Photos du jour : Course du Vendée-Va’a

« Ses fluctuat nec mergitur

C’était pas de la littérature ,

N’en déplaise aux jeteurs de sorts,

aux jeteurs de sorts,

Son capitaine et ses matelots

N’étaient pas des enfants d’salauds,

Mais des amis franco de port,

Des copains d’abord.

Georges Brassens (les copains d’abord)

Photo M.Christine Grimard

En mai, au départ des sables d’olonne, la course Vendée-Va’a attire les regards et les encouragements. Le chenal de sortie du port, celui d’où s’élance les concurrents du célèbre Vendée-Globe, voit passer les pirogues d’inspiration polynésiennes qui vont affronter le courant dès le franchissement du phare.

Photo M.Christine Grimard

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En cette journée fraîche de Mai, les rouleaux sont impressionnants pour des équipiers pagayant au ras des flots. Le vent du Nord a découragé certains spectateurs mais ceux qui sont là, donnent de la voix.

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Photo M. Christine Grimard

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C’est l’heure où les pêcheurs rentrent, ayant déposé leurs filets, et relevé leurs casiers, escortés par des goélands fripons qui savent qu’ils trouveront à leur bord, un déjeuner gratuit sans de fatiguer à le pêcher !

Ne sentez-vous pas ce parfum de varech ?

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Un été en bandoulière (25)

« Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs.

Dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité.

En bateau, on sait ou on ne sait pas. »

Eric Tabarly

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Photo m Christine grimard

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Au fond du port de pêche

Patientent les bateaux

Attendant la marée haute

Pour pouvoir sortir du chenal

Sans se délester de leur quille

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En ondoyant, ils rêvent

D’îles fabuleuses sous le vent

Où les vagues seraient douces

Et les poissons seraient d’argent

Où le soleil porterait haut

Et l’hiver n’existerait pas

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En attendant, ils affabulent

Jusqu’au petit matin

Sentant craquer le bois de leur étrave

Sous les premiers rayons du jour

Au loin cliquettent les drisses

Le long des mâts des catamarans

De la course au large

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Peu leur importe d’être de bois ou de carbone

Leur vie glisse sur la crête des vagues

Jusqu’à ce que la dernière tempête

Les emporte dans une gerbe d’écume

Etincelante dans le couchant

Au goût de sel et de vent

Clichés 90 : Balades vendéennes (5)

La ville des Sables d’Olonne est tournée vers l’océan de toutes les manières possibles.

Le célèbre remblai où les maisons du siècle dernier toutes serrées les unes contre les autres pour se protéger des tempêtes, sont progressivement remplacées par des immeubles imposants.

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Photo M.Christine Grimard

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Photo M.Christine Grimard

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Mais aussi et surtout ses ports, le port de pêche où le nombre des pêcheurs professionnels décline peu à peu, relégués au fond du port à proximité des bâtiments de la criée…

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Photo M.Christine Grimard

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port 4

photo M.Christine Grimard

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port 6

photo M.Christine Grimard

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port 9

photo M.Christine Grimard

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Où les drapeaux indiquant l’emplacement des filets ne sont pas uniquement décoratifs

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port 10

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Le port de pêche fait face au quartier de La chaume où vivent de nombreux marins pêcheurs

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port 11

photo M.Christine Grimard

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Dans l’autre partie du Port, qui était autrefois occupée par les bateaux de pêche, s’est développée peu à peu une partie réservée aux plaisanciers

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photo M.Christine Grimard

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port 8

photo M.Christine Grimard

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Plus au Nord, un second port construit plus récemment, appelé Port Olonna accueille tous les quatre ans les voiliers IMOCA participant à la course au large du Vendée-Globe, considéré comme l’Everest des mers.

Cette année verra un nouveau départ de l’aventure en novembre.

La dernière édition de 2012/2013 dont j’ai retrouvé mes photos ci-dessous avait été remportée par François Gabart et 78 jours

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port 12

photo M.Christine Grimard

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Le Vendée Globe est l’occasion pour les Sablais de déclarer leur amour pour les marins qui risquent leur vie autour du Globe pendant trois mois, en étant présents au départ et pour chaque arrivée de bateau, quelle que soit l’heure, sur les rives du chenal, pour les acclamer sans réserve, du premier au dernier !

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port 13

photo M.Christine Grimard

port 14

photo M.Christine Grimard

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Il me semble que le point commun de tous ces marins est l’amour de la mer, de la lumière et de la liberté que l’on trouve sur l’océan

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port 15

photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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Amour que je partage avec eux, et avec vous…

Clichés 41 : Étraves 

Photo M. Christine Grimard

 

Triples

 

Photo M. Christine Grimard

 

Simples

 

Photo M. Christine Grimard

 

Bavardes

Photo M. Christine Grimard

 

Muettes

 

Photo M. Christine Grimard

 

Frémissantes

 

Photo M. Christine Grimard

 

Méditerranéennes

 

Photo M. Christine Grimard

Vendéennes

 

Photo M. Christine Grimard

Paisibles

 

 

Photo M. Christine Grimard

 

Patriotes

 

Photo M. Christine Grimard

Rêveuses

 

 

Photo M. Christine Grimard

Travailleuses

 

 

Photo M. Christine Grimard

Sportives

 

 

Photo M. Christine Grimard

 

Attirantes

Comme des promesses de voyages

Je les aime

Comme un rêve d’ailleurs meilleurs

Photo du jour: glisser sur la lumière

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J’attends qu’ils arrivent.

C’est l’heure où ils reviennent, les cales chargées de friandises et de surprises.

Il en reste toujours un peu pour moi.

Quelques anchois.

Quelques solettes.

Quelques ablettes.

En attendant, je me laisse glisser dans cette lumière.

Ça scintille et ça chatouille.

J’en ai les ailes frémissantes.

J’en ai les pattes frissonnantes.

Ils ne savent pas.

Ils n’ont jamais essayé.

Ils n’ont jamais laissé leur ventre glisser tout doucement dans ces vaguelettes d’étincelles, aussi caressantes qu’un nuage de vent.

Ils n’ont jamais goûté aux délices des goélands.

Ils ne sont que des Corps sans ailes ces pauvres humains…

Une image…une histoire: Bleu.

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Encore un jour pour rien.
De toute manière, dans ce village, il ne se passait jamais rien. Et elle le savait d’avance, il ne se passerait jamais rien.

La vie était ailleurs, elle ne savait pas très bien où, mais ailleurs qu’ici, en tout cas. Un jour, elle en étais sûre, elle irait voir la vie.
Elle partirait.

Sa mère ne voulait pas en entendre parler, alors elle n’en parlait pas, mais elle allait souvent sur le port pour voir les bateaux chargés de touristes en partance.

Ici, la mer était bleue.
Ici, le soleil était haut.
Ici, les fruits étaient juteux.
Ici, la chaleur était moite.
Ici, la vie était lourde.
Ici, la mort était lente.

Sa mère voulait qu’elle apprenne le monde, alors elle l’envoyait à l’école. Elle savait qu’elle avait raison, que c’était le seul moyen de sortir d’ici un jour. Alors elle apprenait le monde, elle apprenait la vie d’ailleurs, elle apprenait les chiffres, les mots, les sons d’ailleurs.
La vie d’ici, elle la voyait fleurir par la fenêtre de la classe, elle l’entendait siffler dans les bougainvilliers, elle la sentait respirer dans le vent du soir.
La vie d’ici, elle la connaissait, elle en avait fait le tour, du haut de ses douze ans, elle n’avait plus rien à lui apprendre.

Alors tous les soirs, à l’heure où ses amis rentraient sagement, elle descendait jusqu’au port pour regarder s’éloigner les navires.
La rue bleue était son refuge.
Elle pouvait rester là pendant des heures, dans ce bain de couleur.

Ce soir, la chaleur était écrasante, et elle rêvait de rivages lointains, là-bas, vers le nord, et d’hivers enneigés.
Elle resta prostrée dans l’ombre bleue de cette persienne, jusqu’à ce que le dernier bateau quitte la passe.
Dans tout ce bleu, elle se sentait chez elle, dans son océan de rêve, dans son cocon outremer.
Ici, tout était possible.

Demain, elle aurait le courage.
Demain, elle s’en irait.
Demain.
À cette pensée, sa vue se brouilla. Elle sentit une larme couler le long de sa joue et s’écraser sur ses orteils.

Elle tourna la tête vers le quai, surprise par le son d’une corne de brume, crevant le silence.
Un navire magnifique entrait dans le port. Elle n’en avait jamais vu d’aussi grand.
Un sourire revint danser sur ses lèvres.

Sur la poupe s’étalait en lettres bleues sur fond blanc: « Nautilus »
À contre-jour, ce bleu rutilant dans la lumière, c’était le signe qu’elle attendait.
Le bleu avait toujours été sa couleur préférée.
C’était sa chance …
Demain…
Enfin…