Un été en bandoulière (30)

« Ma France à moi c’est celle de Picasso, de Cézanne et celle de Soulages, celle d’Ingres, celle de Rodin, la France des calembours, des Bidochons, celle de la paillardise aussi bien que celle du chant des partisans. 

Ma France c’est celle de Daumier, celle de l’ Assiette au beurre, du Sapeur Camembert, celle de Chaval, celle de Cabu, de Gottlieb, de Siné, celle du Canard, de Fluide Glacial et de Charlie, drôles, insolents, libres ! 

Ma France, c’est aussi celle des dictées de Pivot celle de Klarsfeld et celle de Léopold Sedar Senghor, la France des Enfants du Paradis et des Enfants du Veld ’hiv, celle de la mode libre, celle de la danse, des flirts et des câlins, celle de la musique douce et des rock déjantés, celle de la gourmandise, ma France à moi c’est une France capable de renvoyer dos à dos la Bible et le Coran s’il lui prend l’envie d’être athée. »

Ma France à moi.

Pierre Perret

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Photo m. Christine grimard

Rue Manuel (ancienne Rue du paradis)

Les sables d’olonne (Vendée)

Rue Manuel 

On s’interpelle

Rue Manuel 

On est plus près du ciel 

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Rue du paradis 

On rit

Rue du paradis 

On Vit

Souvent, en flânant dans ces ruelles où des jolies maisons se serrent les unes contre les autres, je me demande quelles joies, quelles peines, quelles  passions, quelles attentes se cachent derrière les fenêtres aux rideaux brodés de mouettes.

On est forcément heureux en vivant dans une maison aussi jolie. Derrière une façade aux couleurs tendres, où les roses trémières ont élu domicile, le malheur ne peut pénétrer. Dehors, on n’entend que des rires d’enfants et le murmure lointain des vagues sur la jetée.

Les nouvelles terrifiantes de la folie du monde sont si loin, si incroyables, si impensables.

Le monde sanglant, barbare, inhumain ne peut exister ici. Peut-être sommes-nous dans un monde parallèle…

Rue du paradis 

Tout est permis

Rue du paradis 

On rit de la vie