Un été en bandoulière (3)

« À présent, tout est silence au jardin. Un chat, deux chats s’étirent, bâillent, tâtent le gravier sans confiance : ainsi font-ils après l’orage. Ils vont vers la maison, et la Petite, qui marchait à leur suite, s’arrête ; elle ne s’en sent pas digne. Elle attendra que se lève lentement, sur son visage chauffé, noir d’excitation, cette pâleur, cette aube intérieure qui fête le départ des bas démons. »

Colette

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Photo Mch grimard

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Après l’orage

Le jardin se tait

Sidéré d’éclats de tonnerre

Comme on peut l’être après une colère

Abasourdi par le combat des éclairs et du vent

Il rassemble et recoiffe ses rameaux d’Olivier

Savourant la victoire du silence immobile

Lissant ses pétales de campanules

Il récupère