Une image…une histoire : Par la fenêtre

Ce texte a été écrit à l’origine pour paraître dans le site « Maison témoin » de Christine Jeanney

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Photo MC Grimard

J’en ai visité des maisons, témoins et sans témoins, avec ou sans les propriétaires, avec ou sans soleil, avec ou sans meubles, avec ou sans grenier, avec ou sans jardin. Je n’ai encore jamais réussi à trouver celle qu’il me fallait. Celle-ci est vraiment différente, on dirait que chaque pièce a été décorée par une personne différente. Même la cave est personnalisée…

Il faudra bien que je me décide à trouver un nouveau lieu de vie. Tout changer, c’est facile à dire, moins facile à réaliser.

Il faudrait déjà que je réalise ce qui m’est arrivé, que je l’admette. Toute une vie chamboulée en quelques secondes. Repartir à zéro, et ne regarder que devant soi.

Je n’ai pas tout perdu, il me reste le travail. C’est déjà très beau d’avoir du travail à notre époque, tant de gens n’en ont pas. Le travail, je n’existe que par lui, que pour lui. C’est pour cela qu’il faut que je retrouve une maison qui me convienne, un lieu qui serait mon prolongement où j’entasserais tout ce qui me ressemble. Un lieu où j’aurais envie de passer du temps, histoire de ne pas passer ma vie au travail !

Mais ce que je souhaite vraiment, ce n’est pas quatre murs pour y entasser ma vie. Si j’écoute mes désirs, ce que je préfère c’est avoir un jardin autour des quatre murs. Je pourrais passer ma vie dans ce jardin, et après être rentrée à l’intérieur, je pourrais passer des heures devant la fenêtre à regarder ce jardin. Il n’y a que là que je me sentirais enfin moi-même, couchée dans l’herbe la tête sous le tilleul et les pieds dans le plantain. J’aurais aimé être un campagnol ou une musaraigne pour passer ma vie à courir dans l’herbe, ou une chouette pour les voir courir d’en haut.

Ce qu’il me faut c’est un beau jardin et de jolies fenêtres pour voir le jardin.

Ici, les fenêtres sont belles ; ils les ont habillées de grilles en fer forgé. On a l’impression qu’elles dansent autour du temps. Devant la fenêtre un pic épeiche sautille sur le gazon. Il m’a vu et s’envole dans le hêtre pourpre. J’ouvre la fenêtre et l’évidence me saute au visage. C’est ce jardin qu’il me faut.

Une maison témoin, après tout, est faite pour donner envie aux gens de se projeter dans une nouvelle vie. Je n’ai jamais fait les choses comme tout le monde, moi je me projette dans le jardin. Je vais leur faire une proposition, ils accepteront peut-être que je m’installe dans le jardin ou à défaut que je reste assise devant cette fenêtre.

Si je promets de ne pas gêner les autres visiteurs…

Texte et Photo M. Christine Grimard


  

  

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Clichés 69 : Ouvertures (2)

“J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile,
et je danse.”
Arthur Rimbaud
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Photo M. Christine Grimard

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D’une fenêtre à l’autre

Les regards se croisent

De la vôtre à la nôtre

Les regards se toisent
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Photo M. christine Grimard

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Les regards  s’épient

Les yeux se jalousent

Les amants s’épousent

Derrière les jalousies

*

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Photo M. christine Grimard

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Et les portes délabrées

Jalouses et fatiguées

Restent obstinément fermées

Sur les ombres du passé

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Clichés 64 : Devant ma fenêtre 

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« Dans la maison endormie ce matin

La lumière entre par la fenêtre ouverte

Comme une étoile laissée là par la nuit. »
Nâzim Hikmet

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Photo M. Christine Grimard

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Le matin étire ses brumes

Puis la lumière installe

Dans la plaine si brune

Ses couleurs si pâles

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Photo M. Christine Grimard

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Et je me prends à rêver

De la lumière d’été

Des feuilles chatoyantes

Et des couleurs chantantes

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Photo M. Christine Grimard

*

Et je me prends à rêver

D’un soir d’été doré

Aux reflets roses et mauves

Aux saveurs de guimauve

*

 

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Photo M. christine Grimard

 

*

“La fenêtre, en province, remplace le théâtre et les promenades.”
Gustave Flaubert
*
Aller il faut que j’aille faire quelque chose d’utile…..

Photo du jour: Fenêtre

Derrière les fenêtres se cachent

Les cœurs qui pleurent,

Les âmes qui chantent,

Les hommes qui espèrent,

Les femmes qui attendent,

Les enfants qui découvrent.

Devant les fenêtres

Se promènent,

Les pigeons frippons,

Les abeilles rebelles,

Les brumes obscures,

Les lumières éclatantes et

Les ombres inquiétantes.

Pose ta main contre la vitre

Pose ton cœur contre le mien

Pose ta vie contre la mienne

Levons nos yeux vers le ciel

Levons nos mains vers le soleil

Envolons-nous vers l’espoir

Envolons-nous vers l’amour

Derrière les fenêtres il y a tant de

Vie

Dernières les fenêtres il y a tant de

Nous

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Photo M. Christine Grimard