To Do List 47 : Dans le vent de l’avent

Photo M. Christine Grimard

**

  • Se réjouir comme une enfant parce que les décorations de Noël sont réapparues ce matin, dans le village.
  • S’arrêter sous le vieux lampadaire pour écouter les mots doux qu’il murmure à son étoile retrouvée.
  • Se demander où sont rangés les lumignons que j’installerai sur le rebord de la fenêtre pour « La Fête des Lumières ».
  • Retrouver le souvenir de ses Noëls d’enfance dans un parfum de chocolat ou de marrons glacés s’échappant de la pâtisserie.
  • Trouver un moment pour aller se balader à la jardinerie, au rayon « décorations de fête », histoire de rêver un peu.
  • Ressortir la recette des sablés de Noël pour se procurer les ingrédients nécessaires et embaumer la maison avant l’heure.
  • Décider qu’il est parfois bien agréable de « croire au Père Noël » et se laisser envahir par la magie qui caractérise ce moment d’espoir annuel.
Publicités

To Do List 30 : Luminescence 

Photo M.Christine Grimard

 

  • Refuser de ranger les décorations des fêtes avant fin janvier.
  • Se demander comment les nordiques arrivent à supporter la nuit polaire.
  • S’accrocher aux étoiles chaque nuit dans ses rêves, pour ne pas oublier celle d’où l’on vient.
  • Essayer de ne pas se demander qui sera autour de la table lors du prochain Noël, et sourire à l’été qui viendra.

Une image…une histoire : Lumières (Partie 6)

Khalil Gibran écrivait que l’amour était

« un mot de lumière, écrit par une main de lumière, sur une page de lumière ».

*

10175987_738841779511060_4805605381841888736_n

*

La journée était chaude, pourtant dans la maison de Germaine, il faisait frais. Julia eut la sensation d’entrer dans un four lorsqu’ils quittèrent la vallée ombragée par les châtaigniers et qu’ils prirent le sentier des crêts. Erik lui expliqua que c’était un raccourci et qu’ils redescendraient bientôt dans la combe où se situait la bergerie.

Une centaine de mètres plus loin, le chemin serpentait entre une rangée d’arbres immenses. Julia s’arrêta pour les admirer, impressionnée par leur majesté, Erik lui expliqua qu’ils avaient été plantés deux siècles plus tôt, lors de la construction de la grande maison, qu’il désigna d’un geste vague de la main. Julia remarqua alors un bâtiment sombre à moitié dissimulé sous les frondaisons. Cet endroit lui donnait la chair de poule et l’attirait à la fois comme si la maison l’attendait.

Mais déjà Erik avait continué à avancer. Elle le rattrapa en quelques pas avant qu’il ne s’aperçoive qu’elle était restée en arrière à contempler la « grande maison ». En lui montrant la vallée qui s’étalait à leurs pieds, il expliquait que cette terre était autrefois vouée à la culture du pastel et que c’est ce qui avait fait la fortune des hommes qui vivaient là. On parlait alors « d’or blanc » et de pays de cocagne, sur ces collines fertiles on produisait cette plante mythique qui permettait de teindre la laine d’un bleu incomparable. Mais la plante étant très exigeante, les sols furent bientôt épuisés et la culture se poursuivit plus loin dans une autre vallée, les hommes durent suivre et s’adapter ou mourir. Il existait encore un moulin pastelier désaffecté qui était dédié à la préparation des boules de feuilles de pastel sur le bord de la rivière, mais plus personne ne savait fabriquer l’agranat pour les teinturiers, en dehors des musées. Quant à la fleur et à ses secrets de couleurs, il y a longtemps qu’ils avaient été oubliés. Les industriels avaient réussi à produire d’autres instruments pour nourrir la passion des peintres et ils étaient peu nombreux à rechercher la rareté de ce bleu incomparable.

Erik parlait, parlait, de la beauté de ce pays, des reflets du pastel, de la blancheur du crêt, des orages sur la montagne, des étés brûlants, des hivers rudes, du courage des hommes qui avaient cultivé ces parcelles au moyen-âge, en ponctuant se phrases de grands gestes et sans reprendre son souffle. Ils étaient arrêtés au bord d’un ravin où l’on devinait encore le trajet d’un éboulis d’énormes pierres blanches qui brillaient au soleil, éblouissantes, et qui devaient être là depuis un millier d’années. Julia était fascinée par la beauté du site, et la passion de son compagnon. Elle comprenait combien il pouvait être attaché à un pays tel que celui-ci, il avait suffi de quelques heures seulement pour qu’elle se sente liée à ce pays, elle qui n’avait toujours été que « de passage » partout où le vent avait conduit ses pas. Et cette sensation lui était plutôt agréable, contre toute attente.

  • Venez, suivez-moi, c’est par ici, dit Erik, en lui désignant quelques marches creusées à flanc de rocher.

Ils quittèrent l’allée ombragée de la maison principale, et après quelques marches arrivèrent sur une esplanade dégagée entourée de rochers formant un arc de cercle. Contre la falaise, s’adossait une maisonnette basse au toit de lauzes. La végétation l’encadrait, lui donnant une allure de cabane de contes de fées. Julia sourit, elle avait l’impression d’arriver dans la cabane des sept nains, mais se garda bien de le dire.

–> A suivre <–

Une Image… une histoire: Lumières (partie 4)

Khalil Gibran écrivait que l’amour était

« un mot de lumière, écrit par une main de lumière, sur une page de lumière ».

*

luillet 2014 059

Soudain, Erik se souvint de la course pour laquelle il était venu au village. Cette rencontre lui avait fait oublier sa promesse. Il s’arrêta brusquement, et siffla son chien.

  • Pirus, attends, je dois aller chercher le colis de Germaine…

Le chien qui menait la marche, s’arrêta sous le grand marronnier, aussitôt imité par Brida. S’adressant à Julia, Erik s’excusa de la laisser un instant et lui conseilla de s’asseoir à l’ombre sur un muret de pierres sèches pour l’attendre. Sans plus de cérémonie, il s’éloigna à grands pas en direction du village qu’ils venaient de quitter. Julia, un peu surprise se demanda un instant si elle allait rester sagement ici, puis en jetant un coup d’œil aux chiens qui s’étaient assis côte à côte à l’ombre, elle décida de les imiter. Après tout, un peu de repos ne lui ferait pas de mal, elle marchait depuis l’aube.

Autour d’elle, le paysage était moins aride que sur l’autre versant de la colline. Le chemin s’enfonçait dans une vallée mangée par les futaies. Quelques châtaigniers étendaient leur feuillage foncé de long des fossés, elle remarqua qu’un hachis de branchage coloriait de brun les ornières du sentier. Il y avait dû avoir des orages violents ces derniers temps. La nuit dernière, elle avait entendu le tonnerre rebondir sur les falaises au loin. Malgré cela, elle se sentait sereine, ce pays respirait le calme. Elle avait l’impression d’entendre les arbres respirer, mais la vie qui bouillonnait autour d’elle avait le don de l’apaiser.

Elle fit quelques pas sur le chemin, mais revint bientôt sur ses pas, rappelée par un gémissement plaintif de sa chienne. Celle-ci la regardait, interrogative, prête à la suivre mais tournant le museau vers Pirus, gémit de nouveau. Julia s’approcha d’elle et lui tapota le crâne en la rassurant :

  • Je n’ai pas l’intention de partir, et je ne priverai pas de la présence de son nouvel ami. Ne t’inquiète pas, nous resterons un peu par ici. Ce pays me plaît aussi, autant qu’à toi, même si je ne reste jamais bien longtemps quelque part…

Elle avait à peine fini sa phrase qu’Erik réapparaissait, les bras chargés d’un carton démesuré d’où il n’émergeait que le haut de son visage.

  • Voilà, nous pouvons y aller. J’ai le colis.

Sans attendre la réponse, il poursuivit son chemin, suivi par Pirus et Brida. Julia le regarda passer, un sourire sur les lèvres, se demandant ce qu’il pouvait y avoir dans un carton aussi grand qui paraissait pourtant léger. Elle n’osa pas poser la question et leur emboîta le pas.

Ils marchèrent en silence pendant quelques centaines de mètres, puis Erik bifurqua sur un sentier qui s’enfonçait dans la futaie. Brida le suivait avec confiance comme si elle l’avait toujours connu, ce qui finit de vaincre les dernières réticences de Julia. Pirus attendit qu’elle s’engage sur le sentier étroit puis ferma la marche.

Après quelques minutes, marchant péniblement sur un sentier escarpé en file indienne, ils parvinrent devant une maison de pierres sèches, au toit pointu couvert de lauzes. Plusieurs bâtiments formaient un demi-cercle, mais seul l’un d’eux semblait habité. Derrière d’étroites fenêtres ogivales, des rideaux de dentelles anciennes étaient pendus. Quand ils approchèrent du portillon de bois, Pirus jappa joyeusement, et une main fripée écarta le rideau. Julia aperçut le visage d’une vieille femme qui les regardait. Le sourire édenté qu’elle leur offrit se reflétait dans son regard pétillant de malice. Julia en fut séduite immédiatement.

Déjà Erik avait traversé la cour et montait l’escalier de pierre. Au moment où la porte s’ouvrait il dit:

  • Germaine, j’ai trouvé votre colis et je vous amène de la compagnie. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
  • Peu importe, ce que racontent mes vieux os. J’espère que vous n’avez pas saoulé cette petite avec vos histoires de fous. Pour une fois qu’un aussi joli visage vient éclairer ma journée, j’espère que vous ne la ferez pas fuir avec votre caractère d’ours.
  • Toujours aussi charmante, répliqua Erik. Si j’avais su, j’aurais « oublié » votre paquet !
  • Mais non, mais non, mon petit. Votre grande âme en aurait été pétrie de remords et vous n’auriez encore pas dormi de la nuit…

Ces deux-là semblaient s’apprécier, et Julia sourit devant cet échange plein de pudeur et de tendresse dissimulée. Lorsque Germaine tourna son regard inquisiteur vers elle, et la fixa, elle sut qu’elle ne pourrait rien lui dissimuler.

La vieille dame releva le menton et lui dit :

  • Alors ma petite, dites-moi ce qui vous a conduit dans notre vallée perdue, je veux tout savoir…

–> A suivre <–

Une image … une histoire: Lumières (partie 2)

Khalil Gibran écrivait que l’amour était « un mot de lumière, écrit par une main de lumière, sur une page de lumière ».

 *

bougie

 

La jeune femme sortant de la boulangerie s’arrêta à la vue de sa chienne assise en face d’un grand chien inconnu, les deux animaux se souriant, babines découvertes et dessinant sur le sol des cercles parfaitement symétriques avec leurs queues. Elle chercha des yeux le propriétaire du chien sans voir Erik qui s’était reculé sous le micocoulier pour mieux les observer. Il décida d’oublier sa timidité, de trouver la force de lui parler, et s’avança dans la lumière.

***

Il s’approcha sans bruit admirant sa grâce tandis qu’elle s’accroupissait auprès des chiens entourant leurs encolures de ses bras en leur murmurant quelques mots à l’oreille. Pirus qui était habituellement farouche, approuva d’un aboiement joyeux repris immédiatement par celui de la chienne. La jeune femme éclata d’un rire cristallin en renversant la tête vers le ciel, ce qui relança les murmures des matrones de l’autre côté de la place.

Erik se figea pour déguster ce rire si communicatif à quelques mètres du groupe. Cette voix raisonnait au plus profond de lui, comme une évidence, effaçant ses dernières craintes. En deux pas, il rejoignit le groupe. Pirus leva vers lui un regard interrogateur, cherchant son approbation. Il le rassura d’une légère tape sur le crâne et le chien grogna de plaisir.

La jeune femme se redressa, levant vers Erik un regard franc et lumineux, que son sourire éclairait de paillettes. Un tel regard avait dû laisser derrière lui bien des regrets, se dit-il, une pointe d’amertume au fond du cœur. Les femmes sont des énigmes et il est inutile de vouloir les comprendre. Il l’avait appris à ses dépens, et n’allait pas retomber dans ce genre de piège. Il n’avait que trop expérimenté cela…

Peu importe, il ne s’agissait que d’être poli. Détachant à grand peine son regard de celui de la jeune femme, il se tourna vers sa chienne et s’adressant à Pirus, lui dit :

  • Eh bien, mon vieux, tu en fais de belles quand je ne suis pas là ! Je te cherchais et tu étais en galante compagnie. Pourrais-tu me présenter à ta belle s’il te plaît.

Puis avisant la jeune femme, comme s’il feignait de la découvrir soudain, il ajouta :

  • Oh pardonnez-moi, ce chien est parfaitement sans gêne. Il n’en fait qu’à sa tête, je suis désolé s’il vous a importunées toutes les deux. Permettez-moi de nous présenter, je suis Erik et voilà Pirus, le joli cœur…

La jeune femme hocha la tête et sans se départir de son sourire, elle répondit :

  • Enchantées, vraiment ! Ma chienne Brida et moi, sommes enchantées, c’est le mot. Pirus nous avait déjà expliqué que ce village était très accueillant, mais pas qu’il avait un maître aussi aimable. Pirus, le joli cœur… En effet ! dit-elle en détaillant le gros chien sur toutes les coutures. Mais ne dit-on pas « tel maître, tel chien.. » ?

Erik éclata de rire. En plus d’être particulièrement jolie, elle avait de l’esprit, se dit-il. La confrontation risquait d’être intéressante. En quelques mots, elle avait piqué sa curiosité, il fallait qu’il en sache plus. Il poursuivit :

  • Mon chien est un être extraordinaire, ce qui est loin d’être mon cas malheureusement. Je ne suis qu’un homme très banal et beaucoup moins doué pour la conversation que lui. Cependant, j’aimerais beaucoup savoir ce qui vous a conduite dans ce village, Brida et vous …

Laissant la fin de sa phrase en suspens, il tendit la main à la jeune femme en guise de présentation ;

  • Brida et moi, parcourons le monde et ce village a croisé notre chemin, répondit-elle en saisissant la main tendue, je suis Julia. Ravie de vous connaître, Pirus-joli-cœur et vous ! Ajouta-t-elle en creusant ses fossettes d’un nouveau sourire.
  • Merci beaucoup répondit Erik, les yeux brillants, voilà bien longtemps que personne ne m’a dit ce genre de chose. Par ici, mon chien et moi sommes plutôt considérés avec méfiance…
  • Dans ce cas-là, c’est à vous que je demanderais mon chemin. Brida possède un instinct très sûr pour dénicher les gens intéressants et dignes de confiance. Elle ne s’est encore s’est jamais trompée.

Comme si elle comprenait la dernière phrase de sa maîtresse, la chienne se leva et émis un léger grognement en direction de Pirus pour l’inviter à la suivre. Le chien s’exécuta, et les deux animaux traversèrent la place vers le chemin des mûriers comme s’ils estimaient que les présentations avaient assez duré.

  • Et bien, il semble que nous n’avons plus qu’à les suivre, n’est-ce pas ? demanda Julia.
  • En effet, répondit Erik, ils se sont mis d’accord on dirait …

Les jeunes gens emboîtèrent le pas du couple de chiens, un sourire aux lèvres, sous le regard en biais des villageois.

Erik songea que la vie offrait parfois des instants de grâce, et remercia Pirus d’un léger sifflement convenu auquel le chien répondit par un aboiement d’acquiescement.

Oui décidément, parfois, la vie était belle et simple !

–>  À suivre  <–

Clichés 18 : Joyeux Noël

NOEL 2013 028

Photo M. Christine Grimard

 *

Plaisirs scintillants

*

neol8

Plaisirs gourmands

*

Caprice
Honteux et
Onctueux qu’on
Croque à l’
Occasion avec
Légèreté
Amour et
Tendresse

= CHOCOLAT

*

Noel3

Photo M. Christine Grimard

*

Jour de partages

Aux Santons  généreux

*

noel5

Photo M. Christine Grimard

*

Nuit d’espoir donnée

Par un enfant nouveau-né

*

noel6

Photo M. Christine Grimard

*

noel7

Photo M. Christine Grimard Santons Fouque (Aix)

*

Nuit Rouge

*

Noel1

Photo M. Christine Grimard

*

Nuit de Lumière et de Paix

*

noel2

Photo M. Christine Grimard

*

Que votre Nuit étincelle de joies échangées

Et que ce jour qui porte l’espoir d’un monde en paix

Vous laisse au fond du cœur un goût  d’Amour partagé

*

 Celtic Woman: Silent Night