Photo du jour : plage d’écriture

« Écrire comme un boxeur  enfonce le cuir rouge d’une rage dans la poitrine des anges du vide. »

Christian Bobin

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Photo M.Christine Grimard

Écrire pour s’indigner

Écrire pour s’expliquer

Écrire pour s’épancher

Écrire pour ne pas se laisser submerger

Écrire pour partir aussi loin que possible

Écrire pour dessiner un monde meilleur

Écrire pour exorciser ses peurs

Écrire pour aimer le moment qui passe

Écrire pour s’en souvenir au dernier matin

*

Refermer le carnet

Laisser son esprit courir sur cette plage

Atteindre le dernier banc de sable

Se laisser couler doucement

Dans la lumière

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Photo du Jour : Laisse parler la lumière

« Le poème, un cercle de silence aux pierres brûlantes. »
Christian Bobin

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Photo M. Christine Grimard

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Pourquoi essayerais-tu d’écrire ?

De quel droit encombrerais-tu la toile de tes maladresses ?

Pourquoi te mêlerais-tu de littérature alors que tes mots ne sont que fredaines et barbarismes !

Tu as l’indécence, l’inconvenance, l’impertinence, l’insolence des innocents !

De quel droit prendrais-tu la plume ?

Laisse-la aux poètes, aux écrivains, eux seuls savent la faire chanter !

Tu es lectrice, reste à ta place !

Tes mots sont maladroits, dénués d’intérêt, sans queue ni tête, sans but ni ordre de bataille, sans discipline, sans panache.

Ce ne sont que des petits mots faisant l’école buissonnière, poussant comme du chiendent, envahissant les belles pelouses bien entretenues des écrivains reconnus.

Regarde-les s’envoler au vent d’automne et se coller sur la page humide.

Ils se posent en un joyeux désordre de phrases désabusées, petite prose désuète issues des méandres de ton esprit simpliste.

Ramasse-les avant qu’ils ne ternissent le bel agencement rectiligne des jardins philosophiques tirés au cordeau.

Les feuilles mortes doivent être ramassées et brûlées avant que leurs cadavres ne souillent le jardin des délices.

Ne laisse pas traîner tes calembredaines !

……

Silence dans les rangs

Écoutez les mots chanter

……

Mais, moi, j’aime les mots.

J’aime les entendre me murmurer la vie à l’oreille.

J’aime les regarder dormir.

J’aime les voir se réveiller et me sourire.

J’aime qu’ils me prennent la main, et me guident au long des lignes.

J’aime qu’ils me racontent leur chemin, la chaleur du désert, la fraîcheur de la nuit, la couleur des feuilles dans le vent, le parfum des vagues.

J’aime leur goût de soleil, leur odeur de cire, leur douceur de miel.

J’aime qu’ils me content leurs révoltes, qu’ils me chantent leurs espoirs.

J’aime qu’ils me laissent les deviner, qu’ils me laissent les dessiner.

…..

Silence dans les rangs

Écoutez les mots pleurer

….

Peu importe ce que tu penses.

Peu importe si les mots t’aiment.

Seul le silence te convient.

Tu n’as ni le talent ni la constance.

Sur les pierres brûlantes, passeront les matins.

Laisse parler la lumière, elle seule sait le chemin.

*

Silence dans les rangs

Écoutez les mots rêver

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Photo du jour: Pêche aux mots.

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Auteur mystérieux

 

Écrire chaque jour pour canaliser sa démesure.

Poser le cadre, puis le garnir comme un chausson de sa purée de pommes, ne pas oublier la cannelle.

Laisser les couleurs du temps dessiner une ébauche sur la toile.

Choisir un mot comme on grimpe sur une planche de salut.

Partir sur les vagues avec l’imagination au gouvernail.

Laisser le fil glisser sous la coque, dans le sillage argenté.

Rester bien accroché à la poupe.

Ne pas craindre la houle.

S’émerveiller de la beauté de ce qui ondule sous l’écume.

Tirer tout doucement, ne pas casser le fil, laisser les mots remonter un à un, aussi légers que des poissons-volants.

Sourire quand ils se posent sur le papier, sans bruit.

Attendre qu’ils s’endorment.

Puis les relire, et se délecter de leur danse sous le vent.

Photo du jour: Ecrire

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Comme un pont posé sur l’océan,

Comme un fleuve que l’on ne peut canaliser,

Comme un orage qui troue les nuées,

Comme une évidence,

Comme une délivrance.

 

J’écris, parce qu’il est impossible d’arrêter les mots, qui se pressent, qui dansent et tourbillonnent.

Les entendre qui grouillent, puis les laisser sortir du plus profond, glisser le long du fil de la vie, les sentir dégouliner tout au long du cou jusqu’au bout des doigts, les voir danser leur sarabande sur le clavier, puis jaillir sur l’écran blanc, et leur sourire.

Je ne sais jamais ce que je vais écrire mais il suffit d’une image, d’un morceau de musique, d’un mot surgi d’on ne sait où, pour que la magie s’opère.

Parfois, ils sont sages et tranquilles comme un lac.

Parfois, la rage les prend et les vagues déferlent dans un océan sauvage.

Parfois, ils se posent au soleil ou s’endorment sous la lune.

Parfois des histoires se déroulent dans ma tête, j’en vois défiler le scénario dans mon cinéma personnel et il n’y a plus qu’à décrire les images. Plus personne ne me raconte des histoires pour m’endormir, alors je le fais toute seule.

Parfois, les jours où l’âme est trop lourde à porter, ils pèsent, pèsent. Alors, j’ouvre la vanne et ils déferlent, en cataracte, et soulagent…

Peu importe, comment et pourquoi.

Tant qu’ils seront là, j’existerai aussi.

C’est le seul moyen de partager notre humanité, que d’échanger les mots qu’elle nous a enseignés.

 

Alors partageons-les,

Alors partageons-la…

 

Écrire :

Laisser danser les mots,

Les voir s’envoler

Dans un sourire,

Vivre et le dire.