Un été bleu horizon (8)

« Le ciel est, par-dessus le toit,

Si bleu, si calme!

Un arbre, par-dessus le toit,

Berce sa palme. »

Sagesse (1874),

Paul Verlaine

Photo m Christine Grimard

.

Impossible d’ajouter un seul mot à ceux du poète

Surtout CE poète

A travers le balancement de ses mots on voit les palmes danser, même si par-dessus le toit, aujourd’hui le ciel n’est ni bleu, ni calme!

Oui rien à ajouter, vraiment ….

Ou alors, ceci :

Vidéo M Christine Grimard

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Un petit air d’hiver (5) : Entre Deux

« Dans l’interminable

Ennui de la plaine,

La neige incertaine

Luit comme du sable.

 

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune,

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

 

Comme des nuées

Flottent gris les chênes

Des forêts prochaines

Parmi les buées.

 

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune. »

 

Verlaine

*

Photo m. Christine Grimard

.

Dans l’inimitable

Beauté du couchant

Les chênes engourdis

Tendent vers un ciel rouge

Leurs désirs d’infini

.

Entre hiver et printemps

La vie attend son tour

Entre jour et nuit blanche

La mort attend son heure

.

Dans l’irrémédiable

Fuite éperdue du temps

L’esprit choisit le vent

Et dans un rire d’enfant

S’envole sous la lune

Nostalgie d’automne (7) : Soleil roux ou lune rousse 

« Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune

On croirait voir vivre

Et mourir la lune . »

Paul Verlaine

*

.

Photo m Christine Grimard

.

J’ai tendance à penser que le changement d’heure n’apporte rien de positif à nos vies, les économies d’énergie réalisées étant minimes puisque nos machines tournent du matin au soir et du soir au matin, que les batteries gourmandes des ordinateurs, téléphones et autres appareils connectés qui régissent nos vies, nécessitent toujours plus d’énergie et se moquent des horaires diurnes ou nocturnes.

L’homme préhistorique était contraint de suivre les horaires de la lumière solaire pour accomplir ses tâches. Maintenant, la planète ne s’arrête jamais de dépenser l’énergie qu’elle n’abonde plus à produire.

L’industrie nucléaire est en désamour alors que son « empreinte carbone » est beaucoup moins exorbitante  que celle de l’utilisation des énergies fossiles qui nous a conduit à cette catastrophe climatique qui nous menace chaque  jour plus gravement. Il faudrait cependant que l’on arrive à utiliser totalement le combustible nucléaire jusqu’à obtention de résidus inoffensifs, mais nous devrons faire encore quelques progrès techniques en ce sens, plutôt que tout jeter à la poubelle du jour au lendemain .

Il faudrait savoir ce que l’on veut : passer sa vie assis devant ses écrans dévoreurs d’énergie électrique, rouler en velib ou autolib nécessitant l’utilisation de batteries, vivre dans des maisons basse consommation avec le « tout électrique » même optimisé ? Le tout sans centrales nucléaires ?

Je vous laisse juger de l’incompatibilité…

Avons-nous des Alternatives acceptables :

  • panneaux solaires produits en chine en faisant tourner des centrales à charbon et impossibles à recycler ?
  • éoliennes couvrant toute la surface de la terre et la mer, quid de leur empreinte carbone de fabrication ?
  • Moteurs à hydrogène ou à eau ?
  • Retour à la nature, graines germées, peaux de bêtes et cavernes chauffées au naturel à grand renfort de silex-étoupe ?
  • Centrales au sodium ?

Alors les polémiques de ceux qui découvrent soudain que les besoins énergétiques de l’humanité dépassent largement les ressources à sa disposition et que l’on ne pourra effacer de nos vies l’apport de l’industrie nucléaire en un claquement de doigts, me font sourire…

Ou alors on réduit tous, drastiquement nos besoins, retrouvant par exemple le plaisir d’écrire à la bougie, avec une plume et un encrier, plutôt que sur ce clavier de téléphone portable, dévoreur d’énergie électrique comme je suis en train de faire.

Il y aurait tant d’autres exemples nous faisant retrouver les plaisirs simples de l’ère pre-industrielle, où l’homme ne surchauffait pas l’atmosphère…

Quoi qu’il en soit, au stade de ces réflexions, revenons à nos moutons (veaux, vaches, cochons, couvées…) J’ai tendance à penser que ce basculement à l’heure d’hiver ne sert plus à grand chose en ces temps de réchauffement climatique dramatique, la fatigue qu’il occasionne pendant quelques jours n’étant pas soluble dans les économies réalisées pour la planète.

Cependant j’y vois un avantage certain.

Vous ne voyez pas ?

Regardez mieux….

Juste au-dessus du texte….

Ce coucher de soleil, magnifique et flamboyant, soleil d’automne plongeant dans les eaux froides du lac, ce ciel de cuivre !

Il suffit de s’asseoir devant la fenêtre à 17 heures pour admirer ce spectacle,  comme le Petit Prince aux côtés de sa rose, pas besoin d’attendre 23 heures comme en été alors que la chaleur écrasante n’en finit plus de tomber.

Oui, il y a finalement un beau côté, au passage à l’horaire d’hiver !

Journal : assez !

Quelques phrases du poète pour sortir de la grisaille morale ambiante, de la médiocrité distillée et des injures reprises partout sur fond de politique, du manque de respect devenu la règle, de l’impolitesse, de la violence verbale à la violence physique, de la barbarie des guerres qui massacrent les enfants et l’avenir de l’humanité.

J’en ai assez de cette violence physique et verbale, assez des brutalités et de l’irrespect érigé sur un piédestal, assez des coups légitimes que l’on porte au nom de la bienpensance à la dernière mode, ou de l’humour grinçant qui est en fait une ironie mordante visant à écorcher vif l’adversaire,  assez des shows télévisés où le dernier qui a parlé a raison, assez des mensonges et des leurres, assez de toute cette hypocrisie !

J’ai besoin d’un peu d’air frais, d’un peu d’humanité, de phrases simples et de mots doux.
Quelques mots d’un homme écrits pour d’autres hommes, pour retrouver un peu de paix, un souffle nouveau. 

Un jour qui se lève, apaisé… enfin.

..
« L’hiver a cessé : la lumière est tiède

Et danse, du sol au firmament clair.

Il faut que le coeur le plus triste cède

A l’immense joie éparse dans l’air.

Même ce Paris maussade et malade

Semble faire accueil aux jeunes soleils,

Et comme pour une immense accolade

Tend les mille bras de ses toits vermeils. »
Verlaine 

Photo du jour : Ciel de cuivre

*

« Dans l’interminable

Ennui de la plaine,

La neige incertaine

Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune,

On croirait voir vivre

Et mourir la lune. »

Verlaine

*

Photo M Christine Grimard

*

Dans l’infinité

De nos différences

Le ciel nous regarde errer

En se demandant quelle folie nous pousse

A rêver nos vies au temps de notre enfance

Pour en tuer l’espoir avant qu’il ne nous porte

Et oublier nos promesses quand la vie passe en force.

*

Dans l’immensité

De nos espérances

Le ciel puise l’idée d’un avenir radieux

En se demandant ce qui l’inquiétait tant

Quand les hommes ne savaient que détruire et tuer

Puisqu’il a suffi de quelques années d’horreurs et de guerre

Pour qu’ils choisissent de ne garder que le meilleur de cette terre

Et refusent de voir la violence, la peur et la mort dans le regard de leurs enfants.

*

Devant la pérennité

De notre grande arrogance

Le ciel nous offre une dernière chance

De se départir de notre condescendance

Pour reconstruire la terre de nos rêves d’enfance

Avant que nous emporte le vent glacé de l’inconscience

Qui se nourrit de mensonges, de pillages, de terreur, de guerres et de violences

*

Tenterons-nous

Notre chance ?