Photo du jour: Chemin avec vue.

mcg 1979

 

Partir le nez au vent, loin des sentiers battus.

Prendre les chemins perdus, de ceux que l’on voit serpenter sur la carte IGN (1227 OT) déguisés en mince filet noir pointillé.

Ne pas s’inquiéter devant les pancartes indiquant « Voie sans issue », se persuader que rien n’arrêtera une bicyclette courageuse. Continuer en suivant son instinct.

L’ouest, c’est par là.

Avoir quelques instants de doute, lorsque le sentier se transforme en chemin de terre et que la pente devient vertigineuse en s’enfonçant dans la forêt de chênes vendéens, nommés ici Yeuses ( ces chênes féminins habillés de feuilles de houx, camouflage des fées des bois probablement…).  S’arrêter  brutalement en réalisant que ce que l’on prenait pour une route forestière, disparaît brutalement dans le lit d’une rivière, heureusement bien amoindrie par l’été. Ne pas s’avouer vaincue par si peu de chose, et s’approcher. Bénir les anciens qui ont disposé quelques grosses pierres plates, et se rappeler que l’on avait vu inscrit sur la carte, en tout petit, Gué du Ruisseleau de la Combe.

Passer le Gué, enchantée de l’aventure qui fait plonger dans les explorations de l’enfance ou un roseau prenait figure de baobab.

Remonter la pente encore plus vertigineuse que la descente était raide, et avouer être descendue du vélo, un peu …

Sortir de la forêt, serpenter entre les roseaux indigènes. Poursuivre sa route en suivant la lumière.

Et s’arrêter, émerveillée, devant le spectacle grandiose. Respirer les embruns iodés. Regarder les courants tisser leurs rayures dans toutes les teintes de bleu. Écouter les mouettes qui plaisantent avec le vent.

S’asseoir au bord de la piste qui plonge dans l’océan. Ne plus bouger. Rester là simplement, à laisser ce bleu s’insinuer dans ses veines jusqu’à oublier qu’on n’a plus d’écailles depuis longtemps. Suivre le vol léger du premier goéland qui passe, comme on prendrait le train jusqu’au bout de l’horizon.

Oublier qu’il faudra rentrer, et attendre que la nuit habille de soie blonde la surface des choses.

Le temps aura bien le temps de rattraper la rêveuse égarée.

Bien le temps…

 

 

 

Photo du jour: à bicyclette

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Il ne s’agit pas de plagier une chanson très célèbre d’Yves Montand, il s’agit seulement de vous présenter cette bicyclette bleue (et oui aussi …) qui m’a portée sur tous les chemins de traverse de l’ouest de la France, depuis une bonne quinzaine d’années, du nord Finistère jusqu’au pays basque, en passant par les pistes cyclables de toute la côte atlantique.

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Actuellement, elle a choisi de poser ses roues en Vendée, où elle rouille tranquillement bercée par les embruns, lorsque je suis absente. Elle en grince de plaisir quand je la sors de nouveau, le temps que les plumetis de rouille disparaissent des plaquettes de freins. Je la comprends, je vivrais volontiers dans cette région toute l'année. L'air y est si léger et la lumière y est si belle !

Elle et moi parcourons les nombreuses pistes cyclables qui serpentent agréablement au milieu des marais, pour rendre visite aux oiseaux, jusqu'aux tréfonds du bocage.
Le panier est juste à la taille de mon appareil photo, et il n'y a plus qu'à ouvrir les yeux et attraper les surprises qui nous saluent au passage.

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Alors vous me pardonnerez bien si ce vent salé m’obsède pendant quelques jours encore et si je m’égare encore dans ces marais…