Un été en bandoulière (28)

« Comme il est profond, ce mystère de l’Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d’une étoile, ni les habitants d’une goutte d’eau. .. avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l’air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l’agitation muette de la nature. .. avec notre odorat, plus faible que celui du chien. .. avec notre goût, qui peut à peine discerner l’âge d’un vin !

Ah ! si nous avions d’autres organes qui accompliraient en notre faveur d’autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !. »

Guy de Maupassant – Le Horla

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Photo mcgrimard

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Goutte à goutte

La vie s’écoule et s’échappe

Cellule après cellule

La vie se reforme et se transmet

Coûte que coûte

Le Temps nous détruit et nous écorche

Grain par grain

Le sablier se vide et jamais ne se retourne

Seconde par seconde

L’horloge égraine ses heures

Atome après atome

Le soleil brûle ses réserves d’énergie

Centimètre par centimètre

Les glaciers fondent et disparaissent

Goutte à goutte

La vie survivra tant qui lui en restera

L’envie

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Un été en bandoulière (27)

« Associe-toi à ceux qui disent : Même si tout va bien, nous devons aller plus loin.

Parce qu’ils savent qu’il faut toujours aller au-delà des horizons connus. »

Paulo Coelho

Le manuscrit retrouvé

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Photo m.ch.grimard

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Lorsqu’on aperçoit l’île de Ré

L’horizon semble se rapprocher

Inutile de s’illusionner

La pluie est annoncée

L’air, d’eau est chargé

Demain, les nuages auront gagné

Un arrosage gratuit est programmé

Pas la peine de se lamenter

On pourra faire des cannelés

Et tous ensemble les déguster !

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Un été en bandoulière (26)

« Une pierre

deux maisons

trois ruines

quatre fossoyeurs

un jardin

des fleurs

un raton-laveur

une douzaine d’huîtres

un citron

un pain

un rayon de soleil

une lame de fond

six musiciens

une porte avec son paillasson

un monsieur décoré de la légion d’honneur

un autre raton-laveur. »

Inventaire –

Jacques Prévert

Photo marie christine grimard

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Une ombrelle pour coccinelles

Un pied de carottes sauvages

Un plan de salicornes

Un marais salant dans le vent salé

Une aigrette qui prend le soleil

Des moutons de pré salé

Un champ de tournesols

Une balade dans les marais mouillés

Une bicyclette bleue rouillée de sel

Un jour pour aimer la vie

Une après-midi à savourer

Un petit coin de Vendée

Mais pas de raton-laveur

Un été en bandoulière (25)

« Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs.

Dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité.

En bateau, on sait ou on ne sait pas. »

Eric Tabarly

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Photo m Christine grimard

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Au fond du port de pêche

Patientent les bateaux

Attendant la marée haute

Pour pouvoir sortir du chenal

Sans se délester de leur quille

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En ondoyant, ils rêvent

D’îles fabuleuses sous le vent

Où les vagues seraient douces

Et les poissons seraient d’argent

Où le soleil porterait haut

Et l’hiver n’existerait pas

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En attendant, ils affabulent

Jusqu’au petit matin

Sentant craquer le bois de leur étrave

Sous les premiers rayons du jour

Au loin cliquettent les drisses

Le long des mâts des catamarans

De la course au large

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Peu leur importe d’être de bois ou de carbone

Leur vie glisse sur la crête des vagues

Jusqu’à ce que la dernière tempête

Les emporte dans une gerbe d’écume

Etincelante dans le couchant

Au goût de sel et de vent

Un été en bandoulière (24)

« Le monde aurait pu être simple comme le ciel et la mer. »

André Malraux

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Photo m.ch.grimard

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Quand passent les sternes

Toutes vêtues de blanc

Au ras des vagues

Sous le vent

La mer

Fait silence

Pour les admirer

Et rêve de les suivre

Jusqu’au bout de l’horizon

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Un été en bandoulière (23)

« Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer. »

Proverbe breton

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Photo m c grimard

Vent du nord…

Les vagues ont des reflets d’icebergs.

Les nuages qui étaient légions au réveil, ont été chassés d’un revers d’aquilon.

Il ne reste qu’à se réfugier au pied de ce qu’il reste de la dune pour observer la ronde des oiseaux marins.

Ils en ont vu d’autre, les bourrasques et autres rafales septentrionales n’ont plus de secret pour eux. À côté des tempêtes de l’Atlantique Nord, le Mistral a des mines de chérubin…

Une jeune mouette s’est posée au bord de l’estran, transie, face au vent, elle resserre ses plumes. Elle se fait toute petite, aplatie sur le sable humide, ferme les yeux pour mieux entendre le concert qui lui est offert par les gerbes de vagues tintinnabulant sous la brise de mer.

Je capte son image sereine puis passe au large pour ne pas interrompre son plaisir.

Un été en bandoulière (22)

« Autour de nous, partout à perte de vue, l’espace infini, l’horizon bleu de la mer, l’horizon vert de la terre, les nuages, l’air, la liberté, les oiseaux envolés à toutes ailes, les vaisseaux à toutes voiles ; et puis, tout à coup, là, dans une crête de vieux mur, au-dessus de nos têtes, à travers une fenêtre grillée, la pâle figure d’un prisonnier. Jamais je n’ai senti plus vivement qu’ici les cruelles antithèses que l’homme fait avec la nature. »

Lettre à Louise Bertin, le 27 juin 1836

Victor Hugo

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Photo m ch grimard

Se sentir si petite face à l’infini de l’océan

Essayer de fixer cette image de la mer dans sa mémoire pour survivre un hiver tout entier dans les terres

Admirer la palette infinie de couleurs que nous offre le monde en se contentant d’une toute petite partie de son immensité

Rester là jusqu’à la nuit pour être bien sûre de rêver encore d’océan en rentrant

Réaliser que pouvoir prendre cette photo est un cadeau du ciel et avoir envie de l’offrir au reste du monde

Tenter de le faire ici en ajoutant en bonus, le chant de l’océan :