Un été en bandoulière (25)

« Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs.

Dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité.

En bateau, on sait ou on ne sait pas. »

Eric Tabarly

*

Photo m Christine grimard

.

Au fond du port de pêche

Patientent les bateaux

Attendant la marée haute

Pour pouvoir sortir du chenal

Sans se délester de leur quille

.

En ondoyant, ils rêvent

D’îles fabuleuses sous le vent

Où les vagues seraient douces

Et les poissons seraient d’argent

Où le soleil porterait haut

Et l’hiver n’existerait pas

.

En attendant, ils affabulent

Jusqu’au petit matin

Sentant craquer le bois de leur étrave

Sous les premiers rayons du jour

Au loin cliquettent les drisses

Le long des mâts des catamarans

De la course au large

.

Peu leur importe d’être de bois ou de carbone

Leur vie glisse sur la crête des vagues

Jusqu’à ce que la dernière tempête

Les emporte dans une gerbe d’écume

Etincelante dans le couchant

Au goût de sel et de vent

Clichés 41 : Étraves 

Photo M. Christine Grimard

 

Triples

 

Photo M. Christine Grimard

 

Simples

 

Photo M. Christine Grimard

 

Bavardes

Photo M. Christine Grimard

 

Muettes

 

Photo M. Christine Grimard

 

Frémissantes

 

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Méditerranéennes

 

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Vendéennes

 

Photo M. Christine Grimard

Paisibles

 

 

Photo M. Christine Grimard

 

Patriotes

 

Photo M. Christine Grimard

Rêveuses

 

 

Photo M. Christine Grimard

Travailleuses

 

 

Photo M. Christine Grimard

Sportives

 

 

Photo M. Christine Grimard

 

Attirantes

Comme des promesses de voyages

Je les aime

Comme un rêve d’ailleurs meilleurs

Photo du jour : Voguent les mots

« On écrit parce que personne n’écoute. » Georges Perros

*

 

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On écrit

Du bout des doigts,

Du bout du cœur,

Comme un pont jeté

Sur l’océan,

Comme une barque de papier

Lancée au gré des vagues.

On suit le courant,

Portés par les vents.

On laisse les mots glisser jusqu’à l’autre rive,

Et parfois, en passant

Près d’une île,

On rencontre un regard bienveillant

On découvre l’espoir

De pouvoir enfin partager

 Ses mots.

*

« Quand nous cessons d’écouter, nous cessons d’aimer. »   Michel Bouthot

Clichés 27 : Au bord de l’eau (2)

Photo du jour: voyage sans escale.

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Appareiller pour l’inconnu
Adorer ça
Juste parce que l’horizon nu
Est bleu
Comme un ciel serein
Et que la route
Est belle
Comme ton regard mutin.

Décider de voguer
Au hasard
Sans suivre les cartes
Sans choisir les escales
Partir du côté de l’été
Sous les alizés
Suivre le parfum des îles.

Ne jamais s’arrêter
Naviguer au vent
Suivre tous les courants
Bons ou mauvais
En gardant l’œil rivé
Sur tes yeux coquins
Et ton sourire mutin.

Une image…une histoire: Fuite.

Il avait choisi de partir au petit matin, à l’heure où la brume recouvre le fleuve d’une écharpe blonde. La nuit s’étirait, poussée vers l’ouest par le chant des oiseaux de l’aube.
Il sortit sans bruit, et se dirigea sans hésiter vers le fleuve. Les barques étaient alignées sur le sol sablonneux, tirées à l’abri du ressac. Ses maigres possessions réunies dans un sac de toile, qu’il cachait sous sa chemise, ne pesaient pas lourd. La montre-gousset que son père lui avait confiée, le jour de son départ, la boussole de son grand-père qui était l’aventurier de la famille avant lui, le couteau-suisse, cadeau de départ de sa mère, et sa première et dernière pépite, quelques maigres dollars et « Le vieil homme et la mer » d’Hemingway, qui ne le quittait jamais depuis ses 16 ans.

Ses compagnons n’avaient rien entendu, encore bercés par les vapeurs d’alcool de la veille. Ils se poseraient des questions pendant quelques heures, puis ils l’oublieraient, comme tous ceux qui étaient partis avant lui, de ce camp perdu au bout du monde, au bout de l’espoir.
Qu’étaient-ils devenus?
Le fleuve n’avait jamais rendu leurs corps, ils avaient du s’en sortir.
Du moins, c’est ce qu’il voulait croire, en grimpant dans sa barque ce matin là.
Il poussa l’embarcation vers le courant, en prenant appui sur les cailloux du fond, avec sa pagaie.
Quelques minutes plus tard, le courant s’empara de la coquille de noix et il commença à dériver vers l’aval du fleuve, doucement , puis de plus en plus vite .
Il n’eut que le temps de se signer puis jetant un dernier regard vers le campement où rien n’avait bougé, il disparut dans la brume dorée de la vallée.

( voilà ce que m’inspirait cette photo,
j’ai écrit le début de l’histoire … Et vous laisse imaginer la suite ..)

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