dont il a besoin en retour. Dans ce pays au climat si rude, les hommes l’avaient compris autrefois. Aujourd’hui, seules quelques âmes ont gardé leur bon sens. Je crois que vous pourriez en faire partie et nous apporter un peu de votre sève. Je crois que vous êtes plus forte que vous ne le pensez et il faudra beaucoup d’énergie pour que cette lande refleurisse…
  • Allons, Germaine, l’interrompit Erik. Julia est seulement de passage, elle ne connait pas ce pays et vous allez l’effrayer !
  • Cette petite a plus de courage que vous ne pouvez même l’imaginer mon cher ! Elle est moins fragile qu’elle en a l’air. Cependant, elle est fatiguée par sa longue marche, et moi aussi. Allez, mes enfants, je vous libère, que cette petite puisse s’installer correctement avant la nuit. Je compte sur vous pour venir me rendre une petite visite de loin en loin et je serai ravie de vous expliquer ma terre. Il semble que cela vous intéresse puisque vous avez décidé d’y poser votre sac…

Julia sourit en hochant la tête sans rien ajouter, elle prit Germaine dans ses bras et déposa un baiser sur chacune de ses joues. La vieille dame en rougit de plaisir, fermant les yeux pour tenter de cacher la grosse larme qui perlait au coin de ses paupières.

  • A très bientôt Germaine, et merci pour tout… dit enfin Julia en reprenant son sac.

Erik lui tint la porte et ils traversèrent la cour en silence. Lorsqu’ils s’engagèrent sur le chemin de sa bergerie, ils entendirent Germaine chantonner en patois. Il dit doucement :

  • Elle vous aime bien, je crois.
  • C’est une femme étonnante, répondit Julia sur le même ton.
  • Plus encore que vous ne pouvez le croire, vous verrez, ajouta Erik.
  • Comme ce pays, et les hommes qui y vivent il me semble, dit Julia.

Il se contenta de sourire et siffla Pirus qui était en arrêt dans un fourré en disant :

  • Dépêchons-nous, j’aimerais vous installer confortablement avant que la nuit tombe.

–> A suivre <–

Une image… une histoire : Lumières (partie 3)

Khalil Gibran écrivait que l’amour était

« un mot de lumière, écrit par une main de lumière, sur une page de lumière ».

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iphone chris 217

Photo d’auteur inconnu

 

Ils traversèrent le village, sans prêter attention aux regards curieux qui les accompagnaient. Les chiens ouvraient la marche, fiers, la tête dressée.

Un silence s’installa entre eux, comme si les mots se retenaient pour ne pas gâcher cet instant précieux. Julia levait les yeux vers les frontons des maisons, les volets entre-ouverts, les rideaux tirés, essayant d’imaginer ce qu’ils cachaient. Mais le village semblait assoupi, aucun regard ne filtrait derrière les fenêtres, comme si la vie était ailleurs. Intriguée elle demanda à Erik :

  • Les maisons semblent désertes à cette heure-ci, les villageois sont occupés ailleurs ?
  • Oui, la plupart partent travailler très tôt. La ville la plus proche étant à une trentaine de kilomètres, ils quittent le village à l’aube. Il ne reste que les retraités et quelques femmes, dont celles que vous avez vues se regrouper à la boulangerie à votre arrivée. Elles forment l’avant-poste de surveillance agréé du village. Tous les commérages et toutes les nouvelles passent par leur intermédiaire, et s’en trouvent déformées comme il se doit ! ajouta-t-il avec un sourire ironique. Si vous avez l’intention de séjourner un peu par ici, il faudra en passer par leurs fourches caudines, pour avoir une chance d’être acceptée…
  • J’avais l’intention de trouver un hébergement par ici pendant quelques jours, mais je n’ai vu aucun lieu de séjour dans le village. Pourriez-vous me renseigner ?
  • Il n’y a plus aucune auberge dans la région depuis plus de vingt ans. Nous ne sommes pas une région touristique, et il faut aimer la solitude pour vivre par ici…
  • Je trouve cette région très belle au contraire, l’interrompit Julia, sauvage et aride à souhait, ou les coquelicots sont les seuls survivants au bord des chemins. Enfin pour qui aime le silence et la solitude … ajouta-t-elle avec un sourire devant le regard de biais qu’il lui lançait.
  • Vous pensez vraiment ce que vous dites ? demanda Erik
  • Bien sûr, répliqua-t-elle, Je pense toujours ce que je dis. Toujours… La vie est trop courte pour se mentir, à quoi cela servirait-il de dissimuler ses sentiments. Parfois, je me tais, cependant, pour ne pas blesser quelqu’un. Quand quelque chose ne me plaît pas, je passe mon chemin, sans pour cela le dénigrer. Je regarde ailleurs, c’est tout !
  • Voilà un trait de caractère qui me plaît ! déclara Erik avec conviction. Je n’aime pas le mensonge et les menteurs, même si certaines vérités sont moins difficiles à avaler, un peu enrobées…

Julia s’esclaffa sur ces dernières paroles et ils échangèrent un regard de connivence souriante qui les combla tous les deux.

Levant les yeux vers le ciel, elle ajouta :

  • En fait, je crois que c’est la lumière de ce pays qui me plaît. Regardez comme elle caresse les murs de pierres, ils semblent lui rendre cette caresse en irradiant une sorte de reflet doré que je n’ai jamais vu ailleurs. C’est drôle, c’est ainsi que j’imaginais la maison des fées quand j’étais enfant, avec des murs en pierres dorées dont les paillettes brillaient au soleil…
  • Vous n’avez encore rien vu, répliqua Erik, attendez de voir le soleil couchant sur les rochers du Diable, c’est un feu d’artifices à ciel ouvert !
  • J’aimerais beaucoup voir ça, en effet ! répondit Julia. Vous me montrerez ?
  • Il faudrait pour cela que vous soyez encore là au coucher du soleil …
  • Je compte rester un peu, dit-elle en riant. Si vous m’y aidez.

Elle égraina de nouveau son rire de cristal, qui résonnait sur les pierres des façades, et Erik se dit que les fées devaient apprécier que l’une d’elles soit venue leur rendre une petite visite impromptue. Mais voilà qu’il recommençait à délirer …

Il se contenta de sourire en fixant ses chaussures et en priant pour qu’elle ne change pas d’avis.

–> A suivre <—

Clichés 43: Histoire sans parole 

Quel été de feu !

Photo M. Christine Grimard

Si ça continue, on va étouffer !

 

Photo M. Christine Grimard

 

Mais non, regarde le vent se lève  !

 

Photo M. Christine Grimard

Tu as raison, l’orage arrive !

 

Photo M. Christine Grimard

J’aime bien avoir du vent dans les voiles …

 

Photo M. Christine Grimard

Ça y est , il pleut !

 

Photo M. Christine Grimard

Rien de meilleur qu’une pluie d’été après trois semaines de canicule !

Photos M.Christine Grimard

Avec la participation de Jack et Jimmy…