Vases communicants d’Août: « Là où l’on se trouve » (2/2)

Pour ceux qui n’auraient pas pu lire le texte que j’avais écrit pour cet échange de vases du mois d’août avec aunryz Tamel, je le publie de nouveau ce matin et en profite pour le remercier encore pour cet échange maritime…

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Rêver de l’été.

Rêver de la chaleur du sable, de la fraîcheur de l’océan, de la chanson des vagues sur le sable de l’estran, de la caresse du vent dans mes cheveux, du claquement des voiles à l’horizon, des gerbes d’eau sur les coques.

Rêver d’une vie sous le vent, les deux pieds rivés au bitume, la tête dans le brouillard, les yeux dans le vague.

Rêver de barques multicolores emportant leurs casiers pour la pêche aux araignées.

Rêver de marées descendantes qui emportent le nageur jusqu’à l’horizon.

Rêver de rochers découpant leurs formes fantastiques sur la pourpre du couchant.

Rêver du parfum du varech chatouillant mes narines.

Rêver de ce combat avec le vent pour rester debout sur la dune les soirs de marées d’équinoxe.

Rêver que la prochaine tempête m’emportera avec le sable pour que plus rien n’ait d’importance que le reflux de l’eau sur ma peau.

Rêver de voiles qui se tendent, de cordages qui tintent, orchestre sous le vent.

Rêver de lendemains qui voguent.

Ne plus rêver et se réveiller là-bas.

Se frotter les yeux pour en être bien sûre.

Et puis entendre, derrière les arbres du jardin, ce bruit rauque de la marée qui monte sur les galets plats. Se souvenir qu’à vol de goéland, la falaise est à deux pas…

Reprendre son souffle. Ici l’air est si léger…

Sourire et se rendormir, bercée par les vagues !

 

Photo Aunryz Tamel

texte M.Christine Grimard

Vases Communicants de Mai : Des vols et des cendres (1/2)

« Tiers Livre (http://www.tierslivre.net/) et Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr/) sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

Sur le blog : Le rendez-vous des vases communicants , Angèle Casanova à qui Brigitte Célérier a transmis le flambeau, centralise la liste des échanges. La liste des Vases communicants du mois de mai  2015 est accessible .

Je remercie pour sa présence sur cette page Sébastien De Cornuaud-Marcheteau, que je reçois avec une grande joie, l’ayant découvert sur son blog  Labyrinthiques où vous pourrez découvrir d’autres horizons, des lectures, de la poésie et des pages…

Si vous souhaitez lire mon texte, il me fait l’honneur de me recevoir sur sa page de «Labyrinthiques».

Le texte est inspiré d’une de ses photos d’un bourdon épuisé et mourant. Il souhaitait que l’on parte, sic : « en tant que que potentiel de texte, de la phrase mystérieuse et érotique de  Jim Morrison :  « We need great golden copulations » qui me paraît être un vers dédié au monde des abeilles…. » je vous laisse juger du résultat.

Il a laissé courir ses mots sur une de mes photos, celle d’une grue qui cherchait son repas sur la plage du Veillon en vendée, qu’il a superbement illustrée et je vous laisse le plaisir de découvrir comment…

Je souhaite à tous une navigation agréable entre les lignes et les textes de ce mois-ci.

 

grue2

Photo M. Christine Grimard

 

Il y a la grue,
il y a le goéland
la galinette
l’oie
le héron l’ada
le puffin le busard
corps et plumes
cendrés
soleil
et ciel
cendrés
aussi
cendrés encore
de quels pays d’incendie, de quelles eaux calcinées
de quelles flammes
de quelles braises
avez-vous réchappé ?
de quel lieu
portez-vous le nom sinon celui d’une
Île
excentrée
ex-cendrée du monde »

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Promenade d’automne

Alors que l’automne est parti définitivement, je reprends ce texte que j’ai eu la grande joie de partager avec Marlen Sauvage, auteur du blog « Les ateliers du déluge » dans le cadre des « Vases communicants » de décembre.

Ce fut un échange de plaisir et d’amitié, autour du thème de la nature, sous la forme de Haïku que nous affectionnons toutes les deux.

Je remercie Marlen très chaleureusement, d’avoir initié ce dialogue.

Et je reprends ce texte ici avant de l’oublier

 

haiku vases

Vole vent fripon !

Toute surprise, l’Automne

Perdit son jupon.

***

Plus aucune feuille

Sur les branches endormies,

Plus le moindre bruit.

***

Je marque le pas

Quand dans la forêt rouillée

Arrive le froid.

***

Pourtant elle est belle,

Nue, sous le ciel irisé

De nuées bleutées.

***

Sous son soleil pâle

La lumière a une mine

E-pou-van-ta-ble !

***

L’oiseau égaré

Chante sa dernière plainte

Triste mélopée

***

Figée sous les branches

Les yeux rivés sur sa voix

J’écoute en silence.

***

Il chante l’automne,

La saison d’abandonner

Pour ne pas mourir.

***

Un peu de patience,

Une nouvelle espérance

Reviendra demain.

***

Je repars avec

Mon sourire et son espoir

De voir le printemps

***