Haïku 72 : Couleur estran

 
The beach par Josh Adamski

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La frange d’écume 

Où terre et mer se marient

Nous parle de brume

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Confessions Intimes : Floraprima

blog 11

Photo M. Christine Grimard

 

Il fait un peu froid ce matin.

Quelle est cette odeur douce et musquée ? Elle m’entoure toute entière, elle me baigne …

Où suis-je arrivée encore ?

Dans quel monde m’a-t-on envoyé cette fois-ci ?

Qu’ont-ils dit déjà quand je suis partie ?

Vous verrez, cela ne ressemble à rien de ce que vous connaissez déjà.  C’est un monde magnifique, toutes les formes de vie s’y épanouissent. Nous avons pensé que vous méritiez d’y goûter. Vous avez déjà tant donné depuis le début de votre périple, connu tant de contrées hostiles. Il est temps de pouvoir vous reposer un peu et profiter de ce soleil qui inonde ce monde. La hiérarchie vous accorde un peu de bon temps. Ce n’est que justice !

Ils avaient raison, ce monde ne ressemble à aucun autre. Je ne vois pas encore très clair, tout autour de moi semble cotonneux. Je viens de déployer mes pétales, et mes étamines captent les premières lueurs du matin. C’est doux et c’est chaud…

C’est bon… C’est très bon.

L’air est sucré, et je suis caressée par un léger vent tiède à souhait. Les couleurs de cette forêt sont magnifiques, teintées de toutes les nuances du vert, mais à y regarder de plus près, ce vert est presque jaune. Les feuilles des arbres qui m’entourent frissonnent, se déploient vers la lumière; leurs nervures ondulent vers le ciel. Les racines qui s’insinuent sous la mousse, elle semblent glisser sur un tapis de miel.

J’ai l’impression d’être enfin arrivée chez moi. je vais pouvoir rester là.

Une abeille s’approche. Je la regarde et lui ouvre mon cœur. Elle frôle mon pistil en une caresse de mousseline. Ses ailes battent et me chatouillent.

C’est bon… C’est très bon.

Quelle magnifique petite planète. Je suis heureuse d’être là. Il faudra que je les remercie de m’avoir permis de la connaître avant que mes molécules se dispersent de nouveau dans la galaxie. Je vais en profiter en attendant, le vent solaire viendra me chercher bien assez tôt.

En attendant, je suis là, et j’aime ça. Encore un peu …

Il faut savoir apprécier ce que l’on a.

Il faut savoir aimer sa vie pendant qu’on la tient. Et je la tiens encore pour quelques heures.

J’ai déployé ma corolle blanche au soleil du matin.

C’est bon… C’est très bon…

blog

Photo M. Christine Grimard

 

 

 

Photo du jour : Miracle

« Il n’y a que deux façons de vivre sa vie : l’une en faisant comme si rien n’était un miracle, l’autre en faisant comme si tout était un miracle. »
Albert Einstein

flocon

La terre est minuscule , infime partie de l’univers, et nous, humains, qui nous agitons à sa surface, qui sommes-nous ?

Des larves. Des espoirs. Des merveilles.

Le centre de l’Univers …

Tout est relatif, je ne suis qu’une goutte d’ADN qui se promène dans l’éther.

Je ne suis qu’une particule, qu’une poussière d’étoile.

Par quel miracle, suis-je arrivée ici ?

*

Pourquoi toute cette fureur qui nous anime, pour ceci, pour cela, pour celui-ci, pour celui-là.

« Regardez-moi tous, écoutez-moi et taisez-vous. Je suis le plus grand, le plus fort, le plus beau, le plus violent, le plus sage. C’est moi qui détiens la vérité. Si tu ne me crois pas, je te loge du plomb dans la cervelle, ça t’apprendra à réfléchir… »

La nuit tombe sur la France et le jour se lève en Alaska. La planète jamais ne dort, elle tourne , tourne, tourne…

Les hommes qui ont bâti le passé ont-ils disparu dans la spirale du temps ? Sont-ils revenu ici, plus sages, forts de leur expérience ?

*

Le passé n’est que souvenirs et regrets.

Le présent coule entre mes doigts.

L’avenir n’est qu’une hypothèse.

La vie s’enfuit de nos cellules dès la première seconde.

Le compte à rebours est lancé.

*

J’ai les pieds posés sur le sol.

J’ai l’impression que rien ne bouge, mais ce sol sous mes pieds tourne, tourne, tourne…

Qui a lancé ce manège ?

Ce soir, la terre tourne trop vite, j’ai un peu le vertige…

*

Photo du jour: Moments

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Pour toi, la ville s’endort.
Le fleuve se teinte de feu.
Sur les ponts,
Les derniers passants pressés,
Laissent glisser leur ombre,
Le long des pavés sombres
À contre-jour.
En contre-champ,
À contre-cœur.

Tu te hâtes de rentrer,
Avant que la nuit ne t’engloutisse,
De son hostile obscurité.

Pour moi, le matin ouvre ses volets.
L’air est encore frais,
La lumière est légère.
La rumeur de la ville étire
Ses derniers lambeaux de nuit.
Les premiers passants glissent
Sur les pavés humides
d’un petit jour pluvieux.

Je me hâte de sortir,
Avant que je temps ne m’enserre,
De ses griffes de regrets.

Tu mon Ouest.
Je suis ton Est.
Mais nous dansons ensemble
Sur la même Terre.

Donnons-nous la main,
Je sais que tu es là.
Donnons-nous le temps,
Tu sais que je vis là.
Oublions nos peurs,
D’être si différents.
Unissons nos cœurs,
D’être si ressemblants.

Bonsoir mon frère
Que cette nuit te soit douce.
Bonjour ma sœur
Que ce jour te soit fou.

Photo du jour : Genèse

Premier jour, lumière !
L’aube dispose
Son voile rose
Entre ciel et mer.

La terre encore fumante
Expire des volutes rougies.
La poussière céleste jaillit
En pluie d’étincelles vacillantes.

Pas âme qui vive
Sur cette éponge minérale
Mais déjà la beauté astrale
Brille sur l’autre rive.

Tout au fond de l’océan primaire,
La vie attend son heure.
Elle garde ses joies et ses malheurs,
Pour le temps doux-amer
Où l’homme paraîtra.

Qui vivra, verra…

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Photo d’auteur inconnu

 

Genèse / Arman Amar
genèse Arman Amar