Un été en bandoulière (28)

« Comme il est profond, ce mystère de l’Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d’une étoile, ni les habitants d’une goutte d’eau. .. avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l’air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l’agitation muette de la nature. .. avec notre odorat, plus faible que celui du chien. .. avec notre goût, qui peut à peine discerner l’âge d’un vin !

Ah ! si nous avions d’autres organes qui accompliraient en notre faveur d’autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !. »

Guy de Maupassant – Le Horla

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Photo mcgrimard

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Goutte à goutte

La vie s’écoule et s’échappe

Cellule après cellule

La vie se reforme et se transmet

Coûte que coûte

Le Temps nous détruit et nous écorche

Grain par grain

Le sablier se vide et jamais ne se retourne

Seconde par seconde

L’horloge égraine ses heures

Atome après atome

Le soleil brûle ses réserves d’énergie

Centimètre par centimètre

Les glaciers fondent et disparaissent

Goutte à goutte

La vie survivra tant qui lui en restera

L’envie

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Photo du jour : D’eau et de sang

Photo M. Christine Grimard

 

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Nous sommes tous les gouttes d’un même océan

Chacune des gouttes d’eau recèle la mémoire du soleil

Et tout l’océan danse

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L’eau de mon corps se souvient-elle de l’étoile où elle est née

L’eau de mon corps se souvient-elle des hommes qui l’ont bue

L’eau de mon corps de souvient-elle des arbres qui l’ont rejetée

L’eau de mon corps se souvient-elle de la glace des nuages

L’eau de mon corps de souvient-elle des confins de l’univers

L’eau de mon corps se souvient-elle de sa comète-mère

L’eau de mon corps de souvient-elle de la force du torrent

L’eau de mon corps se souvient-elle du vide sidéral

L’eau de mon corps de souvient-elle de l’empreinte de mes pas sur le sable

L’eau de mon corps se souvient-elle de mes cellules foetales

L’eau de mon corps se souvient-elle de mes pensées

L’eau de mon corps se souvient-elle de nos larmes

L’eau de mon corps se souvient-elle de mon avenir

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Nous sommes tous les gouttes d’un même océan

Chacune des gouttes d’eau reflète le cœur du soleil

Et tout l’océan danse

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Clichés 54 : inutilités (3)

« Quand il allume son réverbère, c’est comme s’il faisait naître une étoile de plus,

ou une fleur.

Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l’étoile.

C’est une occupation très jolie.

C’est véritablement utile puisque c’est joli. »

Le Petit Prince

Antoine de Saint-Exupery

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photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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photo M.Christine Grimard

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Toutes ces petites inutilités me sont indispensables,

comme autant de gouttes de lumières

posées sur mon chemin

m’aidant à avancer.

Avec en bandoulière,

les mots du poète

Et ses couleurs

au fond du cœur.

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Photo du jour : Gouttes d’Univers

« Aucun de nous n’est complet en lui seul. »

Virginia Woolf

iphone chris 1139

Tu es une goutte

Bleue

Particule d’univers

Résidu d’étoile oubliée

Et tout l’Univers parle

De ta bouche écarlate

Tout l’Univers respire

Par ton sang rouillé

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Que fais-tu de ta vie

Respirée

Soupirée

Souriante

Harassante

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Que fais-tu de ta vie

Enchantée

Partagée

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Que fais-tu de ta Chance ?

Atelier d’été de François Bon : Un fragment de monde

Ce petit texte fut écrit en réponse à la demande de François Bon, pour son septième atelier d’écriture de l’été.

***

 

Un petit fragment de monde.

Il l’attendait mais comme d’habitude elle devait encore se disperser aux quatre vents. Il avait choisi cette terrasse ensoleillée parce qu’il aimait voir la vie couler devant ses yeux. La vie des autres. Il pouvait les imaginer, inventer leur monde, choisir leur destin. Cela lui donnait l’impression d’être tout puissant, de décider…

La serveuse lui apporta le diabolo-menthe commandé.

Le verre posé devant lui, exhalait ses gouttelettes de fraicheur dans l’atmosphère surchauffée de ce début d’après-midi. Une goutte plus grosse que les autres s’attardait au bord du verre. Les reflets du soleil scintillaient à la surface de la sphère, et c’était tout un monde qui brillait devant ses yeux. Un arc-en-ciel miniature étirait ses ailes, valsant dans le soleil. Il s’approcha, fasciné par cette image éphémère. Il suffirait que la bulle éclate et tout disparaîtrait. En attendant, il voulait retenir le temps, faire durer la magie de l’instant. Il était tout près, sentant les bulles éclater en gerbe sous son nez. Il crut les voir, tout au fond de ce diamant, vibrer puis danser. Ou peut-être les avait-il imaginées. Deux fées minuscules dansaient en se tenant les mains, et en riant, la tête renversée vers le ciel. Elles riaient, riaient. Puis l’une d’elle, le regarda et en souriant, lui fit un geste de la main…

Une seconde après, la bulle éclata…

gooutte

Photo du jour : Goutte

Goutte de soleil,
Brille,
scintille,
vibre dans le vent.

Note d’Or, dans le beau temps,
Parée de lumière et de miel.

Note d’argent, dans l’orage,
Brodée d’éclats de diamant.

Je l’approche doucement en retenant mon souffle. Pourvu qu’elle ne glisse pas au bout de cette branche, poussée par le vent !
L’orage s’éloigne vers le nord.

En un instant, le jardin retrouve ses couleurs.

Les arbres ont perdu leur reflet électrique.
Quelques feuilles s’ébrouent dans le silence de la brise apaisée.

Avant que le vent ne l’emporte, j’attrape cette goutte de lumière, dans son écrin de verdure, petite graine de vie, et je la range dans mes souvenirs.

Moment de lumière.
Instant de paix.
Juste un miracle ordinaire.
Dans le petit matin léger.

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Photo M. Christine Grimard