Un été en bandoulière (26)

« Une pierre

deux maisons

trois ruines

quatre fossoyeurs

un jardin

des fleurs

un raton-laveur

une douzaine d’huîtres

un citron

un pain

un rayon de soleil

une lame de fond

six musiciens

une porte avec son paillasson

un monsieur décoré de la légion d’honneur

un autre raton-laveur. »

Inventaire –

Jacques Prévert

Photo marie christine grimard

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Une ombrelle pour coccinelles

Un pied de carottes sauvages

Un plan de salicornes

Un marais salant dans le vent salé

Une aigrette qui prend le soleil

Des moutons de pré salé

Un champ de tournesols

Une balade dans les marais mouillés

Une bicyclette bleue rouillée de sel

Un jour pour aimer la vie

Une après-midi à savourer

Un petit coin de Vendée

Mais pas de raton-laveur

Clichés 100 : jardin 

« Les pousses des cassis que tu froissais, l’oseille sauvage en rosace parmi le gazon, la menthe toute jeune, encore brune, la sauge duvetée comme une oreille de lièvre, tout débordait d’un suc énergique et poivré, dont je mêlais sur mes lèvres le goût d’alcool et de citronnelle… »

Colette. Les vrilles de la vigne. 

Photo Mch grimard


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J’ouvre une page de Colette au hasard, et recopie la première phrase lue. 

Tout est là.

Il n’y a qu’à se délecter de ses mots, et l’on est auprès d’elle, assis au beau milieu des  parfums du jardin. Rien de plus à faire que laisser couler ses phrases pour sentir sur nos lèvres le goût de la citronnelle…

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Photo m ch grimard


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Alors, suivre les fragrances qui s’offrent.

Se coucher dans l’herbe à plat ventre, le nez dans le gazon, à ras les pâquerettes.

Et rêver à l’été qui viendra, au sucre des cerises quand elles sont presque noires, à la pointe de vanille qui habite les roses à la tombée du jour…

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Photo M ch grimard


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S’émerveiller d’un rien.

Où que l’on se tourne, admirer chaque arpent de jardin comme on tourne les pages d’un livre que l’on aime, même en l’ayant lu cent fois.

Connaître chaque fleur et la trouver plus belle que l’année précédente, puisqu’elle est encore là. Compter chaque pétale comme on compte les jours de l’été finissant quand on sait que l’automne frappe déjà à la porte.

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Photo m ch grimard


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Être consciente du privilège que l’on a de vivre ici, en paix et en liberté, même relative puisqu’annexée à celle des autres.

Profiter de l’instant puisqu’il m’est donné si généreusement par la terre où je vis, en occultant un instant le travail fourni pour aider la nature à donner le meilleur d’elle-même.

Même si la fureur du monde tonne alentour, même si les esprits chagrins pensent que les fleurs ne servent à rien au regard des convulsions du monde, je vous les offre pour qu’un bref instant vous ressentiez la caresse du vent et le parfum des roses sur votre visage, en oubliant le temps qui passe…

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Photo m ch grimard

To Do List 35 : Détails de vie 

Photo M. christine Grimard

  • Espérer que l’hiver se soit vraiment décidé à hiberner jusqu’à Noël.
  • Accepter les premières heures de soleil comme un cadeau du ciel.
  • Admirer chaque détail des premières corolles comme si on les voyait pour la dernière fois.
  • Remercier pour les jours de soleil ou de pluie que l’on a encore à vivre.
  • Rester sans voix devant l’immensité du talent du créateur de l’univers, éclatante dans une simple fleur.

Phrases 18 : Mots nécessaires

« Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi. »

Jean Cocteau

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Photo M. Christine Grimard

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  • Autant que l’air et l’eau, que le sucre et le sel, que la mer et le vent, les mots me sont indispensables, dans leur ronde infinie, de leur chant primitif à leurs élans futurs ;  sans eux la vie ne serait que ce qu’elle est, une course sans fin vers un gouffre insondable.

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  • Quand la vie s’alourdit et que les jours s’allongent sous un soleil de plomb, quand le chemin est long sans espoir de retour, il suffira d’un mot et d’un sourire offerts pour que s’éloigne la peur de l’inconnu qui passe, et que la vie rêvée paraisse moins lointaine.

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  • Les jours où la vie t’aura blessé, ouvre un livre au hasard et lis-en quelques phrases, les mots s’enrouleront autour de ton chagrin, transformant en espoir tes larmes de détresse, et ils t’emmèneront vers l’île de lumière où vont dormir les fées.

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On essaye…

Page 30 : « Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : »Ma fleur est là quelque part… »  (Antoine de Saint-Exupéry)

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…. ça marche ….