Un été bleu outre-mer (12)

« Les choses vivantes sont toujours des souvenirs.

Nous sommes tous des souvenirs vivants de choses qui étaient belles. La vie est le souvenir le plus touchant du temps qui a produit ce monde. »

Les solidarités mystérieuses

Pascal Quignard

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Photo M. Christine Grimard

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Se sentir aussi vivant

Que ce chien courant

Libre sous le vent

Pour débusquer les goélands

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Photo M. Christine Grimard

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Se sentir planer

Comme cet oiseau si léger

Au cœur de l’été

Tout à son plaisir de voler

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Photo m. Christine grimard

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Se forger des souvenirs

Aussi beau que ses désirs

Et ne garder que le plaisir

De partager sa joie de vivre

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To Do List 16 : Garder l’espoir 

 

photo M. Christine Grimard

 

  • Se dire que les hommes de bonne volonté ont raison de croire en la beauté du monde.
  • Se persuader que l’amour est la seule réponse à la barbarie.
  • Se concentrer sur l’oiseau qui passe et oublier un instant les serpents tapis dans le fossé.
  • Ne pas se décourager devant l’horreur, focaliser sur la lumière qui brille dans les yeux des enfants.

Phrases 32 : Mots sans prix

« Les oiseaux sont responsables de trois au moins des grandes malédictions qui pèsent sur l’homme.

Ils lui ont donné le désir de grimper aux arbres, celui de voler, celui de chanter… »

Boris Vian

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Photo M. Christine Grimard

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Bel oiseau, emporte-moi sur tes ailes, pour que je voie enfin le monde de plus haut, pour que je mesure le prix des jours qui passent et le goût du vent qui court.

Emporte-moi sous le vent, garde-moi contre ton cœur pour que sa chaleur me donne l’espoir de l’amour, que je comprenne que cette vie qui m’a été donnée est un cadeau sans prix et que je l’apprécie enfin avant que le sablier n’ait fini de se vider.

Apprends-moi le soleil et les nuages, apprends-moi le vertige et l’équilibre, apprends-moi la faim et la soif, apprends-moi la peur et le chagrin, pour que je comprenne le prix de ma vie, des jours de calme où la peur s’éloigne, des heures de rires où les larmes se tarissent, des minutes de plaisir où chaque seconde prend un goût de miel.

Confessions intimes 7 : Paloma

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Photo M. Christine Grimard

Un moment de soleil enfin !

Quelques heures de lumière au milieu des jours de brumes. Elles sont de plus en plus rares. Un voile cotonneux obscurcit le soleil depuis des semaines. Le ciel est gris comme si les nuages de se décollaient plus de la terre. Avant on les voyait remonter doucement de la mer en troupeau moutonnant et joufflus. Ils passaient au-dessus de nos têtes en valsant, j’aimais les voir et parfois j’essayais de voler très haut pour pouvoir les suivre pendant quelques minutes. C’était grisant.

Mais depuis quelques mois, le soleil a disparu, l’air est lourd. On n’arrive plus à respirer, je n’ai plus la force de voler assez haut. Mes ailes refusent de me porter. Je ne comprends pas. Mes plumes me paraissent lourdes comme du plomb.

Un soir j’ai voulu survoler la ville, je volais entre les immeubles, dans ce nouveau quartier où ils sont si hauts qu’ils nous cachent le ciel. Un tout petit garçon s’est arrêté pour me regarder passer. Il levait son doigt vers le ciel pour me designer à sa mère.

« C’est quoi cet oiseau blanc, maman ? »

« C’est une colombe, mon fils. Un oiseau rare dans nos villes. Ici, il n’y a plus que des pigeons gris de la couleur de notre ciel. Cet oiseau blanc est une tourterelle, elle est le symbole de la paix pour certains, on la représente avec un rameau d’olivier dans le bec. Mais je crains que la plupart des hommes aient oublié la signification de ce mot. Quand on rentrera, je te montrerai des tableaux où des artistes ont représenté ce genre d’oiseau. Regarde-la bien, c’est peut-être la dernière que tu verras, tant leur nombre s’est réduit depuis le début de ce siècle. C’est un oiseau en voie de disparition… »

Quand je les ai entendus, j’ai pris un courant ascendant, je ne voulais plus rien entendre de tel !

En voie de disparition !

Elle a raison, je vais disparaître de leur monde, je volerai par-dessus-les mers loin des hommes et de leur monde artificiel, loin de leur ciel gris ou noir. EN attendant, je vais me poser un peu dans cet arbre nu, pour reprendre des forces avant la grande traversée.

Le soleil m’a entendu, il est sorti des nuages pour m’aider à retrouver mon énergie. Je vais lisser mes plumes et les réchauffer et puis je partirai, vers un petit coin de paix. Ma Paix !

Un moment de soleil enfin !