La ronde de mars : Cuisine

« La ronde » ayant pour thème « Cuisine » avec « Ils vont où les oiseaux » pour incipit, est parue le 15 mars dernier. Pour ceux qui désireraient relire mon texte, je le publie aujourd’hui.

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« Ils vont où, les oiseaux, maman, quand l’hiver revient ?

Ils se cachent au fond de leur nid ?

Ils s’envolent jusqu’au bout du ciel ?

Ils partent pour les îles ?

Dis maman : ils vont où les oiseaux ? »

L’enfant, le menton dans les paumes, regarde l’oiseau noir posé sur la fenêtre de la cuisine. Le petit animal réchauffe ses plumes au premier soleil de mars. Il déploie ses ailes, les secoue puis les replie. Il regarde sans crainte l’enfant qui l’observe. Au moindre geste inquiétant, il lui suffirait de s’envoler. Ses ailes sont sa planche de salut, elles ne lui ont jamais fait défaut. Mais il n’en aura pas besoin, il a vu le regard de l’enfant. Il sait qu’il l’aime. Il n’a rien à craindre.

 

Photo M. Christine Grimard

L’enfant chantonne pour l’oiseau :

« Il est allé où, l’oiseau, posé là sur mon balcon ?

Il est allé dans les îles, pour goûter à la vanille

Il est allé dans la plaine, pour tricoter de la laine

Il est allé dans la brume, pour lisser ses belles plumes

Il est allé sur la mer, pour trouver des éphémères

Il est allé en forêt, pour y cueillir des bleuets

Il est allé au marché, pour trouver sa fiancée

Il est venu par ici, pour devenir mon ami. »

 

Maman s’approche, le sourire aux lèvres. Son petit poète a bien du talent ! Il déroule les mots comme un peintre étale ses couleurs. Il entend son pas et se tourne vers elle :

« Écoute, écoute, Mamounette, ma chanson pour l’oiseau !

Tu crois qu’elle lui plaira ? Tu crois qu’il m’aimera ?

Oh, il est parti…

Tu crois qu’il reviendra demain ?

Je voudrais qu’il soit mon ami !

Et toi, tu l’aimes ma chanson ? »

 

La mère entoure ses épaules de ses bras. Elle est si fière de lui. Elle lui murmure à l’oreille :

« Elle est très belle ta chansonnette mon poussin. Belle et douce comme ton cœur. L’oiseau l’aime beaucoup, je l’ai vu dans ses yeux. Il reviendra demain et les autres jours pour que tu lui chantes encore. Et il chantera avec toi, tu verras… »

L’enfant ferme les yeux. Il rêve qu’il vole avec l’oiseau. Il appuie sa joue contre le bras de sa mère. Elle sent si bon. Son parfum le berce, mélange de cannelle et de jasmin.

L’air est doux, on sent que le printemps arrive.

« Tu sens la fleur de sucre, maman. Tu sens bon comme le printemps ! »

« C’est parce que je t’ai préparé des petites surprises sucrées pour le goûter. Elles seront bientôt cuites, il suffit d’un peu de patience. »

L’enfant fait la moue. Il n’aime pas le mot « patience », un mot qui signifie qu’il faut attendre son plaisir. Un mot qui montre que l’on a du temps devant soi. Il sait qu’il n’a pas de temps à perdre. Il a tant de choses à voir, à entendre, à goûter. Il n’est pas sûr d’avoir tant de temps à vivre. Demain est si loin et le monde est si grand.

« Mamounette, claque tes doigts et ça sera prêt ! »

Maman sourit. Elle jette un coup d’œil vers le four où des cannelés dorés caramélisent doucement. Encore quelques minutes et la cuisson sera parfaite, ils seront craquants à extérieur et moelleux à l’intérieur, doux et savoureux comme le miel à peine sorti de la ruche.

« La cuisine c’est de l’amour et c’est aussi du plaisir à partager, toi et moi. » dit-elle en berçant l’enfant.

« Ta cuisine c’est de la magie, Mamounette. Répond l’enfant. Tu mélanges des choses bizarres dans un grand pot, tu claques des doigts et c’est parfait ! »

« Même la magie a besoin de temps, mon poussin. Une grande dame nommée Colette qui aimait les animaux autant que tu les aimes, disait : « Si vous n’êtes pas capable d’un peu de sorcellerie, ce n’est pas la peine de vous mêler de cuisine. »

« Tu vois, dit l’enfant, j’avais raison. Ta cuisine, c’est de la magie ! »

Maman, sort les cannelés du four. Un parfum de sucre mêlé de fleur d’oranger embaume la cuisine. Le regard de l’enfant est doux comme le goût du plaisir qu’ils partageront bientôt. Elle n’oubliera pas ce regard, celui de l’amour infini qu’ils ont l’un pour l’autre. Un amour plus fort que le temps.

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Photo M. Christine Grimard

***

L’homme pose le sachet sur la tablette. La vieille dame se redresse sur ses oreillers. Elle regarde ce grand jeune homme et le trouve très beau.

« Vous êtes très beau, jeune homme, lui dit-elle. Qui êtes-vous ? »

Il ne relève pas, lui sourit et sans se décourager, lui dit :

« Regarde, Mamounette, je t’ai apporté des cannelés. Ils embaument la fleur d’oranger. »

Sa mère ouvre le sachet. Elle se délecte du parfum qui s’en dégage. Son regard pétille. Elle sort un cannelé et le tend au jeune homme, puis se ravise, le dévisage et lui dit :

« Tiens mon poussin, ils ont l’air très bons ces cannelés. Je ne me souviens pas les avoir sortis du four, même s’ils sont encore tièdes. Tu t’es bien amusé à l’école aujourd’hui ? Raconte-moi pendant qu’on partage le goûter. Après, on ira voir si l’oiseau est revenu pour écouter ta chanson. »

L’homme la regarde, un peu interdit. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas prononcé autant de mots à la suite. Elle ne parlait plus depuis quelques semaines. Il prend le cannelé qu’elle lui donne et le pose au coin de la table, puis la serre dans ses bras et l’embrasse. Elle se blottit contre lui. Il fait durer l’étreinte, il est inutile qu’elle voie les larmes qui coulent sur sa joue. Puis elle s’écarte de lui et dit :

« Tu vois, mon poussin, Colette avait raison, la cuisine c’est de la sorcellerie ! ».

                                                                  Texte et photos M. Christine Grimard

Photo du jour : Oiseaux ivres

« Ivre de soleil

Et de liberté,

Un instinct la guide à travers cette immensité. »

Verlaine

*

*

Quand la vie te lâche et tes illusions s’envolent

Que tu restes assommé au bord de ton chemin

Il ne te reste plus qu’à t’asseoir près de l’eau

Laisse ton amertume sécher sur tes lèvres

Offre à ton âme blessée le temps de se calmer

Pour retrouver le goût du plaisir et du rire

Et enfin décider de garder cet espoir

Qu’il restera par ici encore quelques hommes

De bonne-volonté à la bonté plus forte

Que le bruit des canons et l’odeur de la poudre

Regarde passer à l’horizon ces oiseaux

Qui suivent les courants en chevauchant le vent

Et laissent derrière eux un sillage de plumes

Ne craignant ni le vent ni la nuit ni la brume

Suis-les et apprends d’eux la simple liberté

*

 

 

Clichés 51 : Pêche à pieds (jaunes)

C’est une rechute !

Quelques aigrettes volent encore dans ma tête, là-bas si loin sur cette plage …

 

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Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

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ça va passer …

Je vais me soigner, penser à autre chose …

Il me reste tant de clichés de ces magnifiques oiseaux, il suffit d’admirer leur élégance pour se retrouver là-bas, sous leurs ailes avec le vent dans les cheveux…

Promis !

Demain j’arrête !

Je parle de septembre et j’oublie août !

Promis ………..

*

 

 

Clichés 46 : Dans les marais … (1)

En Vendée, un vélo suffit pour qu’en quelques minutes, on soit projetés dans un monde parallèle ….

 

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Photo M. Christine Grimard

Où les rencontres sont surprenantes, bien que silencieuses …

 

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Photo M. Christine Grimard

… Où la lumière a trouvé refuge

 

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Photo M. Christine Grimard

…où la vie a toutes les couleurs

 

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Photo M. Christine Grimard

… où les échassiers vivent libres

 

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Photo M. Christine Grimard

… Heureux

 

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Photo M. Christine Grimard

… Où tout est simplement beau !

  
Non ?

(les photos peuvent être agrandies en cliquant)

Clichés 45 : Éternel retour

“Entre les rivages des océans et le sommet de la plus haute montagne est tracée une route secrète que vous devez absolument parcourir avant de ne faire qu’un avec les fils de la Terre.”
Khalil Gibran
Pour cela il n’y a qu’à les suivre, elles connaissent le chemin :
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Photo M. Christine Grimard

C’est par là  —>
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Photo M. Christine Grimard

Où ? Par ici ? –>
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Photo M. Christine Grimard

Non, Par ici je crois…  —>
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Photo M. Christine Grimard

Allons-y, c’est tout droit en suivant la lumière…

Clichés 25 : Contre-plongée (2)

Les hommes voudraient s’approprier

la lumière …

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Photo M. Christine Grimard

 … et la couleur des fleurs

 

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Photo M. Christine Grimard

 

Les humains défient la pesanteur

 

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Photo M. Christine Grimard

 

Ils défient les nuages

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Photo M. Christine Grimard

 

Laissons les faire …

 

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Photo M. Christine Grimard

 

Allez viens

On va voir ça de plus haut …

 

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Photo M. Christine Grimard