Un petit air d’hiver (9) : liste d’attente

Stephen Hawking :

« Be curious. And, however difficult life may seem, there is always something you can do and succeed at. It matters that you don’t just give up. »

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Photo m Christine Grimard

Ne pas se laisser engloutir par le manque de lumière.

Apprécier les ciels d’orage comme on le ferait d’un spectacle de jazz où le batteur se croit seul au monde.

Tendre ses branches vers le ciel pour capter la moindre parcelle de lumière comme on prendrait sa douche sous une cascade tropicale.

Se réchauffer du pâle soleil de mars aussi gris au zénith qu’au petit matin, en occultant les quelques flocons qui tourbillonnent autour de son tronc.

Prendre solidement appui sur ses racines pour résister aux violentes rafales de mars, leur tourner résolument le dos, le regard tourné vers l’été qui viendra.

Ne jamais se décourager et ne garder que le meilleur de la vie qui va, laissant derrière soi l’inutile et le mauvais.

Rêver au monde tel qu’il devrait être et s’en souvenir au matin, pour en bâtir un petit morceau chaque jour.

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Un petit air d’hiver (8) : Eau d’ici, eau d’ailleurs

« Il n’y a, en fait d’infini, que le ciel qui le soit à cause de ses étoiles, la mer à cause de ses gouttes d’eau, et le cœur à cause de ses larmes. Par là seul il est grand, tout le reste est petit. »

Correspondance: A Louise Colet 9 août 1846

Gustave Flaubert

Photo m.christine Grimard

..

D’où vient-elle

L’eau de là

Où va-t-elle

L’eau là-bas

Vers quelle rivière

Ruissèlera-t-elle

Vers quel estuaire

Glissera-t-elle

….

Dans quel corps

A-t-elle vécu

Sur quelles joues

A-t-elle coulé

…..

De quels chagrins

Se souvient-elle

Vers quels espoirs

Affluera-t-elle

…….

Où vit-elle

L’eau de là

D’Où vient-elle

De l’au-delà

.

Un petit air d’hiver (7) : leurre ou l’heure

« L’heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. » Colette

Un petit air trompeur

Où ce coquin d’hiver

Se déguise en printemps

Pour tromper les naïfs

Qui le croient moribond

Se réveillera demain

Pour brûler les bourgeons

Qui se sont entre-ouverts

Aux premiers jours plus longs

Quelle est cette lueur ?

Un semblant de printemps

Ou n’est-ce encore qu’un leurre ?

Un dernier déguisement

Avant que sonne l’heure

D’arrivée du printemps

Un petit air d’hiver (6) : un petit tour et puis…

« Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger »

Louis Aragon

*

Photo M. Christine Grimard

***

Un petit tour

Et puis l’hiver

Fond comme neige au soleil

.

Un petit tour

Et puis le vent

Soulève les jupons des jonquilles

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Un petit tour

Et puis le temps

Fait fondre la glace des étangs

.

Un petit tour

Et le dégel

Mouille les pattes des canards

.

Un petit tour

Et puis l’espoir

Revient dans le cœur des enfants

Un petit air d’hiver (5) : Entre Deux

« Dans l’interminable

Ennui de la plaine,

La neige incertaine

Luit comme du sable.

 

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune,

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

 

Comme des nuées

Flottent gris les chênes

Des forêts prochaines

Parmi les buées.

 

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune. »

 

Verlaine

*

Photo m. Christine Grimard

.

Dans l’inimitable

Beauté du couchant

Les chênes engourdis

Tendent vers un ciel rouge

Leurs désirs d’infini

.

Entre hiver et printemps

La vie attend son tour

Entre jour et nuit blanche

La mort attend son heure

.

Dans l’irrémédiable

Fuite éperdue du temps

L’esprit choisit le vent

Et dans un rire d’enfant

S’envole sous la lune

Un petit air d’hiver (3) : Ice touch

« Il est des parcelles de lieux où l’âme rare subitement exulte.

Alentour ce n’est qu’espace indifférent.

Du sol glacé elle s’élève, déploie tel un chant sa fourrure, pour protéger ce qui la bouleverse, l’ôter de la vue du froid. »

Commune présence (1964)

René Char
*

 

 

Photo M.Christine Grimard

*

Dentelles

Sinueuses insinuées

Entre les lignes de nos vies

Coulant leurs ongles de cristal

Au long de nos échines fragiles de corail

Nous plongeant peu à peu dans un rêve glacial

Ferrant d’argent leurs pièges de métal

Nageant dans le mystère de l’infini

Jusqu’à nos matins blêmes

En rêvant de lumière

Immortelle

*

 

 

 

Un petit air d’hiver (2)

« Tout comme le noyau d’un fruit se brise pour exposer son coeur au soleil, il vous faut connaître la douleur. Et si votre coeur pouvait s’émerveiller en permanence devant les miracles quotidiens de votre vie, votre douleur ne lui paraîtrait pas moins étonnante que votre joie. Et vous accepteriez les saisons de votre coeur de la même façon que vous avez toujours accepté la succession des saisons dans vos campagnes. Et vous veilleriez sereinement au long des hivers de votre souffrance. »

Le Prophète

Khalil Gibran

Photo Christine Grimard

*^*

Un, deux, trois, soleil

Que les matins clairs d’hiver

Jamais ne réchauffent

^*^

Un, deux, trois, hiver

Sur les berges submergées

S’incruste en silence

*^*

Un, deux, trois, fraîcheur

Descendue de Sibérie

Nous fait frissonner

*^*

Un, deux, trois, espoir

D’un printemps tant espéré

Aux décours de mars