Photo du jour : Départ

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Photo M.christine Grimard

 

A l’heure où paraîtra ce billet, je serai probablement sur la route, vers d’autres cieux plus méditerranéens, sans doute à hauteur d’Avignon.

Quelques heures entre parenthèse dans ma voiture, un peu de temps pour penser sans obligations ni rendez-vous, en écoutant de la musique et en savourant le plaisir de conduire…

Quelques heures avant une plongée en apnée dans les mises à jour annuelles et les publications internationales, de quoi poursuivre le chemin bien informée en ayant échangé avec les confrères sur la pratique et les expériences de chacun.

Un enrichissement en forme de rencontres annuelles que je ne rate jamais.

Une parenthèse de travail, mais travailler ailleurs c’est déjà respirer un peu d’air différent !

Espérons qu’il me restera quelques heures pour voir le ciel après le travail et pour le partager avec vous.

 

Poème : Voyage au bout de soi 

« Le véritable voyage,

ce n’est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines,

c’est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l’instant baigne tous les contours de la vie intérieure. »

Antoine de Saint-Exupéry

*

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Photo M.Christine Grimard

Partir sans se retourner

Tourner la page

Fermer le livre

Laisser courir ses doigts sur la couverture

Comme on caresserait la surface de l’eau

Et se laisser doucement glisser

Sous les vagues

Retenir son souffle 

Juste au bord du gouffre 

Sombrer comme on s’endort 

Franchir le dernier instant

Et se retrouver au commencement 

Une image… Une histoire : Embarquement 

  
Photo d’un Auteur inconnu


Au village, la vie s’éteignait peu à peu. Les anciens étaient restés parce qu’ils étaient trop faibles pour partir. De toute manière, ils étaient nés ici, avaient vécu ici, alors ils n’avaient plus qu’à mourir ici. Les ressources s’amenuisaient et il n’y avait aucun espoir d’avenir pour ceux qui accepteraient de croupir ici.
Son arrière grand-père et son grand-père étaient pêcheurs, au temps où les eaux pullulaient de poissons argentés. Son père pêchait à la saison sèche et était cultivateur à la saison de la mousson, mais la terre était si pauvre qu’année après année la récolte se faisait plus mince. Depuis quelques mois, les milices parcouraient le pays et les rumeurs de guerre se rapprochaient.
Que pouvaient-ils attendre de ce pays, sinon la misère, la peur et la mort ?
Théodore avait un atout dans son jeu que lui enviaient les copains du village: la barque de son grand-père, qui dormait dans la baie, accrochée à un tronc vermoulu.
Il n’avait jamais navigué seul, son père refusant de le laisser affronter les dangers du lac avant qu’il soit devenu un homme. Les tempêtes étaient rares sur le lac mais leur violence en avaient surpris plus d’un, et plusieurs marins expérimentés avaient disparu à jamais dans les eaux noires et profondes du lac, là-bas vers l’est. Théodore n’en avait cure. Il savait qu’un jour, il embarquerait et que les flots l’emporteraient vers un rivage doré où la vie serait douce. Son père vieillissant lui avait appris le métier, mais il passait plus de temps à gratter sa terre aride, qu’à voguer sur le Lac. Peu à peu les poissons se faisaient rares, et la barque restait de plus en plus longtemps à flotter entre deux eaux qu’à naviguer.
Le village se vidait peu à peu, les anciens disparaissant, les jeunes partant sur les chemins vers la ville, ou vers d’autres cieux. Théodore était resté, même quand son ami Paul était parti, ne voulant pas laisser ses vieux parents seuls au village. Quand sa mère mourut et que son père la suivit dans la tombe quelques jours plus tard, il rassembla ses maigres affaires et prévînt ses amis qu’il quitterait le village le lendemain.

Lorsque les soldats arriveraient pour piller le village comme ils l’avaient fait dans toute la plaine alentour, il aurait disparu depuis longtemps.

Il finissait de rassembler ses provisions, quand il vit arriver Léon et Ted, ses deux amis d’enfance, qui avaient décidé de l’accompagner. Il ne savait pas si il était heureux de cette nouvelle, ou inquiet de ce qui allait leur arriver.

Il repoussa ses idées négatives, récupéra les quelques objets qu’il voulait emporter, referma son baluchon, attrapa son sac de provisions et le bidon d’eau, et avec un sourire, leur fut signe de le suivre.
Ils traversèrent le village encore endormi sans un bruit. Le lac étirait ses fumerolles de brumes, et au loin on entendait des feulements dans la savane. La barque de grand-père semblait les attendre, craquant doucement sous un léger clapotis.

Il n’y avait pas de vent. Théodore fut soulagé de traverser le lac avant que le vent ne se lève.

Il retrouva vite les gestes que son père lui avait appris et les passages sans danger jusqu’aux gorges du fleuve.

La journée fut belle, et ils débarquèrent pour passer la nuit sur un rivage sablonneux et abrité.
Le lendemain, ils ne croisèrent pas âme qui vive en descendant le cours du fleuve. Au passage délicat des rapides ils perdirent une partie de leurs provisions, mais rien ne vint entamer leur détermination.

Ils arrivèrent à l’embouchure alors que la nuit tombait et décidèrent de dormir sur la plage.

L’océan roulait ses galets dans un bruit d’enfer mais Théodore préférait ce grondement à celui des armes qu’il avait laissées derrière lui.

Il resta assis à contempler l’horizon longtemps après le crépuscule. Ses deux compagnons dormaient paisiblement contre la coque du bateau.

Il réfléchissait à la route qu’il devrait suivre demain. Il faudrait passer le mur de rouleaux, puis suivre la côte vers le nord, en prenant soin de ne pas trop s’éloigner du rivage, mais en évitant les barrières de récifs.

Un instant, il regretta d’avoir entraîné ses deux compagnons dans son périlleux rêve.

Il leva les yeux vers le ciel où brillaient des milliers d’étoiles. L’une d’elle scintillait plus fort que les autres, il eut la sensation qu’elle vibrait pour lui. Après tout, il fallait faire confiance.

Il regarda la barrière d’écume hurlante devant lui. Il allait jouer ça à quitte ou double. Il savait qu’il n’avait plus le choix.

Après tout, qu’avait-il à perdre, en dehors de sa vie…

Variations et Vibrations 1 : Prendre un peu de hauteur

Prendre un peu de recul

Garder Un peu de hauteur

Remettre les choses en perspective

Où est mon étoile ?

De quel nuage stellaire me suis-je envolée?

Où ai-je atterri ?

Quelle est ma place dans cet univers ?

Quel est mon lopin de terre ?

Mes pieds sont-ils bien arrimés ?

Où est mon nombril ?

Mon cœur est-il bien accroché ?

Quel voyage attendra mon âme après cette escale ?

*

 

Clichés 41 : Étraves 

Photo M. Christine Grimard

 

Triples

 

Photo M. Christine Grimard

 

Simples

 

Photo M. Christine Grimard

 

Bavardes

Photo M. Christine Grimard

 

Muettes

 

Photo M. Christine Grimard

 

Frémissantes

 

Photo M. Christine Grimard

 

Méditerranéennes

 

Photo M. Christine Grimard

Vendéennes

 

Photo M. Christine Grimard

Paisibles

 

 

Photo M. Christine Grimard

 

Patriotes

 

Photo M. Christine Grimard

Rêveuses

 

 

Photo M. Christine Grimard

Travailleuses

 

 

Photo M. Christine Grimard

Sportives

 

 

Photo M. Christine Grimard

 

Attirantes

Comme des promesses de voyages

Je les aime

Comme un rêve d’ailleurs meilleurs

Photo du jour : Voyage sans retour

«Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges

Jeter l’ancre un seul jour ?»

Alphonse de Lamartine 

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Photo d’un auteur inconnu

*

Embarqué malgré toi,

Sur ta coque de noix

Avance mon petit

Tu verras du pays !

*

La route est encore longue

Jusqu’aux plages blondes.

Garde en vue, l’horizon !

Rame, en toute saison.

*

Tu trouveras ta voie,

Tu oublieras tes peines,

Tu compteras tes joies,

Tes rires à perdre haleine.

*

D’escales ensoleillées

En rivages hostiles,

Tu vivras des étés

Dans la douceur des îles.

*

Puis au soleil couchant

Tu verras sous le vent

Ceux qui t’aimaient jadis

T’attendre sur la rive.

*