Vent de printemps 9 : Joli Mai

« Je suis épris de ce morceau tendre de campagne, de son accoudoir de solitude au bord duquel les orages viennent se passer dénouer avec docilité…. »

Feuillets d’Hypnos – René Char

Photo m Christine Grimard

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Mai Hésite

Entre soleil et colère

Blancheur des clochettes

Sous un manteau de grêle

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Premier matin semé de fleurs

Éclatantes sous l’orage

Entre grêle et paix

Mai s’éveille

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Entre pétales froissés de Judée

Et effluves de lilas blancs

Mai se pare de dentelles

Parfumées de muguet

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Vent de printemps (8) : crépuscule

« J’entends des mots d’amour changer le cours du temps. »

Eluard

Photo m.christine Grimard

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Se taire

Pour écouter

Le chant du vent

Dans les graminées

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Imaginer

Derrière le silence

La valse des anges

Au milieu des étoiles

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S’endormir

À force de chercher

Le parfum des souvenirs

Dans l’obscurité grandissante

Vent de printemps (7) : faute de merles, voici des grives

« On savait que le printemps était proche quand apparaissait le premier merle d’Amérique avec sa poitrine rousse et son dos marron : il surgissait brusquement et inexplicablement un matin dans le jardin derrière la maison et il sautillait dans l’herbe. »

Paul Auster

« Faute de merles on mange des grives » dit le proverbe.

En observant le sautillement gracieux de ces jolies grives dans la prairie, je me suis souvenu de cette phrase lapidaire.

Avec horreur, finalement…

Et si l’on se faisait une petite salade de pissenlits nouveaux, croquants avec des petits croûtons et une bonne vinaigrette à l’huile d’olives.

J’ai la chance de voir encore quelques merles et plus rarement des grives, se promener dans le jardin à la recherche d’insectes pour leur repas. Mais ils se font de plus en plus rares. Les papillons et les abeilles aussi. À force de vouloir se débarrasser des « nuisibles », on a fini par faire disparaître la moitié de la terre. Les derniers nuisibles que la destruction des autres espèces entraînera dans le néant, ce sera l’espèce humaine !

Vent de printemps (6) : Prémices

« Les prémices en toute chose ont une délicieuse saveur. »

Honoré de Balzac

La fille aux yeux d’or.

Photo m. Christine Grimard

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Couchée dans l’herbe

Les yeux dans le ciel

J’admire

La vie qui va

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Les bourgeons éclatent

Au soleil d’avril

Se découvrant

De tous leurs fils

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Les feuilles se défroissent

Précautionneusement

Déployant leurs nervures

À la lumière caressante de midi

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Avril se prend pour mai

Au loin, un nuage joufflu

Gonflé de son importance

Avance sur fond de bleu majorelle

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On dirait une ballerine endimanchée

En tutu aux mille tulles superposés

Tournoyant sur le devant de la scène

Déguisée en meringue

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Vent de printemps (5) : simplicité

« Ainsi, chaque fois qu’il m’a semblé éprouver le sens profond du monde, c’est sa simplicité qui m’a toujours bouleversé. »

L’envers et l’endroit

Albert Camus

Photo m.christine Grimard

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Quelques pétales savamment froissés

Un zeste de lumière

Trois gouttes d’eau de rose

Un voile de poudre de soleil

Un soupçon de timidité

Beaucoup de simplicité

Et la Corète est prête pour le Bal de la Rose

Vent de printemps (4) : apparition

« Cet amour tout entier

Si vivant encore

Et tout ensoleillé

C’est le tien

C’est le mien

Celui qui a été

Cette chose toujours nouvelle

Et qui n’a pas changé

Aussi vraie qu’une plante

Aussi tremblante qu’un oiseau

Aussi chaude aussi vivante que l’été ….. »

Jacques Prévert

Cet Amour

Photo m Christine Grimard

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Quelle force jaillie de nulle part, fait naître la vie là où quelques jours auparavant, il n’y avait qu’une écorce vermoule ?

Quel mystère a réuni toutes les conditions nécessaires à l’éclosion de la vie, là où quelques milliers d’années auparavant, il n’y avait que le vide sidéral et glacial ?

Quel amour infini a fourni l’énergie nécessaire à faire surgir le tout en partant du néant ?

Vent de printemps (3) : sur un air de lilas

« Si je devais recommencer ma vie

je n’y voudrais rien changer

seulement j’ouvrirais un peu plus grand les yeux »

J.Renard

Photo m Christine Grimard

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Quand il reviendra

Le temps des lilas

Soleil sera là

Qui réchauffera

La vie de ci, la vie de là

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Quand il sera là

Le temps des Lilas

Où l’on s’en ira

Cueillir dans les bois

La joie d’être toujours là

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Quand il s’en ira

Le temps des Lilas

On regrettera

Que de l’amour, l’éclat

Soit si court ici-bas …

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