Photos du jour : ciel de traîne

Photo m Christine Grimard

Ciel dit variable

Souvent ciel varie

Hésite et puis se calme

Ciel qui rit et puis qui crie

.

Ciel de charme

Où passent les nuages

A la vitesse d’un rêve au galop

Courant après le vent pas si mauvais que ça

.

Ciel de traîne

Qui étire sa mélancolie d’automne

Er traîne une envie de printemps

Oubliant que le temps jamais ne s’arrête

.

Ciel d’ombres

Où se cache un cavalier sombre

Qui parfois montre son regard noir

Aux rêveurs marchant le nez en l’air..,

.

Photo m Christine Grimard

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Photo du jour : à l’ombre de mes silences

photo M.Ch. Grimard

*

‪L’ombre n’est que l’envers de la lumière ‬

‪La chaleur reviendra sur les jours et la douceur sur les nuits ‬

‪La vie patiente là dans le soleil ‬

Je la regarde, immobile à l’ombre de ce printemps naissant

Je compte les jours qui me restent

Je tente de retenir les minutes et les secondes

Je mesure les instants qui coulent sous ma peau

En flots d’espoir

En océan de joies

En vagues de plaisir

En déceptions ou vaines illusions 

Et je laisse la vie briller à l’ombre de mes silences

Jusqu’à l’ultime seconde où ne comptera plus que l’amour donné et reçu 

*

photo M.Ch. Grimard

Phrases 31 : Mots en demi-teinte

« Nous ne pouvons vivre que dans l’entrouvert,

exactement sur la ligne hermétique de partage de l’ombre et de la lumière. »

René Char

*

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Photo M. Christine Grimard

 

 

  • Lorsque la vie te déçoit, demande-toi si le chemin que tu as pris était le bon, retourne sur tes pas, cherche ton étoile et fais-lui confiance, elle éclairera ta route si tu ne la quittes pas des yeux.
  • Nous marchons sur un fil plus fin que la soie, plus fragile qu’un cil, avançant au hasard entre lumières et ombres,  le nez au vent, portés par une confiance insolente en notre chance, jusqu’à ce que la corde s’effiloche et que le vent nous emporte.
  • Il faut si peu de chose pour que le jour bascule et que l’obscurité envahisse notre vie, qu’il faut apprendre aux enfants à se nourrir de lumière pendant qu’elle brille encore et à s’en souvenir la nuit pour achever leurs rêves.

 

Vases communicants de mars : Dans l’ombre de Cézanne

Je reprends aujourd’hui  le texte partagé lors des Vases communicants de mars avec Danielle Masson sur son blog, écrit à partir d’une de ses photos. J’espère que ceux qui n’ont pas eu l’occasion de le lire, seront heureux de le faire aujourd’hui.

 

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Dans l’ombre de Cézanne

Cette maison lui avait plu d’emblée, il l’avait visitée un jour où le soleil provençal inondait la façade. Le prix demandé dépassait de beaucoup ses possibilités mais il s’était débrouillé pour réunir la somme et voilà trois mois qu’il profitait de cette lumière. Elle avait besoin d’un sérieux rafraîchissement, mais il n’avait plus les moyens de faire réaliser les travaux. Qu’à cela ne tienne, il les ferait seul, petit à petit.

Il était revenu dans la région où il passait une partie de ses vacances durant son enfance. Sa mère qui l’avait élevé seule, ne prenait jamais de vacances. Elle l’envoyait chez une vieille tante, veuve de guerre, qui n’avait jamais eu d’enfant et qui le gâtait outrageusement à chaque séjour. Il en gardait des souvenirs au goût de miel et de lavande. Avant-guerre, elle tenait une confiserie, et elle ne le laissait «remonter à Paris» sans une provision de calissons dans ses valises, pour «ne pas manquer de soleil jusqu’à la Noël ». Il entendait encore son accent chantant, et lorsqu’il mangeait ses calissons en fermant les yeux, il revoyait immédiatement son sourire chaleureux et l’éclat plein de bonté de son regard aussi bleu que le ciel Aixois.

Alors, au vu de cette maison donnant sur la montagne sainte Victoire, il n’avait pu résister. C’était ce qu’il cherchait sans le savoir depuis si longtemps. L’occasion de quitter la grisaille parisienne et de démarrer une nouvelle vie, à l’ombre des Oliviers. Son rêve de s’installer dans la campagne aixoise et de finir ses jours là où tant d’artistes avaient choisi d’installer leurs dernières œuvres, allait finalement se réaliser. Il était peintre à ses heures, mais faute de succès, ses toiles ne décoraient que les murs de sa maison et de celle de ses amis. Elle était bien finie sa vie passée derrière un guichet, il pourrait donner enfin libre cours à ses élans créatifs. Il deviendrait artisan potier, exposerait ses réalisations dans son jardin et en vendrait peut-être quelques-unes. Peu importe, il ferait enfin quelque chose qui le rendrait heureux. Se réveiller chaque matin sous ce ciel incomparable, et admirer la majesté de la montagne Sainte-Victoire en ouvrant ses persiennes, était un luxe qu’il n’aurait jamais osé espérer.

Les villageois l’avaient d’abord regardé avec méfiance, puis très vite l’avaient accepté malgré ses particularités, en raison de son grand cœur et de sa gentillesse. Il était toujours prêt à rendre service à ses voisins, pour tous les papiers et les tracasseries administratives puisqu’il avait fait ça toute sa vie. Quand il avait parlé de sa tante, dont la réputation avait traversé les mémoires, il avait définitivement été intégré comme un enfant du pays, et ils avaient cessé de l’appeler « Le Fada ».

Son voisin Jacques lui avait proposé deux plans de lauriers roses, pour garnir les premiers pots qu’il avait vernissés de vert et décorés de mosaïques ocres et bleues. Il l’avait aidé à les planter et à les installer sur la terrasse. Depuis ce jour, ils avaient pris l’habitude de faire ensemble une promenade chaque soir, sur les sentiers qui couraient à flanc de colline. Jacques, qui n’était plus de la première jeunesse, appelait cela «faire courir le chien», Titus, un sympathique bâtard de quinze ans, aux oreilles pendantes et au regard doux, qui débusquait les lapins pour le plaisir de les voir détaler, assis sur son derrière, puisqu’il n’avait plus le courage de les suivre. Il lui racontait les histoires du village et amplifiait les légendes qui couraient dans le voisinage, pour l’impressionner ou pour le plaisir d’enjoliver son récit.

Un soir, la lumière rasante était si belle, qu’ils évoquèrent la mémoire de Cézanne. Jacques lui expliqua qu’il parcourait ses sentiers avec ses carnets et ses pinceaux sous le bras. Il ajouta que parfois, quand le temps était doux, certains avaient cru apercevoir son grand chapeau et sa blouse tourner au coin du bois de pins, juste au bout du chemin. Les gens du village pensaient qu’il avait tant aimé ce pays que son âme ne l’avait pas quittée et que lorsque la lumière était belle, il venait encore peindre pour décorer le paradis des artistes.

Il sourit de cette histoire, hocha la tête et la garda dans un coin de son esprit comme un trésor. En esprit cartésien, il avait toujours relégué les légendes au rayon des objets perdus, mais son voisin était si persuasif qu’il avait bien envie de s’imprégner de celles de cette terre ocre qu’il avait choisie.

En rentrant, il montra à Jacques ses persiennes bleu roi, qu’il souhaitait repeindre en blanc pour accrocher la lumière. Il lui expliqua qu’il aurait souhaité être peintre dans ses rêves les plus fous, mais que faute de talent, il se contenterait de rénover ses huisseries dans un premier temps. Jacques s’éloigna en plaisantant sur le fait que Cézanne pourrait avoir envie de venir l’aider mais que pour cela il aurait dû acheter des pots de couleur plutôt que de blanc.

En se couchant ce soir-là, il ne ferma pas ses persiennes, voulant profiter des dernières gouttes de lumière en rêvant au peintre qui l’avait précédé sur ces chemins.

Le lendemain, il fut réveillé par la voix profonde de Titus qui aboyait à n’en plus finir devant sa terrasse. Il s’était échappé et était en arrêt devant ses pots de laurier, le poil hérissé sur le dos et les oreilles pointées. Il sauta du lit et se précipita dehors, au moment où son voisin arrivait de la rue, en criant le nom de son chien. Ils parvinrent tous les deux en même temps sur la terrasse et restèrent interdits devant la persienne devant laquelle le chien était en arrêt. Une silhouette blanche se détachait sur la couleur bleue, campée sur ses deux pieds, les mains dans les poches, semblant contempler le sommet de la montagne. Les deux hommes se regardèrent d’un air incrédule, s’interrogeant du regard sur la provenance de l’ombre peinte.

Il posa les doigts sur le volet, la peinture était encore fraîche, mais aucune trace de pinceau ni de pot de peinture, ceux qu’il avait achetés étaient encore intacts.

Quand ils eurent repris leurs esprits, Jacques sourit et lui dit :

– Il semble que le Maître t’accueille en son pays ! C’est un grand honneur, j’espère que tu le comprends… »

– Je crois en effet que je ne pouvais rêver plus bel accueil ! » répondit-il.

En se tournant vers la Montagne Sainte-Victoire qui habillait ses flancs de rose sous les premiers rayons de l’aube, il ajouta :

– En l’honneur du Maître, j’ai enfin trouvé comment baptiser ma maisonnette. Je vais l’appeler :

«Dans l’ombre de Cézanne».

Titus aboya joyeusement, pour approuver ce choix. Il se retourna vers le portillon qui grinça en se fermant tout seul, aboya de nouveau plus posément, puis suivit les deux hommes qui s’installèrent dans la cuisine autour d’un café matinal.

Photo: Danielle Masson

Texte : M. Christine Grimard

 

 

 

 

 

Vases communicants: La vie rêvée des ombres

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Photo M. Christine Grimard

*

A quoi rêvent les ombres ?

Entre chien et loup, entre noir et bleu,

Elles attendent que viennent les heures sombres,

Pour déplier leurs ailes, pour déplisser leurs yeux.

*

A quoi rêvent les ombres  ?

Quand tombent les heures sombres,

 Que leur sourire éclaire les lambeaux de la nuit,

 Que leurs désirs réchauffent les matins de pluie.

*

A quoi rêvent les ombres ?

Assises aux portes de la nuit,

Elles rient pour que jamais la vie ne les oublie,

Drapées dans leur suaire de suie.

*

A quoi rêvent les ombres ?

Assises entre jour noir et nuit bleue;

Elles espèrent en un dieu généreux

Qui les libérerait de leur pénombre.

*

 A quoi rêvent les ombres ?

Dans leur monde noir et bleu ,

A une terre de chaleur et de feu

A un  pays de couleurs et de jeux.

*

A quoi rêvent les ombres ,

Elles dansent au crépuscule ,

Attendant le matin de brumes

Qui les libérera de leurs chaînes brunes.

*

A quoi rêvent les ombres ?

A cet instant où dans l’aube claire,

Portant leurs espoirs en bandoulière,

Elles s’envoleront vers la lumière.

*

(Reprise du texte écrit lors de l’échange avec François Bonneau dans le cadre des Vases Communicants de janvier)