Une image… une histoire : sans issue (3)

Photo Marie-Christine Grimard

Elle doit se dépêcher. Il faut qu’elle parte, elle va être en retard si elle traîne encore. La porte semble se refermer doucement, poussée par le vent. Il faut qu’elle l’atteigne avant qu’elle claque. Au-dessus d’elle, la mouette a disparu. Elle ne l’a pas vu partir.

Un sentiment d’urgence l’envahit. Elle ne sait plus pourquoi mais il faut qu’elle se dépêche. Elle devait prendre un train ou alors un bus, ou peut-être qu’on l’attend. Pourquoi elle ne se souvient pas ? C’est pénible. Et ce marteau piqueur dans ses oreilles, ça va durer encore longtemps ?

Derrière elle, la mésange bizarre pousse un cri. Surprise, elle se retourne. Quelqu’un est là, au bout du sentier qui lui fait un signe de la main. Qui est cette femme ? Elle lui est familière pourtant…

Elle lève la main pour lui répondre. L’inconnue lui sourit, le regard plein d’une infinie douceur. Au moment où elle franchit la porte, gardant la main sur la poignée pour qu’elle ne se referme pas sur elle, elle l’entend lui murmurer :

– Dépêche-toi de retourner là-bas mon enfant. Tu as encore beaucoup de choses à faire. Ne te retourne pas. Nous nous reverrons plus tard. Je t’aime !

…………….

– Madame c’est vous qui avez appelé les secours ?

– Oui, c’est moi ! Elle est tombée là, devant moi, d’un seul coup ! Elle était immobile devant cette peinture depuis je ne sais combien de temps, en plein soleil. Je la regardais de ma fenêtre et je l’ai vue tomber comme une pierre ! Vous croyez qu’elle est morte ?

– Non, mais il s’en est fallu de peu. Heureusement que nous étions pas très loin. On va la transférer rapidement aux urgences neurologiques, elle a entrouvert les yeux et nous a dit son prénom. Mais elle a oublié son nom. Vous avez fait ce qu’il fallait, ne vous inquiétez pas. Vous avez une idée de son identité ?

– Non, je ne l’avais jamais vue auparavant. Mais son sac est tombé au bord du trottoir. Regardez, il y a sûrement des papiers à l’intérieur.

– Merci beaucoup, madame. Rentrez chez vous maintenant. On s’en occupe.

– Aller les gars, on la transfère à Neuro. Ils l’attendent au bloc. On y va !

—> FIN