Un été en bandoulière (22)

« Autour de nous, partout à perte de vue, l’espace infini, l’horizon bleu de la mer, l’horizon vert de la terre, les nuages, l’air, la liberté, les oiseaux envolés à toutes ailes, les vaisseaux à toutes voiles ; et puis, tout à coup, là, dans une crête de vieux mur, au-dessus de nos têtes, à travers une fenêtre grillée, la pâle figure d’un prisonnier. Jamais je n’ai senti plus vivement qu’ici les cruelles antithèses que l’homme fait avec la nature. »

Lettre à Louise Bertin, le 27 juin 1836

Victor Hugo

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Photo m ch grimard

Se sentir si petite face à l’infini de l’océan

Essayer de fixer cette image de la mer dans sa mémoire pour survivre un hiver tout entier dans les terres

Admirer la palette infinie de couleurs que nous offre le monde en se contentant d’une toute petite partie de son immensité

Rester là jusqu’à la nuit pour être bien sûre de rêver encore d’océan en rentrant

Réaliser que pouvoir prendre cette photo est un cadeau du ciel et avoir envie de l’offrir au reste du monde

Tenter de le faire ici en ajoutant en bonus, le chant de l’océan :

Photo du jour: Infini

« Qui cherche l’infini n’a qu’à fermer les yeux.  »    Milan Kundera

Ce soir, il fait plus froid pour la première fois de la saison.

Le vent d’automne chasse les nuages.

Le ciel est infiniment vide.

La nuit est uniformément pleine d’étoiles.

Ce vide est saisissant. Ce plein est oppressant.

L’obscurité est constellée de paillettes infiniment petites, infiniment lointaines.

Combien de corps célestes tournent au-dessus de ma tête ?

Une infinité.

Combien de corps tournent dans cet infini ?

Combien de particules  se dispersent dans cet espace ?

Combien de poussières célestes  errent dans ce vide ?

Combien d’êtres pensants  dansent dans cette nuit ?

Où est donc ma place dans ces amas d’étoiles ?

Pourquoi ces particules ont-elles convergé vers l’instant de la première cellule ?

Comment la vie a-t-elle choisi sa voie ?

Les questions resteront en orbite.

Je les laisse tourner.

Peu importe pourquoi et comment je suis là.

Infiniment petite.

Éternellement insignifiante.

Peu importe quand le temps m’emportera.

Si j’ai laissé scintiller ma poussière d’étoile,

Jusqu’au bout de mes ongles,

Jusqu’au bout de mon cœur,

Jusqu’au fond de mon âme,

Et si tu l’as vue briller dans mes yeux.

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Texte M.christine grimard
Photo anonyme