Photo du jour : première tentative d’avril 

« Ce qu’on appelle un poète n’est qu’une anomalie de l’humain, une inflammation de l’âme qui souffre au moindre contact – même à celui d’une brise. »

Christian Bobin 
 

photo M.Christine Grimard

 
Quelques pas sous les branches suffisent pour que l’émotion m’étreigne.

La vie est là, échevelée, attentive au moindre rayon de lumière, de nouveau resplendissante. 

Il semble que la joie muette soit contagieuse. Les yeux levés vers le ciel, je laisse venir à moi ce chant d’oiseau au loin. Ses trilles portées par la brise légère, accompagnent la floraison incendiaire des érables,  en un ballet d’étamines ébouriffées  de lumière. 

Et je tourne les pages d’un atlas imaginaire, en faisant le tour du jardin, où chaque artiste enfile son costume de scène, ajustant son corset, paufinant son parfum, avant que le spectacle ne commence.

 

photo M.Christine Grimard

 
Certains ont le trac.

« Dis, tu m’aideras si je perds mon texte ?  »

« Approche-toi de moi, je te soufflerai… »

Encore quelques heures de soleil, les spectateurs s’installent doucement, dans le silence de la prairie.

Il y a foule aujourd’hui !

 

photo M.Christine Grimard

 
Silence dans les rangs !

Maestro, s’il vous plaît…

Musique Philip Glass 

Mad Rush

Clichés 54 : inutilités (3)

« Quand il allume son réverbère, c’est comme s’il faisait naître une étoile de plus,

ou une fleur.

Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l’étoile.

C’est une occupation très jolie.

C’est véritablement utile puisque c’est joli. »

Le Petit Prince

Antoine de Saint-Exupery

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photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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Toutes ces petites inutilités me sont indispensables,

comme autant de gouttes de lumières

posées sur mon chemin

m’aidant à avancer.

Avec en bandoulière,

les mots du poète

Et ses couleurs

au fond du cœur.

*

Photo du jour : Transmettre la flamme

« Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. »

Paul Eluard

bougie

*

Que serions-nous sans les poètes ?

Sans les mots qu’ils nous donnent, sans les phrases qu’ils nous chantent.

Imaginons un monde muet.

Un monde de silence.

Que serions-nous alors ?

Une horde de robot marchant dans un brouillard sans nom, n’ayant pour tout repère que les regards hagards d’autres robots errants.

Un cauchemar sans fin.

Un monde désertique, hostile et froid.

*

Alors, je crie :

A tous ceux qui ont peur des mots, à tous ceux qui veulent tuer le verbe, à tous ceux qui souhaitent censurer  les langues et les idées,

Écoutez le poète qui murmure dans le vent du désert,

Laissez son chant apaiser vos tempêtes de sable,

Laissez sa lumière étoiler votre obscurité,

Acceptez de transmettre la flamme qui illuminera le monde.

*

Que serions-nous sans les poètes ?

Que serions-nous sans les mots ?

Un amas de plasma  perdu dans l’espace glacé,

Une étoile morte,

Un homme sans mémoire.