Un été en bandoulière (35)

« Préparer l’avenir ce n’est que fonder le présent.

Il n’est jamais que du présent à mettre en ordre.

À quoi bon discuter cet héritage.

L’avenir tu n’as point à le prévoir mais à le permettre. »

Citadelle

Antoine de Saint-Exupéry

*

Photo m Christine Grimard

.

Bientôt l’été s’achèvera.

Je rangerai ces trente-cinq cartes non postales à côté du gros coquillage où l’on entend la mer.

Il ne leur manquera que le parfum iodé des algues.

Les goélands retrouveront le calme de l’estran déserté.

J’espère que ces quelques pages vous auront plu et vous auront fait rêver un peu d’océan.

Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps à photographier tout ce qui passe au-dessus de ma tête sur cette plage.

Il faut savoir refermer la porte en sortant.

Les vacances et l’été s’achèveront dans une gerbe d’écume.

L’avenir s’écrira dans le sable qu’une seule vague effacera.

Je remercie tous ceux qui suivent ce blog amicalement et qui ont apprécié mes tentatives maladroites pour occulter les ombres du chemin, entre canicule et aquilon.

Ainsi s’achève cette série de cartes non postales d’un été porté en bandoulière entre ciel et mer.

Que le vent marin vous porte vers le meilleur.

***

Publicités

Un été en bandoulière (6)

« Un phare ne mesure point l’éloignement. La lumière est présente dans les yeux, tout simplement.

Et toutes les merveilles du continent logent dans l’étoile.  »

Lettre a un otage – Antoine de Saint-Exupéry

*

photo m ch grimard

*

Vacances

Moment de pause

Moment d’éloignement

Instant de retrouvailles avec soi-même

Temps de séparation avec les autres

Temps de paix

Moment où l’on peut laisser la lumière

Inonder notre regard

Et l’amour

Réchauffer nos coeurs

*

Photo du jour : Citadelle

J’ai retrouvé ce texte extrait de « Citadelle » d’Antoine de Saint -Exupéry, œuvre posthume publiée en 1948, et le soumets à votre méditation.

« S’installèrent alors les pillards dans mon empire. Car personne n’y créait plus l’homme. Et le visage pathétique n’y était plus masque mais couvercle d’une boîte vide.

Car ils sont allés de destruction d’Être en destruction d’Être. Et je n’y vois rien, désormais, chez eux qui mérite que l’on meure. Donc que l’on vive. Car ce pour quoi tu acceptes de mourir, c’est cela seul dont tu peux vivre. Ils consommaient donc les vieilles constructions, se réjouissant du bruit de la chute des temples. Et cependant, ces temples, s’ils s’effondraient, ne laissaient rien en échange. Ils détruisaient donc leur propre pouvoir d’expression. Ils détruisaient l’homme. »

 

mcg 2046

Photo M. Christine Grimard

*

Aucune citadelle ne nous protègera de notre propre folie.

Détruire le passé, oublier les paroles des sages parce qu’ils vivaient dans un autre âge.

Se passer de notre mémoire.

Oublier l’essence même de notre vie.

Piétiner nos ancêtres, mépriser leur souvenir.

Penser  qu’il n’y a de salut que dans le profit.

Occulter que notre corps est un cadeau.

Détruire ce qu’il nous reste d’âme pour se tourner vers des chimères.

Et se réveiller un matin.

Nu, vide, seul au milieu d’un désert de glaces, écrasé sous les ténèbres.

Qui étais-je  au temps de l’insouciance ?

Un humain qui danse ?

Un humain qui pense ?

Une conscience

Une pétillance

Une extravagance

Une malveillance

Peut-être une chance…

*

 

Musique : La couleur du blé

BYoGU-6CEAIPURW.jpg large

Photo d’origine inconnue

« Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde »
….
« Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé… »

« Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche :
-Ah ! Dit le renard… je pleurerai.
-C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
-Bien sûr, dit le renard.
-Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
-Bien sûr, dit le renard
-Alors tu n’y gagnes rien !
-J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé »

Le petit Prince .

Antoine de Saint-Exupéry

 

Quand tu m’auras apprivoisée la terre toute entière me parlera de toi et je fermerai les yeux pour l’entendre, en rêvant de la douceur de ton regard et de l’éclat de ton sourire.