Phrases 13 : Mots effeuillés

« L’arbre est un livre ouvert. Le vent en tourne distraitement les pages comme s’il pensait à autre chose. »

Christian Bobin

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Photo d’auteur inconnu

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  • Ma vie est un livre ouvert dont le vent de la plaine tourne les pages, d’où les mots s’envolent en chantant, tantôt séchés au soleil des étés brûlants, tantôt pétrifiés par les hivers glacials, et dont il ne restera qu’un amas de poussière légère quand la nuit en aura refermé la couverture de ses doigts étoilés.
  • Au fil de ses feuillets, le livre se raconte des histoires de fées dansant sous les branches; et la page qui se rappelle de sa forêt natale, frémit sous le vent de la lande en s’envolant pour le bal des korrigans.
  • Près de la rive, les peupliers laissent leurs branches onduler sous la brise mais lorsque l’orage se lève au pied de la colline, les tourbillons du vent leur donnent le vertige et l’on entend leur rire planer jusqu’au matin.